apvs
(...) "99%" de réalités cachées et de pensées très sensées avec force détails pour y distiller "1%" de poison spirituel. " ( hypothèse avancée au sujet des écrits de Maria Valtorta )

VS :

( cahiers de 1943, 13 mai )
(...)
18> Et maintenant que je vous ai fait part des raisons pour lesquelles je n’aime pas en parler, je vous dirai celles qui me font sentir que je ne suis pas une naïve qui prend …More
(...) "99%" de réalités cachées et de pensées très sensées avec force détails pour y distiller "1%" de poison spirituel. " ( hypothèse avancée au sujet des écrits de Maria Valtorta )

VS :

( cahiers de 1943, 13 mai )
(...)
18> Et maintenant que je vous ai fait part des raisons pour lesquelles je n’aime pas en parler, je vous dirai celles qui me font sentir que je ne suis pas une naïve qui prend les fantasmes du délire pour des vérités surnaturelles et des paroles démoniaques pour des paroles divines.

J’en ai la certitude à cause de la suavité et de la paix qui m’envahissent à la suite de ces paroles et de ces caresses et de la force qui s’empare de moi, m’obligeant à les écouter et à les écrire sans que j’en puisse changer un seul mot.
En même temps que cette force très douce qui m’oblige à les écouter et à les écrire — et toujours à des moments qui échappent à toute volonté de ma part d’écouter ces choses (je vous prie de croire que je ne fais rien pour me mettre en un état réceptif, si je peux dire) — je sens, selon les circonstances, une force plus intense qui me dit : "Fais connaître ceci. Ne dis rien de cela à personne". On ne transige pas avec cette douce puissance...

Mais il n’y a rien qui vienne de moi. Même si je pense (en m’en affligeant) : "Jésus se tait. Oh ! S’il se faisait entendre pour me consoler un peu !", soyez assuré qu’il continue de se taire. Il ne se fait entendre que quand il le veut;et alors même si je suis prise à autre chose, à quelque chose qu’il me presse d’accomplir, je dois arrêter et m’occuper seulement de lui. De même si, selon mon style, je préfère une certaine formulation à une autre et je tente de la changer, j’en suis incapable. C’est dit d’une certaine façon et ça reste comme ça.

Encore ce matin, vous me disiez d’écrire au sujet de mes sensations passées. Je vous ai répondu qu’il me serait impossible de répéter maintenant ces paroles avec exactitude et je ne les répéterai donc pas. Il ne doit y avoir rien de moi. Mais je peux énumérer brièvement les choses que j’ai perçues.

Comme je vous l’ai dit à maintes reprises
[2], j’ai rêvé à Jésus, à Marie et aux Saints.Cependant, alors que Jésus était toujours “vivant”, la Vierge et les Saints étaient comme des statues ou des tableaux : des figurations. Je n’ai vu deux fois comme personne vivante qu’un petit frère franciscain, qui était certainement saint. Une fois, il me disait que de tous mes maux “celui que j’avais là m’aurait tuée” et il me touchait aux poumons. Je fis ce rêve il y a sept ans, quand je n’avais encore rien de rien aux poumons.

www.maria-valtorta.org/Quaderni/430513.htm

19> Une autre fois, ce même petit frère franciscain, qui ne me semblait être ni Saint François, ni Saint Antoine, me disait, avec un visage de lumière : "Tu as mérité davantage avec cette maladie qu’une religieuse dans un couvent. Chacune de tes années vaut toute une vie conventuelle." Il me disait cela parce que, voyant la mort aux aguets, je m’inquiétais d’avoir fait si peu... ma Supérieure (morte en 1925) m’éloignait de la mort, me dissimulait à elle en disant : “Vis encore quelques années”, ce à quoi je répondais : "Mais qu’est-ce que je fais, moi ? Rien ! Si au moins j’étais sœur !", et c’est à ce moment-là que le petit frère prononça ses paroles.

Comme je vous l’ai dit, je n’ai vu mon Ange
www.maria-valtorta.org/Quaderni/430513.htm que cette fois-là. Mais parfois je sens comme un petit vent qui souffle sur mon visage et je pense que c’est mon bon ange qui vient me remonter en ces moments où je suis tellement abattue que je n’ai même pas la force d’agiter mon éventail. Pendant l’été 1934, cette sensation a duré des mois, des mois où j’étais sans cesse en danger de mort. En dehors de cela, mon ange... fait le mort. Lui qui m’a si bien protégée, nourrisson braillard que j’étais dans les sillons brûlants de Terra di Lavorowww.maria-valtorta.org/Quaderni/430513.htm, qui m’a secourue lors de la syncope du 4 janvier 1932, ne s’est jamais montré ou fait sentir manifestement à part cette fois-là. À moins que ce ne soit lui qui ait planté le lys et les violetteswww.maria-valtorta.org/Quaderni/430513.htm, après les avoir pris dans des jardins bien garnis... qui sait ?

Par contre, j’ai vu (en rêve)
Padre Pio de Pietrelcina et je lui ai parlé. Je l’ai vu, toujours en rêve, en extase après la messe; j’ai vu son regard pénétrant et j’ai aperçu sur sa main la cicatrice du stigmate lorsqu’il me prit la main. Et j’ai senti son parfum, pas en rêve mais bien éveillée cette fois. Aucun jardin rempli de fleurs pleinement épanouies ne peut exhaler les fragrances paradisiaques qui envahirent ma chambre la nuit du 25 au 26 juillet 1941 et l’après-midi du 21 septembre 1942, au moment même où un de nos amis parlait de moi à Padre Pio (j’ignorais qu’il fût parti pour San Giovanni Rotondo). Les deux fois, j’ai obtenu les grâces demandées. Martawww.maria-valtorta.org/Quaderni/430513.htm aussi sentit le parfum. Il était si fort que ça la réveilla. Puis il cessa d’un coup, tout comme il était venu.

www.maria-valtorta.org/Quaderni/430513.htm

20> Mais sentir un parfum n’a rien d’inusité. Encore ce matin, après une cruelle nuit d’agonie, je le sentis. Même que ça me réveilla du sommeil qui m’avait enfin prise à l’aube. Il était six heures quand j’en fus réveillée. La fenêtre était fermée, je ne garde pas de fleur dans ma chambre la nuit, je n’ai pas de parfums, la porte était fermée. Aucune odeur ne pouvait donc pénétrer de l’extérieur. Ce fut comme une colonne de fragrance du côté droit de mon lit. Elle disparut comme elle était venue, me laissant une douceur au cœur. Dire que c’est l’odeur de telle ou telle fleur, c’est peu dire. Toutes les fragrances entrent dans ce parfum. Les sources odorantes se mélangent comme si les âmes de toutes les fleurs créées s’agitaient dans une ronde céleste.
( ... )
apvs
@Retour du Christ
Il y a eu un nombre incalculable de vraies apparitions de Jésus crucifié, qui ont donné suite à des descriptions écrites, ... qui se contredisent sur certains points de détails ! ( cf celle du père Lamy dans son autobiographie )
Nous allons donc conclure qu'elles sont fausses ?

Je me permets cette remarque, spécialement pour répondre à votre argument :
" Tout comme Anne-Cather…More
@Retour du Christ
Il y a eu un nombre incalculable de vraies apparitions de Jésus crucifié, qui ont donné suite à des descriptions écrites, ... qui se contredisent sur certains points de détails ! ( cf celle du père Lamy dans son autobiographie )
Nous allons donc conclure qu'elles sont fausses ?

Je me permets cette remarque, spécialement pour répondre à votre argument :
" Tout comme Anne-Catherine Emmerich, Thérèse Neumann parle d’une véritable nouvelle Transfiguration avec des stigmates qui illuminent les disciples, alors que Valtorta écrit : « Ce n’est pas le Ressuscité resplendissant apparu aux autres qui Lui sont plus chers. Mais c’est un Jésus plein de majesté, aux plaies bien nettes dans ses longues mains : roses rouges sur l’ivoire de la peau. »
Pourrait-on comprendre une bonne fois que ces âmes privilégiées RETRANSCRIVAIENT ce qu'elles voyaient, avec donc une certaine part de subjectivité ?( et d'ailleurs de manière plus ou moins direct, plus dans le cas de Maria Valtorta qui écrivit sans aucun intermédiaire, moins dans celui de Anne-Catherine Emmerich dont l'oeuvre fut écrite ( et modifiée ? Interprétée? ) par Clemens Brentano, son ami fidèle, moins également dans le cas de Maria d'Agreda, car un confesseur occasionnel lui fit brûler ses écrits ( qu'elle avait produit 10 ans après ses visions), car "les femmes ne devaient point écrire dans la sainte Église" : elle les réécrivit de mémoire 18 ans plus tard, sur 5 ans...)

Je suis un chrétien "lambda" qui ne mérite rien... POURTANT : s'il plaisait à notre Seigneur Jésus Christ de me manifester sa Vie une einième fois, en me permettant de visualiser l'Evangile, "comme si j'y étais" , il est FORT PROBABLE que j'en donnerais un aperçu qui serait encore légèrement différent de celui de Maria Valtorta, de celui de Maria d'Agreda, de celui d'Anne Catherine Emmerich, de celui de Thérèse Newman.
2 more comments from apvs
apvs
@Retour du Christ
On s'est beaucoup interrogé sur l'identité du second pèlerin d'Emmaüs :

- Pour Origène, un Père de l'Église du IIIème siècle (185-253) il est évident que le deuxième pèlerin d'Emmaüs s'appelle Simon. Il écrit
[4] : "Et in evangelio Lucae, ad invicem Simone et Cleopha de omnibus quae sibi acciderant colloquentibus , superveniens Jesus ambulabat cum eis" (Et dans l'évangile de …More
@Retour du Christ
On s'est beaucoup interrogé sur l'identité du second pèlerin d'Emmaüs :

- Pour Origène, un Père de l'Église du IIIème siècle (185-253) il est évident que le deuxième pèlerin d'Emmaüs s'appelle Simon. Il écrit
[4] : "Et in evangelio Lucae, ad invicem Simone et Cleopha de omnibus quae sibi acciderant colloquentibus , superveniens Jesus ambulabat cum eis" (Et dans l'évangile de Luc, Simon et Cleophas discutaient entre eux de tout ce qui leur était arrivé, quand Jésus se mit à marcher avec eux).

- Après lui, Cyrille d'Alexandrie (376-444) identifie ce disciple au Siméon fils de Clophas dont Hégésippe fait le cousin de Jésus.

- Selon saint Épiphane (315-403) il s'agissait de Nathanaël
www.maria-valtorta.org/Personnages/SimonEmmaus.htm.

- Selon saint Grégoire le Grand (540-604)
www.maria-valtorta.org/Personnages/SimonEmmaus.htm une tradition le confond avec Luc l'évangéliste, mais il n'y croit pas.

Une interprétation du
www.sfr.fr/fermeture-des-pages-perso.html, manuscrit du IVème siècle laisse penser que la phrase de Luc 24,34 : "il est apparu à Simon", est prononcée par Cléophas et non par les apôtres. Il nommerait donc son compagnon Simon et non Simon-Pierre. Ce qui semble plus en cohérence avec le texte de Marc qui décrit l'incrédulité successive des apôtres jusqu'à l'apparition de Jésus aux onzewww.maria-valtorta.org/Personnages/SimonEmmaus.htm.

( source : www.maria-valtorta.org/Personnages/SimonEmmaus.htm )
apvs
Mais cher @Ne nous laissez pas sucomber ... La "nouvelle Eglise" ne s'est-elle pas également accaparé tous les lieux d'apparitions mariales, tels Lourdes, La Salette, le Laus etc... etc... N'a-t-elle pas repris à son compte tous les saints, tels sainte Bernadette Soubirous, saint Louis-Marie Grignon de Monfort, saint François d'Assise, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, etc... etc... etc...
Qui …More
Mais cher @Ne nous laissez pas sucomber ... La "nouvelle Eglise" ne s'est-elle pas également accaparé tous les lieux d'apparitions mariales, tels Lourdes, La Salette, le Laus etc... etc... N'a-t-elle pas repris à son compte tous les saints, tels sainte Bernadette Soubirous, saint Louis-Marie Grignon de Monfort, saint François d'Assise, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, etc... etc... etc...
Qui aurait-il donc de nouveau dans le fait qu'elle reprenne à son compte l'oeuvre de Maria Valtorta ? Au moins, reconnaissons en cela un pont qui pourrait rendre un dialogue possible ! Que serait-ce si la "nouvelle Eglise" reniait les saints ? Mais c'est ce qui est en train de se passer, par exemple avec la "réinterprétation" de Humanae Vitae , censée mettre un terme à l'interdiction de la contraception artificielle dans l'Eglise...

Pour ce qui est de la mise à l'index de l'oeuvre, il faut bien se souvenir aussi que le padre Pio ( oui je sais, pour certains il n'est pas saint, et il y aurait des doutes à son sujet... Mais lesquels ??? ) avait été aussi condamné par le Saint-Office (en 1933) et réprimandé par le Cardinal Ottaviani, Préfet de cette Congrégation, en 1961 ; et fut interdit de confesser, presque emmuré vivant dans son monastère... avant d'être pleinement réhabilité.
Pourtant, j'en conviens avec vous, l'aire Vatican II jette le trouble sur tout ce qui est saint, et digne d'honneur...
natale07
À Elisa Lucchi, une pénitente, qui lui demande, un an avant sa mort, conseil pour la lecture de "L'Évangile tel qu'il m'a été révélé", Padre Pio répond : "Non seulement je vous permets de le lire, mais je vous le recommande"
Les parcours de Maria Valtorta et Padre Pio étaient si proches qu'un livre a été consacré à leur proximité. Padre Pio avait été aussi condamné par le Saint-Office (en 1933) …
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À Elisa Lucchi, une pénitente, qui lui demande, un an avant sa mort, conseil pour la lecture de "L'Évangile tel qu'il m'a été révélé", Padre Pio répond : "Non seulement je vous permets de le lire, mais je vous le recommande"
Les parcours de Maria Valtorta et Padre Pio étaient si proches qu'un livre a été consacré à leur proximité. Padre Pio avait été aussi condamné par le Saint-Office (en 1933) et réprimandé par le Cardinal Ottaviani, Préfet de cette Congrégation, en 1961.
Sources : "Chrétiens Magazine", numéro spécial de mars 2009 - "Padre Pio et Maria Valtorta" - Emilio Pisani – 2000 - Éditions Centro Editoriale Valtortiano - ISBN 8879870734 - Bollettino Valtortiano n° 39 Janvier – juin 1989.

