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Vérité et apocryphes peuvent-ils ou non se rencontrer ? Réfutation de L.E. ( 1/2 )

Que penser des textes qualifiés d'"apocryphes" par l'Eglise, si peu connus du grand public, et ont-ils le moindre intérêt pour la foi ?

Il faut bien avouer que fort peu de gens ont davantage qu'une réponse toute faite sur cette question, concernant des textes quasiment inconnus, à la réputation douteux. On en reste donc à sa petite ignorance, en laissant à des spécialistes le soin de mieux s'y retrouver.

Dans ce contexte, il est assez courant d'adhérer au premier discours manichéen venu, avec un coffre-fort et une poubelle :

- le coffre-fort,
où l'Eglise aurait précieusement déposé les textes canoniques, reconnus comme bons, inspirés par l'Esprit-Saint ;
- la poubelle, pour qu'elle puisse y jeter les apocryphes, reconnus comme mauvais, inexacts, comme de simples fables inventées de toute pièce par les hommes.

Mais cette thèse est très éloignée du réel : l'Eglise n'a jamais procédé ainsi, et l'Esprit Saint n'a jamais renoncé à nous faire part de ces vérités contenues dans certains apocryphes, sous prétexte qu'elles y seraient effectivement retenues comme sous une gangue de mythes divers et variés.

De la même manière et à titre d'exemple : l'Eglise n'a pas renoncé à l'histoire de saint Nicolas de Myre, sous prétexte qu'elle aurait été quelque peu enjolivée dans les premiers siècles.

Pour comprendre mieux ce que sont les apocryphes, il faut d'abord s'interroger :

Qu'est-ce qu'un texte canonique ?

---> C'est un texte ( Evangile, épître... ) où le fait religieux est rapportée tel quel, sans invention humaine, en toute bonne foi, par des gens saints dont le témoignage est absolument fiable.
C'est extrêmement précieux pour l'Eglise : car elle ne peut proposer autre chose que la pure et simple vérité aux croyants du monde entier, étant inspirée par l'Esprit de Vérité.

C'est d'ailleurs ce qui la différencie de toutes les autres religions, dont les textes sacrés sont truffés de fables, d'inventions et d'erreurs, de dieu éléphant, de allah menteur aimant le viol et le meurtre, tout en se prétendant "miséricordieux", etc...

Les textes apocryphes

L'Eglise a donc toujours préféré se priver au niveau canonique de textes mêlant le vrai et le faux en les déclarant apocryphes, au risque de ne pas pouvoir ensuite se porter garante auprès des fidèles à propos des vérités d'ordre secondaires qu'ils contiennent, certes non essentielles pour la foi, mais ayant malgré tout leur importance, notamment en mariologie.

La tradition orale était une discipline très stricte, mais pour certains - et c'est regrettable - , elle était aussi l'occasion de briller par des inventions personnelles, par des imaginations souvent cocasses relevant les récits comme autant d'épices dans un plat jugé trop fade.

Contrairement donc aux textes canoniques, les apocryphes sont en quelque sorte "non filtrés", inexploitables en l'état, et parfois même carrément fallacieux : on va voir cependant que leur sort ne s'arrête pas à cette fin de non recevoir.

Les révélateurs de la Vérité

Car si l'Eglise ne pouvait décemment pas prendre le risque de promouvoir directement ces textes apocryphes et d'induire ainsi les croyants en erreurs, les Pères, eux, surent y discerner avec sagesse des éléments fiables importants à conserver et à méditer, et que les quatre Evangiles canoniques ignoraient, notamment encore une fois au sujet de la Sainte Vierge.

Ainsi, dès les premiers siècles, le Protévangile de Jacques le Mineur eut une considérable influence sur la chrétienté, comme nous le verrons plus loin en détails.

Plus tard également, l'Esprit-Saint, ne dépendant d'aucun texte canonique ou apocryphe, donna des visions à de saints messagers du Ciel, en en faisant ainsi des petits prophètes des temps nouveaux, pour révéler tel ou tel aspect de la Vie du Christ et de sa Mère, ou telle dévotion particulière à leur porter :

- ainsi de sainte Marguerite-Marie Alacoque et la dévotion au Sacré Coeur ;
- de sainte Brigitte de Suède et de ses visions ;
- idem pour les visions de sainte Elisabeth de Schönau ;
et ainsi de tant d'autres encore que l'on ne peut pas tous nommer ici.

