jean-yves macron

Mgr Eleganti, évêque auxiliaire émérite de Coire s'exprime au sujet de la Fsspx

"La nature d’un acte ne dépend pas uniquement de la justification qu’on lui donne.

Affirmer que l’on ne souhaite pas le schisme tout en posant des actes de rupture est une manière d’exercer une autonomie totale sous une apparence de communion.

Tant que le Souverain Pontife n’autorise pas ces ordinations, l’acte demeure objectivement un acte de désobéissance créant une situation de rupture.
Il ne faut pas s’arrêter aux déclarations, mais observer les faits concrets et les comportements".

"Quatre éléments caractérisent l’existence de la structure ecclésiale parallèle de la Fsspx :

- l’exercice d’une pleine autonomie sans mandat papal,
- la présence d’évêques hors de la communion avec le collège épiscopal,
- le statut des centaines de prêtres de la Fsspx qui ne sont pas incardinés de manière régulière,
- le « nirvana juridictionnel », forme d’auto-autorisation où la Fsspx finit par se considérer comme la seule détentrice de la doctrine et des sacrements sans défauts.

Cette situation souligne une incohérence profonde : la FSSPX agit comme une Église à côté de l’Église tout en prétendant le contraire.
Quelle est la volonté réelle de la Fsspx de parvenir à une régularisation canonique ?

Une pleine intégration signifierait pour la FSSPX la perte d’une indépendance à laquelle elle semble attachée, l’obligeant à se soumettre à une hiérarchie universelle qu’elle juge souvent avec sévérité.

Cette attitude traduit une mentalité et un comportement qui, dans les faits, s’apparentent au schisme".

Mgr Eleganti, évêque auxiliaire émérite de Coire.
1371

« En France comme à Rome commença à circuler l’hypothèse d’une déficience psychologique du fondateur d’Écône. En décembre 1975, Dom Roy, qui connaissait Mgr Lefebvre depuis longtemps, le rencontra à Suresnes. Il confiera à son secrétaire, Dom Jean-Louis de Robien, ses impressions : « Pour la première fois, Dom Roy trouva en face de lui un homme qui lui sembla fatigué, lassé ; qui ne faisait que répéter des phrases cent fois bien rabâchées. [. .. ] Quelques-uns, à partir de ce moment, parlèrent de sclérose du cerveau". » Rencontrant le cardinal Siri à Rome en février 1976, Dom Roy entendit l’archevêque de Gênes émettre la même hypothèse : « Lui aussi le pensait maintenant atteint de sclérose et il envisageait de plaider cette déficience devant Paul VI pour obtenir de ce dernier qu’il le laisse tranquille, lui permettant de célébrer la Messe de S. Pic V, puisque tel était son principal cheval de bataille"".» Puis, dans une lettre à Paul VI, le père abbé de Fontgombault reprit le même argument : « Je me demande sérieusement si actuellement Monseigneur Lefebvre ne souffre pas d’un affaiblissement cérébral ou d’un dérangement mental, qui pourraient excuser largement son attitude et inviter à le traiter plus comme un malade que comme un coupable".» Ce jugement porté sur la psychologie de Mgr Lefebvre, alors âgé de soixante-dix ans, n’est pas un diagnostic médical. C’est une appréciation portée par un religieux qui le connaissait bien - Mgr Lefebvre fréquentait l’abbaye de Fontgombault depuis 1958 - et qui avait vu son caractère changer dans les dernières années. Le biographe du fondateur d’Écône ne reprend en aucune manière cette appréciation sévère. Il consacre plusieurs pages au caractère et à la psychologie de celui qu’il décrit comme un « doux obstiné » : « un homme fort auquel ne manque même pas la délicatesse », même s’il y avait en lui des « petites failles" ». Il parle des « deux faces de Marcel Lefebvre » : « Il est des rencontres où l’homme de dialogue "se bute" pour de bon. Face aux esprits forts, il est "un homme à réaction". On s’expose alors à des mots un peu vifs, de la part d’un homme qui maintient mordicus son avis, parfois au point de nier l’évidence, dans l’exaspération ou la gêne d’avoir à s’expliquer : il montre alors le défaut de sa qualité, ou plutôt l’excès de sa ténacité. ». Histoire des traditionalistes, Tallandier, 2022, p. 288+.