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Adrien Abauzit : "De Congar à Bergoglio, genèse et actualité de la religion conciliaire"

DDFG5
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Maison d'éditions Altitude : www.editions-altitude.fr
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AveMaria44
Non, le Marais n'est pas Contre révolutionnaire, car les cerveaux ont été formatés par l'Educ. Nat.,la télé et l'église conciliaire. Les évêques conciliaires ont été aussi formatés par leur formation et 50 ans de Nouvel Ordo.C'est élémentaire et de bon sens, mais où sont les évêques catholiques dénonçant les intrus ? Congar, de Lubac, Baltahasar, il manque aussi une grosse pointure Rahner, "le …More
Non, le Marais n'est pas Contre révolutionnaire, car les cerveaux ont été formatés par l'Educ. Nat.,la télé et l'église conciliaire. Les évêques conciliaires ont été aussi formatés par leur formation et 50 ans de Nouvel Ordo.C'est élémentaire et de bon sens, mais où sont les évêques catholiques dénonçant les intrus ? Congar, de Lubac, Baltahasar, il manque aussi une grosse pointure Rahner, "le plus grand théologien du XX" dont Ratzinger était le bras droit.....
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Le père Yves Congar dont il est largement parlé dans cette conférence est effectivement l'un des principaux responsables du dernier Concile que l'on essaie d'imposer à tout prix au peuple catholique depuis plus de 50 ans. Déjà en 1951, du temps de Pie XII, l'abbé Georges de Nantes avait porté plainte à Rome, au Saint-Office, contre le livre du père Congar, “Vraie et fausse réforme de l'Église". …More
Le père Yves Congar dont il est largement parlé dans cette conférence est effectivement l'un des principaux responsables du dernier Concile que l'on essaie d'imposer à tout prix au peuple catholique depuis plus de 50 ans. Déjà en 1951, du temps de Pie XII, l'abbé Georges de Nantes avait porté plainte à Rome, au Saint-Office, contre le livre du père Congar, “Vraie et fausse réforme de l'Église". La démonstration de l'abbé de Nantes sur la prétendue "infaillibilité" du Concile Vatican II s'est aussi imposée dans une occasion mémorable : un débat public entre le Père Yves Congar, le 8 février 1977 à Annecy dont voici le passage le plus important :
Abbé de Nantes : Voulez-vous me dire maintenant si au Concile Vatican IIet cela intéresse tout le mondeau Concile Vatican II, il y a un seul dogme qui ait été défini avec la même solennité ?
Père Congar : Non !
Abbé de Nantes : Je suis heureux de vous l'entendre dire. J'espère que le magnétophone...
Père Congar : Je le dis... Je le dis... Le Saint-Père l'a dit ! Et c'est connu du public. Je le dis très franchement !

(débat enregistré en intégralité)
DDFG5
où est le lien vers le débat enregistré en intégralité svp? merci bcp
Pas de lien direct à ma connaissance ! Enregistrement à commander sur le site de la CRC ou peut-être en écoute sur leur nouveau site "VOD" (vod.catalogue-crc.org). Les contacter si vous souhaitez en savoir plus sur l'enregistrement audio. Sinon le débat est retranscrit intégralement sur papier in "CRC N° 115 de mars 1977" (4 pages disponibles dans le Tome IX/1977 de la CRC mensuelle) + prélim…More
Pas de lien direct à ma connaissance ! Enregistrement à commander sur le site de la CRC ou peut-être en écoute sur leur nouveau site "VOD" (vod.catalogue-crc.org). Les contacter si vous souhaitez en savoir plus sur l'enregistrement audio. Sinon le débat est retranscrit intégralement sur papier in "CRC N° 115 de mars 1977" (4 pages disponibles dans le Tome IX/1977 de la CRC mensuelle) + préliminaires (échanges de correspondances) et suites (commentaires de presse...) du débat dans les N°s 114 & 115 de février & avril 1977. Voir aussi l'ouvrage "Pour l'Eglise. Quarante ans de Contre-Réforme Catholique" Tome III 1969-1978 (pages 476 à 491) par frère François de Marie des Anges (1996).
Disposant d'un peu de temps, je vous ai fait des photos des 4 pages en question, si vous arrivez à les lire. Je souligne en passant que le Mgr Lefebvre dont il est question dans ce débat est évidemment celui d'avant "1988". Page 1/4 :
3 more comments from Catholique et Français
Page 2/4 :
Page 3/4 :
Page 4/4 :
Qonun
Ah mince... encore un sédévacantiste ! Ils sont partout ceux-là !
Ludovic Denim likes this.
Maximos101
@Traditions : hélas, c'est vous qui n'avez rien compris !
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DDFG5
Traditions
Je suis très déçu, je pensais que M Abauzit était intelligent : hélas il est non una cum ...
DDFG5
si vous préférez Bergoglio .......
Ludovic Denim
@DDFG5 : il y a un Pape puisque l'Eglise est apostolique ainsi qu'on le récite de foi dans le symbole de Nicée. Si l'élection de Bergoglio est invalide, c'est donc que Benoit XVI est toujours le Pape !!! La Très Sainte Vierge à la Salette a dit "ni le Pape ni son successeur ne seront là pour voir le Triomphe de l'Eglise". Elle n'a pas dit "ni le Pape ni son prédécesseur"...
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Maximos101
Doctrine et Ecclésiologie de saint Méthode d’Olympe point vue de l’anthropologie du Christ