What else?......
apvs
(...) par exemple l'idée que Pierre aurait dragué la Sainte Vierge et que le Christ en aurait souri, juste après s'en être fâché ! ( mais où avez-vous été chercher ça !!!!!! )

VS :

Pierre se lamente, écrasé par la honte d'avoir renier le Christ, ce qu'il ne peut pas se pardonner, surtout par orgueil d'être le premier des disciples. Marie Magdeleine intervient, puis va consoler la Mère des …
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(...) par exemple l'idée que Pierre aurait dragué la Sainte Vierge et que le Christ en aurait souri, juste après s'en être fâché ! ( mais où avez-vous été chercher ça !!!!!! )

VS :

Pierre se lamente, écrasé par la honte d'avoir renier le Christ, ce qu'il ne peut pas se pardonner, surtout par orgueil d'être le premier des disciples. Marie Magdeleine intervient, puis va consoler la Mère des douleurs : ( tome 10, chap 1 )

(...)
Lui allait à la mort, et moi... moi, j’ai pensé à me sauver la vie. Et pour la sauver je l’ai repoussé, comme une femme qui a péché repousse, après l’avoir enfanté, le fruit de son sein, qu’il est dangereux d’avoir près d’elle, avant que revienne le mari ignorant. Je suis pire qu’une adultère.., pire que..."

Marie-Magdeleine entre, attirée par ses cris. "Ne crie pas ainsi. Marie t’entend. Elle est tellement épuisée ! Elle n’a plus aucune force, et tout lui fait mal. Tes cris inutiles et désordonnés la ramènent à se tourmenter de ce que vous avez été..."

"Tu vois ? Tu vois, Jean ? Une femme peut m’imposer le silence. Et elle a raison, parce que nous, les mâles consacrés au Seigneur, nous avons su seulement mentir ou nous éloigner. Les femmes ont été braves. Toi, un peu plus qu’une femme, tant tu es jeune et pur, tu as su rester. Nous, nous, les forts, les mâles, nous nous sommes enfuis. Oh ! quel mépris doit avoir le monde pour moi ! Dis-le-moi, dis-le-moi, femme ! Tu as raison ! Mets ton pied sur cette bouche qui a menti. Sur la semelle de ta sandale il y a peut-être un peu de son Sang. Et seul ce Sang, mêlé à la boue du chemin, peut donner un peu de pardon, un peu de paix à celui qui a renié. Je dois pourtant m’habituer au mépris du monde ! Que suis-je ? Mais dites-le : que suis-je ?"

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8> "Tu es un grand orgueil, répond avec calme Marie-Magdeleine. Douleur ? Cela aussi. Mais crois pourtant que sur dix parts de ta douleur cinq, pour ne pas t’offenser en disant six, viennent de la douleur d’être quelqu’un qui peut être méprisé. Mais réellement je devrai te mépriser si tu ne fais que gémir et te mettre dans tous tes états absolument comme fait une sotte femmelette ! Ce qui est fait est fait, et ce ne sont pas les cris désordonnés qui le réparent et l’annulent. Ils ne font qu’attirer l’attention et mendier une compassion qu’on ne mérite pas. Sois viril dans ton repentir. Ne crie pas. Agis. Moi... tu sais qui j’étais... Mais quand j’ai compris que j’étais plus méprisable qu’un vomissement, je ne me suis pas livrée aux convulsions. J’ai agi. Publiquement. Sans indulgence pour moi et sans demander l’indulgence. Le monde me méprisait ? Il avait raison. Je l’avais mérité. Le monde disait : "Une nouvelle fantaisie de la prostituée" ? Et il appelait blasphème mon recours à Jésus ? Il avait raison. Ma conduite passée le monde se la rappelait, et elle justifiait toutes ces remarques. Eh bien ? Le monde a dû se persuader que la pécheresse Marie n’existait plus. C’est par mes actes que j’ai persuadé le monde. Fais-en autant, et tais-toi."

"Tu es sévère, Marie" objecte Jean.

"Plus avec moi qu’avec les autres. Mais je le reconnais : je n’ai pas la main légère de la Mère. Elle est l’Amour. Moi.., oh ! moi ! J’ai brisé mes sens par le fouet de ma volonté. Et je le ferai davantage. Crois-tu que je me suis pardonnée d’avoir été la Luxure ? Non. Mais je ne le dis qu’à moi-même. Et toujours je me le dirai. Je mourrai consumée en ce secret regret d’avoir été ma propre corruptrice, dans l’inconsolable douleur de m’être profanée et de n’avoir pu Lui donner qu’un cœur piétiné... Tu vois.., j’ai travaillé plus que toutes aux baumes... Et avec plus de courage que les autres je le découvrirai... Oh ! Dieu ! comment sera-t-il maintenant ! (Marie de Magdala pâlit, rien que d’y penser). Et je le couvrirai de nouveaux baumes en enlevant ceux qui certainement seront tout à fait corrompus sur ses plaies sans nombre... Je le ferai, parce que les autres sembleront des liserons après une averse... Mais j’ai le regret de le faire avec ces mains qui ont donné tant de caresses lascives, de m’approcher de sa Sainteté avec ma chair souillée... Je voudrais... je voudrais avoir la main de la Mère Vierge pour faire cette dernière onction..."

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9> Marie pleure maintenant doucement, sans sanglots. Combien différente de la Magdeleine théâtrale qu’on nous présente toujours ! Ce sont les mêmes larmes silencieuses qu’elle avait le jour de son pardon dans la maison du Pharisien.

"Tu dis que... les femmes auront peur ?" lui demande Pierre.

"Pas peur... Mais elles se troubleront certainement devant son Corps certainement déjà corrompu... enflé... noir. Et puis, c’est certain, elles auront peur des gardes."

"Veux-tu que je vienne moi ? Et Jean avec moi ?"

"Ah ! cela, non ! Nous sortons toutes parce que, comme nous étions toutes là-haut, il est juste que nous soyons toutes autour de son lit de mort. Toi et Jean, vous restez ici. Elle ne peut rester seule !... "

"Elle ne vient pas, Elle ?"

"Nous ne la laissons pas venir !"

"Elle est convaincue qu’il va ressusciter... Et toi ?"

"Moi, après Marie, je suis celle qui croit le plus. J’ai toujours cru qu’il pouvait en être ainsi. Lui le disait. Et Lui ne ment jamais... Lui !... Oh ! avant je l’appelais Jésus, Maître, Sauveur, Seigneur... Maintenant je le sens si grand que je ne sais, je n’ose plus Lui donner un nom... Que Lui dirai-je quand je le verrai ?..."

"Mais crois-tu vraiment qu’il ressuscite ?..."

"Un autre ! Oh ! à force de vous dire que je crois et de vous entendre dire que vous ne croyez pas, je finirai par ne plus croire moi non plus ! J’ai cru et je crois. J’ai cru et je Lui ai depuis longtemps préparé son vêtement. Et pour demain, car demain c’est le troisième jour, je l’apporterai ici, prêt..."

"Mais si tu dis qu’il sera noir, enflé, laid ?"

"Laid, jamais. Laid est le péché. Mais.., mais oui ! Il sera noir. Eh bien ? Lazare n’était-il pas déjà pourri ? Et pourtant il est ressuscité et sa chair fut guérie. Mais, mais si je le dis !... Taisez-vous, incroyants ! En moi aussi la raison humaine dit : "Il est mort et il ne ressuscitera pas". Mais mon esprit, "son" esprit, Car j’ai eu de Lui un nouvel esprit, crie, et il semble que retentissent des trompettes d’argent : "Il ressuscite ! Il ressuscite ! Il ressuscite !" Pourquoi me battez-vous comme une nacelle sur les écueils de votre doute ? Je crois ! Je crois, mon Seigneur ! Lazare a obéi, malgré son déchirement, au Maître et il est resté à Béthanie... Moi qui sais qui est Lazare de Théophile : un homme courageux, pas un levraut craintif, je puis mesurer son sacrifice de rester dans l’ombre et non près du Maître. Mais il a obéi. Plus héroïque dans cette obéissance que s’il l’avait arraché par les armes aux hommes armés. Moi, j’ai cru, et je crois. Et je reste ici, à l’attendre, comme Elle. Mais laissez-moi aller. Le jour se lève et à peine y verrons-nous suffisamment que nous irons au Tombeau... "

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10> Et la Magdeleine s’en va, le visage brûlé par les pleurs, mais toujours courageuse. Elle rentre chez Marie.

"Qu’avait Pierre ?"

"Une crise de nerfs. Mais c’est passé."

"Ne sois pas dure, Marie. Il souffre."

"Moi aussi. Mais tu vois que je ne t’ai pas même demandé une caresse. Lui a déjà été soigné par toi... Et moi, au contraire, je pense que toi seule, ma Mère, tu as besoin de baume. Ma Mère, sainte, aimée ! Mais prends courage... Demain, c’est le troisième jour. Nous nous enfermerons ici à l’intérieur, nous deux : ses énamourées. Toi, l’Enamourée sainte, moi, la pauvre énamourée... Mais c’est comme je puis que je le suis, avec tout moi-même. Et nous l’attendrons... Eux, ceux qui ne croient pas, nous les enfermerons à côté, avec leurs doutes. Et ici, je mettrai tant de roses... Aujourd’hui, je vais faire apporter le coffre... Je vais passer au palais et je vais donner des ordres à Lévi. Au loin toutes ces horribles choses ! Il ne doit pas les voir, notre Ressuscité... Tant de roses... Et tu te mettras un habit neuf... Il ne doit pas te voir ainsi. Je vais te peigner, je vais laver ce pauvre visage que tant de pleurs ont défiguré. Éternelle enfant, je vais te servir de mère... J’aurai enfin la joie de donner des soins maternels à une enfant plus innocente qu’un nouveau-né ! Aimée !" et avec son affection exubérante, la Magdeleine serre contre sa poitrine la tête de Marie qui est assise, la baise, la caresse, remet en ordre les légères boucles des cheveux dépeignés derrière les oreilles, essuie les nouvelles larmes qui descendent encore, encore, toujours, avec l’étoffe de son vêtement...

Les femmes entrent avec des lampes et des amphores et des vases aux larges becs. Marie d’Alphée porte un lourd mortier.

"On ne peut rester dehors. Il y a un peu de vent et il éteint les lampes" explique-t-elle.

Elles se placent sur un côté. Sur une table, étroite mais longue, elles placent tout leur matériel et puis elles donnent un dernier apprêt à leurs baumes, en mêlant dans le mortier, avec une poussière blanche qu’elles sortent à poignées d’un sachet, la pâte déjà lourde des essences. Elles mélangent en travaillant énergiquement et puis emplissent un vase au large bec. Elles le placent sur le sol et répètent avec un autre la même opération. Parfums et larmes tombent sur les résines.

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11> Marie-Magdeleine dit : "Cela n’était pas l’onction que j’espérais pouvoir te préparer." En effet la Magdeleine, plus habile que toutes, a toujours réglé et dirigé la composition du parfum, si aigu, qu’elles se décident à ouvrir la porte et à entrouvrir la fenêtre sur le jardin qui commence juste à blanchir.

Toutes pleurent plus fort après l’observation à voix basse de la Magdeleine.

Elles ont fini. Tous les vases sont pleins.
natale07
SECRÉTAIRERIE D'ÉTAT
Du Vatican, le 17 janvier 1974

Révérend Père,
Dans une délicate et respectueuse intention, vous avez bien voulu faire parvenir au Souverain Pontife un exemplaire de votre dernier ouvrage : "La Vierge Marie dans les écrits de Maria Valtorta".
Appréciant votre piété et votre zèle, dont cette publication est la preuve évidente, et le précieux résultat, le Saint-Père vous …
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SECRÉTAIRERIE D'ÉTAT
Du Vatican, le 17 janvier 1974

Révérend Père,
Dans une délicate et respectueuse intention, vous avez bien voulu faire parvenir au Souverain Pontife un exemplaire de votre dernier ouvrage : "La Vierge Marie dans les écrits de Maria Valtorta".
Appréciant votre piété et votre zèle, dont cette publication est la preuve évidente, et le précieux résultat, le Saint-Père vous remercie chaleureusement pour votre nouveau témoignage de pieux hommage et exprime l'espoir que vos efforts recueillent des fruits spirituels abondants.
Avec ses paternels sentiments et en gage des faveurs du Divin Rédempteur, Sa Sainteté vous donne volontiers la Bénédiction Apostolique.
Très reconnaissant pour vos bons vœux et pour le spécimen que vous m'avez aimablement envoyé, je profite volontiers de cette occasion pour vous assurer de mes sincères et religieux dévouements.
G. Benelli
apvs
" Ceux qui liront comprendront " ( sa sainteté le pape Pie XII, au sujet de cette oeuvre. )
Pardon, votre sainteté, mais il eût été nécessaire de préciser :
" Ceux qui liront AVEC UN COEUR D'ENFANT comprendront" ...
apvs
Le peu que j'en ai lu m'a toujours mis mal à l'aise. Je trouve qu'on y trouve un ton pas du tout digne des personnages de l'Evangile !

VS :

( suite du précédent récit : notre Seigneur Jésus rencontre Benjamin )

271> "Ton amour disparaîtra quand tu ne me verras plus."

"Je me dirai à moi-même les paroles que tu m'as dites, et ce sera comme si tu étais présent. Je t'aimerai et je t'obéirai de …
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Le peu que j'en ai lu m'a toujours mis mal à l'aise. Je trouve qu'on y trouve un ton pas du tout digne des personnages de l'Evangile !

VS :

( suite du précédent récit : notre Seigneur Jésus rencontre Benjamin )

271> "Ton amour disparaîtra quand tu ne me verras plus."

"Je me dirai à moi-même les paroles que tu m'as dites, et ce sera comme si tu étais présent. Je t'aimerai et je t'obéirai de cette façon. Et, dis-moi, Jésus : Toi, tu te souviendras de Benjamin ?"

"Toujours."

"Comment feras-tu pour te souvenir ?"

"Je me dirai que tu m'as promis de m'aimer et de m'obéir, et je me souviendrai ainsi de toi."

"Et tu me donneras ton Royaume ?"

"Si tu seras bon, oui."

"Je serai bon."

"Comment feras-tu ? La vie est longue."

"Mais aussi tes paroles sont si bonnes. Si je me les dis et si je fais ce qu'elles me disent de faire, je me garderai bon toute ma vie. Et je le ferai parce que je t'aime. Quand on aime bien, ce n'est pas fatigant d'être bon. Je ne me fatigue pas d'obéir à maman, parce que je l'aime bien. Je ne me fatiguerai pas d'être obéissant pour Toi, parce que je t'aime bien."

Jésus s'est arrêté pour regarder le petit visage enflammé par l'amour plus que par le soleil. La joie de Jésus est si vive qu'il semble qu'un autre soleil se soit allumé en son âme et irradie par ses pupilles. Il se penche et il baise l'enfant sur le front.

Il s'est arrêté devant une petite maison modeste, avec un puits devant. Jésus va ensuite s'asseoir près du puits et c'est là que le rejoignent les disciples, qui sont encore en train de mesurer leurs prérogatives respectives.

