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Johnny, cet interview, ça te colle ? « Fous-moi la paix ! Je hurle ! »

Une interview de Marcantonio Colonna
Le mystérieux auteur du roman-brûlot "Il Papa Dictatore" s'exprime dans les colonnes de La verità, un quotidien italien "hors-système" (11/12/2017)

>>> Ci-contre: le vrai Marcantonio Colonna (1535-1584)

>>> Sur ce site Tous les articles sur "Le pape Dictateur"

Pour son supérieur, Bergoglio n'était pas adapté pour être évêque.
9 décembre 2017
Francesco Borgonovo
cronicasdepapafrancisco.com/…/per-il-suo-supe…
(Ma traduction)

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Le quotidien La Verità s'entretient avec Marcantonio Colonna, auteur du livre Il Papa Dittatore, qui suscite un grand remue-ménage dans la catholicité, révélant la lucide ascension au pouvoir de Jorge Mario Bergoglio.

Il y a un petit livre, qui attire l'attention de la moitié du monde. Des journaux français, américains, américains, australiens et même italiens en ont très prudemment parlé. Et, en effet, il s'agit d'un ouvrage brûlant, à commencer par le titre: Le Pape dictateur.

La couverture est presque entièrement occupée par une photographie du pape François: le "dictateur" en question serait évidemment lui.

L'auteur est Marcantonio Colonna. C'est un pseudonyme, qui fait référence à un personnage qui a vraiment existé: vice-roi de Sicile, qui a vécu au XVIe siècle, parmi les protagonistes de la bataille de Lépante. Les notes biographiques parcimonieuses présentes dans le livre - disponible seulement en version ebook - expliquent que l'auteur «est diplômé de l'Université d'Oxford et a une expérience approfondie dans la recherche historique et dans d'autres domaines. Il réside à Rome depuis le début du pontificat du Pape François, et son livre est le fruit de contacts étroits avec de nombreuses personnes qui travaillent au Vatican, y compris des cardinaux et d'autres personnages de premier plan mentionnés au cours de la narration».

La Verità a réussi à entrer en contact par e-mail avec Marcantonio Colonna, et à en apprendre un peu plus au sujet du pamphlet qui fait tellement de bruit

*

Pourquoi avez-vous décidé d'écrire ce livre ? Et pourquoi utiliser un pseudonyme ?

Fondamentalement, je dois dire que l'image médiatique dont le pape François a bénéficié au cours des cinq dernières années est l'une des escroqueries les plus stupéfiantes de notre temps. Tous ceux qui travaillent au Vatican connaissent l'abîme entre cette image et la réalité, et on ne serait pas surpris si quelqu'un finissait par révéler la vérité. J'ai écrit mon livre sous le nom de Marcantonio Colonna, qui fut le grand champion militaire de l'Église catholique au XVIe siècle, parce que quiconque lit le livre verra qu'il ne s'agit en aucun cas d'une attaque contre l'Église: il a pour but d'empêcher l'Église de commettre à nouveau la même erreur. C'est-à-dire, élire comme Pape un cardinal méconnu qui s'avère très différent de ce qu'il semblait être. Il était nécessaire d'utiliser un pseudonyme parce que, comme le dit le livre, le pape François se venge sans pitié de ceux qui s'opposent à lui. Par exemple, les trois collaborateurs du cardinal Müller qui ont été démis de leurs fonctions en octobre 2016 pour de présumées critiques au pape.

D'après vous, pourquoi Bergoglio est-il un dictateur ?

Le sens du mot dictateur est celui de souverain qui exerce sa volonté personnelle au mépris de la loi et de la justice. C'est quelque chose de très différent de l'autorité juridique qui appartient traditionnellement au chef de l'Église catholique. Je pourrais me référer à nouveau au Cardinal Müller, qui tenta de défendre ses trois subordonnés lorsqu'ils furent renvoyés, et qui reçut cette réponse du Pape François: «Je suis le Pape et je n'ai besoin d'explications pour aucune de mes paroles». Ce n'est pas ainsi que les papes exercent traditionnellement leur autorité. Mais en qualifiant le pape François de dictateur, je voulais aussi faire ressortir les parallèles étroits entre son style et celui de Juan Perón, le dictateur argentin de l'époque de la jeunesse de Bergoglio. Son influence est cruciale pour expliquer le style de Francis. Comme je le dis dans le livre, il est la transposition ecclésiastique de Juan Perón.

Dans le livre, vous racontez une histoire peu connue du passé de Bergoglio. Il s'agit d'un jésuite, le père Kolvenbach. De quoi s'agit-il ? Comment avez-vous eu connaissance de cette histoire ?

