jean-yves macron

La Liberté religieuse : ce qu'enseigne le Concile Vatican II

La Liberté religieuse : ce qu'enseigne le Concile Vatican II

"Vatican II n'a jamais enseigné un "droit" de vivre sans foi ni loi, il n'a même pas enseigné que les non-catholiques avaient un droit à professer l'erreur religieuse.

Il est bien rappelé dans le texte du Concile, reconnu par tout l'Episcopat (y compris Mgr Lefebvre), que les hommes ont le devoir moral de chercher la vraie religion, qui est la religion catholique, et de fermement y adhérer une fois qu'ils l'ont trouvée.

De plus, il est rappelé, conformément à ce que les Papes ont enseigné, que les hommes et les sociétés (dont les Etats) ont des devoirs envers l'Eglise catholique.

Cela sera rappelé notamment par le cardinal Ratzinger : Dignitatis Humanae ne contredit nullement l'enseignement des papes disant que l'Etat doit reconnaître et activement favoriser la véritable religion et donc l'Eglise catholique (par exemple, financièrement, judiciairement, en matière d'éducation, etc.). Ensuite, la "liberté religieuse" et la "tolérance" ne sont nullement incompatibles.

La liberté religieuse consiste en un droit naturel à l'immunité de contrainte de la part de l'autorité civile en matière religieuse dans les justes limites du respect du bien commun - qui inclut notamment le respect de la morale publique (loi naturelle, etc.).

Cela signifie que l'Etat est obligé de tolérer, dans de justes limites (c'est-à-dire, tant que le bien commun est respecté), les actes religieux des non-catholiques.

Mais ces "justes limites" ne sont nullement fixes mais dépendent des circonstances particulières (époque, culture, pays, etc.), et Dignitatis Humanae n'interdit nullement qu'un Etat reconnaissant la religion catholique et qui serait entièrement composé de catholiques, puisse décider que la pratique extérieure de religions non-catholiques soit nuisible au bien commun, et donc interdites.

Cette obligation de tolérance, cette immunité de contrainte, n'équivaut nullement à un soutien ou à une approbation de la part de l'Etat, ni n'équivaut à une permission morale.

Pie XI enseignait bien (dans Divini Illus Magistri) que les parents (même non-catholiques) avaient un droit à l'immunité de contrainte, dans de justes limites, dans l'éducation de leurs enfants.

Cela prouve qu'un droit à l'immunité de contrainte n'équivaut ni à une approbation ni à une permission morale.

D'ailleurs, Pie XII disait dans Ci Riesce, qu'il y avait des circonstances dans lesquelles l'Etat n'avait pas le droit (même si ça lui est physiquement possible) de réprimer l'erreur religieuse ou morale :

"Peut-il se faire que, dans des circonstances déterminées, Il [Dieu] ne donne aux hommes aucun commandement, n’impose aucun devoir, ne donne même aucun droit d’empêcher et de réprimer ce qui est faux et erroné" ?

Un regard sur la réalité autorise une réponse affirmative.

Elle montre que l’erreur et le péché se rencontrent dans le monde dans une large mesure. Dieu les réprouve ; cependant il leur permet d’exister.

Donc l’affirmation : l’erreur religieuse et morale doit toujours être empêchée quand c’est possible, parce que sa tolérance est en elle-même immorale – ne peut valoir dans un sens absolu et inconditionné.

D’autre part, même à l’autorité humaine Dieu n’a pas donné un tel précepte absolu et universel, ni dans le domaine de la foi ni dans celui de la morale. On ne le trouve ni dans la conviction commune des hommes, ni dans la conscience chrétienne, ni dans les sources de la révélation, ni dans la pratique de l’Eglise."

Vatican II précise ces circonstances dans lesquelles l'Etat n'a pas le droit de réprimer les non catholiques est immorale.

Ces circonstances sont le respect du bien commun, qui ne doit pas être "conçu de manière positiviste ou naturaliste" (cf. Catéchisme de l'Eglise Catholique, 2109).

Le Catéchisme ajoute : "Les "justes limites" qui lui sont inhérentes [à l'ordre public] doivent être déterminées pour chaque situation sociale par la prudence politique, selon les exigences du bien commun, et ratifiées par l’autorité civile selon des " règles juridiques conformes à l’ordre moral objectif " (DH 7)".

Concernant les concordats et autres : ils n'engagent pas le Magistère de l'Eglise, mais sont plutôt le fruit de la prudence (ou de l'imprudence) politique des Papes (il est bon de rappeler que les Papes sont souvent conseillés (en bien ou en mal) par d'autres prélats lorsqu'ils prennent ce genre de décision).

On peut d'ailleurs citer le Ralliement (de Léon XIII) comme acte politique avec lequel on peut ne pas être d'accord (au vu de ses résultats plus que décevants). Mais cela n'implique pas que le Magistère de Léon XIII était hérétique.

De même, s'il y a eu des concordats décevants suite à Dignitatis Humanae (et on peut désapprouver ces concordats), cela n'implique pas que Dignitatis Humanae lui-même est hérétique."

Fidelis Dei
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