Jésus les regarde, puis il les appelle : «Venez autour de Moi, et écoutez le dernier enseignement de la journée, vous qui célébrez sans cesse vos mérites et pensez à vous adjuger une place en rapport avec eux. Vous voyez cet enfant ? Lui est dans la vérité plus que vous. Son innocence lui donne les clefs pour ouvrir les portes de mon Royaume. Lui a compris, dans sa simplicité de tout petit, que c'est dans l'amour que se trouve la force de devenir grand et dans l'obéissance par amour celle d'entrer dans mon Royaume. Soyez simples, humbles, aimants d'un amour que vous ne donniez pas qu'à Moi mais que vous partagiez entre vous, obéissant à mes paroles, à toutes, même à celles-ci, si vous voulez arriver la où entreront ces innocents. Apprenez auprès des petits. Le Père leur révèle làvérité comme Il ne la révèle pas aux sages."


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272> Jésus parle en tenant Benjamin debout contre ses genoux et il lui tient les mains sur les épaules. En ce moment le visage de Jésus est plein de majesté. .Il est sérieux, pas courroucé, mais sérieux. C'est vraiment le Maître. Le dernier rayon de soleil nimbe sa tête blonde.

La vision s'arrête pour moi ici, en me laissant pleine de douceur dans mes souffrances.

Les disciples n'ont donc pas pu entrer dans la maison, c'est naturel, à cause de leur nombre et par respect. Ils ne le font jamais s'ils ne sont pas invités par le Maître à le faire, en groupe ou en particulier. Je remarque toujours un grand respect, une grande retenue, malgré l'affabilité du Maître et sa longue familiarité. Même Isaac, qui pourrait se dire le premier d'entre les disciples, ne prend jamais la liberté d'aller vers Jésus, sans qu'un sourire, au moins un sourire du Maître l'appelle près de Lui.


N'est-ce pas un peu différent de la manière désinvolte et presque burlesque dont beaucoup traitent ce qui est surnaturel... Ceci est un de mes commentaires et que je trouve juste, car cela ne me va pas que les gens aient avec des choses, qui sont au-dessus de nous, les manières que nous n'avons pas à l'égard de nos égaux, les hommes, quand ils sont tant soit peu au-dessus de nous... Mais !... Allons de l'avant...
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apvs
Le peu que j'en ai lu m'a toujours mis mal à l'aise. Je trouve qu'on y trouve un ton pas du tout digne des personnages de l'Evangile !

VS :

La rencontre de notre Seigneur avec Benjamin, l'enfant qu'il donna en exemple aux apôtres après leur grande discussion sur "qui est le plus grand" : ( Tome 5 chap 40 )

267> "Oui, Maître" disent-ils tous. Et ensuite, voyant que Jésus allonge le pas, comme …More
Le peu que j'en ai lu m'a toujours mis mal à l'aise. Je trouve qu'on y trouve un ton pas du tout digne des personnages de l'Evangile !

VS :

La rencontre de notre Seigneur avec Benjamin, l'enfant qu'il donna en exemple aux apôtres après leur grande discussion sur "qui est le plus grand" : ( Tome 5 chap 40 )

267> "Oui, Maître" disent-ils tous. Et ensuite, voyant que Jésus allonge le pas, comme pour s'isoler, ils se mettent à bavarder entre eux...

Ils sont déjà en vue de Capharnaüm lorsque, au carrefour de la route qu'ils suivent avec celle qui côtoie le lac en venant de Magdala, ils croisent les disciples venus à pied en évangélisant de Tibériade. Tous, sauf
Margziam, les bergers et Manaën, qui sont allés de Nazareth à Jérusalem avec les femmes. Et même les disciples sont plus nombreux à cause de quelques éléments qui se sont unis à eux au retour de leur mission et qui amènent avec eux de nouveaux prosélytes de la doctrine chrétienne.

Jésus les salue avec douceur, mais tout de suite s'isole de nouveau dans une méditation et une oraison profonde, en s'avançant de quelques pas. Les apôtres, de leur côté, s'unissent aux disciples surtout aux plus influents, à savoir :
Étienne, Hermas, le prêtre Jean, Jean le scribe, Timonée[1], Joseph d'Emmaüs, Hermastée (qui d'après ce que je comprends vole sur le chemin de la perfection), Abel de Bethléem de Galilée dont la mère se trouve dans la foule avec d'autres femmes. Les disciples et les apôtres échangent questions et réponses sur ce qui est arrivé depuis qu'ils se sont quittés. C'est ainsi qu'ils parlent de la guérison et de la conversion d'aujourd'hui, et du miracle du statère dans la bouche du poisson... Ce dernier, en raison des circonstances qui sont à son origine, produit une grande conversation qui se propage d'un rang à l'autre comme un feu qui prend dans des feuilles sèches...

Je vois Jésus qui suit un chemin de campagne suivi et entouré de ses apôtres et des disciples.

Le lac de Galilée brille pas très loin tranquille et azuré sous un beau soleil de printemps ou d'automne car il n'est pas violent comme un soleil d'été. Mais je dirais que c'est le printemps car la nature est très fraîche et elle n'a pas ces tons dorés et mourants que l'on voit en automne.


www.maria-valtorta.org/Publication/TOME 05/05-040.htm

268> Il semble qu'à l'approche du soir, Jésus se retire dans la maison hospitalière et se dirige par conséquent vers la ville que l'on voit apparaître déjà. Jésus, comme il arrive souvent, est à quelques pas en avant des disciples. Deux ou trois, pas plus, mais assez pour pouvoir s'isoler dans ses pensées, ayant besoin de silence après une journée d'évangélisation. Il chemine absorbé, avec dans la main droite un rameau vert, certainement cueilli dans quelque buisson avec lequel il fouette légèrement, perdu dans ses pensées, les herbes de la berge.

Derrière Lui, au contraire, les disciples parlent avec animation. Ils rappellent les événements de la journée et ils n'ont pas la main trop légère pour apprécier les défauts d'autrui et les méchancetés d'autrui. Tous critiquent plus ou moins le fait que ceux qui sont chargés de la perception du tribut pour le Temple aient voulu être payés par Jésus.

Pierre, toujours véhément, soutient que c'est un sacrilège parce que le Messie n'est pas tenu de payer le tribut : "C'est comme si on voulait que Dieu se paie Lui-même" dit-il. "Et cela n'est pas juste. Si, ensuite, ils croient que Lui n'est pas le Messie, cela devient un sacrilège."

Jésus se tourne un instant et il dit : "Simon, Simon, il y en aura tant qui douteront de Moi ! Même parmi ceux qui croient que leur foi en Moi est assurée et inébranlable. Ne juge pas les frères, Simon. Commence par te juger toi-même."

Judas, avec un sourire ironique, dit à Pierre qui humilié a baissé la tête : "Ceci est pour toi. Parce que tu es le plus âgé tu veux toujours faire le docteur. Il n'est pas dit qu'il faille juger le mérite d'après l'âge. Parmi nous, il y en a qui te sont supérieurs pour le savoir et la position sociale."

Il s'allume une discussion sur les mérites respectifs. Tel se vante d'avoir été parmi les premiers disciples, tel appuie son mérite sur la situation qu'il a quittée pour suivre Jésus, tel dit que personne comme lui n'a des droits parce que personne ne s'est converti comme lui, en passant de la situation de publicain à celle de disciple. La discussion se prolonge, et si je ne craignais pas d'offenser les apôtres, je dirais qu'elle prend les allures d'un véritable procès.

Jésus s'en désintéresse. Il semble n'entendre plus rien. Entre temps on est arrivé aux premières maisons de la ville que je sais être Capharnaüm. Jésus continue et les autres par derrière sont toujours en discussion.

Un enfant de sept à huit ans court derrière Jésus en sautant. Il le rejoint en dépassant le groupe plus qu'animé des apôtres. C'est un bel enfant aux cheveux châtains foncés tout bouclés, courts. Dans son visage brun, il a deux yeux noirs intelligents. Il appelle avec familiarité le Maître, comme s'il le connaissait bien. "Jésus !," dit-il "laisse-moi venir avec Toi jusqu'à ta maison, veux-tu ?"


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269> "Ta mère le sait-elle ?" demande Jésus en le regardant avec un doux sourire.

"Elle le sait."

"En vérité ?" Jésus, tout en souriant, le regarde d'un regard pénétrant.

"Oui, Jésus, en vérité."

"Alors, viens."

L'enfant fait un saut de joie et prend la main gauche de Jésus qui la lui présente. C'est avec une amoureuse confiance que l’enfant met sa petite main brune dans la longue main de mon Jésus. Moi, je voudrais bien en faire autant !

"Raconte-moi une belle parabole, Jésus" dit l'enfant en sautant aux côtés du Maître et en le regardant par en dessous avec un petit visage qui resplendit de joie.

Jésus aussi le regarde avec un sourire joyeux qui Lui fait entrouvrir la bouche qu'ombragent des moustaches et une barbe blonde-rousse que le soleil fait briller comme si c'était de l'or. Ses yeux de saphir foncé rient de joie quand il regarde l'enfant.

"Qu'en fais-tu de la parabole ? Ce n'est pas un jeu."

"C'est plus beau qu'un jeu. Quand je vais dormir, j'y pense, et puis j'en rêve et le lendemain je m'en souviens et je me la redis pour être bon. Elle me rend bon."

"Tu t'en souviens ?"

"Oui. Veux-tu que je te dise toutes celles que tu m'as dites ?"

"Tu es brave, Benjamin, plus que les hommes qui oublient. En récompense, je te dirai la parabole."

L'enfant ne saute plus. Il marche, sérieux, attentif comme un adulte, et il ne perd pas un mot, pas une inflexion de la voix de Jésus qu'il regarde avec attention, sans même prendre garde où il met ses pieds.

"Un berger qui était très bon apprit qu'il y avait dans un endroit de la création un grand nombre de brebis abandonnées par des bergers qui n'étaient guère bons. Elles étaient en danger sur de mauvais chemins et dans des herbages empoisonnés et elles s'en allaient de plus en plus vers de sombres ravins. Il vint dans cet endroit et, sacrifiant tout son avoir, il acheta ces brebis et ces agneaux.

Il voulait les amener dans son royaume, parce que ce berger était roi aussi comme l'ont été de nombreux rois en Israël. Dans son royaume, ces brebis et ces agneaux auraient tant de pâturages sains, tant d'eaux fraîches et pures, des chemins sûrs et des abris solides contre les voleurs et les loups féroces.


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270> Alors ce berger rassembla ses brebis et ses agneaux et il leur dit : "Je suis venu pour vous sauver, pour vous amener là où vous ne souffrirez plus, où vous ne connaîtrez plus les embûches et les douleurs, Aimez-moi, suivez-moi, car je vous aime tant et, pour vous avoir, je me suis sacrifié de toutes manières. Mais si vous m'aimez, mon sacrifice ne me pèsera pas. Suivez-moi et allons". Et le berger en avant, les brebis à la suite, prirent le chemin vers le royaume de la joie.

À chaque instant, le berger se retournait pour voir si elles le suivaient, pour exhorter celles qui étaient fatiguées, encourager celles qui perdaient confiance, pour secourir les malades, caresser les agneaux. Comme il les aimait ! Il leur donnait son pain et son sel. Il commençait par goûter l'eau des sources pour voir si elle était saine et la bénissait pour la rendre sainte.

Mais les brebis - le crois-tu, Benjamin ? - les brebis, après quelque temps se lassèrent. Une d'abord, puis deux, puis dix, puis cent restèrent en arrière à brouter l'herbe jusqu'à s'empiffrer au point de ne plus se mouvoir et se couchèrent, fatiguées et repues, dans la poussière et dans la boue. D'autres se penchèrent sur les précipices, malgré les paroles du berger : "Ne le faites pas". Comme il se mettait là où il y avait un plus grand danger, pour les empêcher d'y aller, certaines le bousculèrent avec leurs têtes arrogantes et plus d'une fois essayèrent de le jeter au fond. Ainsi beaucoup finirent dans les ravins et moururent misérablement. D'autres se battirent à coups de cornes et de têtes, et se tuèrent entre elles.

Seul un agnelet ne s'écarta jamais. Il courait en bêlant et il disait par son bêlement au berger : "Je t'aime". Il courait derrière le bon berger et quand ils arrivèrent à la porte de son royaume, il n'y avait qu'eux deux : le berger et l'agnelet fidèle. Alors le berger ne dit pas : "Entre", mais il dit : "Viens" et il le prit sur sa poitrine, dans ses bras, et il l'amena à l'intérieur en appelant tous ses sujets et en leur disant : "Voici. Celui-ci m'aime. Je veux qu'il soit avec Moi pour toujours. Et vous aimez-le, car c'est celui que préfère mon cœur".

La parabole est finie, Benjamin. Maintenant peux-tu me dire quel est ce bon berger ?"

"C'est Toi, Jésus."

"Et cet agnelet, qui est-ce ?"

"C'est moi, Jésus."

"Mais maintenant je vais partir. Tu m'oublieras."

"Non, Jésus, je ne t'oublierai pas parce que je t'aime."


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271> "Ton amour disparaîtra quand tu ne me verras plus."

"Je me dirai à moi-même les paroles que tu m'as dites, et ce sera comme si tu …
apvs
Les livres de Maria Valtorta sont d'une grande platitude...

VS :

Avec Maria Valtorta, je comprends mieux l'Evangile ( la parabole du mauvais riche )

Jésus s'adresse à des bergers, asservis à un maître cruel qui les tue littéralement au travail, tel Jonas, cher au coeur de Jésus, car qui était l'un des bergers de la sainte Nativité... mort d'épuisement. La parabole est pour ces pauvres …More
Les livres de Maria Valtorta sont d'une grande platitude...

VS :

Avec Maria Valtorta, je comprends mieux l'Evangile ( la parabole du mauvais riche )

Jésus s'adresse à des bergers, asservis à un maître cruel qui les tue littéralement au travail, tel Jonas, cher au coeur de Jésus, car qui était l'un des bergers de la sainte Nativité... mort d'épuisement. La parabole est pour ces pauvres moribonds : ( Tome 3, chap 52 )
(...) Et maintenant que vous avez séparé les besoins du corps de ceux de l'âme par un acte d'amour envers l'enfant, écoutez la parabole que j'ai pensée pour vous.

Il y avait une fois un homme très riche
[3]. Les plus beaux vêtements étaient pour lui. Et il se pavanait dans ses habits de pourpre et de byssos sur les places publiques et dans sa maison. Ses concitoyens le respectaient comme le plus puissant du pays et des amis flattaient son orgueil pour en tirer profit. Les appartements étaient ouverts tous les jours pour de magnifiques festins où la foule des invités, tous riches et donc pas besogneux, se pressaient et flattaient le mauvais riche. Ses banquets étaient renommés pour l'abondance des mets et des vins exquis.

