jili22
16212
Gastonviet
Catholic Encyclopedia, t.II, p.266 a écrit:
Le Baptême de désir (baptismus flaminis) est une contrition parfaite du coeur, et tout acte de charité parfaite ou de pur amour pour Dieu qui contient, au moins implicitement, un désir (votum) de Baptême [...] ces actes suppléent les principaux effets du Baptême de fait, la rémission des péchés. Cette doctrine est clairement établie par le Concile de …More
Catholic Encyclopedia, t.II, p.266 a écrit:
Le Baptême de désir (baptismus flaminis) est une contrition parfaite du coeur, et tout acte de charité parfaite ou de pur amour pour Dieu qui contient, au moins implicitement, un désir (votum) de Baptême [...] ces actes suppléent les principaux effets du Baptême de fait, la rémission des péchés. Cette doctrine est clairement établie par le Concile de Trente. Dans la quatorzième session (cap. IV), le Concile enseigne que la contrition est parfois parfaite par la charité, et qu'elle réconcilie l'homme à Dieu, avant la réception du Sacrement de Pénitence. Au quatrième chapitre de la sixième session, traitant de la nécessité du Baptême, il est dit que les hommes ne peuvent obtenir la justice originelle "sans le bain de la régénération ou le désir de celui-ci" (voto).

Or, il s'agit ici d'un point qui non seulement est défini par des décrets d'un Concile oecuménique mais également d'un point enseigné comme appartenant à la foi par le corps enseignant ordinaire de toute l'Eglise dispersée dans l'univers ...

Il y a trois sortes de Baptême, mais il n'y a pas trois sacrements de Baptême, car le Baptême d'eau est seul [i]un sacrement ... ce qui explique l'erreur des Feeneyistes ! Ils invoquent des documents du Magistère qui stipule effectivement qu'il n'y a qu'un seul Baptême [sacrement] contre la notion des trois sortes de Baptême d'eau, de sang, et désir.

Mais qui a raison (c'est encore "très difficile" à dire, n'est-ce pas ?) ? Saint Augustin, Saint Ambroise, Saint Alphonse de Liguori, Saint Thomas d'Aquin, le Pape Innocent III, le chanoine Naz, Mgr Gaume, la législation de l'Eglise, les théologiens, les catéchismes, les canonistes commentant le canon 737 (et un tas d'autres) !?

Qui a raison donc !? Tous ces auteurs, toutes ces prescriptions, tous ces documents ... ou le Feeneyistes et ses huluberlus américains !? Hmmmm ... j'avoue être en train de vivre un sacré dilemme intérieurement !
Brigitte Marie Michellod
Saint Augustin, Du Baptême, Livre IV, 29 :

On ne saurait douter que le martyre peut quelquefois remplacer le baptême; et Cyprien nous en fournit une preuve sensible dans le fait du bon larron, à qui il a été dit; «Vous serez aujourd’hui avec moi dans le paradis (Luc., XXIII, 43) ». Après y avoir mûrement réfléchi, je crois pouvoir affirmer que le martyre pour le nom de Jésus-Christ n’a pas seul…More
Saint Augustin, Du Baptême, Livre IV, 29 :

On ne saurait douter que le martyre peut quelquefois remplacer le baptême; et Cyprien nous en fournit une preuve sensible dans le fait du bon larron, à qui il a été dit; «Vous serez aujourd’hui avec moi dans le paradis (Luc., XXIII, 43) ». Après y avoir mûrement réfléchi, je crois pouvoir affirmer que le martyre pour le nom de Jésus-Christ n’a pas seul le privilège de suppléer le baptême, mais qu’on doit en dire autant de la foi et de la conversion du coeur, quand il est absolument impossible de recourir à l’administration du baptême. En effet, ce n’est pas pour le nom de Jésus-Christ que ce larron fut crucifié, mais en punition de ses crimes; il ne souffrit pas à cause de la foi, mais il reçut la foi pendant ses souffrances. C’est ainsi que, en dehors du sacrement visible du baptême, nous trouvons dans ce larron la réalisation de cette parole de l’Apôtre : « Il faut croire de coeur pour obtenir la justice et confesser la foi par ses paroles pour obtenir le salut (Rom., X, 10) ». Le même résultat se produit invisiblement lorsque le baptême est rendu impossible, non point par le mépris de la religion, mais par une nécessité instantanée. Pour Corneille et ses amis, beaucoup plus que pour ce larron, l’effusion de l’eau baptismale ne paraissait-elle pas superflue, puisqu’ils avaient déjà reçu le Saint-Esprit qui, autrement, n’est donné qu’à ceux qui ont été baptisés, et se manifestait par le glorieux privilège du don des langues? Cependant Corneille et les autres reçurent le baptême, et ici nous ne pouvons qu’admirer l’autorité apostolique. J’en conclus que nul homme, eût-il déjà fait de grands progrès dans la vie intérieure, fût-il arrivé, dès avant le baptême, à l’intelligence des choses spirituelles et à la piété du coeur, ne doit mépriser le sacrement tel que le confèrent extérieurement les ministres, et par lequel Dieu opère spirituellement la consécration de l’homme.
Gastonviet
Naz, Dictionnaire de Droit Canonique, t.II, col.120-121 a écrit:

4° Nécessité du baptême. - Le baptême ou du moins le désir du baptême est nécessaire à tous pour le salut.

[...]

En effet, comme les dispositions intérieures du coeur importent plus que la réalisation extérieure où elles s'actualisent, l'intention toute seule - même implicite - est quelquefois réputée pour le fait : le baptême …
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Naz, Dictionnaire de Droit Canonique, t.II, col.120-121 a écrit:

4° Nécessité du baptême. - Le baptême ou du moins le désir du baptême est nécessaire à tous pour le salut.

[...]

En effet, comme les dispositions intérieures du coeur importent plus que la réalisation extérieure où elles s'actualisent, l'intention toute seule - même implicite - est quelquefois réputée pour le fait : le baptême d'eau est suppléé par le baptême de sang ou le baptême de désir ...

B. Ojetti S.J., Synopsis rerum moralium et Iuris Pontificii, p.33 a écrit:

Baptismus est Sacramentum regenerationis per aquam in verbo. Cat. Rom. de bapt. n. 5. Triplex distinguitur ; fluminis, flaminis, sanguinis. - Baptismus aquae in re vel in voto, non utique explicito, sed implicito, est omnino necessarius ad salutem.


Cette doctrine fut même incorporée au canon 737, lequel est une loi disciplinaire universelle ne pouvant contenir aucune trace de doctrine erronée :

Le Code de Droit canonique est formel, un individu peut se sauver avec le baptême de désir quand il ne peut recevoir le baptême de fait !

Mais le Code de Droit canonique peut-il contenir une erreur sur la foi ?


Voyons ce que dit le Père Goupil à propos des lois disciplinaires du Code de Droit canonique ?

R.P. Goupil, La Règle de la Foi, p.68 a écrit:

L'Eglise est infaillible dans ses lois disciplinaires.

Il s'agit [...] de lois générales, universelles, au moins pour toute une branche de l'Eglise, ainsi le Code de Droit canonique pour toute l'Eglise latine. [...] Il est donc impossible qu'une loi universelle de l'Eglise soit dommageable à la société chrétienne.

