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Reine de Pologne


Nous sommes le 3 mai 1966, pour célébrer le millénaire du baptême de la Pologne. Les polonais se sont préparés par une neuvaine de neuf années de prières. Le gouvernement athée a tout fait pour saboter cette célébration. Il a même refusé au pape Paul VI le droit de venir assister à Jasna Gora à cette solennité. Pour cette préparation, l'épiscopat polonais prend l'initiative de faire voyager la copie de l'icône de Notre Dame de Czestochowa à travers le pays. D'abord les cathédrales, ensuite les églises paroissiales, et enfin lui faire visiter les familles, malgré les obstacles suscités par le régime communiste pour empêcher ces manifestations. Déjà depuis longtemps, le nom de Notre Dame de Fatima était interdit par la censure officielle. Plus tard en 1968, lors du tour des capitales que fera Notre Dame de Fatima, on lui refusa le visa d'entrée en Pologne, comme à une personne indésirable. Un officier russe, portant 4 étoiles sur les épaulettes, à la tête d'un détachement de soldats armés, se présentera devant l'avion, et interdira de sortir la statue de Notre Dame de Fatima. Elle devra rester dans l'avion, loin des siens, sur l'aéroport de Varsovie. L'avion avec la statue devra repartir. On refuse à Notre Dame de Fatima de toucher le sol polonais. Mais... Notre Dame de Fatima est une portugaise, une étrangère, pourrait-on dire. On avait déjà eu assez de trouble avec cette polonaise... Celle-là, Notre Dame de Czestochowa, citoyenne polonaise depuis des siècles... On ne pouvait pas la refouler à la frontière ! Elle est polonaise ! Voilà la solution. Elle aura droit aux mêmes méthodes et mêmes moyens dont les polonais ont le privilège. On va lui créer toutes sortes de misères et de surprises. Voici quelques unes de ces misères et ce qu'elles ont donné. L'icône de ND de Czestochowa arrive à Cracovie. Il est tard. Le soleil est déjà couché. Alors, sur le passage de l'icône, une panne d'électricité ! Pur hasard, n'est-ce pas ? La nuit enveloppe l'icône et tout son cortège. Personne ne la verra. Panne d'électricité, rien de plus simple et de naturel... Mais, c'est justement ce qu'il fallait. D'une réaction spontanée, à toutes les fenêtres, apparaissent des bougies. Des milliers, une lumière vivante ! Quelle scène inoubliable ! Quelle émotion dans la foule. Cracovie ! Ville des rois et des reines ! Jamais, jamais encore, dans toute l'histoire de la Pologne, aucun roi, aucune reine n'avait eu un tel accueil, comme cette Reine de Pologne, de Jasna Gora, Mère de Dieu, Mère de l'Eglise et Reine de l'univers. Dans une autre ville, le jour de la présence de l'icône, les enfants n'avaient pas d'école l'après-midi. Il était prévu qu'à partir de 14h, ce serait leur tour de garde autour de l'icône. Bien sûr, par simple coïncidence, ce même jour, on projette un des plus beaux films pour les enfants. La projection commencera à 14h. Quelle coïncidence ! Une de plus ! Il s'était trouvé un bienfaiteur anonyme pour distribuer aux enfants des tickets d'entrée gratuits. On peut deviner les sentiments des prêtres de la paroisse. Mais puisque prêtres et enfants, c'est presque la même chose, c'est à eux de remplacer les enfants, avec un petit espoir que quelques enfants peut-être... quand même. 14h approche : pas un seul enfant. C'est dur... Les prêtres sont seuls, tristes... Quelques minutes passent. Un petit bruit... Un crissement sur le gravier... Des petits pas... On dirait le chuchotement d'enfants. Un prêtre va à la porte, regarde timidement. D'un seul coup, il ouvre toute larges les portes. Tous les enfants sont là. En tête, un garçon, avec un petit coussin entre les mains. Sur le coussin, les tickets épinglés. D'autres tickets, épinglés bout à bout, forment un ruban entre le coussin et les enfants du premier rang. derrière, tous les enfants ou presque. Plus tard, l'un d'eux confiait qu'ils étaient embarrassés. Ils auraient voulu apporter un cadeau à la Sainte Vierge, mais ne savaient pas quoi. Ils n'arrivaient pas à se mettre d'accord. C'est à ce moment qu'on leur a distribué les tickets. Voilà le cadeau le plus beau ! Un ticket de cinéma pour aller prier et chanter en l'honneur de ND de Czestochowa. Prière... Geste des enfants, mais aussi quel cri politique ! Elle est vraiment têtue, cette Reine de Pologne ! Puisque les petits moyens ne suffisent pas, Elle aura droit au même traitement que tous les polonais. On arrête l'icône de ND de Czestochowa. Oui, on l'arrête ! D'abord pour trois mois, un genre d'avertissement. Rien à faire. A peine libérée, Elle reprend tout de suite le tour de la visite des paroisses. Pour être incorrigible, vraiment ! Et têtue en plus. Tant pis pour Elle. On l'arrête une deuxième fois, pour de bon. On transporte l'icône au sanctuaire de Jasna Gora, et on l'enferme dans une chapelle latérale, derrière des barreaux fermés à clef. Une chapelle de son sanctuaire est devenu sa cellule de prison. Tant pis pour Elle. Elle n'avait qu'à se tenir tranquille. Elle doit se trouver heureuse qu'on ne l'ait pas enfermée dans un asile psychiatrique ! Maintenant, Elle va rester derrière les barreaux, comme dans une cage, visitée par de curieux spectateurs, qui viennent la regarder à genoux, des larmes dans les yeux. On a arrêté et enfermé l'icône. Mais la Sainte Vierge, ND Reine de Pologne, est-ce qu'on peut l'arrêter ? L'icône ? Oui ! Qu'à cela ne tienne ! Elle s'est mise tout de suite à continuer sa visite des paroisses dans le cadre vide !!! C'est encore pire. L'emprisonnement de l'icône, voilà un sujet supplémentaire de sermons et de prières. Dans ce cadre, Elle est quand-même présente par ce bouquet de lys blancs, ces oeillets blancs et rouges... Dans ce grand cierge allumé, le cierge de MARIE PRISONNIERE, mais toujours fidèle. Le cierge de Marie allumé, lumière vivante. Partout sur son passage, Elle distribuait cette lumière, chaleur et espérance. Et les fidèles étaient encore plus nombreux pour l'accueillir et la saluer. Parfois, c'était presque insoutenable ! Comme ces montagnards venus pour l'accueillir et la saluer, tous en deuil ! Rien que pour prier ! C'était pire qu'avant... Cette prière devenait un cri de plus en plus fort. Et cela durait depuis presque six ans déjà ! Un beau matin, l'icône réapparaît au grand jour. Elle a faussé compagnie à ses gardiens, et s'est évadée, aidée quelque peu, quand même... par trois prêtres et deux religieuses. De plus, Elle a bien calculer son coup, pour le faire juste au moment où les autorités, à tout prix, voulaient faire croire que les relations entre l'Eglise et l'Etat se normalisaient. C'est ce moment qu'Elle a choisi pour s'évader. Deux jours plus tard, l'icône de ND de Czestochowa apparaît pour une grande et belle cérémonie. Le cardinal Wiszynsky laisse comprendre que ce sont les autorités elles mêmes qui ont libéré l'icône en signe de normalisation.

Mgr Witold Kiedrowsdi - Pour l'Unité n°60