Clics438

Soeurs Mariales et Mère Myriam innocentées

Enquetes Info
Au sujet des Soeurs Mariales « Pas de traces de séquestration ou de maltraitance » Ce sont les premières conclusions du procureur de la République de Roanne à l'issue des auditions et perquisitionsPlus
Au sujet des Soeurs Mariales

« Pas de traces de séquestration ou de maltraitance »

Ce sont les premières conclusions du procureur de la République de Roanne à l'issue des auditions et perquisitions
menées à Saint Jodard au sein de la communauté des soeurs mariales, dissoute en mars dernier par le cardinal Barbarin. Elles mettent fin à de multiples rumeurs persistantes.

« IL N'Y AVAIT PAS de traces de séquestration ou de maltraitance ». Ce sont les conclusions que livre le procureur de la République de Roanne, Marie-Christine Jamain, suite à la journée d'auditions et aux perquisitions qui ont eu lieu mercredi au sein de la communauté des soeurs mariales de Saint-Jodard, au monastère du Coeur de l'agneau. « On n'a rien trouvé qui puisse donner corps à des dénonciations ».

Les gendarmes de la section de recherches de Lyon, qui intervenaient sur commission rogatoire, ont été très bien accueillies par les soeurs qui leur ont ouvert en grand les portes du monastère « alors qu'elles auraient très bien pu refuser la perquisition puisqu'il s'agissait d'une enquête préliminaire », indique le procureur.

« Elles ont été très accueillantes », ajoute-t-elle, précisant que « les soeurs ne sont pas coupées de l'extérieur puisqu'il y a eu des coups de téléphone extérieurs pendant les auditions ». Pendant une partie de la journée, toutes les soeurs ont été interrogées individuellement, y compris la fondatrice de la communauté, soeur Myriam, qui est civilement connue sous le nom de Tunde Szentes.

« Nous, on a été ravies de les voir, qu'ils viennent nous interroger, indiquait hier soeur Marie-Mélanie, en parlant des gendarmes ; on a pu dire la vérité de ce que nous vivons (...) Ils ont pu voir qu'on est là librement, qu'on ne subit aucun sévice, que notre vie n'a rien de répréhensible ».

Et de déclarer : « Il y a eu beaucoup de faux témoignages sur des violences qui remontent à une période où soeur Myriam n'avait aucun lien avec la communauté puisqu'elle y est revenue en 1999 après onze ans d'absence ». Soeur Marie-Mélanie fait voeu « que ce qui soit dit sur nous soit dit avec un regard de vérité ».

Si la justice des hommes est en train de faire taire ces rumeurs anciennes de sévices et séquestration, le diocèse n'est pas encore complètement satisfait de l'évolution des choses depuis la dissolution de l'association privée de fidèles, en mars dernier. Si les messes ne sont plus célébrées au sein de la chapelle de la communauté, si les soeurs ne portent plus leur robe bleue à l'extérieur de la communauté, comme l'a requis le diocèse, le groupe existe toujours.

Le diocèse pas pleinement satisfait
« Même si ce groupe n'a plus aucun statut canonique, le groupe existe toujours, et comme elles restent ensemble et qu'elles mènent encore la même vie, cela pose la question de ce qu'elles veulent faire à long terme ; la situation actuelle n'est pas pleinement satisfaisante », indique gêné le père Vincent Feroldi, qui est chargé de la communication au diocèse.

« C'est clair dans nos têtes qu'on n'est plus une association religieuse mais on a choisi de garder notre vie religieuse, explique sœur Marie-Mélanie : on prie, on travaille, on fait notre jardin... Il n'y a rien d'exceptionnel. On est toutes assez sereines ; on vit ici et on sait ce qu'on vit ».

KEVIN TRIET
Le Progrès, 08/07/2005