Can. 737

§ 1 Le baptême, porte et fondement des autres sacrements, est nécessaire, de fait ou tout au moins de désir, au salut de tous; il n’est conféré validement que par l’ablution avec une eau vraie et naturelle, accompagnée des paroles prescrites.
Brigitte Marie Michellod
Docteurs et Pères de l’Eglise : Saint Alphonse de Liguori, Theologia Moralis, t. VI, 95. 7 a écrit: Maintenant, il est de fide que les hommes sont également sauvés par le Baptême de désir, conformément au Canon Apostolicam "de presbytero non baptizato" et au Concile de Trente, session 6, chapitre 4, où l'on y mentionne que nul ne peut être sauvé "sans le bain de la régénération ou le désir de …More
Docteurs et Pères de l’Eglise : Saint Alphonse de Liguori, Theologia Moralis, t. VI, 95. 7 a écrit: Maintenant, il est de fide que les hommes sont également sauvés par le Baptême de désir, conformément au Canon Apostolicam "de presbytero non baptizato" et au Concile de Trente, session 6, chapitre 4, où l'on y mentionne que nul ne peut être sauvé "sans le bain de la régénération ou le désir de celui-ci".
Brigitte Marie Michellod
Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, deuxième partie de la deuxième, Q. 100, A.2 a écrit: Supposons maintenant un adulte désirant le baptême, et en danger de mort, que le prêtre ne veut pas baptiser sans argent. Il doit, s’il le peut, se faire baptiser par quelqu’un d’autre. Si ce recours lui est impossible, il ne doit aucunement acheter à prix d’argent son baptême, mais plutôt mourir sans l’…More
Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, deuxième partie de la deuxième, Q. 100, A.2 a écrit: Supposons maintenant un adulte désirant le baptême, et en danger de mort, que le prêtre ne veut pas baptiser sans argent. Il doit, s’il le peut, se faire baptiser par quelqu’un d’autre. Si ce recours lui est impossible, il ne doit aucunement acheter à prix d’argent son baptême, mais plutôt mourir sans l’avoir reçu. Le baptême de désir supplée en effet pour lui ce que le sacrement ne peut lui donner.
11 more comments from Brigitte Marie Michellod
Brigitte Marie Michellod
Saint Bonaventure, In Sent. IV, d.4,P.2,a.I,q.I. a écrit: Dieu n'oblige personne à faire l'impossible, et, conséquemment, nous devons admettre que le baptême de désir sans le baptême d'eau est suffisant, pourvu que la personne en question ait la volonté de recevoir le baptême d'eau, mais qu'elle en soit empêchée de le recevoir avant de mourir
Brigitte Marie Michellod
LXII. — Sur ces paroles de l'Évangile: « Jésus baptisait plus que Jean, quoique Jésus ne baptisât point, mais ses disciples (5). » On demande si ceux qui reçurent le baptême dans le temps où le Seigneur baptisait par ses disciples plus que Jean, recevaient aussi le Saint-Esprit. Car en un autre endroit de l'Évangile il est dit: « L'Esprit n'avait pas encore été donné, parce que Jésus n'était pas …More
LXII. — Sur ces paroles de l'Évangile: « Jésus baptisait plus que Jean, quoique Jésus ne baptisât point, mais ses disciples (5). » On demande si ceux qui reçurent le baptême dans le temps où le Seigneur baptisait par ses disciples plus que Jean, recevaient aussi le Saint-Esprit. Car en un autre endroit de l'Évangile il est dit: « L'Esprit n'avait pas encore été donné, parce que Jésus n'était pas encore glorifié (6). » A cela il y aurait une réponse très-facile : c'est que le Seigneur, qui rendait la vie, pouvait permettre qu'aucun d'eux ne mourût avant d'avoir reçu le Saint-Esprit après sa glorification, c'est-à-dire après sa résurrection et son ascension au ciel. Mais aussitôt vient en pensée le souvenir du larron, à qui il fut dit : « En vérité je te le déclare, tu seras aujourd'hui avec moi en paradis, » et qui n'avait cependant pas reçu le baptême (7). Il est vrai que Corneille et ceux des Gentils qui avaient cru comme lui, reçurent le Saint-Esprit, même avant d'être baptisés (8 ) . Cependant je ne vois pas comment le larron aurait pu dire, sans le secours du Saint-Esprit : « Seigneur, souvenezvous de moi quand vous serez arrivé dans votre royaume (9): » car, suivant l'Apôtre : « Nul ne peut dire Seigneur Jésus que par l'Esprit-Saint (10). » Le Seigneur lui-même a fait voir le résultat de cette foi, en disant : « En vérité je te le déclare: tu seras aujourd'hui avec moi en paradis. » Conséquemment, de même que par l'effet de la bonté ineffable et de la justice de Dieu, maître absolu de toutes choses, ce larron, à raison de sa foi, a été censé recevoir le baptême dans son âme restée libre, puisqu'il ne le pouvait dans son corps crucifié : ainsi l'Esprit-Saint était donné d'une manière invisible avant la glorification du Seigneur, et le fut ensuite plus ostensiblement après la manifestation de la divinité. 5 Jean, IV, 1, 2. — 6 Ib. VII, 39. — 7 Rét. l. I. ch. XXVI. — 8 Act. X, 44-47. 9 Luc, XXIII; 43, 42. — 10 I Cor. XII, 3. Œuvres complètes de Saint Augustin, Quatre-vingt-trois questions, T. V, Bar-le-Duc (Louis Guérin Imp. Ed.), 1867, p. 456
Brigitte Marie Michellod
Tertullien, Traité du Baptême, XVI a écrit: Il est vrai que nous avons un second baptême , qui est le baptême de sang, mais qui est aussi unique. C'est de ce baptême que parlait Jésus-Christ lorsqu'il disait : "J'ai à être baptisé d'un baptême 50," quoiqu'il eût été déjà baptisé, car il était venu par l'eau et le sang51, comme écrit saint Jean, afin qu'il fût lavé par l'eau et glorifié par le …More
