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ENTRETIEN DE L’ABBÉ GUY PAGÈS AVEC POLONIA CHRISTIANA AU SUJET DE L’ÉVANGÉLISATION DES MUSULMANS

Votre apostolat est en grande partie consacré aux musulmans.Vous présentez la bonté de Dieu et la vérité qu’Il a révélée. Quelles sont les réactions habituelles des musulmans que vous rencontrez quand vous leur parlez de leur religion ?

La plupart des musulmans ignorent ce qu’est l’islam,i mais ils sont cependant tous éduqués dans la haine de la foi chrétienne, considérée comme le seul péché irrémissible (Coran 4.48,116). C’est dire que leurs réactions vont du refus total de toute discussion à la tentative de justifier l’islam : l’islam est une religion de paix ; Mahomet était le meilleur des hommes, etc. Mais il n’est pas rare que ceux qui, par la grâce de Dieu, ont pu échapper à l’endoctrinement islamique aujourd’hui partout présent, ou qui ont su développer un sens critique, souvent caché, à l’endroit de l’islam, accueillent ma parole avec une joie réellement surnaturelle. De façon générale, j’ai pu constater que ceux qui se sont convertis n’ont pas débattu avec moi, mais ayant trouvé une de mes vidéos, ont reconnu la Vérité et se sont laissé convaincre par elle. Ils ont alors regardé une autre vidéo et ainsi de suite jusqu’à ce qu’ils décident de quitter l’islam. Beaucoup de ceux qui souhaitent débattre le font généralement pour essayer de conforter leur incrédulité. Ils s’expriment de façon arrogante, méprisante, voire insultante. Sachant quelle éducation ils ont reçue, je supporte leur comportement et leur réponds comme s’ils s’étaient adressés à moi avec civilité. Il m’arrive alors parfois de les voir s’exprimer de façon enfin respectueuse. Dans ces cas-là, je discerne dans leur propos ce qui représente pour eux une vraie question et je leur réponds de façon aussi concise et précise que possible. Je ne refuse pas de débattre si je perçois un peu d’humilité chez l’interlocuteur, tant il est vrai que cette vertu est la condition sine qua non de toute démarche spirituelle authentique. Si toutefois après une, deux ou trois réponses, mon interlocuteur ne sait pas en apprécier la vérité, mais s’entête à suivre ”l’esprit de savonnette”, qui consiste à poser sans cesse de nouvelles questions dans la quête du si espéré argument contraire et définitif, j’applique alors le conseil de saint Paul de cesser la conversation (Tt 3.9-11). Non sans laisser en cadeau d’adieu la phrase qui résume tout mon apostolat auprès des musulmans : Qui peut venir après le Christ, sinon l’Antichrist ?

Comment parlez-vous de Dieu et de la Foi catholique aux musulmans ? Quels sont les sujets les plus importants ? Quel est pour eux l’aspect le plus saisissant ou fascinant de notre foi ?