Un texte qui s’inspire de l’ouvrage patrologique de Johann Adam Möhler – à la découverte de l’hérésie de Jean Paul II et ses malentendus sur l’enseignement des docteurs d’Église pré-nicéens !

Remarque: la doctrine d'Yves Congar et de Henri de Lubac reste incompréhensible sans ce malentendu:

(Remarquez, …
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Doctrine et Ecclésiologie de saint Méthode d’Olympe point vue de l’anthropologie du Christ

Un texte qui s’inspire de l’ouvrage patrologique de Johann Adam Möhler – à la découverte de l’hérésie de Jean Paul II et ses malentendus sur l’enseignement des docteurs d’Église pré-nicéens !

Remarque: la doctrine d'Yves Congar et de Henri de Lubac reste incompréhensible sans ce malentendu:

(Remarquez, svp, aussi les notes du bas du texte dans la suite numérologiques !)


Très peu d’informations nous sont parvenues sur sa vie. Épiphane de Salamine dit qu’il était aussi connu sous le nom d’Euboulios. Saint Jérôme parle de lui à plusieurs reprises en l’appelant « évêque et martyr », et lui consacre une notice dans son De viris illustribus : il aurait été évêque d’Olympe en Lycie, puis évêque de Tyr ; il serait mort martyr « vers la fin de la dernière persécution » (c’est-à-dire celle de Maximin Daia, en 311-312), ou, « selon d’autres » (« ut alii affirmant »), sous la persécution de Trajan Dèce et de Valérien (c’est-à-dire vers 251) « à Chalcis, en Grèce », une deuxième hypothèse qui paraît bien moins vraisemblable. Cependant, Eusèbe de Césarée, qui ne mentionne nulle part Méthode, dit que l’évêque de Tyr qui fut martyrisé sous la dernière persécution s’appelait Tyrannion ; ensuite, c’est un certain Paulin qui fut élu. Le plus probable est que Méthode ait été martyrisé sous Maximin Daia, et que l’information de saint Jérôme selon laquelle il aurait été évêque de Tyr serait fausse. Peut-être cette dernière ville fut-elle seulement le lieu de son martyre.

Ses œuvres montrent que c’était un homme instruit, écrivant très correctement, et lecteur d’auteurs de l’Antiquité classique comme Platon. Son parti-pris théologique est qu’il s’opposait à nombre de thèses d’Origène. Une partie de ses écrits a été conservée, soit en entier soit en fragments, et soit en version originale grecque, soit en traduction. On sait par ailleurs que Méthode était le maître de saint Nicolas de Myre.

Le banquet des dix vierges est sa seule œuvre ayant subsisté intégralement en grec. C’est un dialogue imité du Banquet de Platon, dont les personnages sont dix jeunes filles, réunies dans le jardin de Vertu, dissertant sur la chasteté (virginité et procréation, déterminisme et liberté, célibat et mariage, immortalité de l’âme et résurrection de la chair...), sans doute pour faire antithèse aux personnages de Platon qui faisaient des discours sur l’amour profane (ἀγάπη chrétienne contre ἔρως païen). Le texte se conclut sur un hymne de vingt-quatre strophes entonné par l’une des convives en l’honneur des fiançailles du Christ et de son Église.