Tertullien, Traité du Baptême, XVI a écrit: Il est vrai que nous avons un second baptême , qui est le baptême de sang, mais qui est aussi unique. C'est de ce baptême que parlait Jésus-Christ lorsqu'il disait : "J'ai à être baptisé d'un baptême 50," quoiqu'il eût été déjà baptisé, car il était venu par l'eau et le sang51, comme écrit saint Jean, afin qu'il fût lavé par l'eau et glorifié par le sang. C'est pour cela aussi que voulant nous appeler par l'eau et faire des élus par le sang, il fit rejaillir de la plaie de son côté ces deux baptêmes ; parce que ceux qui devaient croire en son sang devaient être purifiés par l'eau, et ceux qui seraient purifiés par l'eau devaient aussi boire son sang. C'est enfin ce baptême qui supplée au défaut du baptême d'eau, et qui en répare le défaut quand on a eu le malheur de perdre l'effet du baptême
Brigitte Marie Michellod
Mgr Gaume, reprenant St Thomas d'Aquin : On distingue trois sortes de Baptêmes. Le premier est le Baptême d'eau, c'est le Sacrement. Le second, le Baptême de feu, ou de l'esprit. C'est un mouvement du Saint-Esprit, qui produit dans l'âme la foi, la charité et le repentir, par conséquent le désir, du moins implicite, de recevoir le sacrement de Baptême 1. Le troisième, le Baptême de sang, c'…More
Mgr Gaume, reprenant St Thomas d'Aquin : On distingue trois sortes de Baptêmes. Le premier est le Baptême d'eau, c'est le Sacrement. Le second, le Baptême de feu, ou de l'esprit. C'est un mouvement du Saint-Esprit, qui produit dans l'âme la foi, la charité et le repentir, par conséquent le désir, du moins implicite, de recevoir le sacrement de Baptême 1. Le troisième, le Baptême de sang, c'est le martyre. Le second et le troisième ne sont pas des Sacrements. On les appelle Baptêmes, parce qu'ils purifient l'âme de ses péchés et suppléent le défaut du Sacrement, lorsqu'on ne peut le recevoir 2. 1 . . . In quantum scilicet alicujus cor per Spiritum sanctum movetur ad credendum et diligendum Deum, et poenitendum de peccatis ; unde etiam dicitur Baptismus poenitentiae. (S. Th., p. III, q. LXVI, a r t . 3.) 1 Alia duo Baptismata includuntur in Baptismo aquae, qui effleaciam habet et ex passione Christi, et ex Spiritu sancto, et ideo per hoc non tollitur unitas Baptismi... conveniunt cum Baptismo aquae non quidem quantum ad rationem signi, sed quantum ad affectum Baptismatis ; et ideo non sunt Sacramenta. (S. Th., p. III, q. LXVI, art. 2.) Catéchisme de persévérance, tome IV, p. 39.
Brigitte Marie Michellod
St Pie X, Pape : Peut-on se sauver en dehors de l’Eglise Catholique, Apostolique, Romaine ? Non, hors de l’Eglise Catholique, Apostolique, Romaine, nul ne peut se sauver, comme nul ne put se sauver du déluge hors de l’Arche de Noé qui était la figure de cette Eglise. Mais celui qui, sans qu’il y ait de sa faute, se trouverait hors de l’Eglise, pourrait-il être sauvé ? Celui qui, se trouvant hors …More
St Pie X, Pape : Peut-on se sauver en dehors de l’Eglise Catholique, Apostolique, Romaine ? Non, hors de l’Eglise Catholique, Apostolique, Romaine, nul ne peut se sauver, comme nul ne put se sauver du déluge hors de l’Arche de Noé qui était la figure de cette Eglise. Mais celui qui, sans qu’il y ait de sa faute, se trouverait hors de l’Eglise, pourrait-il être sauvé ? Celui qui, se trouvant hors de l’Eglise sans qu’il y ait de sa faute ou de bonne foi, aurait reçu le Baptême ou en aurait le désir au moins implicite ; qui chercherait en outre sincèrement la vérité et accomplirait de son mieux la volonté de Dieu, bien que séparé du corps de l’Eglise, serait uni à son âme et par suite dans la voie du salut. Le Baptême est-il nécessaire pour être sauvé ? Le Baptême est absolument nécessaire pour être sauvé, car le Seigneur a dit expressément : " Celui qui ne renaîtra pas dans l’eau et le Saint-Esprit ne pourra entrer dans le royaume des cieux ". Peut-on suppléer en quelque manière au défaut du Baptême ? Le défaut du sacrement de Baptême peut être suppléé par le martyre qu’on appelle Baptême de sang, ou par un acte de parfait amour de Dieu ou de contrition joint au désir au moins implicite du Baptême, et ceci s’appelle Baptême de désir
Brigitte Marie Michellod
14. Le Baptême, quand il y a impossibilité de le recevoir, peut être suppléé : 1° par le martyre, qu'on appelle Baptême de sang; 2° par la contrition parfaite, jointe au désir du Baptême; c'est ce qu'on appelle le Baptême de désir. Catéchisme en images, Les sacrements en général, Le Baptême, art. 14, Nihil obstat : 1912, R. Gosselin; Imprimatur : P. Fages, Vic. gen., Maison de la bonne presse, …More
14. Le Baptême, quand il y a impossibilité de le recevoir, peut être suppléé : 1° par le martyre, qu'on appelle Baptême de sang; 2° par la contrition parfaite, jointe au désir du Baptême; c'est ce qu'on appelle le Baptême de désir. Catéchisme en images, Les sacrements en général, Le Baptême, art. 14, Nihil obstat : 1912, R. Gosselin; Imprimatur : P. Fages, Vic. gen., Maison de la bonne presse, Paris, 191
Brigitte Marie Michellod
PAR L'ABBÉ AMBROISE GUILLOIS, ancien curé au Mans. OUVRAGE OFFERT A S. S. PIE IX, HONORÉ PAR ELLE D'UN BREF DE REMERCIEMENT ET REVETU DE L'APPROBATION DE PLUSIEURS CARDINAUX, ARCHEVEQUES ET ÉVÈQUES., 1869 p 46