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299> Mais, dans la même cité, il y avait un mendiant, un grand mendiant. Grand dans sa misère comme l'autre était grand dans sa richesse. Mais sous la croûte de la misère humaine du mendiant Lazare était caché un trésor encore plus grand que la misère de Lazare et que la richesse du mauvais riche. Et c'était la sainteté vraie de Lazare. Il n'avait jamais transgressé la Loi, même par besoin et surtout il avait obéi au commandement de l'amour de t Dieu et du prochain. Lui, comme font toujours les pauvres, se tenait à la porte des riches pour demander l'obole et ne pas mourir de faim. Et il allait chaque soir à la porte du mauvais riche dans l'espoir d'avoir au moins des restes des pompeux banquets servis dans les salles richissimes.

Il s'allongeait sur le chemin près de la porte et attendait patiemment. Mais si le riche s'apercevait de sa présence, il le faisait chasser, parce que ce corps couvert de plaies, mal nourri, en lambeaux étaient un spectacle trop affligeant pour ses invités. Le riche parlait ainsi. En réalité, c'était parce que la vue de la misère et de la bonté de Lazare était pour lui un reproche continuel. Plus compatissants que lui étaient ses chiens bien nourris, qui portaient des colliers précieux. Ils s'approchaient du pauvre Lazare et léchaient ses plaies, glapissant de joie à cause de ses caresses et qui venaient lui apporter des restes des riches tables. Ainsi, grâce à ces animaux, Lazare survivait malgré l'absence de nourriture car pour ce qui était de l'homme, il serait mort puisqu'il ne lui permettait même pas de pénétrer dans les salles après le repas pour ramasser les débris tombés des tables.

Un jour Lazare mourut. Personne ne s'en aperçut sur la terre, personne ne le pleura. Au contraire, Ce jour-là et par la suite, le riche se réjouit de ne plus voir sur son seuil cette misère qu'il appelait "opprobre", Mais au Ciel, les anges s'en aperçurent. A son dernier soupir, dans sa tanière froide et nue étaient présentes les cohortes célestes qui dans un éblouissement de lumières recueillirent son âme et la portèrent avec des chants d'hosanna dans le sein d'Abraham.

Il se passa quelque temps et le riche mourut. Oh ! quelles funérailles fastueuses ! Toute la ville, déjà informée de son agonie et qui se pressait sur la place où s'élevait sa demeure pour se faire remarquer comme amie du personnage, par curiosité, par intérêt de la part des héritiers, s'unit au deuil, les cris s'élevèrent jusqu'au ciel et avec les cris de deuil les louanges mensongères pour le "grand", le "bienfaiteur", le "juste" qui était mort.


www.maria-valtorta.org/Publication/TOME 03/03-052.htm

300> La parole de l'homme peut-elle changer le jugement de Dieu ? L'apologie humaine peut-elle changer ce qui est écrit dans le livre de la Vie ? Non, elle ne le peut. Ce qui est jugé est jugé, et ce qui est écrit est écrit. Et malgré ses funérailles solennelles, le mauvais riche eut l'esprit enseveli dans l'enfer.

Alors, dans cette horrible prison, buvant et mangeant le feu et les ténèbres, trouvant haine et torture de tous côtés et à tout instant de cette éternité, il éleva son regard vers le Ciel. Vers le Ciel qu'il avait vu dans une lueur fulgurante, pendant un atome de minute et dont la beauté indicible qui lui restait présente était un tourment parmi les tourments atroces. Et il vit là-haut Abraham. Lointain,' mais lumineux, bienheureux... et dans son sein, lumineux et bienheureux lui aussi, était Lazare, le pauvre Lazare, auparavant méprisé, repoussant, miséreux, et maintenant ?... Et maintenant beau de la lumière de Dieu et de sa sainteté, riche de l’amour de Dieu, admiré non par les hommes, mais par les anges de Dieu.

Le mauvais riche cria en pleurant : "Père Abraham, aie pitié de moi ! Envoie Lazare car je ne puis espérer que tu le fasses toi-même, envoie Lazare tremper dans l'eau l'extrémité de son doigt et la poser sur ma langue pour la rafraîchir car je souffre affreusement dans cette flamme qui me pénètre sans arrêt et me brûle !"

Abraham répondit : "Souviens-toi, fils, que tu as eu tous les biens pendant ta vie, alors que Lazare eut tous les maux. Lui a su de son mal faire un bien, alors que de tes biens, tu n'as su faire que le mal. Il est donc juste que lui soit consolé et que toi tu souffres. De plus il n'est plus possible de le faire. Les saints sont répandus sur la surface de la terre pour que les hommes en tirent avantage. Mais quand, malgré ce voisinage, l'homme reste tel qu'il est - dans ton cas: un démon - il est inutile ensuite de recourir aux saints. Maintenant nous sommes séparés. Les herbes dans le champ sont mélangées, mais après la fauchaison, on sépare les mauvaises des bonnes. Il en est ainsi de vous et de nous. Nous avons été ensemble sur la terre, et vous nous avez chassés, tourmentés de mille manières, vous nous avez oubliés, n'observant pas la loi d'amour. Maintenant nous sommes séparés. Entre vous et nous il y a un tel abîme que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous ne le peuvent pas, ni vous qui êtes là-bas ne pouvez franchir l'abîme effroyable pour venir vers nous".


301> Le riche, pleurant plus fort cria: " Au moins, ô père saint, envoie, je t'en prie, Lazare à la maison de mon père. J'ai cinq frères. Je n'ai jamais compris l'amour, même entre parents, mais maintenant je comprends quelle chose terrible c'est de ne pas être aimé. Et puisque ici, où je suis, c'est la haine, maintenant j'ai compris, pendant cet atome de temps que mon âme a vu Dieu, ce que c'est que l'Amour. Je ne veux pas que mes frères souffrent les mêmes peines que moi. Je suis épouvanté pour eux à la pensée qu'ils mènent la même vie que moi. Oh ! envoie Lazare leur faire connaître le lieu où je suis et pour quel motif j'y suis et leur dire que l'enfer existe et que c'est quelque chose d'atroce et que celui qui n'aime pas Dieu et son prochain va en enfer. Envoie-le! Qu'ils pourvoient à temps et ne soient pas contraints de venir ici, dans ce lieu d'éternels tourments".

Mais Abraham répondit : "Tes frères ont Moïse et les Prophètes. Qu'ils les écoutent".

Et en gémissant en son âme torturée le mauvais riche répondit: "Oh! père Abraham! Un mort leur fera davantage impression... Écoute-moi! Aie pitié !"

Mais Abraham dit: "S'ils n'ont pas écouté Moïse et les Prophètes, ils ne croiront pas davantage quelqu'un qui ressuscitera pour une heure d'entre les morts pour leur dire des paroles de Vérité. Et d'ailleurs, il n'est pas juste qu'un bienheureux quitte mon sein pour aller recevoir des offenses des fils de l'Ennemi. Pour lui, le temps des injures est passé. Maintenant il est dans la paix et y reste sur l'ordre de Dieu qui voit l'inutilité d'une tentative de conversion près de ceux qui ne croient même pas à la parole de Dieu et ne la mettent pas en pratique".

Cette parabole a un sens si clair qu'il ne faut pas l'expliquer. Ici, vraiment a vécu, en conquérant la sainteté le nouveau Lazare, mon Jonas, dont la gloire près de Dieu est évidente dans la protection qu'il donne à celui qui espère en lui. Vers vous, oui, Jonas peut venir comme protecteur et ami, et y viendra si vous êtes toujours bons. Je voudrais, et je vous dis ce que je lui ai dit au printemps dernier, je voudrais pouvoir vous venir en aide à tous, même matériellement, mais je ne puis, et j'en souffre. Je ne peux que vous montrer le Ciel. Je ne peux que vous enseigner la grande sagesse de la résignation en vous promettant le futur Royaume. N'ayez jamais de haine, pour aucune raison. La Haine est puissante dans le monde, mais la Haine a toujours une limite. L'Amour n'a pas de limite pour sa puissance ni dans le temps. Aimez donc, pour que l'Amour vous défende et vous réconforte sur la terre et vous récompense au Ciel. Il vaut mieux être Lazare que le mauvais riche, croyez-le. Arrivez à le croire et vous serez bienheureux.
natale07
Voyons!!! Jésus nous donne la réponse!
Matthieu 7
Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous sous des vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravissants.
Vous les reconnaîtrez à leurs fruits : cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des ronces ?
Ainsi tout bon arbre porte de bons fruits, et tout arbre mauvais de mauvais fruits.
Un bon arbre ne peut porter…
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Voyons!!! Jésus nous donne la réponse!
Matthieu 7
Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous sous des vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravissants.
Vous les reconnaîtrez à leurs fruits : cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des ronces ?
Ainsi tout bon arbre porte de bons fruits, et tout arbre mauvais de mauvais fruits.
Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un arbre mauvais porter de bons fruits.
Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.
Vous les reconnaîtrez donc à leurs fruits.


Lisez aussi les cahiers! www.maria-valtorta.org/Thematiques/Mal.htm
et www.maria-valtorta.org/ValtortaWeb/MariaValtorta06.htm

Benoît XVI encourageait la lecture des livres de Maria Valtorta

Que l'Esprit Saint vous éclaire ainsi que St Thomas! ;)
Retour du Christ
Dans le commentaire ci-dessous qui compare, à partir de l'épisode des pèlerins d'Emmaüs, les écrits de la Vénérable Maria de Jesus de Agreda, de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, de Therese Neumann et de Maria Valtorta, vous constaterez un parfait accord entre les trois premières, alors que Maria Valtorta s'oppose frontalement à ce qu'elles disent en de nombreux points.

Maria de Agreda …More
Dans le commentaire ci-dessous qui compare, à partir de l'épisode des pèlerins d'Emmaüs, les écrits de la Vénérable Maria de Jesus de Agreda, de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, de Therese Neumann et de Maria Valtorta, vous constaterez un parfait accord entre les trois premières, alors que Maria Valtorta s'oppose frontalement à ce qu'elles disent en de nombreux points.

Maria de Agreda et Anne-Catherine Emmerich parlent de Cléophas et de Luc, Maria Valtorta parle de Cléophas et d’un Simon.
Thérèse Neumann dit qu’il s’agissait d’un jeune homme et d’un homme très âgé et non de deux hommes entre deux âges.
Selon Valtorta, « Simon » dit en chemin : « s’il est ressuscité avec son unique Nature de Dieu », alors que dans les 3 autres écrits, on voit que les disciples d’Emmaüs sont loin d’avoir atteint une telle connaissance théologique.
Chez Valtorta, on voit la consécration juste après le lavage de pieds, d’où la réflexion d’un disciple après l’apparition : « Allons. Moi je ne sens plus la lassitude et la faim. Allons le dire à ceux de Jésus, à Jérusalem. », alors que chez Anne-Catherine Emmerich et Thérèse Neumann, la consécration a eu lieu en toute fin du repas. Il est donc normal que les deux ne sentent plus la faim.
Tout comme Anne-Catherine Emmerich, Thérèse Neumann précise bien que c’est au moment où ils ont mangé l'hostie consacrée que leurs yeux se sont ouverts, alors que chez Valtorta, ils la conservent comme une relique et l’emportent (malheur à qui voudrait faire cela à l’église au lieu de manger l’hostie ! Ce n’est pas une relique, c’est le Corps vivant du Christ !) : « Ils le prennent et le baisent. Chacun prend son morceau et l’enveloppant dans un linge le met comme une relique sur sa poitrine. »
Tout comme Anne-Catherine Emmerich, Thérèse Neumann parle d’une véritable nouvelle Transfiguration avec des stigmates qui illuminent les disciples, alors que Valtorta écrit : « Ce n’est pas le Ressuscité resplendissant apparu aux autres qui Lui sont plus chers. Mais c’est un Jésus plein de majesté, aux plaies bien nettes dans ses longues mains : roses rouges sur l’ivoire de la peau. »
Thérèse Neumann dit que le repas a lieu dans une maison individuelle, alors qu’apparemment, il n’y a pas de toit au-dessus de la tête du Christ au moment où il bénit ; « Jésus se lève, tenant dans ses mains le pain et, les yeux levés vers le ciel rouge du soir »
Maria de Agreda précise qu’ils ont commencé le chemin du retour alors qu’il faisait déjà nuit, alors que Valtorta dit que cela se fait au couchant, ce qui est inévitable puisque le soleil était déjà couchant quand ils sont entrés dans la maison et que le Christ a fait tout de suite la bénédiction du pain.
Retour du Christ
Les écrits de Maria Valtorta s'opposent frontalement à ceux de la Vénérable Maria de Jesus de Agreda, de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich et de Therese Neumann (qui sont parfaitement d'accord entre elles). Le cardinal Ratzinger avait parfaitement raison.

Comparaison à partir de l’épisode des pèlerins d’Emmaüs
– Agreda, Emmerich, Neumann, Valtorta –

1. Vénérable MARIA DE JESUS DE AGREDA…
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Les écrits de Maria Valtorta s'opposent frontalement à ceux de la Vénérable Maria de Jesus de Agreda, de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich et de Therese Neumann (qui sont parfaitement d'accord entre elles). Le cardinal Ratzinger avait parfaitement raison.

Comparaison à partir de l’épisode des pèlerins d’Emmaüs
– Agreda, Emmerich, Neumann, Valtorta –

1. Vénérable MARIA DE JESUS DE AGREDA :


Maria de Jesus de Agreda, Mystica ciudad de Dios, t. 2, pp. 533-535
books.google.fr/books
www.preghiereagesuemaria.it/libri/la passione di …
www.abbaye-saint-benoit.ch/…/020.htm

1483. No refieren los evangelistas cuándo apareció el Señor a San Pedro, aunque lo supone San Lucas (Lc 24, 34); pero fue después de las Marías, y más ocultamente a solas, como a cabeza de la Iglesia, antes que a todos juntos y que a otro alguno de los Apóstoles, y fue aquel mismo día, después que las Marías le dieron noticia de haberle visto.
Les Evangélistes ne rapportent pas l’apparition du Seigneur à Saint Pierre, bien que Saint Luc la suppose (Lc 24, 34) ; mais elle survint, plus cachée et à part, en tant que chef de l’Eglise, après celle aux Marie, avant celle devant tous réunis et celle devant un autre des Apôtres, et elle eut lieu le même jour, après que les Marie l’eurent informé qu’elles l’avaient vu.

Y luego sucedió el aparecimiento que refieren, y que largamente cuenta San Lucas (Lc 24, 34), de los dos discípulos que aquella tarde iban de Jerusalén al castillo de Emaús, que estaba sesenta estadios de la ciudad, y hacían cuatro millas de Palestina y casi dos leguas (legua ~ 5.556 Km) de España.
Et tout de suite après eut lieu l’apparition que les deux disciples rapportèrent, et que St Luc raconte longuement (Lc 24, 34), en cette après-midi où ils allaient de Jérusalem à Emmaüs, un bourg qui était à soixante stades de la ville, soit à quatre milles de la Palestine, et presqu’à deux lieues de l’Espagne (une lieu fait environ 5 556 km).