Doctrine de saint Méthode

La grâce et l’agrément du style ne sont pas les seuls mérites de saint Méthode ; il brille aussi par l’attrayante originalité de son esprit. Jamais il ne s’arrête sur des idées communes ; son regard pénétrant embrasse son sujet sous plusieurs points de vue, et son imagination, toujours vive et souvent hardie, aime à réunir les aspects les plus variés pour en former une sublime unité. Nous ne parlerons pas ici de sa doctrine à l’égard de la Trinité, ayant déjà traité ailleurs ce point en détail ; nous allons donc en venir sur-le-champ à l’Incarnation et aux rapports qui en découlent entre le chrétien et l’Église d’une part, et le Rédempteur de l’autre.

L’homme, dit-il, a été créé libre ; rien, dans sa nature, ne le pousse nécessairement vers le bien ou vers le mal : il a reçu le pouvoir de choisir l’un ou l’autre ; ce qui ne suppose pas qu’avant lui il existât déjà un mal qu’il pût choisir, mais en ce sens qu’il possédait la faculté primitive d’obéir à Dieu ou non. Dieu, en lui donnant ses commandements, ne voulut pas par là limiter sa liberté, mais l’élever à une plus haute destinée s’il se décidait en faveur de l’obéissance. C’est en cela que consiste l’essence de la liberté ; c’est là l’origine du mal ; ce mal, c’est la désobéissance qui a commencé de ce moment.

Le royaume des créatures libres et raisonnables forme un tout avec des rangs et des degrés harmoniques. L’homme occupait le point le plus bas de l’échelle ; il devait, dans sa sphère, ne chanter les louanges du Créateur, alternativement avec les chœurs des anges et des archanges. Mais quand, par malheur, il eut violé la loi et qu’il fut tombé dans la mort et dans la dissolution, alors le Seigneur, comme il le dit lui-même, quitta les chœurs des anges et descendit sur la terre pour y chercher la brebis perdue... Car le moment était venu d’inscrire l’homme dans ce livre au nombre des citoyens du ciel ; c’est pourquoi le Seigneur se chargea lui-même de l’homme, s’en revêtit, « afin qu’il ne fût plus divisé par l’erreur. Car le Verbe s’est fait homme afin de vaincre le serpent et de casser l’arrêt de condamnation. L’ordre voulant que le démon ne fût vaincu que par celui que, par ruse, il avait subjugué. Le péché et la damnation ne pouvaient être effacés que d’une seule manière ; il fallait que le même homme, sur lequel avait été prononcé cet arrêt : « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière », dans le cadre d’une action régénérative, fit casser l’arrêt prononcé contre tous, à cause de lui, afin que si nous mourons tous dans le premier Adam, nous puissions ressusciter en Jésus-Christ, qui a accueilli Adam en lui (par l’incarnation !).

Cette dernière expression, d’après laquelle Jésus-Christ, dans l’Incarnation, aurait accueilli Adam en lui et l’aurait uni à lui, paraît un peu singulière. Ailleurs, il dit plus positivement encore que Jésus-Christ et Adam n’étaient pas placés l’un à l’égard de l’autre dans un rapport simplement typique, mais qu’ils étaient Un, mais en quel sens ? Cette pensée est profonde et vraie. Adam n’est pas, comme un autre homme, au milieu du genre humain ; il est le genre humain lui-même ; toutes les générations sorties de lui ne sont qu’une multiplication de sa personne, au moins des nouvelles représentations d’Adam dans l’un et l’autre homme, des empreintes répétées de sa substance ; mais tous sont un en lui, au moins dans l’économie de la rédemption et du salut ! Or, quand le Verbe a uni avec lui la nature humaine, impersonnellement dans la sainte Vierge1, il a pris en lui la représentation charnelle et type éminent de l’ensemble du genre humain ; c’est-à-dire, Adam, ou, comme Méthode l’exprime fort bien, il s’est incorporé dans Adam, le revêtant corps et âme, et assumant ainsi son humanité totale, et donc l’Humanité elle-même qui procède de lui. Or, ce point accordé, il va sans dire que l’idée d’un rapport réciproque, simplement typique, ne rend pas compte, à beaucoup près, de la véritable relation qui existe entre Adam et Jésus-Christ, mais que tous deux doivent être considérés dans cette sorte unique d’unité réalisée entre eux par l’Incarnation du Verbe divin au sein de la Vierge Marie, lors de son Fiat de l’Annonciation. L’ordre voulait en effet que le Fils aîné et unique de Dieu (la Sagesse) s’unit, avec le premier homme créé et formé, et se fît homme, « afin que Jésus-Christ fût réellement un homme rempli d’une pure et parfaite divinité en même temps que Dieu contenu dans un homme. Il est évident qu’il n’est pas question dans ce passage d’une confusion des deux natures, car Méthode insiste sur le fait que le Grand et Souverain Prêtre fait le pont entre le ciel et la terre. Nous verrons bientôt pourquoi Méthode rattache de si près Jésus-Christ et Adam. Si l’Adam idéal a été uni avec le Verbe personnel dans le sein de la Vierge, alors sa naissance virginale a été en même temps celle de l’humanité tout entière renfermée dans Adam, et la naissance de Jésus-Christ est le commencement de notre régénération à tous.2 Écoutons-le :