D. Le baptême ne peut-il pas être suppléé? — R. Le baptême peut être suppléé, dans les enfants, par le martyre, et, dans ceux qui ont l'usage de la raison, par le martyre …More
PAR L'ABBÉ AMBROISE GUILLOIS, ancien curé au Mans. OUVRAGE OFFERT A S. S. PIE IX, HONORÉ PAR ELLE D'UN BREF DE REMERCIEMENT ET REVETU DE L'APPROBATION DE PLUSIEURS CARDINAUX, ARCHEVEQUES ET ÉVÈQUES., 1869 p 46

D. Le baptême ne peut-il pas être suppléé? — R. Le baptême peut être suppléé, dans les enfants, par le martyre, et, dans ceux qui ont l'usage de la raison, par le martyre ou par un acte de charité, avec le désir d'être baptisés aussitôt qu'ils le pourront. Explication. — Le baptême peut être suppléé, c'est-à dire que quelque chose peut en tenir lieu. Un enfant qui ne serait pas baptisé, mais qui serait mis à mort pour la cause de Jésus-Christ, serait sauvé; la mort qu'il endurerait pour Jésus-Christ ou à l'occasion de Jésus-Christ, ce qu'on appelle souffrir le martyre, lui tiendrait lieu de baptême. C'est d'après ce principe que l'Église fait la fête des enfants qu'Hérode fit mourir à Béthléem et dans les environs, et qu'on appelle les Saints innocents. Ils règnent dans le ciel pour avoir, ici-bas, confessé Jésus-Christ, non par leurs discours, mais par leur mort et l'effusion de leur sang, comme le chante l'Église .