---> Ainsi, de nombreuses visions données par le Ciel confirment certains récits apocryphes, tout en les dégageant de leur gangue d'imaginations suspectes surajoutées par les hommes, et sans pour autant qu'il soit obligatoire d'y ajouter foi.

Le Protévangile de Jacques ( env. 145 ap JC )

On peut vraiment dire que c'est l'apocryphe ayant le plus influencé le monde chrétien,
notamment parce que :

- C'est la seule source par laquelle nous soit parvenue les saints noms de Joachim et Anne, les parents de Marie, la sainte Mère de Dieu : ils sont fêtés solennellement chaque année le 26 juillet. C'est d'autant plus remarquable et important que saint Anne elle-même a voulu se faire connaître en France par ses apparitions en Bretagne, et que ses reliques étaient déjà gardées à Apt en Provence, où elles furent miraculeusement retrouvées sous le règne de Charlemagne par un jeune aveugle en l'an 792.

- C'est de ce texte d'où part l'antique tradition patristique de Marie éduquée au Temple depuis sa plus tendre enfance : saint Grégoire de Nysse, saint Jean Damascène, saint Epiphane, saint Germain de Constantinople, saint André de Crète, saint George de Nicomédie, saint Maxime le Confesseur etc. mentionnent explicitement cette tradition dans leurs écrits, et la méditent.

- C'est également lui qui mentionne en premier le choix de saint Joseph comme époux de Marie.

L'Église n'a jamais canonisé ce livre, mais plusieurs de ces traditions ont été intégrées progressivement dans la liturgie, la prédication et la piété.
C'est vraiment le modèle du genre.

Les historiens parlent parfois de l'« effet de conservation » des apocryphes : même lorsqu'un texte est tardif, il peut avoir préservé des traditions orales beaucoup plus anciennes. C'est précisément ce que de nombreux spécialistes estiment pour le Protévangile de Jacques, qui pourrait refléter des traditions judéo-chrétiennes du IIᵉ siècle, voire certaines remontant au Iᵉʳ siècle, sans que cela garantisse l'historicité de chaque détail. C'est pourquoi l'Église n'a jamais adopté une attitude de rejet systématique : elle exerce un discernement au cas par cas, en confrontant ces traditions à l'Écriture, à la foi reçue et à leur réception dans la vie de l'Église.

Le cas du rejet brutal de la part d'un L.E.

L'esprit de revanche est chez lui palpable.

- Depuis les années 50 en effet, les révélations privées de Maria Valtorta ( cause de toutes ses aigreurs, car entre autre : elles confirment l'éducation au Temple de la sainte Vierge, tout comme d'ailleurs les visions de sainte Brigitte de Suède et de sainte Elisabeth de Schönau ) sont au prise avec des élucubrations accusatoires farfelues, lesquelles juraient tout leur saint Dieu que la science aurait bien tôt fait de démontrer le caractère fictif et non révélé de cet ouvrage, en y pointant avec facilité de nombreuses erreurs factuelles, dès qu'elle s'y intéresserait de plus près.

- Résultat : depuis les années 2010, les investigations scientifiques ultra rigoureuses, effectuées avec les moyens les plus modernes et sans aucun parti pris ( Jean-François Lavère, ingénieur et auteur de "L'énigme Valtorta" en 2 tomes, était notamment défavorable à l'oeuvre au départ ), ont révélé l'exactitude sidérante, inexplicable humainement, de plus de 20 000 détails de tous ordres présent dans l'oeuvre.

---> Ce fut un véritable camouflet pour les détracteurs, qui ne désarmèrent pas pour autant, tant il est parfois bien difficile de s'avouer vaincu, surtout après tant d'années, persuadés du contraire.