« Lorsqu’Adam fut la première fois formé d’argile, il était, pour ainsi dire, mou et humide ; il ne possédait pas encore une fermeté inébranlable ». Aussi, quand le péché dégoutta sur lui, comme de l’eau, elle le décomposa. En conséquence, Dieu pétrit l’homme encore une fois, le forma pour l’honneur, puis, après lui avoir donné de la fermeté dans le sein d’une vierge, et l’avoir en même temps uni et mélangé avec le Verbe, il le fit entrer, infrangible et invulnérable, dans la vie, afin qu’il ne pût plus être emporté par les flots de la corruption et se dissoudre. C’est là son idée sur le commencement et la fin de l’Incarnation. Il reste à voir comment elle rend compte de la réalité et comment elle prend vie en une forme visible. Par l’Incarnation et le sacrifice de Jésus-Christ, la condition objective de la restauration du genre humain, telle que nous venons de la décrire, a été accomplie de la part du Verbe divin, ou, pour parler comme Méthode, la nature adamite (idéale) a été renouvelée comme telle. Mais il faut que ce renouvellement s’applique personnellement en chaque individu en devant être approprié par chaque individu, et le nouvel Adam, comme autrefois l’ancien, doit se régénérer dans chacun de ses membres et faire que sa substance devienne la substance de tous ; (et c’est cela la grande différence avec les erreurs et horreurs de Jean Paul II, car sans cette appropriation il n’y a point de salut personnel de l’individu). Tout le monde reconnaîtra, qu’envisagé sous cet aspect, et du point de vue personnel de chacun, l’œuvre n’a point été achevée au Golgotha et que l’action rédemptrice de Jésus-Christ n’a point été close : les fruits en sont depuis lors disponibles pour tous, libre à chacun d’accepter d’en user pour réaliser son Salut.3

Jésus-Christ qui n’était que hors des fidèles, devait encore se former en eux ; et il fallait que le Grand et Souverain Prêtre sortit perpétuellement de lui-même4 pour transformer chaque individu en sa substance et sa forme, afin que, comme Adam naît en tous, Jésus-Christ naquit en chacun. Mais la naissance adamite après la chute d’Adam fût une naissance pour la mort, donc la naissance du deuxième Adam dans l’un et l’autre doit obligatoirement inclure la Passion de NSJC pour qu’elle soit vivifiante, devenant ainsi une naissance pour la résurrection ! Méthode explique ces opérations mystérieuses avec beaucoup de clarté et avec une perspicacité extraordinaire. Il y retrouve la confirmation de l’unité d’Adam et de Jésus-Christ ; l’histoire du premier est aussi celle du dernier, chacun de la manière qui lui est propre. L’Écriture-Sainte dévoile elle-même ce mystère. Adam se dépouille, dans le sommeil que Dieu lui envoie, d’une partie de sa chair et de ses os, et sa femme, sa compagne, en est formée : Jésus-Christ, la répétition d’Adam, se dépouille, pendant son sommeil de mort sur la Croix, de sa substance, et du Paraclet, le Saint-Esprit, sortant de lui, se forme l’Église, qui, à cause de ce rapport de substance et de la formation de Jésus-Christ en elle, est vraiment la chair de sa chair, les os de ses os. Écoutons encore notre auteur : « C’est donc ainsi qu’avec pleine raison on peut dire que l’Église est de sa chair et de ses os, « puisque, par amour, le Verbe a quitté le Père qui est au ciel, qu’il est descendu sur la terre pour s’attacher à son épouse, qu’il s’est endormi dans l’extase de sa Passion, mourant volontairement pour elle afin de se donner l’Église Glorieuse et sans tache. De là découle d’une façon évidente que cette fausse église de Vatican II n’est pas cette Épouse du Christ, mais la grande prostitué, l’abomination de la désolation, établie en Lieu Saint !

