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Gudule
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La soif de Dieu.

DANS L'ATTENTE...

"La Création gémit dans les douleurs de l'enfantement". Eh bien gémissons, petites parcelles de Création que nous sommes! De grâce, n'éteignons pas le cri du désir magistral de la Création en plein travail! La douleur est la preuve de l'enfantement. On parle de naissance or une naissance n'est jamais un évènement tiède ou mièvre. C'est une question d'être ou de ne pas être qui prend aux entrailles. Refusons l'anesthésie péridurale de l'opulence qui mène à la tiédeur assassine. Gémissons donc dans la joie pressentie de l'enfantement grandiose. Que notre gémissement soit art, musique, danse transcendants mais aussi et avant tout, que nos cris soient écoulement d'Amour du sillon de notre blessure, pour le Créateur et tous nos frères et soeurs!
Ah, la soif de Dieu, ce cri d'enfantement! C'est un cheval fougueux bridé ici-bas. L'étouffer, c'est la mort, le laisser se cabrer de façon désordonnée, c'est la folie!
Il faut trouver la Sagesse souffrante, brûlante cependant des Vierges Sages dans l'attente de la Noce. On les dit "sages" et elles l'étaient mais n'avaient probablement rien de personnes figées dans une attente molle. Je parierais cher que leur coeur était un brasier ardent difficile à contenir.
De même, les trois apôtres qui, sur le Mont Thabor ont eu de l'huile sur le feu de leur désir un court moment. C'en était trop pour eux! La Transfiguration de l'Epoux les avait transformés en torches humaines. On peut assurément parler de blessure car ce "goût de trop peu" ne concernait pas un bien-être perdu de notre Monde éphémère. Il est à parier que cet évènement aura été éprouvant pour Pierre, Jacques et Jean. Eprouvant en effet, et non du fait d'une simple nostalgie, mais en raison de ce que la vue de la splendeur de gloire du Christ transfiguré rayonnant de tout son Amour aura creusé en leur coeur un abîme de désir de Dieu. De cela, l'Ecriture ne parle pas beaucoup. Elle nous rapporte juste que Pierre exprime le désir de s'installer dans cette Béatitude. Comme on le comprend! Mais voilà, le temps n'était pas encore venu et c'est précisément là que l'on peut admirer la Sagesse de ces hommes qui acceptent de retourner dans le quotidien du Monde avec en bandoulière, un coeur transpercé par la gloire d'Amour de leur Seigneur qu'ils viennent de contempler.
"Nul ne peut voir Dieu sans mourir" et aussi je crois que nul ne peut pressentir le Royaume de Dieu sans souffrir intensément d'une soif incommensurable.
Jésus aussi brûle de ce Désir des Noces Eternelles.
Ce sont des gémissements de douleur d'enfantement mais ce sont des gémissements qui annoncent la Vie et une Joie qu'aucun mot ne peut décrire.
Enfin, voici un verset du Cantique des Cantiques qui montre combien le désir de l'Epoux est ardent, tellement ardent d'ouvrir les Noces Eternelles avec l'Humanité. Il exprime cependant que, comme il faut que tout soit accompli auparavant, il faut encore la Sagesse certes fiévreuse de l'attente.
Ct 3,5 :Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles et par les cerfs des campagnes, ne troublez point, n'éveillez pas la Bien-Aimée, jusqu'à ce qu'elle le veuille.
Gudule
Ce temps de Carême nous est donné afin que nous apprenions à devenir moins remplis de nous-mêmes. Puissions-nous devenir "petits" pour que le Seigneur trouve la place nécessaire pour habiter nos coeurs. La mort à nous-même permet à Dieu de nous donner son Amour, sa Paix et sa Joie pour nous et entre nous.
BON CAREME A CHACUN D'ENTRE VOUS!