Prétendant pouvoir prendre sa "revanche", notre anti-valtortiste de choc voulut faire la démarche parfaitement symétrique :

- Démontrer par la science l'impossibilité pour la Vierge d'avoir été éduquée au Temple
- Réduire ainsi le Protévangile de Jacques au rang de pure fable imaginaire, ayant influencé la chrétienté pendant des siècles,
- et enfin : détruire définitivement le caractère soi-disant inspiré des révélations privées, que ce soient d'ailleurs celles de Maria Valtorta, comme celles d'Anne Catherine Emmerich, de Maria d'Agreda, de sainte Brigitte de Suède, de sainte Elisabeth de Schönau, etc.

En quoi ce fut un échec complet ?

---> Animé par la hâte de prendre sa revanche, L.E. tomba tête la première dans des conclusions forcées, faisant dire à la science ce qu'elle se garde bien d'affirmer avec certitude.

Quand la science dit sagement : "Je ne sais pas trancher telle question, malgré les éléments factuels en ma possession", L.E. tranche à sa place, en prétendant que c'est la science qui a tranché.
C'est la définition même du scientisme dénoncé par Paul VI comme "les fumées de Satan" : tout ramener à la science, en la prétendant capable de déterminer avec certitude toutes les questions d'ordre théologique.

Objection votre honneur :

Si l'on prétend que la science peut prouver l'authenticité des écrits valtortiens, pourquoi alors ne pourrait-on pas penser qu'elle pourrait à l'inverse prouver l'inauthenticité de la Tradition de l'éducation de Marie au Temple ?


Excellente question, qui mérite une réponse claire.

La science se révèle exacte dans certains cas.

C'est heureux ! Autrement nous serions obligés de vivre dans un monde bien curieux, pétri d'incertitudes à chaque pas.

Par exemple : l'astronomie assistée par ordinateur permet aujourd'hui de retrouver exactement la phase lunaire pour chaque jour des temps les plus anciens, sans qu'il soit possible de se tromper.

C'est cette science astronomique exacte qui, grâce à une indication astronomique ultra circonstanciée dans l'oeuvre, permet d'y vérifier les indications des phases lunaires sans aucune marge d'erreur possible : Maria Valtorta tombe juste à 100%. C'est strictement impossible humainement.

Autre exemple : l'archéologie est elle-aussi exacte en certains de ses aspects. Si à Mataréa, ville d'exil de la sainte famille fuyant Hérode, les trois grandes pyramides d'Egypte sont alignées dans le champ de vision si bien qu'on n'en voit qu'une sur trois : c'est simplement un fait exact. Comment Maria Valtorta peut-elle décrire cela sans jamais en avoir entendu parler auparavant ?

De même : la disposition particulière d'un édifice encore enfoui sous la terre, que personne ne peut donc encore décrire. Sa disposition particulière EST telle qu'elle sera découverte après les fouilles, sans autre choix possible. Et alors, comment fait Maria Valtorta pour décrire avec une incroyable exactitude des sites archéologiques qui ne seront fouillés et mis à jour que des dizaines d'années après sa mort ?

( Pour plus d'exemples et leurs détails : "L'énigme Valtorta" J.F. Lavère, en 2 tomes ).

Mais dans la grande majorité des cas, la science archéologique à elle seule ne peut pas confirmer ou infirmer telle ou telle hypothèse sur l'histoire ancienne, faute de disposer de suffisamment d'éléments, ou parce que les conclusions nécessiteraient des éclaircissements que l'on ne pourrait obtenir qu'en discutant avec les gens de l'époque, ce qui est impossible.

Même les plus grands spécialistes cités par L.E. que sont John P. Meier et Ken Dark, disposant pourtant des écrits de Flavius Joseph et des indications de la Mishnah juive, ne peuvent que formuler des conjectures par la méthode historico-critique et archéologique.

Comment L.E. s'y prend pour forcer les conclusions "scientifiques" qu'il formule à partir de ces livres sources ?

- Très prosaïquement, il emploie le mensonge pour forcer la science à conclure ce qu'il désire :

- l'espace du Temple est très peu fouillé de nos jours, l'islam en ayant fait son lieu saint ? Qu'importe : L.E. en parle comme "le lieu le plus fouillé de la Terre sainte", fouillé même "de manière exhaustive" ! Et il en tire toute sorte de conclusions absolutistes à l'emporte pièce, en faisant parler la science à la manière d'un ventriloque avec sa marionnette.