Dans notre langage moderne nous l’exprimerions plus brièvement ; ainsi : la formation de l’Église est le développement du genre humain, commençant depuis le commencement, mais d’une autre manière et dans une autre direction, c’est-à-dire qu’au lieu d’être par Adam, c’est par Jésus-Christ, ou, ce qui est la même chose, par le nouvel Adam. L’Église est donc réellement la race divine issue du Verbe, le produit de son incarnation continue, d’où il suit naturellement que la vie tout entière du Verbe incarné, depuis le moment de l’Incarnation jusqu’à celui de la Résurrection, se répète dans chaque individu, et que sa représentation réelle doit être toujours présente et vivante au sein de l’Église. Cette conclusion n’est pas prise à la légère, car Méthode tire la même conséquence de la manière dont il considère le sacrement du baptême. En commentant le passage de l’Apocalypse où il est question de la Femme couronnée d’étoiles et qui était dans les douleurs de l’enfantement, il dit : « A mon avis, s’il est dit dans l’Écriture, que l’Église mit au monde un enfant mâle, c’est parce que ceux qui sont éclairés (baptisés) reçoivent les traits (charactéras), l’expression et les sentiments mâles de Jésus-Christ, puisque la ressemblance exacte de la forme du Verbe est empreinte en eux et est engendrée en eux par la parfaite connaissance et par la Foi, de sorte que dans chacun d’eux Jésus-Christ naît spirituellement. C’est pourquoi l’Église pousse de grands cris et souffre les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce que Jésus-Christ soit né et formé en nous, afin que chaque saint naisse comme Jésus-Christ, par sa participation à Jésus-Christ. C’est aussi pour cette raison qu’il est dit dans l’Écriture « nolite tangere Christos meos » ; en vertu de quoi, sous un certain rapport, ceux-là sont devenus des Christs, qui, par la communauté de la substance du Saint-Esprit, ont été baptisés en Jésus-Christ, par qui l’Église leur facilite le passage et la transformation dans le Verbe.5 Car le « Verbe de vérité doit être fidèlement empreint dans les âmes des régénérés. Le baptême chrétien est donc, selon Méthode, la répétition du mystère de l’incarnation de Jésus-Christ, avec l’empreinte de laquelle le baptisé sort du sein sacré de l’eau.

De ce que nous venons de dire découle de soi-même l’idée que saint Méthode avait de l’Église, ainsi que du mariage et de l’état de virginité, dans ses rapports avec elle. Il considère l’Église sous un double point de vue. Elle lui apparaît d’abord comme l’idée de l’incarnation réalisée, comme le royaume idéal de Dieu, comme une puissance existant d’elle-même, différente de ses membres, comme la mère l’est de son enfant. Comme telle elle porte et nous communique les forces divines qui habitent en elle, en vertu de son origine et de son union intime avec Jésus-Christ. En cette qualité, elle reçoit dans son sein maternel tous ceux qui s’adressent au Verbe, elle les nourrit en elle, d’après sa propre ressemblance et d’après celle de Jésus-Christ, puis elle les enfante à jamais comme les citoyens bienheureux du ciel. C’est donc elle qui est la femme avec la couronne d’étoiles et qui crie dans les douleurs de l’enfantement (Apc, XII, 1 et suiv.). Elle est le jardin de Dieu, ornée de la parure d’un printemps éternel étalant toutes les richesses de fruits et de fleurs, donnant l’immortalité, et dont les fidèles tressent des couronnes pour l’épouse royale, l’Église. Considérée sous ce rapport, elle est encore l’épouse virginale, immaculée, toujours jeune et belle, du Verbe de Dieu « qui la revêt d’une lumière qui ne pâlit jamais, de sa propre robe de fête. Enfin, à ce point de vue, elle est une image divine, toute parfaite, surhumaine, et elle imprime dans toutes les âmes ductiles son image et sa ressemblance, c’est-à-dire celles du Verbe, sans être affectée ni souillée par la mauvaise direction spirituelle et par les défauts moraux de quelques uns des nombreux individus qu’elle renferme en elle. Le second point de vue sous lequel Méthode considère l’Église, est celui-ci, c’est-à-dire qu’il la regarde comme l’ensemble des fidèles parmi lesquels, conformément à l’ordre de la nature, les adultes instruisent les jeunes et les parfaits les faibles, facilitant leur naissance spirituelle en Jésus-Christ, et elle représente encore dans ce rapport la compagne de Jésus-Christ comme Ève était celle d’Adam.