Un musulman à qui vous posez une question au sujet du Coran, source de sa croyance, voudra vous donner une réponse logique et claire pour justifier l’islam et peut-être même ainsi vous conduire à devenir musulman comme lui… Or, pour un musulman, commencer à réfléchir sur le Coran est le commencement de la fin de sa vie de musulman ! C’est la raison pour laquelle j’ai écrit un livre qui en est à sa quatrième édition : Interroger l’islam. Mille et une questions à poser aux musulmans (Éditions DMM). Ma technique consiste à montrer les différences entre islam et christianisme, là où beaucoup s’évertuent à trouver des points communs, qu’ils soient musulmans ou chrétiens, musulmans pour rendre l’islam aimable, et chrétiens pour se dispenser de devoir chasser le loup de la bergerie. Je pars du principe énoncé par saint Paul : « Ne formez pas d’attelage disparate avec des infidèles. Quel rapport en effet entre la justice et l’impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quelle entente entre le Christ et Satan ? Quelle association entre le fidèle et l’infidèle ? » ; « Si nous-mêmes, si un ange venu du Ciel vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit maudit ! Nous l’avons déjà dit, et aujourd’hui je le répète : si quelqu’un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit ! (Ga 1.7-9) ». Saint Jean a défini ainsi l’Antichrist : « Celui qui nie le Père et le Fils. (1 Jn 2.22) », or l’islam se fait précisément gloire de rejeter la foi au Père et au Fils : « Allah n’a jamais engendré, et il n’a pas été engendré non plus. (Coran 112.3) ». C’est sa raison d’être. Aussi, le vrai service à rendre aux musulmans est-il de leur montrer qu’ils ont été trompés par l’islam, et qu’Allah ne peut pas être le vrai Dieu. Leur réflexe est alors de dire : « Ce n’est pas cela l’islam ! », à quoi il faut répondre que Mahomet, à la différence de Jésus (Mt 16.18-19), n’ayant légué son autorité à personne, personne ne peut aujourd’hui légitiment parler au nom d’Allah… Depuis la mort de Mahomet, Allah est devenu muet. Il faut encore leur faire remarquer que de même que les hommes ne parlent pas le langage des poissons, ni les poissons le langage des oiseaux, Dieu parle le langage de Dieu, chaque être vivant ayant son propre langage. Or, l’Esprit de Dieu n’ayant pas été envoyé aux musulmans, et les musulmans n’ayant point dès lors d’autre ressource pour comprendre le Coran que leur propre intelligence humaine, comment pourraient-ils comprendre le langage de Dieu ? Soit les musulmans (et tous les arabophones) sont donc Dieu, car il faut être Dieu pour parler le langage de Dieu, soit Allah n’est qu’un Arabe. Y a-t-il une autre solution ? Et même si le Coran est défini par Allah comme « très explicite (Coran 44.2) », « sans ambiguïté (Coran 18.1) », « l’exposé détaillé de toutes choses (Coran 12.111 ; 16.89) », il est bien obligé de reconnaître qu’il est seul à le comprendre (Coran 3.7)… Se posent alors les questions suivantes : Si Allah est seul à comprendre ce qu’il dit, pourquoi le dit-il ? Si Allah est seul à comprendre le Coran, pourquoi et comment citer le Coran ? Si Allah est seul à comprendre le Coran, tous les imams et autres docteurs de l’islam prétendant enseigner le sens du Coran, sont-ils autre chose que des imposteurs, et Allah une idole qu’ils font parler ? Bref, vous le comprenez, il s’agit de mettre les musulmans devant les contradictions de l’islam afin de les amener à réfléchir. Si les réactions sont dans un premier temps la sidération, le mutisme, l’essentiel est d’avoir semé le doute dans leur esprit. C’est pourquoi les musulmans fuient les textes non-islamiques et en particulier de culture occidentale, identifiée à la culture chrétienne. De plus, la propagande musulmane leur fait croire que la Bible aurait été falsifiée, raison pour laquelle Allah a envoyé Mahomet donner le Coran. C’est ainsi que de même qu’un paysan ne sème pas dans un champ rempli d’épines et de ronces (Mt 13.1-9, 18-23), de même est-il vain de prêcher l’Évangile à un musulman sans avoir d’abord arraché les mensonges, les calomnies, les préjugés et les mystifications qui lui ont été enseignées au sujet de la Foi chrétienne depuis l’enfance. Pour cela, je me sers de la seule vérité qu’accepte un musulman : le Coran. En effet, alors que le Coran désigne Jésus comme la Parole de Dieu (Coran 3.45 ; 4.171 ; 19.34), la Vérité (Coran 6.73 ; 16.40), né d’une vierge (Coran 21.91), le Messie (Coran 3.45), qui est au Paradis (Coran 4.158), d’où il reviendra pour le Jugement (Coran 4.159), il ne le dit pas de Mahomet ! Le Coran va jusqu’à dire que seront sauvés seulement ceux qui suivent Jésus, et non pas ceux qui suivent Mahomet (Coran 3.55)… Les musulmans étaient à l’origine de pseudo-chrétiens (Ac 15.1-10), de faux-frères (Ga 2.4 ; 2 Co 11.13-15,26 ; Ph 3.2), et le Coran leur annonce que l’islam les conduit en Enfer !