- La présence d'innombrables mikveh (bain de purification pour les femmes) au alentour du Temple rend possible d'idée de la présence féminine durable en ce lieu ? Qu'importe : L.E. prétend que les fouilles exaustives "n'auraient retrouvé aucune trace de dortoir aux alentours du Temple" ! Comme si la science archéologique, avec le peu de données qu'elle possède sur le Temple et ses abords très peu fouillés, pouvait hasarder une pareille conclusion définitive...

- Les connaissances sur les règles très complexes de la purification au Temple sont loin d'être entièrement connues par la science, notamment sur les différents degrés de pureté et d'impureté, et sur les différences entre les parties plus ou moins sacrées du Temple ? Qu'importe pour L.E. : selon lui, une femme réglée aurait souillé tout le Temple par son simple contact, point barre !

- Les prophéties bibliques extrêmement développées et complexes - notamment celles d'Isaïe et de Daniel -, ainsi que les multiples évocations bibliques de la présences de femmes servantes au Temple, peuvent fort bien laisser supposer la possibilité d'une éducation privilégiée pour quelques vierges au Temple sous la gouvernance de femmes : qu'importe pour L.E., pour lui la femme d'Israël est quasiment une femme de ménage sans éducation, ne sachant ni lire ni écrire, et ce qui serait la préfiguration logique de la vie monastique dans la future Eglise s'inspirant de la vie de sa Mère est pour lui un simple anachronisme, une fable qui s'inspirerait bizarrement de la vie monastique qui n'était pas encore.

Remarque amusante à ce propos :

Quelle mauvaise foi poussée à l'extrême : la Vierge Marie ne sachant ni lire ni écrire !
Dans n'importe quel pays, à n'importe quelle époque, un enfant surdoué en son intelligence est d'autant plus éduqué qu'il est en avance sur les autres : on prend soin de lui donner les meilleurs maîtres, bref on l'aime tel qu'il est, en favorisant son don par tous les moyens possibles. On ne le confine pas simplement à préparer la soupe, jouer à la marelle et garder les moutons : cela le rendrait terriblement malheureux.

Or aucun enfant surdoué n'eut jamais une intelligence comparable à celle de l'Immaculée Conception. Comment cela aurait pu échapper à ses parents saints Joachim et Anne ?

- Soit donc ils firent tout pour qu'elle soit éduquée avec un maximum de soin, et au minimum lui apprirent à lire et à écrire ( tellement peu de chose pour une intelligence surdouée, alors qu'un enfant ordinaire peut lire dès 4-5 ans )

- soit la Vierge Marie fut victime de grave maltraitance durant son enfance, ce qui est inconcevable, mais semble pourtant une évidence pour L.E., prétendant même imposer ce point de vue lamentable à tous, et sans aucune preuve...

- Le fait de connaître les psaumes comme Marie les connaissait est une caractéristique des gens les mieux éduqués ( qui peut le plus peut aussi le moins ), et on voit mal quelqu'un d'ultra familier des psaumes ne pas savoir lire, alors que cette activité intellectuelle est l'une des plus mentionnées dans les psaumes, avec celle d'écrire :
« Mon cœur déborde de belles paroles ;
je dis : Mon œuvre est pour le roi ;
ma langue est comme la plume d'un scribe habile. »
(Psaume 45,2)
« Alors j'ai dit : Voici, je viens ;
dans le rouleau du livre il est écrit de moi ce que je dois faire »
(Psaume 40,8)
« Le Seigneur inscrit, lorsqu'il recense les peuples... »
( psaume 87 )
« Tu comptes mes errances ; recueille mes larmes dans ton outre ; ne sont-elles pas inscrites dans ton livre ? »
---> Marie aurait récité ce psaume sans que cela ait le moindre sens pour elle, ne sachant pas lire ?

Et que dire du psaume 118 :
« Je méditerai tes préceptes, je fixerai les yeux sur tes sentiers. » (v. 15)
« Je fais mes délices de tes décrets ; je n'oublie pas ta parole. » (v. 16)
« Ouvre mes yeux, afin que je contemple les merveilles de ta Loi. » (v. 18)
« Je n'oublie pas tes prescriptions. » (v. 93)
« Je garde tes témoignages. » (v. 88)
« Tes témoignages font mes délices ; ce sont eux mes conseillers. » (v. 24)
« J'ai plus d'intelligence que tous mes maîtres, car tes témoignages sont ma méditation. » (v. 99)
---> Marie aurait récité quotidiennement toutes ces évocations explicites de l'acte de lire la parole, mais comme étant étrangère à ce qu'elle disait ? Il est profondément absurde de supposer que cela soit la seule hypothèse possible.