C’est sous ce même rapport que la virginité chrétienne lui apparaît sous son véritable aspect et avec toute sa bonté divine. Avant Jésus-Christ ; dit Méthode, le premier devoir du genre humain était de se propager, puis successivement de cultiver son esprit et de se moraliser. Le point culminant lui était réservé dans l’Incarnation du Fils de Dieu. C’est pourquoi il a plu au Fils de Dieu de prendre la chair de l’homme, afin que nous puissions contempler en lui, comme dans un portrait, le modèle en relief de la vie, et que nous puissions imiter celui des mains de qui il est sorti... Or, que fit le Seigneur quand il vint dans le monde ? Il conserva sa chair, sans tache, dans la virginité ; en conséquence, pour ressembler à Dieu et à Jésus-Christ, nous devons mettre un grand prix à la virginité. Quiconque ne ferme pas volontairement les yeux, comprendra facilement par là pourquoi la virginité est si fort estimée dans l’Église. Si, comme le dit Méthode, le Verbe s’est revêtu d’Adam, au sein de la Vierge, et que par là, toutes les générations issues d’Adam sont aussi sorties idéalement de la sainte Vierge, par la même raison l’Église, et toute la progéniture de ce second Adam divin, portent l’empreinte de leur souche, celle de la virginité sans tache, comme celle du premier Adam portait la marque de la naissance charnelle souillée par le péché. Enfin, ce qui ajoute un nouveau prix à la virginité, c’est qu’elle sera l’état constant de notre race, lors de son renouvellement corporel à la résurrection et à la glorification de l’Église, auquel on participe d’avance, en conservant la virginité dès cette vie. On comprend d’après cela aisément pourquoi l’Église catholique imprime ce caractère qui lui est particulier, à tant d’institutions différentes, et pourquoi notamment dans son représentant, le clergé, elle insiste sur la réalisation de cette idée et doit y insister en vertu de la loi spirituelle de sa vie. C’est aussi d’après ce principe que le mariage chrétien est devenu un sacrement. Pour expliquer ce mystère Méthode examine avec une grande profondeur le célèbre passage de l’Épître aux Éphésiens V : 28-32. Il en trouve encore la clef dans l’Incarnation. Si, dans l’Incarnation, le Verbe a uni à lui le premier homme (Adam), l’ancienne et la nouvelle humanité, se sont touchées par là en Jésus-Christ, ainsi que l’ancienne génération et la nouvelle, l’ancienne naissance et la nouvelle, le mariage du vieil Adam et celui du nouveau, Ève et l’Église ; leur liaison n’est donc pas simplement typique, non plus que celle de Jésus-Christ et d’Adam : elle est véritable ! ils sont dans des rapports réciproques et réels l’un envers l’autre. Si le vieil Adam est devenu le nouveau dans Jésus Christ, l’ancien mariage adamite, qui procréait dans la chair et le péché, a d’abord été objectivement renouvelé par le nouveau mariage adamite (le mariage chrétien), et cela par la rédemption objective, qui l’a admis et élevé comme caractère spirituel et fondamental du christianisme, et l’a fécondé par la grâce que Jésus-Christ répand dans l’Église ; puis ensuite il se réalise subjectivement dans ceux qui s’unissent en mariage, dans l’Esprit de Jésus-Christ et de l’Église, c’est-à-dire dans le but de faire arriver le royaume de Dieu. Or, comme le chrétien, en vertu du contrat spirituel qui, par le baptême, le lie à jamais et irrévocablement à Jésus-Christ et à son Église, ne peut contracter de mariage avec une autre personne chrétienne que dans les mêmes conditions, il s’ensuit que tout légitime mariage chrétien doit nécessairement être sacramentel dans le sens d’un opus operatum, et par les mêmes raisons aucun mariage non chrétien ne peut avoir ce caractère. Il est bien entendu que, dans ce sacrement du mariage, comme dans tous les autres, la grâce sanctifiante qui y est attachée, ne dépend pas de la dignité du ministre assistant, mais de la disposition des personnes qui le reçoivent, c’est-à-dire, en ce cas, des époux chrétiens (car encore plus, dans le mariage les contractants s’administrent eux-mêmes ce sacrement). Enfin, c’est sur ces mêmes principes que repose aussi l’Eschatologie de saint Méthode.

