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De Vita sua, par Grégoire de Naziance
Et / ou les adieux d’un pape.
Une vidéo de Gilles-Claude Thériault (+ juillet 2016 ) effectuée au moment de la démission du pape Benoît XVI.
Publié le 28 février 2013.
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Grégoire de Naziance (329-390), théologien et poète, extrait de son autobiographie poétique 'De Vita sua', en Français : ‘Le dit de sa vie’.

Grégoire de Naziance : « J'entreprends l'histoire de ma vie. Les mêmes événements en paraîtront heureux ou malheureux, selon les différentes manières de penser. Je n'en déciderai pas d'après la mienne ; ce serait un juge suspect.
J'écris en vers pour soulager mes peines. Les vers sont l'instruction et l'amusement de la jeunesse ; on trouve de la consolation dans leur douceur. »
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Grégoire de Nazianze, ou « de Naziance », dit « le Jeune », ou encore Grégoire le Théologien, né en 329 en Cappadoce (une région du centre de l'actuelle Turquie) et mort en 390, est un théologien et un Docteur de l'Église. Il fait partie avec Basile de Césarée et Grégoire de Nysse des « Pères cappadociens ».

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GRÉGOIRE DE NAZIANZE
Évêque, Père de l'Église, Saint
CATÉCHÈSE DE BENOÎT XVI
(…More
Grégoire de Nazianze, ou « de Naziance », dit « le Jeune », ou encore Grégoire le Théologien, né en 329 en Cappadoce (une région du centre de l'actuelle Turquie) et mort en 390, est un théologien et un Docteur de l'Église. Il fait partie avec Basile de Césarée et Grégoire de Nysse des « Pères cappadociens ».

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GRÉGOIRE DE NAZIANZE
Évêque, Père de l'Église, Saint
CATÉCHÈSE DE BENOÎT XVI
(extraits du site ) free.fr/benoit16_gregoire_nazianze_1.htm

Chers frères et sœurs !
Mercredi dernier, j'ai parlé d'un grand maître de la foi, le Père de l’Église saint Basile. Aujourd'hui, je voudrais parler de son ami Grégoire de Nazianze, lui aussi, comme Basile, originaire de Cappadoce. Illustre théologien, orateur et défenseur de la foi chrétienne au IV siècle, il fut célèbre pour son éloquence et avait également, en tant que poète, une âme raffinée et sensible.
(…)

Comme il le confie dans son autobiographie (cf. Carmina [historica] 2, 1, 11 de vita sua 340-349: PG 37, 1053), il reçut l'ordination sacerdotale avec une certaine réticence, car il savait qu'il aurait dû faire ensuite le Pasteur, s'occuper des autres, de leurs affaires, et donc ne plus se recueillir ainsi dans la pure méditation: toutefois, il accepta ensuite cette vocation, et accomplit le ministère pastoral en pleine obéissance acceptant, comme cela lui arrivait souvent dans la vie, d'être porté par la Providence là où il ne voulait pas aller. (cf. Jn 21, 18). En 371, son ami Basile, Évêque de Césarée, contre la volonté de Grégoire lui-même, voulut le consacrer Évêque de Sasimes, une petite ville ayant une importance stratégique en Cappadoce. Toutefois, en raison de diverses difficultés, il n'en prit jamais possession et demeura en revanche dans la ville de Nazianze.

Vers 379, Grégoire fut appelé à Constantinople, la capitale, pour guider la petite communauté catholique fidèle au Concile de Nicée et à la foi trinitaire. La majorité adhérait au contraire à l'arianisme, qui était "politiquement correct" et considéré comme politiquement utile par les empereurs. Ainsi, il se trouva dans une situation de minorité, entouré d'hostilité. Dans la petite église de l'Anastasis, il prononça cinq Discours théologiques (Orationes 27-31: SC 250, 70-343) précisément pour défendre et rendre également intelligible la foi trinitaire. Il s'agit de discours demeurés célèbres en raison de la sûreté de la doctrine, de l'habilité du raisonnement, qui fait réellement comprendre qu'il s'agit bien de la logique divine. Et la splendeur de la forme également les rend aujourd'hui fascinants. Grégoire reçut, en raison de ces discours, l'appellation de "théologien".

Ainsi, il fut appelé par l’Église orthodoxe le "théologien". Et cela parce que pour lui, la théologie n'est pas une réflexion purement humaine, et encore moins le fruit uniquement de spéculations complexes, mais parce qu'elle découle d'une vie de prière et de sainteté, d'un dialogue assidu avec Dieu. Et précisément ainsi, elle fait apparaître à notre raison la réalité de Dieu, le mystère trinitaire. Dans le silence de la contemplation, mêlé de stupeur face aux merveilles du mystère révélé, l'âme accueille la beauté et la gloire divine.

Alors qu'il participait au second Concile œcuménique de 381, Grégoire fut élu Évêque de Constantinople et assura la présidence du Concile. Mais très vite, une forte opposition se déchaîna contre lui, jusqu'à devenir insoutenable. Pour une âme aussi sensible, ces inimitiés étaient insupportables. Il se répétait ce que Grégoire avait déjà dénoncé auparavant à travers des paroles implorantes :

"Nous avons divisé le Christ, nous qui aimions tant Dieu et le Christ ! Nous nous sommes mentis les uns aux autres à cause de la Vérité, nous avons nourri des sentiments de haine à cause de l'Amour, nous nous sommes divisés les uns les autres !" (Oratio 6, 3: SC 405, 128).
On en arriva ainsi, dans un climat de tension, à sa démission. Dans la cathédrale bondée, Grégoire prononça un discours d'adieu d'un grand effet et d'une grande dignité (cf. Oratio 42: SC 384, 48-114).


