Clicks5.4K

Credo (1983)

shazam
46
La police soviétique convoque et arrête Alexandre Lenski, professeur d’université, parce qu’il est chrétien. Son interrogatoire porte d'abord sur des accusations de prosélytisme, dont il se défend …More
La police soviétique convoque et arrête Alexandre Lenski, professeur d’université, parce qu’il est chrétien.
Son interrogatoire porte d'abord sur des accusations de prosélytisme, dont il se défend habilement. Petit à petit, la pression monte et les soutiens sur lesquels il aurait pu s'appuyer lui font défaut l'un après l'autre. Il en est de même pour tous jusqu'aux gens d'Église (Père Serge et Frère Jean) qui sont du côté des interrogateurs…
Un scénario inspiré d’une histoire réelle d’un ukrainien interné dans un asile parce qu’il croyait en Dieu. Une vraie rareté, un Huis-clos étonnant, à l’intrigue spirituelle et religieuse, Credo est resté inédit depuis sa diffusion à la télévision en 1983.
shazam and 4 more users like this.
shazam
Credo (le livre) Edité par Balland - paru en 1983

Avant-propos (extrait)

Je gardais depuis des années un article racontant la triste aventure de l'historien ukrainien Valentin Moroz, arrêté, longuement interrogé et pour finir interné comme fou parce qu'il croyait en Dieu. ...
Credo est une tentative pour reconstituer ce dialogue perdu, en essayant de donner aux uns et aux autres les meilleu…More
Credo (le livre) Edité par Balland - paru en 1983

Avant-propos (extrait)

Je gardais depuis des années un article racontant la triste aventure de l'historien ukrainien Valentin Moroz, arrêté, longuement interrogé et pour finir interné comme fou parce qu'il croyait en Dieu. ...
Credo est une tentative pour reconstituer ce dialogue perdu, en essayant de donner aux uns et aux autres les meilleurs arguments possibles. Tous les personnages sont de bonne volonté. Chacun veut aider l'autre. Mais un système rigide, une certitude de vérité, un rapport de forces, un impossibilité presque physique d'admettre des idées différentes entraînent l'inévitable enfermement.

Jean-Claude Carrière, 1983
Psaume 62 likes this.
shazam
C’est l’une des qualités des huis-clos que de dire réellement quelque chose, donnant ainsi l’occasion d’entendre réellement ce quelque chose… Ce qui est plus difficile avec les films bruyants…
Guiharan likes this.
Guiharan
Plus huis clos théâtrale que film, mais à recommander fortement pour comprendre la subversion moderniste !
shazam likes this.
Guiharan and one more user like this.
Guiharan likes this.
shazam
Journal Cinéphile Lyonnais, le 12 mars 2017 (extraits) :
Projection exceptionnelle du film Credo en présence de Jean Louis Trintignant à l’Institut Lumière.
C’est un évènement très spécial car ce film réalisé en 1983 est d’une extrême rareté puisqu’il n’a pas été projeté en France depuis sa première présentation au public à l’époque de sa sortie. En dehors des quelques spectateurs qui ont pu le …More
Journal Cinéphile Lyonnais, le 12 mars 2017 (extraits) :
Projection exceptionnelle du film Credo en présence de Jean Louis Trintignant à l’Institut Lumière.
C’est un évènement très spécial car ce film réalisé en 1983 est d’une extrême rareté puisqu’il n’a pas été projeté en France depuis sa première présentation au public à l’époque de sa sortie. En dehors des quelques spectateurs qui ont pu le découvrir sur Antenne 2 à ce moment là, pratiquement personne n’avait vu le film, pas même son acteur principal Jean Louis Trintignant. C’est sans doute pour cette raison qu’il a tenu à venir le présenter lui-même ce samedi, ce qui lui a permis de la découvrir enfin, 34 ans après l’avoir tourné avec Deray dont il était l’un des amis et acteur fétiche.
Cest une œuvre très particulière, théâtrale, dont le tournage n’a duré qu’une semaine car un seul décor a été utilisé. Il s’agit d’une longue conversation politico-théologique d’une heure et demie en huis-clos. Trintignant y interprète un catholique poussé à l’abjuration en étant soumis à un interrogatoire par les agents d’une dictature communiste, qui le considèrent comme un élément perturbateur de l’ordre socialiste. C’est une véritable succession de discours et dialogues sur le terrorisme intellectuel, la liberté de conscience et le rapport à Dieu, ce qui en a fait un film culte pour la communauté catholique. Inspiré de faits réels, c’est en quelque sorte une version soft de L’aveu de Costa-Gavras (1970). Mais il annonce surtout la Controverse de Valladolid, le livre de Jean-Claude Carrière sorti en 1992, ce qui n’est pas un hasard puisque c’est lui qui c’est chargé du scénario du film. L’ouvrage fera d’ailleurs lui aussi l’objet d’une adaptation télévisuelle la même année, dans laquelle on retrouvera Jean-Louis Trintignant (accompagné de Jean Carmet et Jean Pierre Marielle).
A l’issue de la projection Bertrand Tavernier était sous le choc, stupéfait de découvrir un film qui s’assume pleinement dans sa démarche intellectuelle, mesurée, sans recourir à des éléments de dramatisation extérieurs à la trame principale. Il a témoigné de son admiration pour le courage du cinéaste qui a réussit à imposer un tel concept, tout en critiquant la télévision actuelle qui ne serait plus capable de porter de tels projets, car ils seraient considérés comme « clivant et sans pitch ». Il salue de même la capacité du cinéaste à respecter l’ensemble de ses personnages, en évitant le manichéisme et le jugement moral. « C’est à la fois réconfortant et flippant de se rendre compte qu’à l’époque il y avait un public pour ce type de sujets. Quand on voit où on en est arrivé aujourd’hui, on peut se dire qu’il n’y a pas eu de progrès. » Il y identifie enfin les mêmes processus narratifs que ceux utilisés par Buñuel dans Les charmes discrets de la bourgeoisie (1972), tandis que Trintignant y a reconnut l’influence du style de Robert Bresson.