En 1991, lorsque le Père Jorge Bergoglio a été nommé évêque en Argentine, il a fallu obtenir un rapport du Supérieur général de son Ordre, le Père Kolvenbach [cf. Ce fameux "rapport Kolvenbach"]. La réponse du père Kolvenbach, basée sur les opinions des autres membres de son ordre, était que Bergoglio n'était pas apte à être nommé évêque. Le père Kolvenbach a déclaré que Bergoglio manquait d'équilibre psychologique, qu'il avait un caractère sournois et était un facteur de division au temps où il était provincial des jésuite en Argentine. À l'époque, ce rapport a été diffusé parmi les membres de la Congrégation épiscopale et était connu d'un assez grand nombre de personnes. Mais Bergoglio, naturellement, a pris soin de l'occulter quand il est devenu Pape. Et la copie qui se trouvait dans les archives officielles des Jésuites à Rome a disparu.

Comment avez-vous rassemblé le matériel pour votre livre ?

Plusieurs journalistes ont fait remarquer que mon livre contient peu de nouveautés et que la plus grande partie est basée sur des articles publiés au cours des quatre dernières années, comme ceux de Sandro Magister. Il s'agissait simplement de rassembler le matériel. Cependant, je pense qu'une contribution importante fournie par mon livre est celui, dans le second chapitre, qui décrit le passé de Jorge Bergoglio en Argentine, où il était connu comme un politicien rusé et manipulateur dans la tradition péroniste. Là aussi, il y a peu de nouveauté pour un Argentin, mais ce sont des faits inconnus du reste du monde, à cause de la barrière linguistique. J'ai été simplement le véhicule pour les traduire. Et puis encore: les révélations concernant la résistance à la réforme et le règne de la peur qui prévalent désormais au Vatican sont familières à tous ceux qui y travaillent, mais il était nécessaire que quelqu'un déclare publiquement ce qui était bien connu en secret.

Par quel parcours Bergoglio est-il devenu Pape ?

Mon premier chapitre décrit l'action du groupe de cardinaux connu sous le nom de "Mafia de Saint-Gall", dans la gestion du conclave de 2013, pour garantir [l'élection] de Bergoglio. Cette description provient du récit de l'un des membres du groupe, le cardinal belge Danneels, si fier d'avoir planifié l'élection de Bergoglio qu'il a tout révélé aux auteurs de sa biographie (et j'ajoute que le nom de «Mafia de Saint-Gall» vient de Danneels lui-même). Il a ignoré le fait qu'il révélait une grave violation du droit canonique, qui interdit les complots pour influencer les conclaves papaux. Le groupe de Saint-Gall se réunissait secrètement depuis des années avant le conclave de 2005, alors qu'il tentait d'empêcher l'élection du cardinal Ratzinger, et le candidat présenté à l'époque était Bergoglio. Lorsque Benoît a abdiqué de façon inattendue en 2013, ils ont saisi l'occasion de renouveler la tentative ratée huit ans plus tôt.

Quelle est votre opinion sur les réformes de Bergoglio ?

Le troisième chapitre s'intitule: «Réforme? Quelle réforme?» Il décrit en détail comment la réforme a été complètement bloquée par les puissantes personnalités curiales avec lesquelles François s'est délibérément allié. Premièrement, la réforme de la curie a été frustrée, en particulier l'intention de réduire les pouvoirs exagérés de la Secrétairerie d'État, qui est aujourd'hui plus puissante que jamais sous le cardinal Parolin. Deuxièmement, la promesse non tenue d'agir contre le scandale des prêtres pédophiles: il y a eu des cas connus de prêtres qui ont été protégés par des personnalités importantes de la Curie. Troisièmement, le renversement complet de la réforme financière qui avait été imaginée quand le nouveau Secrétariat à l'économie a été institué par le Cardinal Pell. Il a été contré par un petit groupe de cardinaux qui ne voulaient pas renoncer à leur contrôle et ont réussi à le vaincre. La révocation du contrôleur général du Vatican, Libero Milone, a été une nouvelle victoire pour les opposants aux réformes. Pourquoi est-ce arrivé? Parce que le Pape François, élu pour réformer l'Église, a découvert qu'il peut contrôler plus efficacement la curie à travers les figures corrompues qui dépendent de lui pour avoir le pouvoir. Ils lui obéissent aveuglément.

Y a-t-il eu des réactions du Saint-Siège à votre pamphlet ?

Mon livre n'a pas plu au Vatican. Il y a eu des tentatives immédiates pour découvrir qui l'avait écrit. À un certain moment, ils on pensé avoir identifié l'auteur dans la personne de quelqu'un qui se trouvait en Angleterre, et ils l'ont harcelé, avec des menaces téléphoniques. Ce qu'ils ne réalisent pas, c'est que le livre ne représente pas une voix solitaire, mais exprime les préoccupations de nombreuses personnes - au Vatican et ailleurs - qui veulent que la vérité soit connue.

Source : benoit-et-moi.fr/…/une-interview-d…

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Album ACTU

Votre commentaire…
AveMaria44
Mais il ne faut pas focaliser sur Bergoglio, sans oublier les méfaits de ses prédécesseurs, ni les principes erronés du concile.
Ne nous laissez pas sucomber aime ça. 
GChevalier a mentionné cette publication dans ACTU.