Il concluait son intervention implorante par ces paroles: "Adieu, grande ville aimée du Christ... Mes fils, je vous en supplie, conservez le dépôt [de la foi] qui vous a été confié (cf. 1 Tm 6, 20), souvenez-vous de mes souffrances (cf. Col 4, 18).
Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous tous" (cf. Oratio 42, 27: SC 384, 112-114).

Il retourna à Nazianze et, pendant deux ans environ, il se consacra au soin pastoral de cette communauté chrétienne. Puis, il se retira définitivement dans la solitude, dans la proche Arianze, sa terre natale, où il consacra à l'étude et à la vie ascétique. Au cours de cette période, il composa la plus grande partie de son œuvre poétique, surtout autobiographique: le De vita sua, une relecture en vers de son chemin humain et spirituel, le chemin exemplaire d'un chrétien qui souffre, d'un homme d'une grande intériorité dans un monde chargé de conflits. C'est un homme qui nous fait ressentir le primat de Dieu, et qui nous parle donc également à nous, à notre monde : sans Dieu, l'homme perd sa grandeur, sans Dieu, le véritable humanisme n'existe pas. Écoutons donc cette voix et cherchons à connaître nous aussi le visage de Dieu. Dans l'une de ses poésies, il avait écrit, en s'adressant à Dieu: "Sois clément, Toi, l'Au-Delà de tous" (Carmina [dogmatica] 1, 1, 29: PG 37, 508).
Et, en 390, Dieu accueillait dans ses bras ce fidèle serviteur qui, avec une intelligence aiguë, l'avait défendu dans ses écrits et qui, avec tant d'amour, l'avait chanté dans ses poésies.

(…)

Grégoire de Nazianze était un homme doux, et au cours de sa vie il chercha toujours à accomplir une œuvre de paix dans l’Église de son temps, lacérée par les discordes et les hérésies. Avec audace évangélique, il s'efforça de surmonter sa timidité pour proclamer la vérité de la foi.
Il ressentait profondément le désir de s'approcher de Dieu, de s'unir à Lui.

C'est ce qu'il exprime lui-même dans l'une de ses poésies, où il écrit :
parmi les "grands flots de la mer de la vie,
agitée ici et là par des vents impétueux,
une seule chose m'était chère, constituait ma richesse,
mon réconfort et l'oubli des peines,
la lumière de la Sainte Trinité"
(Carmina [historica] 2, 1, 15: PG 37, 1250sq.).

(…)

Dans une poésie, qui est en même temps une méditation sur le but de la vie et une invocation implicite à Dieu, Grégoire écrit :

"Tu as une tâche, mon âme, une grande tâche si tu le veux.
Scrute-toi sérieusement, ton être, ton destin ;
d'où tu viens et où tu devras aller ;
cherche à savoir si la vie que tu vis est vie
ou s'il y a quelque chose de plus.
Tu as une tâche, mon âme, purifie donc ta vie :
considère, je te prie, Dieu et ses mystères,
recherche ce qu'il y avait avant cet univers
et ce qu'il est pour toi, d'où il vient, et quel sera son destin.
Voilà ta tâche, mon âme, purifie donc ta vie"
(Carmina [historica] 2, 1, 78: PG 37, 1425-1426).

Le saint Evêque demande sans cesse de l'aide au Christ, pour être relevé et reprendre le chemin :

"J'ai été déçu, ô mon Christ,
en raison de ma trop grande présomption :
des hauteurs je suis tombé profondément bas.
Mais relève-moi à nouveau à présent, car je vois
que j'ai été trompé par ma propre personne ;
si je crois à nouveau trop en moi,
je tomberai immédiatement,
et la chute sera fatale"
(Carmina [historica] 2, 1, 67: PG 37, 1408).

Grégoire a donc ressenti le besoin de s'approcher de Dieu pour surmonter la lassitude de son propre moi. Il a fait l'expérience de l'élan de l'âme, de la vivacité d'un esprit sensible et de l'instabilité du bonheur éphémère. Pour lui, dans le drame d'une vie sur laquelle pesait la conscience de sa propre faiblesse et de sa propre misère, l'expérience de l'amour de Dieu l'a toujours emporté.

Âme, tu as une tâche - nous dit saint Grégoire à nous aussi - , la tâche de trouver la véritable lumière, de trouver la véritable élévation de ta vie. Et ta vie est de rencontrer Dieu, qui a soif de notre soif.
shazam
Le dit de sa vie

Je me retirerai en Dieu.
Que la rumeur des langues,
telle des vents inconsistants,
glisse loin de moi.

J'en ai eu, et plus que mon compte,
moi qui fus atteint souvent par des injures,
et souvent par des louanges extraordinaires.

J'aspire habiter un lieu désert exempt de maux,
où je n'aurai que le divin à rechercher par mon seul esprit
et dernier viatique de la vieillesse,
à …More
Le dit de sa vie

Je me retirerai en Dieu.
Que la rumeur des langues,
telle des vents inconsistants,
glisse loin de moi.

J'en ai eu, et plus que mon compte,
moi qui fus atteint souvent par des injures,
et souvent par des louanges extraordinaires.

J'aspire habiter un lieu désert exempt de maux,
où je n'aurai que le divin à rechercher par mon seul esprit
et dernier viatique de la vieillesse,
à me nourrir du lait de la douce espérance.

Que donnerons-nous aux églises ?
Nos larmes.
C'est à elle que Dieu m'a ramené,
qui déroula le fil de ma vie à travers toutes ces péripéties.

Où ira-t-elle ensuite ?
Dis-le moi, Dire de Dieu !
Ah ! qu'elle aboutisse à la demeure inébranlable,
là où habite ma Trinité et sa splendeur unie,
d'où les ombres déjà nous élèvent
en une vision encore voilée.