El uno de los dos se llamaba Cleofás y el otro era el mismo San Lucas, y sucedió en esta manera: Salieron de Jerusalén los dos discípulos, después que oyeron lo que las Marías contaron, y en el camino continuaron la plática de los sucesos de la pasión y santidad de su Maestro y la crueldad de los judíos.
L’un des deux s’appelait Cléophas et l’autre était Saint Luc lui-même, et cela s’est produit de cette façon : les deux disciples partirent de Jérusalem après avoir entendu ce que les Marie avaient conté. En chemin, ils continuaient leur discussion sur les événements de la Passion, sur la sainteté de leur Maître et sur la cruauté des Juifs.

Y admirábanse de que el Todopoderoso hubiese permitido que padeciese tales oprobios y tormentos un hombre santo y tan inocente.
Et ils s’étonnaient que le Tout-Puissant eût permis qu’un homme saint et si innocent souffrît de tels opprobres et tourments.

El uno decía: ¿Cuándo se vio tal suavidad y dulzura?
L’un dit : « Quand a-t-on vu pareilles douceur et délicatesse ? »

— El otro repetía: ¿Quién jamás oyó ni vio tal paciencia, sin querellarse, ni mudar el semblante tan apacible y de majestad?
Et l’autre répétait : « Qui a jamais vu pareille patience, sans qu’il ne récrimine ni ne change son expression si paisible et majestueuse ?

Su doctrina era santa, su vida inculpable, sus palabras de salud eterna, sus obras en beneficio de todos; pues ¿qué vieron en él los sacerdotes, para cobrarle tanto aborrecimiento?
Sa doctrine était sainte, sa vie sans reproche, ses paroles celles du salut éternel, ses œuvres au profit de tous ; qu’ont donc vu les prêtres pour qu’il soit en retour payé par tant de haine ? »

— Respondía el otro: Verdaderamente fue admirable en todo, y nadie puede negar que era gran profeta: hizo muchos milagros, alumbró ciegos, sanó enfermos, resucitó muertos y a todos hizo admirables beneficios; pero dijo que resucitaría al tercero día de su muerte, que es hoy, y no lo vemos cumplido.
L’autre répondit : « Vraiment, il était admirable en tout, et nul ne peut nier qu’il était un grand prophète : il fit beaucoup de miracles, rendit la vue aux aveugles, guérit les malades, ressuscita les morts, et à tous il prodigua des bienfaits admirables. Cependant, il a dit qu’il ressusciterait le troisième jour après sa mort – c’est aujourd’hui – et nous ne voyons pas que cela ait été accompli. »

— Replicó el otro: También dijo que le habían de crucificar y se ha cumplido como lo dijo.
L’autre répliqua : « Il avait aussi dit qu’il faudrait qu’il soit crucifié et cela fut accompli comme il l’a dit. »

1484. En medio de éstas y otras pláticas se les apareció Jesús en hábito de peregrino, como que los alcanzaba en el camino, y les dijo, después de saludarlos: ¿De qué habláis, que me parece os veo entristecidos?
Au milieu de ces discussions et d’autres encore, Jésus leur apparut en habit de pèlerin, tandis qu’il les rattrapait sur le chemin, et il leur dit, après les avoir salués : « De quoi parlez-vous et qui, d’après ce que je vois, semble vous attrister ? »

— Respondió Cleofás: ¿Tú solo eres peregrino en Jerusalén, que no sabes lo que ha sucedido estos días en la ciudad?
Cléophas répondit : « Tu es bien le seul pèlerin à Jérusalem qui ne sait pas ce qui est survenu ces derniers jours dans la ville ?! »

— Dijo el Señor: Pues ¿qué ha sucedido?
Le Seigneur dit : « Alors, que s’est-il passé ? »

—Replicó el discípulo: ¿No sabes lo que han hecho los príncipes y sacerdotes con Jesús Nazareno, varón santo y poderoso en palabras y obras, cómo le han condenado y crucificado?
Le disciple répondit : « Ne sais-tu pas ce que les autorités civiles et les prêtres ont fait de Jésus le Nazaréen, homme puissant en paroles et en œuvres et comment ils l’ont condamné et crucifié ? »

Nosotros teníamos esperanzas que había de redimir a Israel resucitando de los muertos, y se pasa ya el día tercero de su muerte y no sabemos lo que ha hecho.
Nous avions espéré qu’il allait racheter Israël en ressuscitant d’entre les morts, mais le troisième jour qui suit sa mort s’achève déjà et nous ne savons pas ce qu’il a fait.

Aunque unas mujeres de los nuestros nos han atemorizado, porque fueron muy de mañana al sepulcro y no hallaron el cuerpo y afirman que vieron unos Ángeles que las dijeron cómo ya había resucitado.
Cependant, quelques femmes parmi les nôtres nous ont effrayés, parce qu’ayant été de très bonne heure au sépulcre, elles n’ont pas trouvé le corps et elles affirment qu’elles ont vu des anges qui leur ont dit qu’il était déjà ressuscité.

Y luego acudieron otros compañeros nuestros al sepulcro y vieron ser verdad lo que las mujeres contaron.
Puis d’autres compagnons sont arrivés au sépulcre et ils virent que ce que les femmes avaient raconté était vrai.

Pero nosotros vamos a Emaús para esperar allí a ver en qué paran estas novedades.
Mais nous allons à Emmaüs pour espérer voir là où ces nouveautés se sont arrêtées.

—Respondióles el Señor: Verdaderamente sois necios y tardos de corazón, pues no entendéis que convenía así, que padeciese Cristo todas esas penas y muerte tan afrentosa para entrar en su gloria.
Le Seigneur leur répondit : « Vraiment, vous êtes sots et lents de cœur, parce que vous ne comprenez pas qu’il convenait que le Messie souffrît toutes ces peines de cette façon et mourût d’une mort si humiliante pour entrer dans sa gloire.

1485. Y prosiguiendo el divino Maestro, les declaró los misterios de su vida y muerte para la redención humana, comenzando de la figura del cordero, que mandó sacrificar y comer San Moisés Profeta y Legislador rubricando los umbrales con su sangre;
Et, poursuivant, le Divin Maître leur exposa les mystères de sa vie et de sa mort pour la rédemption humaine, en commençant par la figure de l’agneau que le Saint Prophète et Législateur Moïse commanda de sacrifier et de manger en paraphant les seuils avec son sang.

y lo que figuraba la muerte del sumo sacerdote Aarón, la muerte de Sansón por los amores de su esposa Dalila;
et ce que représentaient la mort du Grand Prêtre Aron et la mort de Samson pour l’amour de son épouse Dalila ;

y muchos salmos del Santo Rey y Profeta David, donde profetizó el concilio, la muerte y división de las vestiduras y que su cuerpo no vería la corrupción;
et beaucoup de psaumes du Saint Roi et Prophète David dans lesquels il prophétisa la conspiration, la mort et le partage de ses vêtements et aussi que son corps ne connaîtrait pas la corruption ;

lo que dijo la Sabiduría y más claro San Isaías y San Jeremías de su pasión, que parecería un leproso desfigurado, varón de dolores, que sería llevado como oveja al matadero, sin abrir su boca;
ce que dit le Livre de la Sagesse et encore plus clairement Saint Isaïe et Saint Jérémie de sa Passion, qu’il ressemblerait à un lépreux défiguré, homme de douleurs, qu’il serait conduit comme une brebis à l’abattoir, sans qu’il n’ouvre la bouche ;

y San Zacarías, que le vio traspasado de muchas heridas;
et Saint Zacharie qui le vit parcouru de nombreuses blessures ;

y otros lugares de los Profetas les dijo, que claramente dicen los misterios de su vida y muerte.
et à d’autres endroits dans les livres des Prophètes, il leur dit que les mystères de sa vie et de sa mort étaient clairement exprimés.

Con la eficacia de este razonamiento fueron los discípulos poco a poco recibiendo el calor de la caridad y la luz de la fe que se les había eclipsado.
Grâce à l’efficacité de ce raisonnement, les disciples étaient en train de recevoir petit à petit la chaleur de la charité et la lumière de la foi qui les avait quittés.

Y cuando ya se acercaban al castillo de Emaús, el divino Maestro les dio a entender pasaba adelante en su jornada, pero ellos le rogaron con instancia se quedase con ellos, porque ya era tarde.
Et alors qu’ils arrivaient déjà au bourg d’Emmaüs, le Divin Maître leur donna à entendre qu’il finirait sa journée plus en avant, mais ils le prièrent avec insistance de rester, parce qu’il était déjà tard.

Admitiólo el Señor, y convidado de los discípulos se reclinaron para cenar juntos, conforme la costumbre de los judíos.
Le Seigneur accepta l’invitation des disciples, et ils s’allongèrent pour dîner ensemble selon la coutume des Juifs.

Tomó el Señor el pan y como también solía lo bendijo y partió, dándoles con el pan bendito el conocimiento infalible de que era su Redentor y Maestro.
Le Seigneur prit le pain et, comme il en avait aussi l’habitude, il le bénit, le rompit et, grâce au pain bénit, il leur donna la connaissance infaillible qu’il était le Rédempteur et le Maître.

1486. Conociéronle, porque les abrió los ojos del alma, y al punto que los dejó ilustrados se les desapareció de los del cuerpo y no le vieron más entonces.
Ils le reconnurent, parce qu’il leur ouvrit les yeux de l’âme, au point qu’il les laissa instruits quand il disparut corporellement, et alors ils ne le virent plus.

Pero quedaron admirados y llenos de gozo, confiriendo el fuego de caridad que sintieron en el camino, cuando les hablaba su Maestro y les declaraba las Escrituras.
Mais ils restèrent émerveillés et pleins de joie, partageant le feu de la charité qu’ils avaient ressenti en chemin quand leur Maître leur parlait et leur expliquait les Saintes Ecritures.

Y luego sin dilación se volvieron a Jerusalén ya de noche.
Puis sans tarder, ils s’en retournèrent à Jérusalem, quoique la nuit fût déjà là.

Entraron en la casa donde se habían retirado los demás Apóstoles por temor de los judíos y los hallaron confiriendo las noticias que tenían de haber resucitado el Salvador y cómo ya se había aparecido a San Pedro.
Ils entrèrent dans la maison où les autres Apôtres étaient reclus par peur des Juifs, et ils les trouvèrent en train de partager les nouvelles qu’ils avaient sur le Ressuscité et comment il était déjà apparu à Saint Pierre.

Y a esto añadieron los dos discípulos todo cuanto en el camino les sucedió y cómo ellos le habían conocido cuando les partió el pan en el castillo de Emaús.
A cela, les deux disciples ajoutèrent tout ce qui leur était arrivé sur la route et comment ils l’avaient reconnu au moment du partage du pain dans le bourg d’Emmaüs.

Estaba entonces presente Santo Tomás, y aunque oyó a los dos discípulos y que San Pedro confirmaba lo que decían asegurando que también él había visto a su Maestro resucitado, con todo estuvo tardo y dudoso, sin dar crédito al testimonio de tres discípulos, fuera de las mujeres.
Saint Thomas était alors présent, et bien qu’il écoutait les deux disciples et Saint Pierre qui confirmait ce qu’ils disaient, assurant que lui aussi avait vu le Maître ressuscité, il tardait pourtant à croire et doutait, sans donner crédit au témoignage des trois disciples, sans parler de celui des femmes.

Y con algún despecho, efecto de su incredulidad, se salió y se fue de la compañía de los demás.
Et avec un certain dépit, conséquence de son incrédulité, il sortit et abandonna la compagnie des autres.

Y en pequeño espacio, después que Santo Tomás se había despedido y cerradas las puertas, entró el Señor y apareció a los demás.
Et dans ce petit intervalle, après que Saint Thomas eut pris congé et, alors que les portes étaient closes, le Seigneur entra et apparut aux autres.

Y estando en medio de todos les dijo: Paz sea con vosotros. Yo soy, no queráis temer.
Au milieu de tous, il leur dit : « La Paix soit avec vous. C’est moi, n’ayez pas peur. »

2. Bienheureuse ANNE-CATHERINE EMMERICH :

(Visions d’Anne-Catherine Emmerich sur la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, t. 3, Paris, Pierre Téqui Libraire-Editeur, 5ème éd., 1923, pp. 364-366)
books.google.fr/books

« Cependant, plusieurs disciples réunis dans la maison de Jean-Marc parlaient de la résurrection de Jésus et flottaient dans le doute ; Luc et Cléophas surtout hésitaient à y croire. Le grand prêtre ayant renouvelé la défense de loger les disciples et de leur donner à manger, ces deux derniers, qui étaient particulièrement liés, résolurent de se rendre à Emmaüs. L’un d’eux prit le chemin à droite et se dirigea vers Jérusalem, qu’il tourna par le nord, l’autre passa du côté opposé ; il me parut qu’ils voulaient éviter d’être vus ensemble. Ils se rejoignirent sur une colline en avant de la ville, portant des bâtons et leur bagage. Luc avait un sac de cuir, et souvent il s’écartait du chemin pour cueillir des plantes.

Luc n’avait pas vu le Seigneur dans ces derniers temps ; il n’avait pas été présent à ses instructions chez Lazare. Jusqu’alors il ne le suivait que de temps en temps, mais il entretenait des rapports fréquents avec les disciples. Il était curieux et fort désireux d’acquérir de la science. Maintenant il venait définitivement de se joindre à eux. Il avait reçu antérieurement le baptême de Jean, et je le vis assister le dimanche soir aux agapes qui avaient lieu à Béthanie, et à l’instruction sur le saint Sacrement que Matthieu y donnait. Assailli de doutes et tout soucieux après cette instruction, il s’était rendu à Jérusalem, et il avait passé la nuit dans la maison de Jean-Marc.

Je sentis que l’un et l’autre étaient troublés et doutaient, et je les entendis s’entretenir de ce qui s’était passé. Ce qui les confondait par-dessus tout, c’était que le Seigneur eût dû subir l’opprobre de la croix. Ils ne pouvaient pas comprendre comment le Rédempteur, le Messie, avait ainsi été outragé et maltraité.

Ils étaient à moitié chemin, quand je vis, longtemps avant eux, Notre-Seigneur s’approcher par un sentier latéral Lorsqu’ils l’aperçurent, ils ralentirent leur marche, comme pour laisser passer cet étranger, et comme s’ils eussent craint qu’il n’entendît leur conversation. Mais il ralentit pareillement ses pas, et n’atteignit l’embranchement qu’après eux. Je le vis quelque temps les suivre, puis les aborder, et leur demander quels étaient les discours qu’ils tenaient en marchant. J’ouïs une bonne partie de ce qu’il leur dit, et j’étais ravie de recueillir ses paroles, mais toutes sortes de contrariétés me les ont fait oublier. Il parla particulièrement de Moïse.

