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Francesco I
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Le premier jubilé de l'histoire qui ne célébrera pas Jésus (et aura Bergoglio en son centre) Antonio Socci

ET SI LA PROCHAINE ANNÉE SAINTE ÉTAIT POUR CÉLÉBRER LA MISÉRICORDE DU PAPE FRANÇOIS ?

Le premier jubilé de l'histoire qui ne célébrera pas Jésus (et aura Bergoglio en son centre)
Antonio Socci

Réf. :
www.antoniosocci.com/il-primo-giubil…
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L'Année Sainte qui vient d'être annoncée sera-t-elle centrée sur Jésus-Christ, comme les précédentes, ou sur le pape Bergoglio?

Ils devront être très déterminés, le pape et l'Eglise, pour clarifier l'équivoque car hier les titres des principaux journaux, tous laïcistes, mais bergogliens enthousiastes, étaient unanimes.

. Corriere della Sera: «Le Jubilé du Pape François».
. La Repubblica: «L'Année Sainte de François».
. La Stampa: «C'est le Jubilé de François».

Concept absurde parce qu'avec un Jubilé, on ne célèbre pas un pape, mais le Seigneur. Le pape doit être le «serviteur des serviteurs de Dieu» et ne peut pas se mettre à la place de Dieu.

FRANÇOISMANIA
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On dira que que ce sont les médias qui se méprennent. C'est en partie vrai, mais personne, cependant, ne dément ces journaux qui par ailleurs - par un hasard curieux - sont détenus par des banques puissantes, de grands financiers et des multinationales, et sont tous des supporters acharnés du «pape des pauvres» qui fulmine contre le capitalisme.

En outre - en dehors des journaux laïques - même la cour papale, au sens large, contribue dans le monde catholique à la transformation du pape en un "divo" (une star).

Tant et si bien que le même Bergoglio, dans une interview des premiers mois, déplora la "françoiscomania" en disant: «Je n'aime pas les interprétations idéologiques, une certaine mythologie du Pape François ... Sigmund Freud a dit, si je ne me trompe pas, que, dans toute idéalisation il y a une agression. Dépeindre le Pape comme une sorte de surhomme, une sorte de star, me semble offensant».

Donc Bergoglio a compris au début que cette «divisation» (ndt: cette façon d'en faire un "divo") fanatique de sa personne est un danger pour lui.

Mais au lieu de «décentrer» l'Eglise de lui-même et de la recentrer sur le Christ, il a rapidement montré une certaine complaisance et finalement du plaisir.

En réalité, aujourd'hui, sa cour est une usine de triomphalisme adulateur et les médias catholiques, comme ceux laïcs, naviguent sur les mers d'une "françoismania" fanatique.

Et il n'y a pas que cela. Dans l'Église, cette "françoismania" est imposée (même aux évêques et aux cardinaux) comme la pensée unique à laquelle on doit se conformer si on ne veut pas courir le risque de prendre une «raclée» et d'être mis à l'index.

De là le problème de l'Année Sainte.

On espère que ce n'est pas Bergoglio qui a voulu faire «le Jubilé de François». Lui-même, une fois, au début, a invité à crier «Vive Jésus» au lieu de «Vive François». Mais il ne l'a fait qu'une seule fois. Il a ensuite laissé la "françoismania" se répandre.

Aujourd'hui, il ne tolère pas la diversité de vues et d'accents, il élargit les fauteuils et accorde des prix à ceux qui applaudissent, punit les dissidents et laisse la Cour imposer dans l'Église une papolâtrie de plomb

Les journaux d'hier ont été induits en erreur aussi parce que Bergoglio a choisi d'annoncer le Jubilé le jour du deuxième anniversaire de son élection, quand tous les journaux avaient des pages célébratives en son honneur.

En outre, simultanément, une interview a été publiée, dans laquelle il dit a que son pontificat sera court (par la force des choses: il a 78 ans), se mettant ainsi au centre de l'attention des médias. Il était donc naturel pour les journaux de faire ces titres sur le Jubilé, le centrant sur lui.

On dira que ce n'était pas la volonté de Bergoglio. J'espère bien. Mais demandons-nous: pourquoi une Année Sainte extraordinaire en 2016?

LE CHRIST EFFACÉ
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Le Jubilé - depuis le premier, en 1300 - a toujours été fixé en les dates qui se réfèrent aux années de la naissance et de la mort de Jésus-Christ. Y compris les jubilés extraordinaires (très rares).

Celui de 2016 est le premier Jubilé de l'histoire de l'Église qui n'a pas en son centre l'événement historique de Jésus-Christ, de sa vie terrestre.

Comme il fallait trouver quelque raison de le convoquer en 2016, Bergoglio a décidé qu'il serait tenu pour le 50e anniversaire de la clôture du Concile Vatican II.

Mais qu'est-ce que c'est que cet anniversaire? On n'a jamais fait un Jubilé pour un Concile. Et puis le Concile Vatican II a pris fin en 1965, pas en 2016, et donc on ne célébre pas le 50e, mais le 51e anniversaire de la conclusion du 21e Concile de l'Eglise.