D'autant plus que le Psaume 118 fournit des indices plus forts que la plupart des autres psaumes :
- il présuppose une connaissance très précise de la Torah ;
- il évoque une méditation constante des textes sacrés ;
- sa construction alphabétique extrêmement sophistiquée suggère un travail de composition réfléchi, probablement appuyé sur l'écrit ;
- il témoigne d'un milieu où la culture écrite occupe une place centrale.

Afin de permettre d'approfondir les arguments de L.E. et leur réfutation, je l'ai ai exposés ici :
1 - les "preuves archéologiques" - Marie élevée …
2 - les "preuves topographiques" - Marie éduquée …
3 - L'argument de la "Niddah" ( période …
4 - Arguments sociologiques et conclusion - …

Bref, devenu davantage "père de l'Eglise" que les Pères de l'Eglise eux-mêmes, armé d'un sabre de bois que sont de prétendus certitudes mises artificiellement dans la bouche des scientifiques innocents d'un tel stratagème, L.E. voudrait nous faire prendre ses vessies pour des lanternes. C'était bien mal connaître le sujet, et le deuxième volet de mon article ne va pas arranger les choses pour lui.

Laissons à L.E. le mot de la fin :

"J'AI RAISON !"

Merci, L.E.
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🤡 Redécouvrir le Seigneur. Partie 1🤡 🥳 Cet article est de qualité sur plusieurs points historiques, mais sa conclusion polémique contre Maria Valtorta va beaucoup plus loin que ce que permettent réellement l'exégèse et l'archéologie.
Il faut distinguer soigneusement les deux niveaux.
Ce qui est solide
Une grande partie de la description repose effectivement sur le consensus actuel des historiens :
- Nazareth comme petit village agricole de quelques centaines d'habitants.
- Les maisons à cour, les citernes, les fours, les meules.
- Jésus élevé dans un milieu juif profondément religieux.
- L'araméen comme langue maternelle, l'hébreu liturgique, probablement quelques connaissances de grec.
- Le sens large du mot tektôn (artisan-bâtisseur plus que simple charpentier).
- Le travail manuel de Jésus.
- Les pèlerinages à Jérusalem.
- Le port des tzitzit.
- L'importance de la synagogue.
Sur tous ces points, il n'y a rien qui contredise Maria Valtorta. Au contraire, on retrouve beaucoup de ces éléments dans son œuvre.
Là où l'article devient beaucoup plus discutable
Le problème commence dès l'introduction.
L'auteur écrit :
« Retrouver le contact brut avec le Seigneur... et non sur des documents apocryphes ou des pseudo-révélations... »
Cette opposition est artificielle.
Pourquoi ?

Parce que l'Église n'a jamais enseigné qu'il fallait choisir entre :
- les Évangiles historiques,
- l'archéologie,
- les révélations privées.
Une révélation privée authentique est censée compléter, non remplacer.
C'est exactement ce qu'enseigne le Catéchisme (§67).
L'argument est circulaire
L.E. laisse entendre :
« Puisque l'archéologie nous montre le vrai Jésus, Maria Valtorta est fausse. »
Mais cela ne fonctionne pas.
Pourquoi ?