Sa polémique avec Origène le conduit à examiner à fond les vrais rapports réciproques du péché, de la mort et du corps. De même que pour saint Irénée, et auparavant pour saint Théophile d’Antioche, la mort du corps est pour Méthode un terme moyen dans l’histoire de la rédemption. La restauration de l’homme, annoncée par la foi et fondée sur elle, ne peut être encore qu’incomplète. Le péché a pénétré, comme au commencement, non seulement dans l’âme, mais aussi dans la chair, cette seconde moitié de l’homme, et il y reste, même après que sa partie spirituelle s’en est débarrassée, sous la forme de la concupiscence. « Tant que le corps vit, le péché continue nécessairement à vivre avec lui ; il conserve en nous ses racines cachées, bien que les austérités et les châtiments les empêchent de se développer. Si cela n’était pas, si le péché était franchement banni de chez nous, nous n’aurions plus le malheur de commettre des fautes après le baptême. Or, maintenant, même après notre conversion par la foi, et après le bain de la sanctification, nous tombons souvent dans le péché. Car personne, certes, ne se vante d’être tellement exempt de péché, qu’il n’en commette aucun, même en pensée. Il s’ensuit que, par la foi, le péché est, à la vérité, repoussé, qu’il est réduit à l’impuissance, qu’il ne peut plus produire de fruits délétères ; mais il n’a point été arraché par la racine. Nous pouvons, à la vérité retenir son développement, qui sont les mauvaises pensées ; nous ne les laissons pas germer, nous ne souffrons pas que leurs honteuses formes s’épanouissent (la parole divine coupe comme avec une bêche les petites pousses qui sortent de terre) ; mais ce n’est que dans l’avenir que toute pensée du mal disparaîtra complètement. La concupiscence, nourrie par une sensualité corrompue, comme celle-ci par l’organisation actuelle du corps et par celle du monde qui l’entoure, exciterait dans l’homme un combat, éminemment douloureux et sans fin, s’il était à jamais lié à la forme actuelle de son existence. C’est donc pour que l’homme ne restât pas assujetti à un mal éternel, pour qu’il ne fût pas, - dans un corps immortel -, la proie d’un péché qui ne finirait pas, que Dieu l’a condamné à mourir, afin que par la dissolution du corps, le péché soit radicalement anéanti de telle façon, qu’il ne reste pas le plus léger filament de la racine, duquel de nouveaux rejetons de péché puissent surgir. C’est ainsi que se rachète aussi la malédiction de la créature privée de liberté ; elle se termine quand le dernier reste du péché est réduit en poussière, et quand ce corps reçoit de nouveau sa forme primitive des mains de Dieu, comme l’âme a reçu sa nouvelle forme dans le baptême. Quant à la nature des corps ressuscités, Méthode adopte un moyen terme entre le système tout spirituel d’Origène, et les idées grossièrement matérielles des millénaires. Il rejette l’erreur du premier, d’après lequel la résurrection n’aurait lieu que pour l’âme, ou du moins, si le corps y doit prendre part, ne conserve rien de ses propriétés constituantes. Si l’on ne veut pas, dit-il, accuser le Créateur d’une complète absurdité, il faut croire qu’il a pensé et voulu que l’homme fût tel qu’il l’a réellement fait, c’est-à-dire un être composé de corps et d’âme ; il faut donc qu’à la résurrection il soit rétabli dans son état primitif. Si le corps doit devenir la proie du néant, pourquoi Jésus-Christ s’est-il fait homme, pourquoi est-il mort, pourquoi est-il ressuscité ? Il faudrait admettre, avec les gnostiques, que tout cela n’a été qu’une apparence trompeuse. Sans doute, les corps ressusciteront changés ; mais la métamorphose n’est pas la suppression, l’anéantissement.