Devant Emmaüs, joli village très propre, le Seigneur feignit de vouloir prendre au sud la direction de Bethléem, mais ils le pressèrent d’entrer avec eux dans une maison qui semblait être une hôtellerie. La pièce principale était fort propre ; la table était cou verte d’une nappe et il y avait des lits de repos. Un homme apporta un rayon de miel, un grand gâteau carré et un petit pain azyme mince et diaphane, qu’il plaça devant le Seigneur, en sa qualité d’étranger.

Après avoir fait une prière avec eux, Jésus se mit à table et mangea du gâteau et du miel, ensuite il prit le petit pain azyme sur lequel les parts étaient marquées, le coupa avec un couteau blanc en os, et en détacha trois parts en un seul morceau qu’il mit sur une petite assiette ; puis il bénit ce morceau, et se levant de son siège, il l’éleva des deux mains, et pria en regardant le ciel Les deux disciples se tenaient debout en face de lui, profondément émus et comme hors d’eux-mêmes. Quand le Seigneur eut rompu le pain, ils se penchèrent au-dessus de la table, avancèrent la tête vers sa main, et reçurent chacun dans la bouche une des parts. Au moment où lui-même portait la troisième à ses lèvres, il disparut, sans que je visse s’il l’avait réellement prise. Le morceau de pain azyme au moment où il le bénit, devint lumineux. Je vis les deux disciples rester un moment comme pétrifiés, puis se jeter dans les bras l’un de l’autre, en versant des larmes d’attendrissement.

Il était touchant de voir la douceur et la grâce répandues sur tous les actes et sur toutes les manières du Seigneur, la joie muette des disciples en l’écoutant sans le connaître, et leur ravissement au moment où ils le reconnurent et où il disparut. Cléophas et Luc retournèrent aussitôt en toute hâte à Jérusalem. »

3. THERESE NEUMANN :

(Johannes Steiner, Visionen der Therese Neumann, pp. 257-259)

Die Emmaus Vision
La vision au sujet d’Emmaüs

Ein junger Mann und ein erheblich älterer kommen aus dem großen Ort (Jerusalem) heraus.
Un jeune homme et un autre considérablement plus âgé sortent de la grande ville (Jérusalem).

Sie gehen und gehen und sind recht traurig.
Ils marchent, marchent encore et sont bien tristes.

Therese hat sie früher schon beim Heiland gesehen (Jünger).
Thérèse les a déjà vus auparavant aux côtés du Sauveur (en tant que disciples).

Während sie so dahingehen und bedrückt miteinander reden, kommt von der Seite ein anderer Mann, den sie nicht kennen, „aber für einen besseren halten“ und nach einer Begrüßung in die Mitte nehmen.
Tandis qu’ils s’en vont ainsi et discutent ensemble, abattus, un homme qu’ils ne connaissent pas, « mais qu’ils prennent pour quelqu’un de bien », vient à leurs côtés, et après une salutation, ils l’accueillent au milieu d’eux.

(Therese kennt ihn auch nicht.)
(Thérèse ne le connaît pas non plus)

Im Gespräch mit dem Fremden werden sie ganz lebhaft und erzählen und wundern sich über die Reden des Mannes.
Conversant avec l’étranger, ils s’avivent entièrement, racontent et s’étonnent des paroles de l’homme.

(„Der Heiland wird gschmunzelt haben“ sagt Therese nach der Vision.)
(« Le Sauveur souriait d’un air entendu », dit Thérèse après la vision)

Sie gehen an einem netten kleinen „Örtl“ vorbei bis zu höheren, alleinstehenden Haus.
Ils arrivent dans une jolie petite localité jusqu’à la maison individuelle la plus haute.

Da halten sie an und wollen hineingehen.
Ils s’arrêtent là et veulent entrer.

Doch der Fremde will sich verabschieden und weitergehen.
Mais l’étranger veut prendre congé et poursuivre sa route.

„Da ham sie ihn gebettelt, er soll doch bleiben. Ham schon a Weil betteln müssen.“
« Là, ils le prièrent instamment de rester. Ils durent le supplier un bon moment. »

Auf das hin geht er mit hinein.
Sur ce, il entra avec eux.

Naber: „Hast Du auch gebettelt?“
Naber (confesseur de Thérèse) : « As-tu aussi supplié ? »

R.: „No, bettelt net, aber ich hab es schon gern gesehn, daß er mithineingangen ist.“
Resl (diminutif de Thérèse) : « Non, je n’ai pas supplié, mais je me suis réjoui quand je l’ai vu entrer avec eux. »

Es geht schon auf die Nacht zu.
Il faisait déjà nuit.

Drinnen reden sie mit einem Mann; dieser bringt etwas zu essen und zu trinken.
A l’intérieur, ils discutent avec un homme ; celui-ci leur apporte quelque chose à manger et à boire.

Man merkt, sie haben Hunger: es war ein weiter Weg, auf dem sie „hohe Stecken“ benutzt hatten.
On peut dire qu’ils avaient faim : ce fut une longue route, pour laquelle ils eurent besoin de grands bâtons.

Die vorgelegten Speisen bestehen aus Brot in Form von einrunden, flachen Fladen von ziemlich heller Farbe, die längs und quer „geriefelt“ sind, und aus Fischen.
La nourriture devant eux se composait de pains en forme de galettes plates et arrondies de couleur assez claire, « striées » en long et en large, et de poissons.

Mit aufgebogenen gelblichen Messern (Messing?) trennen die Gäste Stücke von den Fischen ab, die sie ebenso wie die Brote mit den Händen essen.
Avec des couteaux jaunâtres (en laiton?) et incurvés, les invités découpent les poissons qu’ils mangent comme les pains avec les mains.

Zuletzt bringt der Wirt Honigwaben.
Enfin, le patron apporte des rayons de miel.

Der Fremde ißt nicht viel, tut aber doch etwas mit.
L’étranger ne mange pas beaucoup, mais mange quand même.

Auf einmal steht er auf – Therese erkennt ihn immer noch nicht, – hält die Hände über das Brot, blickt zum Himmel auf, nimmt das Brot, segnet es und spricht etwas darüber.
Tout à coup, il se lève – Thérèse ne le reconnaît toujours pas –, met ses mains au-dessus du pain, lève les yeux au ciel, prend le pain, le bénit et dit quelque chose à son sujet.

Dann bricht er es und gibt es ihnen.
Puis il le rompt et le leur donne.

„Und in diesem Augenblick haben sie – und ich auch – erkannt, daß es der Heiland ist.
« Et à cet instant, ils reconnurent – et moi aussi – qu’il s’agissait du Sauveur.

Er ist so schön geworden, wie aus dem Grab heraus, und plötzlich hat man auch die Wundmale hell leuchten sehen.
Il est devenu aussi beau qu’au sortir de la tombe, et soudain, on vit aussi les stigmates qui illuminaient.

Die waren vorher nicht zu sehen.
Auparavant, ils étaient invisibles.

Er ist genau so schön geworden, wie da, als er aus dem Grab heraus zur Mutter hinübergeschwebt ist.
Il était exactement aussi beau que lorsque sorti de la tombe, il se sépara de sa mère en s’élevant.

Et hat auf dem Weg auch schon einen weißen Rock angehabt, nicht einen braunen, aber der hat ausgesehen so woll-weiß, wie man sie eben dort hat.
Sur le chemin, il portait déjà une robe blanche, pas une brune, mais une qui semblait être vraiment blanche comme la laine, exactement comme on en porte là-bas.

In diesem Augenblick aber ist der Rock wieder aus Licht gewesen, heller als Schnee in der Sonne.
Mais en cet instant, la robe est devenue à nouveau lumineuse, plus blanche que la neige au soleil.

Doch der Heiland hat sich unmittelbar darauf vom Boden erhoben und war dann verschwunden.“
Sur ce, le Sauveur s’éleva immédiatement du sol et ensuite disparut. »

Therese bedauert die zurückgebliebenen Jünger: „Die hätten doch jetzt reden mögen mit ihm.
Thérèse plaint les disciples restés là : « Bien sûr, ils auraient bien aimé parler avec lui maintenant.

Weißt du, wann ihnen das Licht aufgegangen ist?
Sais-tu quand la lumière s’est levée sur eux ? [cf. « Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, si tu rassasies l’âme indigente, ta lumière se lèvera sur l’obscurité, et tes ténèbres seront comme le midi. » (Isaïe 58, 10)]

Wie sie den Heiland in sich gehabt haben.
Lorsqu’ils ont eu en eux-mêmes le Sauveur.

Der Heiland hat das genau so gemacht, wie neulich des nachts; da hat er doch auch selber ausgeteilt“ (sie meint die Apostelkommunion vom Gründonnerstag).
Le Sauveur a fait exactement comme l’autre nuit, parce que là aussi, il avait lui-même fait le partage. » (elle désigne la communion apostolique du Jeudi Saint).

Gemäß dieser Vision wäre also das Brotnehmen, -segnen, -brechen und –austeilen an die Emmaus-Jünger eine echte zweite Kommunionspendung, die Jesus selbst vollzogen hat.
Selon cette vision, la prise du pain, sa bénédiction, sa fraction et son partage avec les disciples d’Emmaüs serait une véritable deuxième célébration eucharistique que Jésus a accomplie lui-même.

Und im Augenblick der Kommunion konnten ihn die Jünger erkennen.
Et c’est au moment de la communion que les disciples purent le reconnaître.

So ist wohl auch der Evangelist Lukas zu verstehen, wenn er sagt:
C’est sans doute ainsi qu’il faut comprendre l’Evangéliste Luc quand il dit :

„Er nahm das Brot, segnete und brach es und gab es ihnen.
« Il prit le pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna.

Da wurden ihre Augen auf getan…“ (Lk 24,30) und etwas später „… daß sie ihn beim Brotbrechen erkannt hätten“ (24;35).
Alors leurs yeux s’ouvrirent… » (Lc 24, 30), et plus loin : « … et comment ils l’avaient reconnu au moment où il rompit le pain » (24, 35).

Denn in der Zeit, in der Lukas sein Evangelium niederschrieb, hatte sich in der urchristlichen Gemeinde bereits der Ausdruck „Brotbrechen“ als Bezeichnung für die Bereitung und Spendung des Heiligsten Altarsakramentes eingebürgert.
Parce qu’à l’époque à laquelle Luc mit par écrit l’Evangile, l’expression « fraction du pain » avait déjà été introduite dans l’Eglise primitive pour se référer à la préparation et à l’administration du Saint-Sacrement.

Theres Neumann kommt im weiteren Gespräch nochmals darauf zurück und sagt:
Thérèse Neumann, dans une conversation ultérieure, revient encore sur cela et dit :

Das war doch genauso, wie wenn man in der Kirche den Heiland erhält; und in dem Augenblick, als sie ihn in sich hatten, hat er sich „kenna loua“ (erkennen lassen, zu erkennen gegeben).
C’était exactement comme lorsqu’à l’église, on reçoit le Sauveur ; et au moment où ils l’eurent en eux, il se fit reconnaître pour le faire comprendre.

Das war schön; das hab ich den Männern gegönnt.
C’était beau ; je m’en suis réjoui pour ces hommes.

Die Vision geht weiter: Die Jünger sind von dem Erlebnis so sehr beeindruckt und freudig erregt, daß sie alsbald den Wirt rufen und mit ihm verhandeln.
La vision continue : les disciples sont tellement impressionnés et joyeusement excités par cette expérience qu’ils appellent immédiatement le propriétaire et discutent du prix avec lui.

Der Ältere hat einen geschnürten Beutel umhängen; sie bezahlen, rollen ihre Mäntel auf und brechen sofort auf, um eilends nach Jerusalem zurückzuwandern.
Le plus âgé pend sur lui un sac ficelé ; ils payent, déroulent leurs manteaux et immédiatement partent en trombe pour retourner en hâte à Jérusalem.

Alle Müdigkeit scheint vergessen.
Toute fatigue semble oubliée.

Therese sieht sie noch eine Zeitlang wandern, dann endet die Vision.
Thérèse les voit encore marcher pendant un certain temps, puis la vision se termine.

4. MARIA VALTORTA :

(Maria Valtorta, L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, t. 10, chapitre 11)
www.maria-valtorta.org/Publication/TOME 10/10-011.htm

Vision du jeudi 5 avril 1945

51> Sur une route montueuse deux hommes entre deux âges marchent rapidement en tournant le dos à Jérusalem, dont les hauteurs disparaissent de plus en plus derrière les autres qui se suivent, avec de continuelles ondulations de sommets et de vallées.

52> Ils parlent entre eux, et le plus âgé dit à l’autre qui peut avoir trente-cinq ans tout au plus : "Tu crois qu’il a mieux valu agir ainsi. J’ai une famille et toi aussi. Le Temple ne plaisante pas. Il veut vraiment en finir. A-t-il raison ? A-t-il tort ? Je ne le sais pas. Je sais qu’il a l’intention bien claire d’en finir pour toujours avec tout cela."

"Avec ce crime, Simon. Donne-lui son vrai nom, parce que c’est au moins un crime."

"Cela dépend. En nous, l’amour fermente contre le Sanhédrin. Mais peut-être... qui sait !"

"Rien. L’amour éclaire. Il ne porte pas à l’erreur."

"Le Sanhédrin aussi, les Prêtres aussi et les Chefs aiment. Ils aiment Jéhovah, Celui qu’Israël tout entier a aimé depuis que le pacte a été conclu entre Dieu et les Patriarches[1]. Alors, pour eux aussi l’amour est lumière et ne porte pas l’erreur !"

"Ce n’est pas de l’amour pour le Seigneur que le leur. Oui. Israël depuis des siècles est dans cette Foi. Mais dis-moi : peux-tu dire que c’est encore une Foi celle que nous donnent les Chefs du Temple, les Pharisiens, les Scribes, les Prêtres ? Tu le vois ? Avec l’or consacré au Seigneur, on le savait déjà, ou du moins on soupçonnait que cela arrivait, avec l’or consacré au Seigneur ils ont payé le Traître[2] et maintenant ils paient les gardes[3]. Le premier pour qu’il trahisse le Christ, les seconds pour qu’ils mentent. Oh ! Je ne sais pas comment la Puissance éternelle s’est bornée à déplacer les murs et à déchirer le Voile[4] ! Je te dis que j’aurais voulu que les nouveaux philistins soient ensevelis sous les décombres[5]. Tous !"

"Cléophas[6] ! Tu serais toute vengeance."

"Je serais vengeance. Car, admettons que Lui n’était qu’un prophète, est-il permis de tuer un innocent ? Car il était innocent ! L’as-tu jamais vu commettre un des crimes dont on l’a accusé pour le tuer ?"

"Non. Aucun. Pourtant il a fait une erreur."