Dans les adultes, le baptême peut être suppléé : l° par le martyre. Celui qui meurt pour Jésus-Christ est baptisé dans son propre sang, obtient une entière rémission de tous ses péchés, et entre sur-le-champ en possession du bonheur du Ciel. Aussi l'Église honore-t-elle d'un culte public saint Genès d'Arles, qui n'était encore que catéchumène lorsqu'il fut décapité, sur les bords du Rhône, pour avoir refusé de souscrire à un édit de Maximilien Hercule, qui ordonnait de persécuter les chrétiens '.

2° Par le désir sincère d'être baptisé, si on le pouvait, joint à un acte de charité parfaite. Une personne qui se trouve dans l'impossibilité de recevoir le baptême, mais qui le désire avec ardeur, et qui s'excite en même temps à une douleur sincère de ses péchés et à un grand amour de Dieu, reçoit, si elle meurt dans ces dispositions, l'effet du baptême, et le ciel devient aussitôt son partage. Le jeune empereur Valentinien mourut sans baptême, dans le temps même qu'il se préparait à aller à Milan pour se faire baptiser par saint Ambroise. Ce saint docteur, en faisant son oraison funèbre, n'hésita point à le regarder comme sauvé, et dit qu'on ne pouvait pas douter qu'il n'eût obtenu de Dieu l'effet du baptême, qu'il avait ardemment désiré.

D. Il y a donc trois sortes de baptême?

— R. Oui, il y a trois sortes de baptême : le baptême d'eau, le baptême de sang et le baptême de désir, et cependant il n'y a qu'un seul sacrement de baptême.
Explication. — Le baptême d'eau, c'est celui que l'on administre en versant de l'eau sur la tête de la personne que l'on baptise.

Le baptême de sang, c'est le martyre enduré pour Jésus-Christ.

Le baptême de désir, c'est le désir sincère d'être baptisé, joint à un acte de charité et de repentir. Ce désir ou vœu du baptême qui, d'après le concile de Trente, suffit dans celui qui ne peut recevoir le sacrement, peut très-bien s'entendre du vœu implicite, tel qu'il se trouve dans celui qui, sans avoir connaissance du baptême, est dans la disposition de faire tout ce que Dieu prescrit comme moyen de salut.

C'est l'opinion de plusieurs docteurs, parmi lesquels on distingue saint Thomas et saint Alphonse de Liguori. Il n'y a que le baptême d'eau qui soit un véritable sacrement et qui imprime un caractère; mais les deux autres produisent les mêmes effets, quant à l'infusion de la grâce et à la rémission des péchés.

L'Ecriture ne laisse aucun doute à ce sujet : « Quiconque, dit l'Apôtre, aura invoqué le nom du Seigneur, sera sauvé » voilà pour le baptême de désir.

« Celui, dit Jésus-Christ, qui aura perdu la vie à cause de moi, la retrouvera » voilà pour le baptême de sang.

