Clicks624
fr.news
1

Du modernisme au communisme. Par Mastero Aurelio Porfiri

Ce n'est pas une coïncidence si dans les mêmes années, à la fin du XIXe siècle, deux phénomènes parfaitement compatibles ont incubé : le modernisme catholique et le marxisme/socialisme/communisme. Le Manifeste Communiste de Karl Marx date de 1848 et le processus qui a conduit aux régimes communistes s'est poursuivi au cours des décennies suivantes.

Le Magistère nous a enseigné que le communisme et le catholicisme sont incompatibles, mais combien de catholiques ont contribué au glissement évident vers la gauche de la culture catholique qui s'est manifesté ces dernières années ? Nous connaissons bien les Chrétiens pour le Socialisme et d'autres mouvements similaires qui ont tenté une synthèse qui, malgré les bonnes intentions de certains, a toujours échoué.

Pie IX dans son encyclique Qui Pluribus de 1846 (deux ans avant le Manifeste !) avait déjà clairement averti : "Tel est le but de la doctrine infâme du communisme, comme on dit, la plus contraire au droit naturel lui-même : une fois acceptée, les droits de tous, des choses, de la propriété, voire de la société humaine elle-même, seront bouleversés de fond en comble. Tel est le but des sombres pièges de ceux qui, sous l'apparence d'agneaux, mais avec l'esprit de loups, s'introduisent furtivement sous le faux prétexte d'une charité plus pure, d'une vertu et d'une discipline plus strictes : ils surprennent doucement, ils s'emparent doucement, ils tuent secrètement ; ils détournent les hommes de l'observance de toute religion, et font des ravages dans le troupeau du Seigneur".

Tous les papes successifs, jusqu'à ces dernières années, ont clairement mis en garde contre ce danger, comme Pie XI en 1937 dans Divini Redemptoris : "Prenez garde, Vénérables Frères, que les fidèles ne se laissent pas tromper ! Le communisme est intrinsèquement pervers et la collaboration avec lui de quiconque veut sauver la civilisation chrétienne ne peut être acceptée dans aucun domaine. Et si certains, trompés, coopèrent à la victoire du communisme dans leur pays, ils seront les premières victimes de leur erreur, et plus les régions où le communisme parvient à pénétrer se distinguent par l'ancienneté et la grandeur de leur civilisation chrétienne, plus la haine des "impies" sera dévastatrice.

Pourtant, on n'a pas compris que le christianisme et le communisme sont incompatibles, car le communisme est une forme terrestre de messianisme qui, même dans ses formes plus libérales et démocratiques, s'oppose clairement aux sociétés qui veulent se fonder sur les valeurs chrétiennes par le biais du bonisme et du politiquement correct, nouvelles hérésies qui menacent l'ordre naturel de notre civilisation.

Comment le communisme a-t-il pu pénétrer dans l'Église ? "Le christianisme est né communiste, et le communisme est né chrétien. Il s'agit, bien sûr, de comprendre le sens du mot christianisme aussi bien que le sens du mot communisme"(L'Église et le communisme).

Ernesto Buonaiuti disait cela déjà dans les années 40. Il était l'un des porte-drapeaux du modernisme catholique qui par l'idée que l'Église doit rencontrer le monde moderne (et non l'évangéliser et le transformer) a contribué à la propagation de l'infection.

Buonaiuti déclarait dans les premières années du 20ème siècle : "De nombreux jeunes prêtres proclament, pas assez fort pour être punis par le Vatican, mais suffisamment pour se comprendre, leur franche sympathie pour le parti socialiste" (Lettere di un prete modernista).

Et encore il nous raconte dans L'Église et le communisme comment dans de larges couches de la Compagnie de Jésus, autrefois bastion de la doctrine catholique, le germe moderniste avait pénétré profondément dans ses multiples manifestations : " Nous avons assisté à l'apparition d'un communisme qui non seulement n'est pas athée, mais qui, énergiquement et délibérément, professe être catholique. Déjà à l'époque de l'occupation nazie, ce parti communiste catholique avait ses témoins. Un jour, la chronique clandestine de Rome apprit que plusieurs jeunes gens qui se disaient communistes catholiques avaient été arrêtés et qu'ils se réunissaient régulièrement dans l'ancien oratoire de Caravita, près de Saint-Ignace, sous la direction spirituelle des Pères jésuites. »

L'antidote à un poison n'est pas un autre poison. Le communisme ne peut être qu'athée parce qu'il est fondé sur le marxisme et le matérialisme historique.

Souvent, la foi est réduite à l'éthique, au fait de se comporter en bons citoyens en éliminant complètement l'élément surnaturel. Et pourtant, je le répète, beaucoup de ceux qui se disent catholiques continuent à courir après les Sirènes rouges.

Le modernisme a également ouvert la porte pour balayer tous ceux qui tentaient de s'opposer à la furie destructrice du faux progrès.
AveMaria44
Ne vous y trompez donc pas, mes chers frères.
Toute grâce excellente et tout don parfait vient d’en haut, et descend du Père des lumières, qui ne peut recevoir ni de changement, ni d’ombre, par aucune révolution.
C’est Lui qui par sa volonté nous a engendrés par la parole de la vérité ; afin que nous fussions comme les prémices de ses créatures
. Jc 1, 16-18