"Laquelle, Simon[7] ?"

"Celle de ne pas manifester sa puissance du haut de la Croix. Pour confirmer notre foi et pour punir les incrédules sacrilèges. Il devait relever le défi et descendre de la Croix."

"Il a fait davantage. Il est ressuscité."

"Est-ce que c’est vrai ? Ressuscité comment ? Avec son seul Esprit ou avec l’Esprit et la Chair ?"

"Mais l’esprit est éternel ! Il n’a pas besoin de ressusciter !" s’exclame Cléophas.

53> "Je le sais moi aussi. Je voulais dire : s’il est ressuscité avec son unique Nature de Dieu, supérieur à toutes les embûches de l’homme. Car maintenant son Esprit a connu les embûches par la terreur de l’homme. Tu as entendu, hein ? Marc a dit qu’au Gethsémani, où il allait prier contre un rocher, il y a du sang partout. Et Jean, qui a parlé avec Marc, lui a dit : "Ne fais pas piétiner cet endroit car il y a du Sang sué par l’Homme-Dieu". S’il a sué du sang avant d’être torturé, il doit en avoir eu la terreur !"

"Notre pauvre Maître !..." ils se taisent affligés.

Jésus les rejoint et leur demande : "De qui parliez-vous ? Dans le silence j’entendais vos paroles par intervalles. Qui a été tué ?" C’est un Jésus voilé sous l’apparence modeste d’un pauvre voyageur pressé.

Les deux ne le reconnaissent pas. "Tu es d’ailleurs, homme ? Tu ne t’es pas arrêté à Jérusalem ? Ton vêtement poussiéreux et tes sandales en cet état nous paraissent appartenir à un pèlerin infatigable."

"Je le suis. Je viens de très loin..."

"Tu dois être fatigué, alors. Et tu vas loin ?"

"Très loin. Plus loin encore que de l’endroit d’où je viens."

"Tu fais du commerce ? Des marchés ?"

"Je dois acheter une quantité infinie de troupeaux pour le plus grand Seigneur. Je dois faire le tour du monde pour choisir des brebis et des agneaux, et descendre même parmi les troupeaux sauvages qui pourtant, quand ils seront rendus domestiques, seront meilleurs que ceux qui maintenant ne sont pas sauvages."

"Travail difficile. Et tu as continué ta route sans t’arrêter à Jérusalem ?"

"Pourquoi le demandez-vous ?"

"Parce que toi seul sembles ignorer ce qui y est arrivé ces jours- ci."

"Qu’est-il arrivé ?"

"Tu viens de loin et c’est pour cela que peut-être tu ne sais pas. Mais ta façon de parler est pourtant de Galilée. Aussi, même si tu es serviteur d’un roi étranger ou fils de galiléens expatriés, tu dois savoir, si tu es circoncis, que depuis trois ans dans notre patrie s’est levé un grand prophète du nom de Jésus de Nazareth, puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant les hommes, qui allait en prêchant à travers tout le Pays. Et il se disait le Messie. Ses paroles et ses œuvres étaient réellement du Fils de Dieu, comme Lui se disait. Mais seulement du Fils de Dieu. Tout Ciel... Maintenant tu sais pourquoi... Mais es-tu circoncis ?"

54> "Je suis premier-né et consacré au Seigneur."

"Alors tu connais notre Religion ?"

"Je n’en ignore pas une syllabe. Je connais les préceptes et les usages. L’halachah, la midrashim et l’hagadah me sont connues comme les éléments de l’air, de l’eau, du feu et de la lumière qui sont les premiers vers lesquels tend l’intelligence, l’instinct, les besoins de l’homme qui vient de naître."

"Eh bien, alors tu sais qu’Israël eut la promesse du Messie, mais comme d’un roi puissant qui aurait rassemblé Israël. Celui-ci, au contraire, n’était pas ainsi..."

"Comment donc ?"

"Lui ne visait pas un pouvoir terrestre. Mais c’était d’un royaume éternel et spirituel qu’il se disait roi. Lui n’a pas rassemblé, mais au contraire a divisé Israël, car maintenant il est divisé entre ceux qui croient en Lui et ceux qui le disent malfaiteur. En vérité il n’avait pas l’étoffe d’un roi car il ne voulait que douceur et pardon. Et comment dominer et vaincre avec ces armes ?... "

"Et alors ?"

"Et alors les Chefs des Prêtres et les Anciens d’Israël l’ont pris et l’ont jugé passible de la mort... en l’accusant, pour dire vrai, de fautes qui n’étaient pas vraies. Sa faute était d’être trop bon et trop sévère..."

"Comment pouvait-il, s’il était l’un, être l’autre ?"

"Il le pouvait car il était trop sévère en disant la vérité aux Chefs d’Israël et trop bon pour ne pas faire contre eux des miracles de mort, en foudroyant ses injustes ennemis."

"Il était sévère comme le Baptiste ?"

"Voilà... je ne saurais dire. Il faisait de durs reproches, surtout dans les derniers temps, aux scribes et aux pharisiens et menaçait ceux du Temple comme marqués par la colère de Dieu. Mais ensuite, si quelqu’un était pécheur et se repentait, et si Lui voyait dans son cœur un vrai repentir, car le Nazaréen lisait dans les cœurs mieux qu’un scribe dans le texte, alors il était plus doux qu’une mère."

"Et Rome a permis qu’on tue un innocent ?"

55> "Pilate l’a condamné... Mais il ne le voulait pas et le disait : Juste. Mais ils le menacèrent de l’accuser auprès de César et il eut peur. En somme il a été condamné à la Croix et y est mort et cela, en même temps que la crainte des synhédristes, nous a beaucoup humiliés. Car je suis Cléophas, fils de Cléophas, et lui est Simon, tous les deux d’Emmaüs, et parents car j’ai épousé sa première fille, et nous étions disciples du Prophète."

"Et maintenant vous ne l’êtes plus ?"

"Nous espérions que ce serait Lui qui libérerait Israël et aussi que, par un prodige, il confirmerait ses paroles. Au contraire !..."

"Quelles paroles avait-il dites ?"

"Nous te l’avons dit : " Je suis venu au Royaume de David. Je suis le Roi pacifique" et ainsi de suite. Et il disait : "Venez au Royaume" mais ensuite il ne nous a pas donné le royaume. Et il disait : "Le troisième jour je ressusciterai". Maintenant c’est le troisième jour qu’il est mort, et même il est déjà accompli car l’heure de none est déjà passée et Lui n’est pas ressuscité. Des femmes et des gardiens disent que oui, il est ressuscité. Mais nous nous ne l’avons pas vu. Les gardiens disent, maintenant, qu’ils ont ainsi parlé pour justifier le vol du cadavre fait par les disciples du Nazaréen. Mais les disciples !... Nous l’avons tous quitté par peur quand il était vivant... et certainement nous ne l’avons pas dérobé maintenant qu’il est mort. Et les femmes... qui se fie à elles ? Nous raisonnions à ce propos. Et nous voulions savoir s’il a voulu dire s’il ressusciterait avec l’Esprit redevenu divin ou si ce serait aussi avec la Chair. Les femmes disent que les anges - car elles disent avoir vu aussi les anges après le tremblement de terre, et c’est possible car le vendredi déjà des justes sont apparus hors des tombeaux - elles disent que les anges ont dit que Lui est comme quelqu’un qui n’est jamais mort. Et c’est tel en effet que les femmes ont semblé le voir. Mais deux de nous, deux chefs, sont allés au Tombeau. Et, s’ils l’ont vu vide, comme les femmes l’ont dit, ils ne l’ont pas vu Lui, ni là, ni ailleurs. Et c’est une grande désolation car nous ne savons plus que penser !"

"Oh ! comme vous êtes sots et durs pour comprendre ! Et comme vous êtes lents pour croire aux paroles des prophètes ! Et cela n’avait-il pas été dit ? L’erreur d’Israël est celle-ci : d’avoir mal interprété la royauté du Christ. C’est pour cela que l’on ne l’a pas cru. C’est pour cela qu’on l’a craint. C’est pour cela que maintenant vous doutez. En haut, en bas, au Temple et dans les villages, partout on pensait à un roi selon la nature humaine. Dans la pensée de Dieu la reconstruction du Royaume d’Israël n’était pas limitée, comme elle l’a été en vous, dans le temps, dans l’espace et dans les moyens.

56> Pas dans le temps : toutes les royautés, même les plus puissantes, ne sont pas éternelles. Rappelez-vous les puissants pharaons qui opprimèrent les hébreux au temps de Moïse[8]. Combien de dynasties ne sont-elles pas finies, et d’elles ne restent que les momies sans âme au fond des hypogées[9] secrets ! Et il reste un souvenir, si encore il reste, de leur pouvoir d’une heure, et encore moins, si on mesure leurs siècles sur le Temps éternel. Ce Royaume est éternel.

Dans l’espace : il était dit : Royaume d’Israël, parce que d’Israël est venue la souche de la race humaine[10], parce qu’en Israël, dirais-je, se trouve la semence de Dieu et ainsi, en disant Israël, on voulait dire : le royaume de ceux qui ont été créés par Dieu. Mais la royauté du Roi Messie n’est pas limitée à la petite étendue de la Palestine, mais elle s’étend du septentrion au midi, de l’orient à l’occident, partout où il y a un être qui possède un esprit dans sa chair, c’est-à-dire partout où il y a un homme. Comment un seul aurait-il pu réunir en lui-même tous les peuples ennemis entre eux, et en faire un unique royaume sans répandre des fleuves de sang et les assujettir tous par la cruelle oppression des hommes d’armes ? Et comment alors aurait-il pu être le roi pacifique dont parlent les prophètes ?

Dans les moyens : le moyen humain, ai-je dit, c’est l’oppression. Le moyen surhumain c’est l’amour. Le premier est toujours limité car les peuples finissent par se révolter contre l’oppresseur. Le second est illimité parce que l’amour est aimé, ou s’il ne l’est pas, est tourné en dérision. Mais comme c’est une chose spirituelle il ne peut jamais être directement attaqué. Et Dieu, l’Infini, veut des moyens qui soient comme Lui. Il veut ce qui n’est pas fini parce qu’Il est éternel : l’esprit; ce qui appartient à l’esprit; ce qui mène à l’Esprit. Voici quelle a été l’erreur : d’avoir conçu dans l’esprit une idée messianique erronée dans les moyens et dans la forme.

Quelle est la royauté la plus élevée ? Celle de Dieu. N’est-ce pas ? Donc cet Admirable, cet Emmanuel[11], ce Saint, ce Germe sublime, ce Fort, ce Père du siècle à venir, ce Prince de la paix[12], ce Dieu comme Celui dont il vient, car tel il est appelé et tel est le Messie, n’aura-t-il pas une royauté semblable à celle de Celui qui l’a engendré ? Oui, il l’aura. Une royauté toute spirituelle et éternelle, pure de violence et de sang, ignorante des trahisons et des injustices. Sa Royauté ! Celle que la Bonté éternelle accorde aux pauvres hommes, pour donner honneur et joie à son Verbe.

57> Mais David n’a-t-il pas dit que ce Roi puissant a eu sous ses pieds toute chose pour Lui servir d’escabeau[13] ? Isaïe n’a-t-il pas dit toute sa Passion[14] et David n’a-t-il pas énuméré, pourrait-on dire, toutes ses tortures[15] ? Et n’est-il pas dit que Lui est le Sauveur et le Rédempteur qui par son holocauste sauvera l’homme pécheur[16] ? Et n’est-il pas précisé, et Jonas en est la figure, que pendant trois jours il serait englouti dans le ventre insatiable de la Terre, et après en serait expulsé comme le prophète l’a été de la baleine[17] ? Et Lui n’a-t-il pas dit : “Mon Temple, c’est-à-dire mon Corps, le troisième jour après avoir été détruit, sera reconstruit par Moi (c’est-à-dire par Dieu)[18] ?” Et que pensiez-vous ? Que par magie Lui relèverait les ruines du Temple ? Non. Pas les murs, mais Lui-même. Et Dieu seul pouvait se faire ressusciter Lui-même. Lui a relevé le vrai Temple : son Corps d’Agneau. Immolé, comme en eut l’ordre et la prophétie Moïse, pour préparer le “passage” de la mort à la Vie, de l’esclavage à la liberté, des hommes fils de Dieu et esclaves de Satan[19].

Comment est-il ressuscité ? vous demandez-vous. Je réponds : il est ressuscité avec sa vraie Chair et avec son Esprit Divin qui l’habite, comme en toute chair mortelle il y a, qui l’habite, l’âme qui est reine dans le cœur. C’est ainsi qu’il est ressuscité après avoir tout souffert pour tout expier, et pour réparer l’Offense primitive, et les offenses infinies que chaque jour l’Humanité accomplit. Il est ressuscité comme il était dit sous le voile des prophéties. Venu à son temps, je vous rappelle Daniel, il a été immolé à son temps. Et, écoutez et rappelez-vous, au temps prédit après sa mort la ville déicide sera détruite[20].

Je vous en donne le conseil : lisez, avec l’âme et non avec l’esprit orgueilleux, les prophètes, du début du Livre aux paroles du Verbe Immolé, rappelez-vous le Précurseur qui l’indiquait comme Agneau, rappelez-vous quel était le destin de l’agneau symbolique de Moïse[21]. C’est par ce sang que furent sauvés les premiers-nés d’Israël. C’est par ce Sang que seront sauvés les premiers-nés de Dieu, c’est-à-dire ceux qui par leur bonne volonté se seront consacrés au Seigneur. Rappelez-vous et comprenez le psaume messianique de David et le prophète messianique Isaïe[22]. Rappelez-vous Daniel, ramenez à votre mémoire, mais en l’élevant de la fange à l’azur céleste, toutes les paroles sur la royauté du Saint de Dieu, et comprenez qu’il ne pouvait vous être donné d’autre signe plus juste, plus fort de cette victoire sur la Mort, de cette Résurrection accomplie par Lui-même. Rappelez-vous qu’il aurait été contraire à sa miséricorde et à sa mission de punir du haut de la Croix ceux qui l’y avaient mis.

58> Il était encore le Sauveur, même s’il était le Crucifié méprisé et cloué à un gibet ! Crucifiés étaient les membres, mais libres étaient son esprit et sa volonté. Et avec ceux-ci, il a voulu encore attendre pour donner aux pécheurs le temps de croire et d’appeler son Sang sur eux, non par des cris blasphématoires, mais par des gémissements de contrition.

