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Visions sur Marie au Temple, de ste Brigitte de Suède et ste Elisabeth de Schönau

Les révélations de Sainte Brigitte de Suède
- Avec celles de sainte Élisabeth de Shonau, elles sont citées par saint Alphonse de Ligori dans son ouvrage "Les Gloires de Marie", et elles confirment le récit valtortien de l'éducation de la toute jeune sainte Vierge Marie au Temple, jusqu'à son mariage avec saint Joseph.
- Elles contiennent plusieurs passages concernant la jeunesse de la Vierge Marie. Elles ne constituent pas un récit aussi développé que celui du Protévangile de Jacques, mais elles confirment plusieurs de ses éléments essentiels, notamment la présentation de Marie au Temple à l'âge de trois ans et sa vie de consécration jusqu'à son mariage avec saint Joseph.
Voici les principaux éléments.
1. Marie est offerte au Temple à l'âge de trois ans
Dans les Révélations (Livre VI, notamment le chapitre 59 selon les éditions), la Vierge raconte elle-même :
« Dès mon enfance, lorsque j'eus trois ans, je fus présentée au Temple et consacrée au Seigneur. »
Elle explique qu'elle s'y …More

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Un régal de vous lire cher apvs🌟

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Des visions plausibles
Il n'existe aucune preuve sérieuse que ces visions soient anachroniques ou contraire aux données scientifiques dont disposent les spécialistes modernes, que ce soit dans le domaine :
- de l'archéologie : 1 - les "preuves archéologiques" - Marie élevée …
- de la topographie : 2 - les "preuves topographiques" - Marie éduquée …
- de la religion : 3 - L'argument de la "Niddah" ( période …
- de la sociologie : 4 - Arguments sociologiques et conclusion - …

Bien entendu, nous ne disposons pas non plus de preuves scientifiques que ces révélations sont vraies ! A chacun son domaine : l'archéologie a le sien, différent de celui de la théologie, et ils sont complémentaires, ils ne s'opposent pas.
---> Cependant, l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence : par exemple, nous n'avons pas non plus de preuve scientifique que le Christ ressuscité est bien parmi nous, comme Il nous l'a promis ! Mais cela ne veut pas dire qu'Il n'est pas là. La science est loin de tout expliquer.

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Décryptage des livres-sources proposées par L.E. :
Ces deux ouvrages sont des travaux universitaires sérieux.
1. "Un certain Juif : Jésus. Les données de l'histoire". Tome 1 de John P. Meier
C'est l'un des ouvrages majeurs de l'exégèse historico-critique contemporaine.
Le principe méthodologique de Meier est bien connu :
il cherche à reconstituer le « Jésus de l'histoire », en utilisant uniquement les outils de l'historien.
Il se demande ce qu'un historien pourrait conclure en faisant abstraction de la foi chrétienne.

Meier insiste lui-même sur le fait que :
- il ne cherche pas à démontrer ni à réfuter la foi ;
- il laisse volontairement de côté les affirmations qui relèvent de la Révélation ou du jugement théologique ;
- il ne traite que ce qui est historiquement probable selon les critères de l'historien.
Cette méthode a une utilité réelle, mais elle comporte aussi une limite reconnue par Meier lui-même : l'histoire ne peut pas démontrer le surnaturel, ni inventer ce qu'elle ignore,
et surtout en ce qui concerne l'Antiquité, elle ne peut donc souvent aboutir qu'à des conjectures, pas à des certitudes.
C'est à l'opposé de la démarche de L.E., qui prend la science de l'Antiquité pour une science certaine, capable de réfuter définitivement des récits traditionnels acceptés par l'Église.

2. "The Roman-Period and Byzantine Nazareth and its Hinterland" de Ken Dark
Ken Dark est un archéologue renommé, spécialiste de la Palestine romaine.
Son livre rassemble :
- les découvertes archéologiques sur Nazareth ;
- les habitations ;
- les tombes ;
- les installations agricoles ;
- les églises byzantines ;
- les traditions locales lorsqu'elles peuvent être confrontées aux données archéologiques.
Dark est d'ailleurs souvent plus favorable aux traditions chrétiennes que beaucoup d'autres archéologues.
Il a défendu la plausibilité de plusieurs traditions anciennes concernant Nazareth.
Il ne cherche pas à attaquer les traditions catholiques ; il cherche à savoir lesquelles sont confirmées, possibles ou non démontrables par l'archéologie.
Est-ce du scientisme ?
Il faut faire une distinction importante.
Non, ces ouvrages ne relèvent pas, en eux-mêmes, du scientisme.
Le scientisme consiste à affirmer :
« Seule la science expérimentale ou historique permet d'accéder à la vérité. Tout ce qui ne peut être démontré scientifiquement doit être rejeté. »
---> Or ni Meier ni Dark n'énoncent une telle thèse comme principe philosophique.
En revanche, l'usage que certains auteurs comme L.E. font de leurs travaux peut relever d'une forme de scientisme.
Par exemple, si quelqu'un raisonne ainsi :
« Les archéologues n'ont trouvé aucune preuve que Marie ait été élevée au Temple ; donc cette tradition est fausse. »
ce raisonnement est très fragile, car il confond deux propositions très différentes :
- « nous n'avons pas de preuve historique » ;
- « l'événement est faux ».

---> L'absence de preuve n'est pas une preuve de l'absence.
Or en archéologie comme en histoire antique, l'absence de preuve est monnaie courante.

Le cas de la tradition de Marie au Temple
La tradition selon laquelle Marie fut présentée et élevée au Temple provient principalement du Protévangile de Jacques.
L'Église :
- n'a jamais défini ce récit comme un fait historique obligatoire ;
- a cependant reçu cette tradition dans sa liturgie (fête de la Présentation de Marie) ;
- plusieurs Pères et auteurs spirituels l'ont reprise ;
- de nombreuses révélations privées (comme celles de Anne Catherine Emmerich, de sainte Brigitte de Suède, de sainte Elisabeth de Schönau, de Maria d'Agreda et de Maria Valtorta) la reprennent également.
---> L'historien peut dire :
« Je ne peux pas établir historiquement que Marie ait vécu au Temple. »
Mais il ne peut pas conclure :
« Donc cela n'a jamais eu lieu. »
---> Ce second pas relève d'un jugement polémique, non d'une conclusion historique.
Concernant L.E.
S'il s'appuyait sur Meier ou Dark pour dire :
« Les données historiques ne permettent pas de confirmer cette tradition »,
ce serait une utilisation légitime de leurs travaux.
Mais en réalité, son argument devient :
« Puisque l'histoire et l'archéologie ne la démontrent pas, cette tradition est une légende sans valeur »,
et ainsi, il y a effectivement un glissement méthodologique.
---> On passe de la prudence de l'historien à une affirmation qui dépasse ce que les sources permettent d'établir.
---> C'est précisément le type de dérive contre lequel Paul VI mettait en garde : faire dépendre toute la vérité de la foi des seules méthodes historico-critiques ou archéologiques.
Cela ne signifie pas que ces méthodes d'analyses historiques soient mauvaises, mais qu'elles ont un domaine propre et ne peuvent, à elles seules, épuiser la question de la Tradition ou de la Révélation.