La critique la plus essentielle de l’islam à l’endroit de la foi chrétienne porte sur le dogme de la Trinité, qui est pour lui, comme je l’ai dit, la pire abomination qui soit, le seul péché qu’Allah ne peut pas pardonner (Coran 4.48), en sorte que les chrétiens « ne sont qu’impureté (Coran 9.28) », « les pires créatures qui soient (Coran 98.6) », « plus vils que des bêtes (Coran 8.22 ; cf. 8.55) », « au même titre que l’excrément, l’urine, le chien, le vin », précise l’ayatollah Khomeny, Principes politiques, philosophique, sociaux et religieux, Éditions Libres Hallier, Paris, 1979, p.78) », raison pour laquelle Allah les châtie (Coran 33.73), les hait à mort : « Qu’Allah tue les chrétiens ! (Coran 9.30) », et les voue à l’Enfer (Coran 9.113 ; 98.6 ; 5.72), ce pour quoi il les a de toute façon créés (Coran 4.88,143 ; 5.58 ; 6.149 ; 9.51 ; 25.2)… Pour sauvegarder l’affirmation toute judaïque de l’unicité de la nature divine, les musulmans croient devoir rejeter la foi en la trinité des personnes divines, comme si les deux affirmations étaient incompatibles. Il faut alors leur faire remarquer que les chrétiens commencent chaque dimanche leur Credo par dire « Je crois en un seul Dieu. », en sorte que si toute la gloire de l’islam est d’affirmer l’unicité divine, ils devraient être contents… Et si cela ne leur suffit pas, il faut leur faire remarquer que le Coran déclare qu’Allah est inconnaissable (Coran 2.255 ; 6.50,103 ; 7.188 ; 11.31 ; 20.110 ; 27.65 ; 72.26), ce qui implique que les musulmans ne peuvent pas plus dire que Dieu est Trinité ou qu’Il ne l’est pas…

Les musulmans ne veulent pas croire que Jésus soit le Fils éternel de Dieu et Dieu Lui-même, parce ce qu’ils imaginent que Sa conception impliquerait une union charnelle entre Dieu et Marie (Coran 39.4). Il faut leur montrer alors que lorsque l’esprit formule une pensée, il y a bien génération de la pensée, et de même, lorsque Dieu, qui est Esprit, Se pense, Il engendre une Pensée, la Pensée de Lui-même, qui est un autre Lui-même, Dieu comme Lui, le Verbe de Dieu (Jn 1.1). « Qui Me voit, voit le Père, dit Jésus (Jn 14.9) ». La personne du Fils de Dieu ne commence pas à exister lorsqu’Il S’incarne : « Avant qu’Abraham existât, Je suis.», dit Jésus (Jn 8.58 ; Cf. Jn 8.24,28 ; 13.19 // Ex 3.14), mais Il est une même éternité avec le Père dont Il est l’Image. En S’incarnant, grâce à la foi et à l’amour de la Vierge Marie, le Fils de Dieu reçoit d’Elle la nature humaine, non la nature divine, qu’Il ne pouvait pas ne pas avoir, en sorte que Jésus est une personne qui a deux natures. Il faut bien distinguer les notions de personne et de nature pour comprendre quelque chose aussi bien au mystère de la Trinité, qui est une nature en trois personnes, qu’au mystère de Jésus, qui est qui est une personne en deux natures. Si Jésus est le Messie (Coran 4.171), le Sauveur, c’est précisément parce qu’Il peut, au prix de Son sacrifice, réunir en l’unité de Sa personne, Dieu et l’homme. Alors que la philosophie n’a jamais pu donner que deux grands types de réponses à la question de savoir ce qu’est le monde, en réduisant à chaque fois la vie humaine à l’insignifiance et à l’absurdité, à savoir :

Soit le monde est regardé comme une illusion, ainsi que l’enseigne par exemple le bouddhisme, et dans ce cas, le monde ne mérite aucune attention ni engagement, mais le mépris et la fuite ;

Soit le monde est reconnu seul digne d’intérêt, avec des qualités proprement divines (éternité, intelligence, conscience, créativité, toute-puissance…), ainsi que l’athéisme et le matérialisme l’enseignent.