Saint Paul parle aussi du baptême pour les morts ; selon quelques interprètes des saintes Ecritures, il faut entendre par là un baptême d'affliction et de larmes ; selon d'autres, l'Apôtre fait allusion à l'erreur de ceux qui s'imaginaient qu'après avoir reçu le baptême pour eux-mêmes, ils pouvaient se faire baptiser une seconde fois à l'intention des morts, afin de leur procurer du soulagement.
Brigitte Marie Michellod
Magistère de l’Eglise Lettre de Innocent II, Apostolicam Sedem, Dz. 388 a écrit: A votre demande, nous répondons ceci : Nous affirmons sans hésitation (sur l'autorité des Saints Pères Augustin et Ambroise) que le Presbyterum dont vous avez dit qu'il avait fini ses jours sans l'eau du baptême, a persévéré dans la foi de la sainte Mère l'Eglise et dans la profession du nom du Christ, et que …More
Magistère de l’Eglise Lettre de Innocent II, Apostolicam Sedem, Dz. 388 a écrit: A votre demande, nous répondons ceci : Nous affirmons sans hésitation (sur l'autorité des Saints Pères Augustin et Ambroise) que le Presbyterum dont vous avez dit qu'il avait fini ses jours sans l'eau du baptême, a persévéré dans la foi de la sainte Mère l'Eglise et dans la profession du nom du Christ, et que conséquement a été libéré du péché originel et a obtenu la joie de la patrie céleste. Lisez en outre le huitième livre De civitate Dei d'Augustin où on lit entre autres : " Le baptême est administré de façon invisible lorsque ce n'est pas le mépris de la religion mais la barrière de la nécessité qui l'exclut ". Ouvrez également le livre du bienheureux Ambroise De obitu Valentiani qui affirme la même chose. Les questions s'étant donc apaisées, tenez les conceptions des Pères docteurs, et faite présenter constamment dans votre Eglise des prières et des offrandes pour le Presbyterum que vous avez mentionné
Brigitte Marie Michellod
Pie XII, Discours aux participants du Congrès de l'Union Catholique Italienne des Sages-femmes, 29 octobre 1951 a écrit: Et cependant, l'état de grâce, au moment de la mort, est absolument nécessaire au salut. Sans cela, il n'est pas possible d'arriver à la félicité surnaturelle, à la vision béatifique de Dieu. Un acte d'amour peut suffire à l'adulte pour acquérir la grâce sanctifiante et …More
Pie XII, Discours aux participants du Congrès de l'Union Catholique Italienne des Sages-femmes, 29 octobre 1951 a écrit: Et cependant, l'état de grâce, au moment de la mort, est absolument nécessaire au salut. Sans cela, il n'est pas possible d'arriver à la félicité surnaturelle, à la vision béatifique de Dieu. Un acte d'amour peut suffire à l'adulte pour acquérir la grâce sanctifiante et suppléer au manque du baptême
Brigitte Marie Michellod
Innocent III, Debitum pastoralis officii, à l'évêque de Metz, 28 août, 1206, Denzinger ° 413 a écrit:Vous m'avez confié qu'un certain juif, à l'article de la mort, et vivant parmi des juifs seulement, s'était plongé lui-même dans l'eau en disant : "Je me baptise au nom du Père et du Fils et du SaintEsprit, Amen". Or vous me demandez si ce juif, qui persévère dans la foi chrétienne, doit être …More
Innocent III, Debitum pastoralis officii, à l'évêque de Metz, 28 août, 1206, Denzinger ° 413 a écrit:Vous m'avez confié qu'un certain juif, à l'article de la mort, et vivant parmi des juifs seulement, s'était plongé lui-même dans l'eau en disant : "Je me baptise au nom du Père et du Fils et du SaintEsprit, Amen". Or vous me demandez si ce juif, qui persévère dans la foi chrétienne, doit être baptisé. Nous répondons qu'étant donné qu'il doit y avoir distinction entre celui qui baptise et celui qui est baptisé, comme le montrent à l'évidence les paroles du Seigneur disant aux apôtres : Page | 27 "Baptisez toutes les nations au nom du Père et du Fils et de l'Esprit Saint" (Mt 28,19) le juif dont il est question doit être baptisé à nouveau par un autre, pour qu'il apparaisse qu'autre est celui qui est baptisé, autre celui qui baptise ... Cependant, s'il était décédé aussitôt, il aurait rejoint immédiatement la patrie en raison de sa foi au sacrement, même si ce n'avait pas été en raison du sacrement de la foi
Brigitte Marie Michellod
VI. La nécessité du baptême 1258 Depuis toujours, l’Église garde la ferme conviction que ceux qui subissent la mort en raison de la foi, sans avoir reçu le Baptême, sont baptisés par leur mort pour et avec le Christ. Ce Baptême du sang, comme le désir du Baptême, porte les fruits du Baptême, sans être sacrement. 1259 Pour les catéchumènes qui meurent avant leur Baptême, leur désir explicite de …More
VI. La nécessité du baptême 1258 Depuis toujours, l’Église garde la ferme conviction que ceux qui subissent la mort en raison de la foi, sans avoir reçu le Baptême, sont baptisés par leur mort pour et avec le Christ. Ce Baptême du sang, comme le désir du Baptême, porte les fruits du Baptême, sans être sacrement. 1259 Pour les catéchumènes qui meurent avant leur Baptême, leur désir explicite de le recevoir uni à la repentance de leurs péchés et à la charité, leur assure le salut qu’ils n’ont pas pu recevoir par le sacrement. CEC, Mame/Plon, Paris, 1992, p. 273