Le SCHISME de Mgr MARCEL LEFEBVRE -1-
Le SCHISME de Mgr MARCEL LEFEBVRE -1-Par le père V. Osb
A) Définitions des dictionnaires généraux
Etymologiquement, le mot schisme provient du grec : « la fente, la séparation »; fig. scission, dissentiment. En grec, le mot lui-même provient de endre, séparer en fendant. A son tour, ce mot provient de la racine indo-européene: “SKEI”, qui a donné en latin : «scire» (sens de trancher, décider) et «scindere» avec tous leurs dérivés français, italien, espagnol, anglais, allemand, etc.
- Rupture de l’unité de la communion ecclésiale et situation née de cette scission […]
- ENCYCL. La théologie traditionnelle fait une différence entre schisme et hérésie : le schisme est un séparatisme provoqué par des causes qui n’impliquent pas un refus des articles de foi mais qui tiennent à des questions de politique, d’intérêts ou qui concernent des malentendus doctrinaux, aggravés par une incompréhension réciproque.
Mais de nombreux théologiens estiment qu’un schisme pur de toute hérésie est difficilement concevable ».
« Acte de rébellion par lequel on se sépare de la communion de son Eglise. Etat de ceux qui sont séparés de leur Eglise: Le schisme oriental. — ENCYCL. Relig. cathol.
Tandis que l’hérésie est une dissidence doctrinale, le schisme est une séparation qui a pour origine la rébellion contre l’autorité spirituelle ».
Petit Robert 1 : «Séparation des fidèles d’une religion, qui reconnaissent des autorités différentes. »
B) Définitions des dictionnaires théologiques
1) Le DTC
« Le schisme est une séparation voulue de l’unité ou de la communion ecclésiastique; c’est aussi l’état de séparation ou le groupement chrétien constitué en un tel état : le schisme grec.
Le schismatique est celui qui fait schisme, qu’il soit le fauteur ou le responsable du schisme, ou qu’il y adhère seulement par conviction ou simplement de fait.
Il n’y a pas de mot spécial, comme hérésiarque vis-à-vis d’hérésie, pour désigner le fauteur de schisme ».
C) Définition canonique du schisme
1) Les Codes
a) CIC 17
Can. 1325, § 2 :
« Après avoir reçu le baptême, si quelqu'un, conservant le nom de chrétien, nie obstinément ou doute d'une des vérités de la foi divine et catholique, il est un hérétique ; s'il se retire entièrement de la foi chrétienne, il est apostat.
Si, en bref, il refuse de se soumettre au Souverain Pontife ou refuse de communiquer avec les membres de l'Église qui lui sont soumis, il est schismatique.
b) CIC 83
Can. 751 :
« Est dit hérétique celui, têtu, qui après avoir reçu le baptême, refuse de croire une certaine vérité par la foi divine et catholique, ou exprime un doute obstiné à ce sujet ; l'apostasie, la répudiation totale de la foi chrétienne ; schisme, rejet de la soumission au Souverain Pontife ou de la communion avec les membres de l'Église qui lui sont soumis.
On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité; apostasie, le rejet total de la foi catholique.
Schisme, le refus de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l’Eglise qui lui sont soumis ».
2) Le DDCan
« En somme le délit de schisme consiste, pour un baptisé, à se séparer de l’unité de l’Eglise.
Or d’après S. Thomas l’unité de l’Eglise résulte de l’union de ses membres entre eux et de leur union avec leur chef, qui est le pape (Summ. théol., IIa-IIae, q. XXXIX, art. 1).
Est donc schismatique celui qui se dégage en fait de l’une ou l’autre de ces unions et pertinaciter, c’est à dire en connaissance de cause, par rébellion contre les préceptes de l’Eglise ou son jugement, même s’il ne donne son nom à aucune secte.
Le schisme effectué seulement en esprit, par un acte purement intérieur de volonté, est une faute, mais il ne constitue pas un délit et ne fait pas encourir de censure.
Le schismatique n’est atteint par les sanctions ecclésiastiques que si sa volonté de séparation s’est traduite par des actes, le plus explicite de ces actes étant l’adhésion à une secte organisée.
On peut distinguer entre le schisme pur et le schisme mixte.
Le premier est exempt de toute hérésie, et implique seulement soustraction à l’autorité du pape, ou sortie de la société qu’est l’Eglise. C’est le schisme pur qui est visé par le canon 1325, et qui pour lui-même est frappé de sanctions diverses.
Le schisme mixte est celui qui est accompagné d’hérésie.
Outre le fait de sortir de l’Eglise, il implique le rejet d’une ou plusieurs vérités de la foi. […].
On distinguera avec soin le schisme de la désobéissance pure et simple.
Le schisme suppose un refus systématique et habituel de dépendance.
Au contraire, la désobéissance peut n’être qu’un acte passager, sans que son auteur conteste aucunement l’autorité de la loi ou du législateur, et veuille se soustraire à elle de façon habituelle ».