C'est donc un prétexte, plus que tout idéologique et même auto-référentiel, parce que centré sur un fait ecclésial plutôt que sur le Christ (si on devait considérer des événements similaires dans l'histoire de l'Église, chaque année, on pourrait organiser une Année sainte).

Le premier Jubilé de l'histoire qui n'aura pas en son centre l'événement du Christ aura, comme protagoniste médiatique incontesté, le pape Bergoglio, le pape qui par ailleurs, ne salue pas les fidèles avec la phrase traditionnelle «Loué soit Jésus Christ», mais avec «Bonjour» et «Bonsoir», étant ainsi salué par les médias comme «pape affable».

Ce sera donc une année de triomphalisme bergoglien. Même la référence à la «miséricorde», voulue par le Pape, va dans ce sens. Le "Corriere" écrit en première page: «Il sera dédié à la miséricorde».

Mais c'est un pléonasme car tous les Jubilés, par leur nature même, sont dédiés à la miséricorde.

La cathédrale de Sienne (ndt: Sienne est la ville d'origine d'Antonio Socci) a une stèle gravée sur son portail, qui rapporte les paroles avec lesquelles Boniface VIII a proclamé le premier Jubilé de l'histoire, en 1300, et le mot clé est justement «miséricorde».

Alors, pourquoi a-t-on voulu affirmer que le Jubilé de 2016 sera particulièrement axé sur la miséricorde et se caractérise par cela?

Entend-on annoncer et donner - comme dans tous les autres Jubilés - la Miséricorde de Dieu, ou veut-on plutôt célébrer la miséricorde du pape Bergoglio, qui est considérée par les médias comme plus grande?

La question est d'une actualité brûlante, étant donné que tout au long de 2014 François a essayé de faire, à travers le cardinal Kasper, une révolution sur l'accès à la communion des divorcés remariés au nom de son idée de «miséricorde».

Le pape d'Argentine a été substantiellement mis en minorité à la fois au consistoire de Février 2014 et lors du Synode suivant, parce que l'Eglise lui a rappelé que la Miséricorde ne peut impliquer l'annulation de la loi de Dieu et des paroles du Christ sur le sacrement du mariage.

Toutefois, au nouveau Synode d'Octobre prochain nous aurons le match retour.

Certains pensent que la proclamation du Jubilé de la «miséricorde» peut être une forme de pression pour faire passer au Synode les innovations bergogliennes.

Et certains pensent qu'il sert plutôt à Bergoglio à éclipser un synode où il sait désormais ne pas être en mesure de réaliser la révolution envisagée.

D'où une grande opération de diversion pour échapper à la déception des fans et des médias laïcistes.

Les hypothèses sont les plus diverses. Mais aujourd'hui, le problème qui s'impose, et que le Jubilé amplifie, c'est d'abord celui-ci: l'Église doit elle être centrée sur Jésus-Christ ou sur le pape actuel?

CULTE DE LA PERSONNALITÉ
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Jean Paul 1er, dans ses 33 jours de pontificat, fut entouré d'une grande affection des fidèles. Mais c'était un phénomène qui n'était même de loin pas comparable à la "françoismania" planétaire actuelle (surtout laïciste).

Néanmoins la chaleur du peuple chrétien suffit à Papa Luciani pour mettre tout le monde en garde contre les risques de papolâtrie: «J'ai l'impression, - disait-il - que la personne du pape est trop couverte de louanges. Il y a un risque de tomber dans le culte de la personnalité, que je ne veux absolument pas. Le centre de tout est le Christ, l'Église. L'Eglise n'est pas au pape, elle est au Christ ... Le pape est un humble serviteur du Christ».

Jésus lui-même, dans les Évangiles, a mis en garde les apôtres contre les applaudissements du monde et fait l'éloge de ceux qui défient la haine du monde et cherchent plutôt le consensus de Dieu.

Au Papes d'aujourd'hui aussi, aux papes de l'ère des médias, s'impose le choix le plus dramatique: entre le témoignage (héroïque) de la Vérité et la recherche du consensus mondain. Ou Dieu ou Mammon.

Déjà le cardinal Ratzinger, à la mort du Pape Paul VI, en 1978, avait dit: «Paul VI a résisté à la télécratie et à la démoscopie, les deux puissances dictatoriales du moment. Il a pu le faire parce qu'il ne prenait pas comme paramètre le succès et l'approbation, mais la conscience, qui se mesurée sur la vérité, sur la foi».

C'est ce qu'on fait, jusqu'à flirter avec le lynchage médiatique, Jean-Paul II et Benoît XVI. Jusqu'à présent, François a fait le contraire.
Francesco Federico
« Ils tiennent les églises ; nous avons la foi. » Saint Athanase
apvs
dvdenise
Certaines personnes manient l'insolence, aussi facilement qu'ils boivent un verre d'eau.