L’islam, pas plus que le judaïsme, ne peuvent non plus répondre à la question de savoir pourquoi le monde existe et pourquoi il est tel qu’il est. En effet, si, comme le pensent juifs et musulmans, Dieu est seulement l’Unique, alors, il n’a aucune raison de créer, puisqu’étant, et étant unique, il monopolise la totalité de l’être. Il est donc seul à être. Et le monde ne peut logiquement pas exister. C’est pourquoi l’altérité est impensable en islam, elle est une anomalie incompréhensible, le mal. L’existence du non-musulman est en soi un non-sens absolu, le mal, qui doit être éliminé, et la femme ne peut qu’être un mal nécessaire. La preuve qu’Allah n’est pas le vrai Dieu, c’est que nous existons. Et à supposer qu’Allah ait quand même trouvé une raison de créer, nous devrions tous être identiques, car, de même que ma main ne pourra jamais produire une empreinte avec six doigts ou qu’un moule à fourchettes ne fera jamais des cuillères mais que des fourchettes, de même, si Dieu était seulement unique, nous devrions tous être identiques. Or, si nous sommes bien tous semblables (nous avons tous deux yeux, deux oreilles, un nez, une bouche, etc.), à l’image du modèle unique, nous sommes tous cependant différents : pas un n’est exactement le même qu’un autre ! Pourquoi ? D’où vient la différence, le principe même de la différence ? Nécessairement : de Dieu. Dieu connaît donc la différence ! Ce qui signifie qu’Il n’est pas que Lui, mais qu’en Lui-même Il est à la fois le même ET différent, c’est-à-dire Trinité. Seul le Dieu chrétien, qui est Père, Fils et Saint-Esprit, inclut en Lui-même la différence, car le Père n’est pas le Fils, le Fils n’est pas le Père, le saint Esprit n’est ni le Père ni le Fils, et ni le Père ni le Fils ne sont le Saint-Esprit, seul ce Dieu là a de quoi produire ce qui n’est ni Lui ni rien. Dans la Trinité, chaque personne, distincte des autres, est l’essence divine elle-même, ce que sont les trois personnes divines ensemble. Dieu est Un parce qu’Il est Amour, et Il est Amour parce qu’Il est Communion de personnes, Famille, Trinité. Seul ce Dieu là peut être à la source de la Création et donc de la différence : des hommes ET des femmes, des noirs ET des blancs, de grands ET des petits, etc. La Bonne Nouvelle face à un monde désespérément clos sur lui-même, et face l’idole incapable de relation qu’est Allah, est la Révélation du Dieu Trinitaire, du Dieu Amour posant dans l’altérité le fondement même de l’être, l’unité et la communion. À la différence du Dieu chrétien, qui est Relation, Allah révèle seulement sa volonté, pas son être. Il n’engendre pas et il n’est pas engendré dit le Coran (Coran 112.3), c’est pourquoi ni il se veut, ni il se connaît, ni il s’aime. Le Coran ne répond pas à la question métaphysique sur l’être de Dieu. N’ayant en lui ni relations, ni personnes, ni identité, sa pauvreté métaphysique ne lui permet pas d’action en lui-même. N’ayant pas d’actes réflexifs, il ne peut ni se penser, ni se dire, ni donc être esprit. Allah n’existe qu’en tant que rejet du vrai Dieu, qui est Amour, et haine de ses créatures, les non-musulmans, assimilés au mal (Coran 2.190-193 ; 3.32 ; 8.22,55 ; 9.5,28,29,123 ; 22.38 ; 30.45 ; 42.40 ; 98.6) que les musulmans doivent détruire, parce que lui, bien sûr, ne le peut pas… La soumission au Coran est la réalisation d’Allah : sans obéissance au Coran, Allah n’existe pas.

Quant à l’aspect le plus saisissant ou fascinant de notre foi, c’est indubitablement la personnalité de Jésus, Sa bonté, Sa puissance… dont le Coran garde mémoire. Ainsi, dit-il très justement que tout a été fait par la Parole de Dieu (Coran 6.73 ; 16.40), laquelle il reconnaît être Jésus (Coran 4.171 ; 6.73). Or, si tout a été créé par la Parole de Dieu qui est Jésus, alors Jésus n’a pas été créé… ou Il S’est créé Lui-même. Ce qui revient à dire qu’Il est Dieu. Car, c’est le propre de Dieu de ne dépendre de personne pour exister…

Est-ce que les musulmans français sont intéressés par la foi catholique ? Y a-t-il beaucoup de conversions ?

A proprement parler, il n’y a pas de musulmans français, car l’islam ne reconnaît point d’autre entité politique que celle de l’Oumma : la communauté musulmane, dont les frontières transcendent toute autre frontière. Comme je le disais, un musulman convaincu n’a que mépris pour tout ce qui n’est pas musulman, et en particulier à l’égard de la foi chrétienne. Cependant, parmi eux, certains, pas encore totalement islamisés, peuvent être secrètement intéressés par la foi chrétienne, pour diverses raisons. C’est alors qu’il importe que des chrétiens aient assez de charité pour les aborder. Le nombre de conversions authentiques parce qu’allant jusqu’à la réception du baptême, est faible : 300/an en France, pour une population catholique estimée à 37% de la population française estimée à 65 millions d’habitants. Chiffre à comparer à celui des conversions à l’islam estimées à 4000/an pour une population musulmane estimée à 7% de la population française… Mais ces chiffres, officiels, ne tiennent pas compte des abandons cachés de l’islam, cachés parce que même en France, les ex-musulmans sont persécutés, y compris et d’abord par leur propre famille.

