Parmi les dizaines de milliers de pages que j’ai pu lire, principalement dans les plumitifs et leurs brouillons ou « minutes », couvrant environ 50 ans des décennies 1580 à 1630, il y a inévitablement des affaires de mœurs parmi le clergé catholique. Cela concerne avant tout le Chapitre de la Cathédrale de Rouen ; il est probable en effet que dans les campagnes les pauvres vicaires furent moins …More
Parmi les dizaines de milliers de pages que j’ai pu lire, principalement dans les plumitifs et leurs brouillons ou « minutes », couvrant environ 50 ans des décennies 1580 à 1630, il y a inévitablement des affaires de mœurs parmi le clergé catholique. Cela concerne avant tout le Chapitre de la Cathédrale de Rouen ; il est probable en effet que dans les campagnes les pauvres vicaires furent moins surveillés et plus libres, d’autant que la vie communautaire du Chapitre - composé les années fastes d’une grosse trentaine de chanoines, d’une quarantaine de chapelains, d’une douzaine d’enfants et des serviteurs, servantes, et leurs enfants - ne pouvait qu’accentuer les abus.
Les chapelains sont infiniment moins disciplinés que les chanoines, ces derniers probablement mieux couverts par leur statut mais aussi mieux recrutés, quand ils fautent ils sont tout aussi sévèrement punis. J’en avais déjà parlé sur Facebook : les mentions de beuveries, jeux d’argent, trafics, arnaques, prostituées, voire orgies (plusieurs chapelains et plusieurs prostituées dans une même pièce...) sont nombreuses, souvent par périodes coïncidant en général avec les innombrables troubles du Royaume de France, durant entre quelques semaines à quelques années. Les archives sont extrêmement directes à ce sujet, et parfois riches en détail : untel a vomi en disant la messe, tel autre a été retrouvé dans un caniveau, tel chapelain a reçu la visite de « beaux-parents » avec un bébé sur le pas de sa porte, tel autre dit « mais non c’est ma lingère/ma nièce » (qu’il vient voir tous les jours…) Il arrive même que les surnoms des prostituées soient écrits, ce qui m’a valu le magnifique « une femme de mauvais gouvernement dite La Ceinturière »…

Moeurs : ancienne discipline de l’Eglise

Je cite avec l’autorisation de l’auteur, un ami proche, musicologue brillant, chercheur et universitaire. Il souhaite garder l’anonymat. Quand je …
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Les punitions sont immédiates et lourdes : le Chapitre vire le criminel de toutes ses fonctions, lui confisque ses biens, son argent, ses meubles, l’expulse du quartier canonial presque nu.