L’objection d’après laquelle on demande, si la forme essentielle des corps reste la même, à quoi serviront certaines parties dont les fonctions devront cesser ; cette objection n’a point de portée ; comme si la créature n’était pas capable de se rapprocher d’un état spirituel et ne pouvait être glorifiée que si elle était détruite en tout ou en partie ! A cette question se rattache aussi celle de savoir ce que deviendra le monde actuel. On ne saurait admettre qu’il doive être anéanti, quand ce ne serait que par la raison que Dieu n’a rien créé pour rien et sans but, comme le font les hommes qui ne raisonnent pas, ni ce monde pour le livrer à la destruction, mais pour qu’il existe et qu’il soit habité. C’est pourquoi, après le grand incendie qui consumera le monde, le ciel et la terre continueront de subsister. Après que les feux élémentaires auront éclaté, qu’ils auront refendu la terre dans leur ardeur et l’auront purifiée de la malédiction qui repose sur elle depuis le péché ; quand les créatures auront été délivrées de leur état de servitude, alors la terre, réformée et rajeunie, dans une beauté éternelle et qui ne se flétrira jamais, deviendra la demeure de la nouvelle race, et tous les êtres rentreront dans l’état d’harmonie où ils étaient placés dans l’origine.

Notes

1 Pourquoi est-ce « impersonnellement » pour Méthode ? La Personne qui assuma l’humanité du nouvel Adam, c’est le Verbe ! Or, si le Verbe avait assumé une certaine personne humaine, outre le fait que cela n’aurait pu être une union d’être, car il y aurait eu dès lors deux personnes (nestorianisme), la descente du Verbe éternel dans l’humanité n’aurait pu être une union avec notre genre en soi, mais avec un seul de ses représentants ! Méthode vise le fait que le Verbe ne s’unît pas dans Son Incarnation avec n’importe quelle réalisation temporelle du genre humain, mais avec l’Humanité en soi. La différence est décisive avec l’hérésie de Karol Wojtyla, comme nous allons le voir plus tard.

2 1Tim. 2:5 « Unus enim Deus, unus et mediator Dei et hominum homo Christus Jesus ».

3 Saint Paul, Coll. 1:24, « et ce que manque aux souffrances du Christ, je l’achève pour son corps qui l’Église » ; 1Cor. 15:22, « Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous seront vivifiés dans le Christ ».
C’est aussi pour cela que, dans le sacrement de l’Eucharistie, la forme essentielle de consécration du vin eucharistique en Sang de Notre-Seigneur précise par les paroles du prêtre officiant : « …qui a été répandu pour vous et pour une multitude… » et non pas « …qui a été répandu pour vous et pour tous… ».

4 Saint Paul, Phil. 2:7, « bien qu’il fût dans la condition de Dieu, il n’a pas retenu avidement son égalité avec Dieu; mais il s’est anéanti Lui-Même, en prenant la condition d’esclave ».

5 Eph. II : 14 Ipse enim est pax nostra, qui fecit utraque unum, et medium parietem maceriæ solvens, inimicitias in carne sua, 15 legem mandatorum decretis evacuans, ut duos condat in semetipso in unum novum hominem, faciens pacem: 16 et reconciliet ambos in uno corpore, Deo per crucem, interficiens inimicitias in semetipso. 17 Et veniens evangelizavit pacem vobis, qui longe fuistis, et pacem iis, qui prope ; Eph. III : 14 Hujus rei gratia flecto genua mea ad Patrem Domini nostri Jesu Christi, 15 ex quo omnis paternitas in cælis et in terra nominatur, 16 ut det vobis secundum divitias gloriæ suæ, virtute corroborari per Spiritum ejus in interiorem hominem, 17 Christum habitare per fidem in cordibus vestris: in caritate radicati, et fundati, 18 ut possitis comprehendere cum omnibus sanctis, quæ sit latitudo, et longitudo, et sublimitas, et profundum: 19 scire etiam supereminentem scientiæ caritatem Christi, ut impleamini in omnem plenitudinem Dei.