Avez-vous vous-même reçu des menaces en raison de votre apostolat ? Comment avez-vous réagi ? Offrir le Christ et la foi catholique aux musulmans est-ce une chose dangereuse ?

Oui, j’ai reçu plusieurs menaces, que j’ai signalées à la Police. Je n’en suis pas étonné : l’Évangile est le même hier et aujourd’hui, et Jésus n’a pas demandé sans raison que l’on renonce à soi-même et prenne sa croix chaque jour pour Le suivre (Lc 9.23). Or, une croix est faite pour souffrir et mourir. Autrement dit : si chaque jour, en nous levant, nous ne sommes pas prêts à souffrir et mourir pour Jésus, nous ne sommes pas chrétien… Chacun peut constater combien en France, mais c’est sans doute vrai partout où l’islam s’est installé, les gens ont peur, peur de l’islam, peur de s’exprimer à son sujet. Nombre de pouvoirs publics en Occident sont déjà si bien soumis, vaincus, musulmans, qu’ils sanctionnent pénalement « l’islamophobie », c’est-à-dire la critique de l’islam, comme le fait n’importe quel pays musulman où la critique de Mahomet peut valoir la peine de mort… Si pendant trois siècles les chrétiens, hommes, femmes, enfants, vieillards, n’avaient pas accepté d’être baptisés et de finir dans les cirques de l’Empire romain, nous ne serions pas chrétiens aujourd’hui… A quel prix sommes-nous prêts à donner ce que nous avons reçu ? Nous sommes les enfants des martyrs… C’est pourquoi, je rappelle cette parole de Jésus, qui est d’actualité jusqu’à Son retour : « Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l’âme et le corps. (Mt 10.28) ».

Pour un musulman, devenir chrétien et quitter l’islam est une décision aux lourdes conséquences… Menace-t-on vraiment leur vie ? Que deviennent leurs relations avec leurs famille et amis ? Doivent-ils fuir et changer leur nom ?

Oui, les ex-musulmans vivent toujours sous la menace d’être exécutés. En pays musulmans, si la décision de quitter l’islam ou de devenir chrétien est publique, elle entraîne généralement la mort, sinon officiellement par l’État, du moins par la famille à qui a ce devoir incombe alors au premier chef de par la volonté d’Allah (Coran 4.89 ; 8.11-17), ou par quelque pieux musulman. Parmi tant d’exemples, voici le témoignage de l’ex-imam Suleyman Maulawi, de Abdu, de Jane… et ceux de Joseph Fadelle, de Nahed Mahmoud Metwalli, ayant du fuir pour échapper à la mort que voulaient leur infliger leur propre famille…

Devenir catholique dans ces conditions requiert beaucoup de courage. Pour vous personnellement, quel est l’aspect le plus saisissant de ces conversions ?

Les musulmans devenus chrétiens sont pour moi un trésor dont l’Église doit prendre le plus grand soin, tant ils sont un témoignage que le Christ est vivant ! Ils ont généralement tant souffert pour devenir chrétiens ! Comment ne pas les chérir ? S’ils n’avaient pas rencontré le Christ ressuscité, ils n’auraient pas risqué de tout perdre pour Lui, et jusqu’à leur propre vie ! Ce qui me frappe chez eux, c’est donc le grand amour qu’ils ont pour Jésus… Aussi, quelle peine de les voir souffrir encore de la part de certains membres de l’Église qui refusent de les baptiser par peur des possibles représailles, ou qui ne prennent pas en compte l’extrême vulnérabilité et dépouillement dans lesquels leur conversion les a plongés…

Officiellement l’Eglise n’accomplit pas de mission d’évangélisation parmi les musulmans. Et cependant chaque année un certain nombre de musulmans demandent le baptême. Quelle est la situation de ces nouveaux convertis dans l’Eglise ? Est-ce que les autorités ecclésiales et leurs organisations cherchent à les aider ? Ou bien l’aide qu’ils reçoivent vient-elle surtout de quelques fidèles catholiques ?