Parce que l'archéologie répond essentiellement à des questions comme :
- comment étaient les maisons ;
- quels vêtements portait-on ;
- quels outils utilisait-on ;
- quelles routes empruntait-on.
Elle ne répond absolument pas à des questions comme :
- Jésus a-t-il eu cette conversation ?
- Marie a-t-elle dit cela ?
- Que pensait Jésus dans son cœur ?
- Quelle était l'atmosphère d'une scène ?
L'archéologie ne peut ni confirmer ni infirmer ces éléments.
Un présupposé idéologique
On retrouve chez L.E. une idée très répandue aujourd'hui :
"Plus un récit est sobre, plus il est historique."
Or ce n'est pas une règle scientifique.
Les Évangiles sont sobres parce que :
- leur but est théologique ;
- ils sélectionnent les faits ;
Jean dit lui-même :
« Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses... »
Donc le silence des Évangiles n'interdit nullement que Jésus ait vécu des milliers d'autres scènes.
Plusieurs affirmations sont présentées avec beaucoup trop de certitude
Par exemple :
« Jésus allait probablement travailler chaque jour à Sepphoris. »
Non.
C'est une hypothèse.
Une hypothèse sérieuse.
Mais une hypothèse.
Aucun texte antique ne le dit.
Beaucoup d'archéologues pensent que oui.
D'autres sont beaucoup plus prudents.
L.E. transforme une hypothèse en quasi-certitude.
« Jésus parlait grec. »
Là encore :
Probable.
Mais non démontré.
Même John Meier reste prudent.
« Jésus mesurait 1,80 m grâce au linceul de Turin. »
Voilà qui est étonnant.
L'auteur invoque ici :
la recherche historique,
l'archéologie,
...puis soudain le Linceul de Turin.
Or le Linceul n'est pas un document archéologique unanimement accepté.
C'est une pièce extrêmement discutée.
On ne peut donc pas invoquer le consensus scientifique tout en utilisant un objet dont l'authenticité reste débattue.
Curieusement, beaucoup d'éléments ressemblent à Maria Valtorta
C'est même assez frappant.
Par exemple :
- Jésus artisan robuste ;
- village très modeste ;
- travail manuel ;
- vie communautaire ;
- paysages agricoles ;
- outils ;
- pèlerinages ;
- synagogue ;
- langage concret.
---> Tout cela est omniprésent chez Maria Valtorta.
Or ces descriptions ont été écrites dans les années 1940.
Depuis plusieurs décennies, des archéologues ont remarqué que nombre de détails valentortiens correspondent étonnamment bien aux connaissances acquises plus tard, même si cela ne constitue évidemment pas une preuve de l'origine surnaturelle de l'œuvre.
Ce que L.E. ne démontre absolument pas
Il laisse entendre :
« Les pseudo-révélations présentent un Jésus fantasmé. »
Mais où est la démonstration ?
Dans cet article :
aucune.
Il ne cite aucun passage de Maria Valtorta.
Il ne montre aucune contradiction.
Il ne compare aucun texte.
Il affirme simplement.
Autrement dit :
la première partie est essentiellement une belle vulgarisation historique.
La conclusion contre Maria Valtorta est une opinion.
Une opposition qui n'existe pas
Le plus étonnant est que beaucoup de lecteurs de Maria Valtorta apprécient justement son œuvre parce qu'elle donne chair à cette humanité historique.
Chez Valtorta :
- Jésus transpire.
- Il marche des kilomètres.
- Il est fatigué.
- Il travaille.
- Il connaît les plantes.
- Il connaît les métiers.
- Il parle avec des pêcheurs, des artisans, des bergers.
Bref, tout ce que L.E. présente 🤡 comme la découverte de « l'exégèse moderne » 🤡 est largement présent dans L'Évangile tel qu'il m'a été révélé. 🥳
Mon appréciation globale
Je distinguerais donc deux aspects :
Comme synthèse historique, l'article est globalement sérieux et s'appuie sur des travaux reconnus (John P. Meier, Ken Dark). Quelques affirmations gagneraient toutefois à être formulées comme des hypothèses plutôt que comme des certitudes.
Comme argument contre Maria Valtorta, il est faible. L'auteur ne confronte jamais les données historiques aux textes de Valtorta. Il suppose simplement que toute révélation privée est imaginaire, ce qui est un présupposé et non une conclusion démontrée.
En somme, cet article montre surtout ce que l'on peut raisonnablement dire du contexte historique de Jésus.
Il ne prouve ni que Maria Valtorta ait raison, ni qu'elle ait tort. Pour établir une critique solide de son œuvre, il faudrait procéder à une comparaison précise entre ses descriptions et les données historiques, point par point, ce que L.E. ne fait pas ici.
🤡🤡🤡🥳

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1000 Raisons de Croire – Apt : les reliques de …