Maintenant il est ressuscité. Il a tout accompli. Il était glorieux avant son incarnation. Il est trois fois glorieux maintenant que, après s’être anéanti pendant tant d’années dans une chair, il s’est immolé Lui-même en portant l’Obéissance à la perfection de savoir mourir sur la Croix pour accomplir la Volonté de Dieu. Très glorieux avec sa Chair glorifiée, à présent qu’il monte au Ciel et entre dans la Gloire éternelle, en commençant le Règne qu’Israël n’a pas compris. C’est à ce Royaume, d’une manière plus pressante que jamais, qu’il appelle avec son amour et l’autorité dont il est plein, les tribus du monde. Comme l’ont vu et prévu les justes d’Israël et les prophètes, tous les peuples viendront au Sauveur. Et il n’y aura plus de juifs ou de romains, de scythes ou d’africains, d’ibères ou de celtes, d’égyptiens ou de phrygiens. L’au-delà de l’Euphrate s’unira aux sources du Fleuve éternel. Les hyperboréens à côté des numides viendront à son Royaume, et tomberont les races et les idiomes. Les coutumes et les couleurs de peau et de cheveux n’auront plus lieu d’exister, mais il y aura un peuple illimité resplendissant et pur, une langue unique, un seul amour. Ce sera le Royaume de Dieu, le Royaume des Cieux. Un Monarque éternel : l’Immolé Ressuscité. Des sujets éternels : ceux qui croient en sa Foi. Croyez, pour lui appartenir.

Voici Emmaüs, amis. Je vais plus loin. Il n’est pas accordé de repos au Voyageur qui a tant de chemin à faire."

"Seigneur, tu es plus instruit qu’un rabbi. Si Lui n’était pas mort, nous dirions que c’est Lui qui nous a parlé. Nous voudrions encore entendre de toi d’autres vérités et plus développées. Car maintenant nous, brebis sans berger, troublées par la tempête de la haine d’Israël, nous ne savons plus comprendre les paroles du Livre. Veux-tu que nous venions avec Toi ? Vois : tu nous instruirais encore pour compléter l’œuvre du Maître qui nous a été enlevé."

"Vous l’avez eu si longtemps et vous n’avez pas su acquérir une instruction complète ? N’est-ce pas une synagogue ?"

"Oui. Je suis Cléophas, fils de Cléophas, le chef de la synagogue, mort dans la joie qu’il a eue d’avoir connu le Messie."

"Et tu n’es pas encore arrivé à croire sans nuage ? Mais ce n’est pas votre faute. Après le Sang, il manque encore le Feu[23]. Et ensuite vous croirez car vous comprendrez. Adieu."

59> "O Seigneur, déjà le soir approche et le soleil est à son déclin. Tu es las et assoiffé. Entre. Reste avec nous. Tu nous parleras de Dieu pendant que nous partagerons le pain et le sel."

Jésus entre et on le sert, avec l’habituelle hospitalité hébraïque, en Lui donnant la boisson et de l’eau pour ses pieds lassés.

Puis ils se mettent à table et les deux le prient d’offrir pour eux la nourriture.

Jésus se lève, tenant dans ses mains le pain et, les yeux levés vers le ciel rouge du soir, il rend grâces pour la nourriture et s’assoit. Il rompt le pain et en donne à ses deux hôtes et, en le faisant, il se révèle pour ce qu’il est : le Ressuscité.

Ce n’est pas le Ressuscité resplendissant apparu aux autres qui Lui sont plus chers. Mais c’est un Jésus plein de majesté, aux plaies bien nettes dans ses longues mains : roses rouges sur l’ivoire de la peau. Un Jésus bien vivant dans sa Chair recomposée, mais bien Dieu aussi dans la majesté de ses regards et de tout son aspect.

Les deux le reconnaissent et tombent à genoux... Mais quand ils osent relever leur visage, il ne reste de Lui que le pain rompu.

Ils le prennent et le baisent. Chacun prend son morceau et l’enveloppant dans un linge le met comme une relique sur sa poitrine.

Ils pleurent en disant : "C’était Lui ! Et nous ne le reconnaissions pas, et pourtant ne sentais-tu pas que ton cœur brûlait dans ta poitrine pendant qu’il nous parlait et nous expliquait les Écritures ?"

"Oui. Et maintenant il me paraît le voir de nouveau et dans une lumière qui vient du Ciel, la lumière de Dieu. Et je vois que Lui est le Sauveur."

"Allons. Moi je ne sens plus la lassitude et la faim. Allons le dire à ceux de Jésus, à Jérusalem."

"Allons. Oh ! si mon vieux père avait pu jouir de cette heure !"

"Mais ne dis pas cela ! Lui en a joui plus que nous. Sans le voile dont il s’est servi par pitié pour notre faiblesse charnelle, le juste Cléophas a vu avec son esprit le Fils de Dieu rentrer au Ciel. Allons ! Allons ! Nous arriverons en pleine nuit, mais si Lui le veut il nous donnera manière de passer. S’il a ouvert les portes de la mort, il pourra bien ouvrir les portes des murs ! Allons !"

Et dans le couchant entièrement pourpre, ils s’en vont avec empressement vers Jérusalem. »
JeanBaptiste
Pour ma part je ne m'avancerais pas à dire que Maria Valtorta est une fausse mystique : dans ce domaine il faut toujours être extrêmement prudent car on peut commettre un péché mortel de jugement téméraire (les révélations relèvent de la matière grave selon plusieurs théologiens) ; ce que je dis, c'est simplement que ses prétendues révélations me laissent très perplexe à plusieurs égards.
Psaume 62
@apvs La problématique se posant en théorie et en pratique au discernement spirituel est la possibilité d'interférences d'origine humaine (des pensées et images personnelles) voire préternaturelle (démoniaques) dans les dictées et visions de Maria Valtorta qui dans l'ensemble semblent être surnaturellement inspirées si bien que la lecture de ses écrits a été conseillée par de saintes et avisées …More
@apvs La problématique se posant en théorie et en pratique au discernement spirituel est la possibilité d'interférences d'origine humaine (des pensées et images personnelles) voire préternaturelle (démoniaques) dans les dictées et visions de Maria Valtorta qui dans l'ensemble semblent être surnaturellement inspirées si bien que la lecture de ses écrits a été conseillée par de saintes et avisées personnes. Voire la possibilité, très peu probable toutefois à mon sens, d'une tromperie totale du début à la fin inspirée par des démons très intelligents qui lui auraient inspiré par écriture automatique "99%" de réalités cachées et de pensées très sensées avec force détails pour y distiller "1%" de poison spirituel.
Psaume 62
Je me permets de publier à ce propos cet article synthétique (daté du mois de mai dernier) du magazine Famille chrétienne qui résume à mon avis bien les faits :

« Prenez cette œuvre et ne la scellez pas, mais lisez-la et faites la lire. » C’est ainsi que Maria Valtorta (1897-1961) décrit ce que Jésus lui aurait « dicté ». Nous sommes le 3 février 1947. Alitée depuis l’âge de 37 ans, Maria a …More
Je me permets de publier à ce propos cet article synthétique (daté du mois de mai dernier) du magazine Famille chrétienne qui résume à mon avis bien les faits :

« Prenez cette œuvre et ne la scellez pas, mais lisez-la et faites la lire. » C’est ainsi que Maria Valtorta (1897-1961) décrit ce que Jésus lui aurait « dicté ». Nous sommes le 3 février 1947. Alitée depuis l’âge de 37 ans, Maria a presque 50 ans. Depuis longtemps, elle souffre « tout en faisant l’expérience de l’amour de Dieu et en bénéficiant de grâces mystiques », note Benoît de Fleurac, responsable des relations presse de l’Association Maria Valtorta. Du Jeudi saint de l’année 1943 jusqu’à ce jour, elle écrit quinze mille pages de cahiers d’une traite et sans rature.

Que trouve-t-on dans ces écrits ? Pour l’essentiel, il s’agit d’un récit de la vie de Jésus qu’elle reçoit, selon elle, par visions et dictées. Elle raconte à sa manière la vie de Jésus, décrivant les personnages de l’Évangile, leur psychologie, précisant les lieux et les coutumes de l’époque. Depuis leur publication en Italie en 1956, les écrits de Maria Valtorta, décédée à Viarregio sur la côte toscane en 1961, se sont répandus comme une traînée de poudre dans la Péninsule, puis à travers le monde. L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, le plus connu d’entre eux, s’est écoulé à 4 millions de volumes dans le monde et a été traduit en vingt-sept langues. Rien qu’en France, on estime à cinquante mille le nombre des lecteurs de cette œuvre…

La cause de cet engouement ? Une narration de la vie de Jésus avec des scènes de l’Évangile précisément restituées et qui parfois lève le voile sur des passages mystérieux ou non détaillés. Pour autant, il ne s’agit pas d’un ouvrage de fiction. C’est, selon le confesseur de Maria, le Père Romualdo Migliorini, et selon tous ceux qui promeuvent cette œuvre, une « révélation privée ».

Suspicions et mise à l’Index

Cet engouement – silencieux pour l’instant – des uns doit-il faire l’objet d’encouragements ou au contraire de réserves ? Car la suspicion ou le trouble restent intacts chez d’autres, et ce pour trois raisons essentielles.

Première raison : ces écrits ont été mis à l’Index par un décret de 1959, une mesure disciplinaire qui sanctionnait l’absence d’imprimatur (autorisation officielle donnée par l’évêque du lieu où le livre est imprimé). Selon l’organe de presse du Vatican, L’Osservatore Romano, qui commenta la mise à l’Index le lendemain du décret, c’est surtout la valeur littéraire de l’œuvre qui est pointée du doigt. Tout comme l’attitude surprenante de Jésus ou de Marie qui peut dérouter. Le commentaire du journal est féroce : « Une vie de Jésus mal romancée. »

Autre raison : le titre de l’œuvre laisserait penser qu’elle prétend être un cinquième Évangile, en contradiction avec une Révélation publique close avec la mort du dernier Apôtre. Ambiguïté propre à troubler les fidèles, du moins les esprits peu avertis.

Enfin, dernière raison, la narration de nombreux faits et la mise en scène de plusieurs personnages inconnus des Évangiles peuvent faire croire que ce serait une œuvre de pure fiction.

En 1966, Paul VI supprime l’Index des livres prohibés. Pour le nouveau pape, il s’agit désormais de compter sur « la conscience mature des fidèles » (Acta Apostolicæ Sedis du 14 juin 1966). Dès lors, l’Église fait confiance aux fidèles dans le jugement qu’ils pourraient porter sur de telles œuvres. Pourtant, et comme le rappelle Rome ce même 14 juin 1966, « l’Index reste moralement engageant ».

Sous Jean-Paul II, et devant la recrudescence des demandes pour savoir si l’on peut lire ou recommander les écrits de Maria Valtorta, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctine de la foi, demande à Mgr Dionigi Tettamanzi, secrétaire de la Conférence épiscopale italienne, d’écrire à l’éditeur. Ce qu’il fait le 6 mai 1992 : « […] Pour le vrai bien des lecteurs et dans l’esprit d’un véritable service de la foi de l’Église, je vous demande qu’à l’occasion d’une éventuelle réimpression des volumes, il soit clairement dit, dans les premières pages, que les “visions” et “dictées” qu’ils relatent ne peuvent pas être considérées comme d’origine surnaturelle, mais doivent être considérées simplement comme les formes littéraires dont s’est servi l’auteur pour raconter, à sa manière, la vie de Jésus. »

Cet avis contredit celui des « partisans » de Maria Valtorta, qui voient dans ses écrits les fruits d’une « révélation privée », même si l’épiscopat italien ne s’oppose pas à la diffusion de l’œuvre si les réserves sont mentionnées.

Le doute demeure

Depuis cette lettre de la Conférence épiscopale italienne – qui n’encourage ni ne s’oppose à la circulation des écrits de Maria Valtorta –, le doute demeure. Est-ce « par excès de prudence » ?, comme le pense le Père Michel Mallet, bon connaisseur des révélations privées et amateur de Maria Valtorta. Quoi qu’il en soit, la tolérance ecclésiale vis-à-vis de ces écrits et les témoignages nombreux en leur faveur (de Pie XII au bienheureux Gabriel Allegra, en passant par Padre Pio et Mère Teresa) motivent ceux qui cherchent à la faire connaître. L’Église en restera-t-elle là ? Ou faudra-t-il une autre prise de position plus claire et tranchée pour permettre aux croyants – et même à un public plus large – de s’intéresser à ces écrits ou au contraire de les écarter ? Seul l’avenir le dira.

Révélations privées : ce que dit l'Église

« Aucune révélation publique n’est à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ », dit l’article 66 du Catéchisme de l’Église catholique en reprenant la constitution dogmatique du dernier concile Dei Verbum.

Et de poursuivre : « Cependant, même si la Révélation est achevée, elle n’est pas complètement explicitée ; il restera à la foi chrétienne d’en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles. » L’article suivant précise qu’« au fil des siècles, il y a eu des révélations dites “privées”, dont certaines ont été reconnues par l’autorité de l’Église… Leur rôle n’est pas d'“améliorer” ou de “compléter” la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à vivre plus pleinement à une certaine époque de l’Histoire » (art. 67).

Qu’en sera-t-il pour Maria Valtorta ? « Le Magistère ne prend position que sur ce qui est nécessaire », souligne le Père Gilles Berceville, professeur de théologie spirituelle à l’Institut catholique de Paris. « Il n’a pas vocation à se prononcer sur tout, car il fait confiance à la liberté des fidèles », poursuit le Frère dominicain bon connaisseur des révélations privées. Et de rappeler cette phrase de saint Augustin : « Dans les choses nécessaires, l’unité. Dans les choses qui ne le sont pas, la liberté. En toute chose, la charité. »

Joseph Vallançon
JeanBaptiste
Poétique ? Vous n'êtes pas exigent ! C'est au contraire d'une grande platitude.
Cervantex
J'en suis au Tome 5 et je ne comprends pas ce qui est reproché à ces livres, hormis le fait qu'ils font plonger dans la réalité historique des évangiles avec force détails. Le ton est parfois très poétique mais n'enlève rien à faire saisir les enseignements de Jésus-Christ. Au contraire, en les incluant dans leur contexte de l'époque, les évangiles sont entendus, vus et sentis à travers les …More
J'en suis au Tome 5 et je ne comprends pas ce qui est reproché à ces livres, hormis le fait qu'ils font plonger dans la réalité historique des évangiles avec force détails. Le ton est parfois très poétique mais n'enlève rien à faire saisir les enseignements de Jésus-Christ. Au contraire, en les incluant dans leur contexte de l'époque, les évangiles sont entendus, vus et sentis à travers les visions de Maria Valtorta. Un évangile 3D en somme qui fait mieux ressentir que les évangiles ne sont pas des fables ou des contes pour nourrir quelque appétit humain mais une réalité dont les apôtres ont pu témoigner. Mais à chaque malade, son remède et sa posologie. Les écrits de M.V me semblent - à moi en tout cas - une bonne ordonnance.
Ne nous laissez pas sucomber
N 'oubliez pas ce livre a été remis a la lecture dans les années 1960 et il enchante le nouvelle pentecôte de la nouvelle Eglise ,?