C’est un fait, l’Église n’a établi aucune stratégie particulière d’évangélisation des musulmans, que ce soit en France ou ailleurs. Comme si les musulmans n’existaient pas ! Comme s’ils n’avaient pas le droit d’être évangélisés ! Ou comme si tout le monde allait au Paradis, catholiques ou non ! Il faut reconnaître que des propos fustigeant le prosélytisme ou affirmant que « Dieu n’est pas catholique » ne sont pas de nature à susciter l’évangélisation… L’islam fait peur, y compris aux chrétiens, de sorte que, de façon générale, peu osent le dénoncer pour ce qu’il est : un Antichrist (1 Jn 2.22 ; Jn 16.2). Les rencontres islamo-chrétiennes semblent n’avoir point d’autre raison d’être que de donner à l’islam la respectabilité dont il a besoin pour s’enraciner en douceur et profondeur dans la société. La bienveillance officiellement affichée par les pasteurs de l’Église à l’égard de l’islam prépare les chrétiens à devenir musulmans. Et de fait les églises se vident et les mosquées se remplissent. Combien de musulmans m’ont dit : Pourquoi voulez-vous que je devienne chrétien puisque votre pape dit que l’islam est une bonne religion ?

Comme vous le dites, ce sont des initiatives personnelles de catholiques fervents, sans parler des chrétiens évangéliques eux-mêmes très prosélytes et pour cela très admirables, qui portent le souci de la conversion des musulmans. En France, il faut mentionner à ce titre l’association Jésus le Messie, et Eleutheros.

Maintenant plus que jamais, des prélats catholiques semblent promouvoir l’image du vrai islam comme étant une religion pacifique. Il y a eu quelques déclarations — y compris de la part du Pape — invitant les musulmans à rester fidèles à leur religion. Quel est le résultat de cette tendance ? Quelles ont été les réactions des musulmans devenus catholiques ?

Comment des responsables de l’Église peuvent-ils faire croire que l’islam est en soi une bonne religion, une religion comme une autre, et que les violences commises en son nom ne relèveraient que de quelques excités que l’on retrouverait partout, y compris chez les adeptes de l’Évangile ! De deux choses l’une : ou bien l’Église catholique est la seule vraie religion par laquelle Dieu communique Sa grâce et Son salut, et dans ce cas l’islam est une imposture d’autant plus démoniaque qu’il se prétend d’origine divine, ou bien l’islam a quelque légitimité, et dans ce cas la foi chrétienne qui prétend être l’unique et vraie religion (CEC n°66) est un mensonge. De cette compromission avec l’islam vient le désarroi des ex-musulmans devenus catholiques, ainsi qu’en témoigne cette Lettre ouverte qu’ils ont adressée il y a peu de temps au Pape François (traduite en polonais).

Vous êtes l’auteur de deux lettres ouvertes adressées au Saint Père concernant l’enseignement de l’Eglise au sujet de l’islam et le dialogue entre l’Eglise catholique et les musulmans. Quels étaient les buts ont été les résultats de ces deux lettres ouvertes ?

Si le résultat de ces Lettres a été de contribuer à ouvrir les yeux des chrétiens sur le danger de l’islam et sur celui que leur fait courir la pastorale actuelle de l’Église, ces deux Lettres ouvertes [*] étaient à l’origine destinées à avertir le Saint-Père du caractère scandaleux de son discours et de ses actes relatifs à l’islam : les musulmans sont conduits à rester musulmans, et les chrétiens à considérer l’islam avec sympathie ! Le Pape ne doit-il pas armer moralement et spirituellement les chrétiens contre leur islamisation programmée ? Quel est le rôle du Bon Berger lorsque le loup arrive : lui ouvrir la porte de la bergerie, ou le chasser ? Ceux qui auront été damnés en Europe par la venue des musulmans et donc de l’islam (Ga 1.8-9), n’accuseront-ils pas le Pape lors du Jugement dernier ?

Ne formez pas d’attelage disparate avec des infidèles. Quel rapport en effet entre la justice et l’impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quelle entente entre le Christ et Satan ? Quelle association entre le fidèle et l’infidèle ? Quel accord entre le temple de Dieu et les idoles ? Or c’est nous qui sommes le temple du Dieu vivant, ainsi que Dieu l’a dit : J’habiterai au milieu d’eux et j’y marcherai ; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. (2 Co 6.14-17)”