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Les Eglises orthodoxes agissent dans la discrétion

Les Eglises orthodoxes agissent dans la discrétion
Par Laurent Aubert, 21.11.2016
Avec la chute du Rideau de fer et la guerre au Proche-Orient, les adeptes de l'«opinion juste» n'ont jamais été aussi nombreux en Suisse.

L’église orthodoxe Sainte-Barbara à Vevey.Image: CHANTAL DERVEY

Alors que l’attention se focalise sur les musulmans, les orthodoxes n’ont jamais été aussi nombreux en Suisse. Une étude de l’Institut suisse de sociologie pastorale de Saint-Gall montre qu’au cours de ces quinze dernières années, la création de communautés chrétiennes, orthodoxes et évangéliques en particulier, a connu un véritable boom. Son auteure, Judith Albisser, prédit dans les pages de la Schweiz am Sonntag que cette mutation aura un impact sans précédent sur la religion en Suisse depuis la Réformation.

Selon les données de l’Office fédéral de la statistique, les différentes communautés orthodoxes regroupent quelque 2,2% de la population – contre 38% de catholiques romains, 26% de protestants et 5% de musulmans. Un pourcentage qui est certainement en deçà de la réalité puisqu’il se fonde sur des chiffres de 2014 et prend uniquement en compte la population résidente, suisse ou étrangère, bénéficiant d’un permis de séjour de 12 mois au moins.

Migration et asile

L’arrivée de nombreux requérants chrétiens de Syrie et d’Irak ainsi que d’Erythrée a fait gonfler ce chiffre. En 2015, près de 10 000 Erythréens ont déposé une demande d’asile, alors que pour les Syriens et les Irakiens – dont une partie sont orthodoxes – ce nombre s’élève à quelque 7000. Pour mémoire, les Eglises orthodoxes coptes et éthiopiennes, dites précalcédoniennes, ne sont pourtant pas reconnues comme faisant partie de la communauté orthodoxe par les Eglises orthodoxes byzantines elles-mêmes.

Outre ces réfugiés récents, la Suisse accueille depuis la fin du rideau de fer un nombre croissant d’arrivants d’obédience orthodoxe: Serbes, Russes, Grecs, Roumains, Bulgares. Prêtre de la paroisse orthodoxe roumaine Învierea Domnului (la Résurrection du Seigneur), le Père Vergil Valcu confirme le phénomène. Installée dans des locaux du centre œcuménique orthodoxe de Chambésy (GE), sa chapelle remplit chaque dimanche ses 80 places assises et debout. «A Genève, nous n’avons pas vraiment de problème, mais j’ai eu écho des difficultés rencontrées ailleurs par d’autres communautés.» Il n’empêche, les trois classes de catéchisme se donnent dans des locaux de fortune: la chapelle, un couloir et un salon.

«De nombreux membres de notre paroisse apportent un soutien aux réfugiés du Proche-Orient»

Responsable de la paroisse orthodoxe de langue arabe d’Antioche, George Makaris partage des locaux mis à disposition par l’Eglise catholique de Bellevue (GE). «Notre communauté comprend environ 200 familles, à la fois des fidèles de longue date, des fonctionnaires de l’ONU qui viennent et repartent et désormais des migrants du Proche-Orient.»

En effet, l’Eglise orthodoxe d’Antioche regroupe des communautés au Liban et en Syrie principalement, mais aussi en Irak ou dans les pays du Golfe notamment. «Si notre paroisse ne s’engage pas directement, je sais que de nombreux membres de celle-ci apportent un soutien aux réfugiés venus de ces pays, pour des démarches administratives, des traductions, etc.»

Pénurie de moyens

L’enquête menée par la Schweiz am Sonntag en Suisse alémanique montre que les communautés orthodoxes – en particulier celles qui ont été créées de fraîche date – manquent souvent de locaux et de moyens. Elles doivent souvent compter, comme à Genève et ailleurs en Suisse romande, sur la solidarité des Eglises officielles protestantes et catholiques. Une situation quelque peu paradoxale, puisque les prêtres de ces dernières officient devant des bancs toujours plus désertés alors que les chapelles de fortune des communautés orthodoxes débordent de fidèles.

Comme l’évoque George Makaris, ces Eglises jouent souvent un rôle important dans l’accueil des migrants, apportant réconfort spirituel et aide matérielle. Un rôle qui n’est guère reconnu ni soutenu par les autorités. A l’heure où d’aucuns mettent en doute la loyauté de ces nouveaux arrivants, cet encadrement devrait pourtant rassurer. Entre 365 dates possibles, les Eglises orthodoxes ont choisi le dimanche du Jeûne fédéral comme jour de la célébration de tous les saints d’Helvétie dont l’icône se trouve dans l’église orthodoxe Sainte-Barbara à Vevey. (24 heures)
(Créé: 21.11.2016, 22h14)

www.24heures.ch/…/21093652
Ne nous laissez pas sucomber
Dans notre société olé olé le Catholicisme est trop sévère ,allons ou c'est plus simple ?