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Anathema sit Bergoglio - Chapitre 5: La destruction du mariage et l’abolition du péché par la fausse miséricorde

Par sa deuxième Exhortation Apostolique fleuve (elle comporte 58.000 mots), appelée Amoris Laetitia (la joie de l’amour), François a franchi un nouveau palier dans l’iniquité. En effet, il a mené à son terme le long processus subversif aboutissant à la publication de ce document, qui comprenait notamment les deux Synodes des Evêques de 2014 et 2015[1], ainsi qu’une quantité faramineuse de documents et de rapports indigestes, remplis de toutes sortes d’omissions, d’ambigüités, de manipulations et de tromperies.

Compte tenu de la longueur sans précédent de ce document, idéale pour y parsemer savamment toute sorte d’erreurs et de bombes à retardement, et non seulement en ce qui concerne l’admission des « remariés » aux sacrements, comme on nous fait croire à tort, je me bornerai à commenter quelques courts extraits particulièrement nuisibles.

D’emblée, François donne le ton du document, en littéralement abolissant le rôle du magistère au profit du relativisme doctrinal érigé en règle unique:

« En rappelant que ‘‘le temps est supérieur à l’espace’’, je voudrais réaffirmer que tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles. Bien entendu, dans l’Église une unité de doctrine et de praxis est nécessaire, mais cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations de certains aspects de la doctrine ou certaines conclusions qui en dérivent. […] En outre, dans chaque pays ou région, peuvent être cherchées des solutions plus inculturées, attentives aux traditions et aux défis locaux. » § 3

François non seulement nous sort ici sa sempiternelle lubie gnostique selon laquelle « le temps est supérieur à l’espace », mais en outre il a le toupet invraisemblable de nous faire savoir sur un ton condescendant qu’il tient à nous la « rappeler », comme si de rien n’était, sans avoir froid aux yeux, comme s’il s’agissait d’un article de foi, alors qu’il s’agit d’une parfaite nouveauté qu’il a été le premier et le seul à énoncer en 2000 ans d’histoire du christianisme, et alors qu’il ne s’agit que d’une aberration philosophique complètement dépourvue de sens, si ce n’est dans une optique évolutionniste. François avait lancé cette idée pour la première fois dans Evangelii Gaudium.

Je me permets de reproduire intégralement le passage car il nous permettra de pénétrer dans sa pensée gnostique. En même temps, si vous prenez les choses avec une dose d’humour, je suis persuadé que vous apprécierez le moment de saine détente que peut procurer le rire devant un jargon aussi ampouleux. Voici ce véritable morceau d’anthologie, mais attention au tournis!

« Il y a une tension bipolaire entre la plénitude et la limite. La plénitude provoque la volonté de tout posséder, et la limite est le mur qui se met devant nous. Le “temps”, considéré au sens large, fait référence à la plénitude comme expression de l’horizon qui s’ouvre devant nous, et le moment est une expression de la limite qui se vit dans un espace délimité. Les citoyens vivent en tension entre la conjoncture du moment et la lumière du temps, d’un horizon plus grand, de l’utopie qui nous ouvre sur l’avenir comme cause finale qui attire. De là surgit un premier principe pour avancer dans la construction d’un peuple: le temps est supérieur à l’espace. » § 222

Vous n’y êtes pas? Allez, un petit effort, s’il vous plaît! J’ai fait une paraphrase de ce texte « pontifical » pour que vous puissiez y voir plus clair:

« Il y a une plénitude entre la tension bipolaire et la limite. La volonté de plénitude provoque la possession de la limite qui est comme un mur devant nous. La plénitude, au sens large, fait référence à l’horizon qui s’exprime et le moment est l’expression d’un espace qui est là. Les citoyens tendent vers le vécu qui se déploie face à la lumière du temps au moment précis où la conjoncture d’un horizon plus grand nous entraîne vers l’utopie qui nous attire comme cause finale. C’est là que surgit un peuple pour construire le principe qui nous permet d’avancer: l’espace ouvre vers le temps qui éclaire. »

Toujours pas? Qu’à cela ne tienne! Un petit atelier consacré à l’idéalisme allemand et ce sera plus clair que de l’eau de roche. Je tiens à préciser qu’on est censé être devant un texte magistériel, exposant des vérités de la foi contenues dans la révélation. En fait, par ce charabia hermétique digne d’un philosophe hégélien, François fait allusion au processus évolutif de la conscience humaine qui se déploie dans le temps, tendu infailliblement vers le but qui l’attire à la façon d’une cause finale, et qui n’est autre que le fameux Point Oméga ou Christ Cosmique de son maître panthéiste Teilhard de Chardin. Ce Point Oméga représente le point ultime du développement de la conscience surgissant de la matière vers lequel se dirige l'univers, où se consommera l’union totale de l’homme, du monde et de Dieu.

Dans le paragraphe suivant François explique le sens de son faux principe: il s’agit bien d’un processus évolutif nécessaire et inéluctable qui se déploie dans les évènements de l’histoire humaine. Cette notion est le fondement idéologique du « progressisme » marxiste et elle implique une vision moniste de la réalité, sans aucune place pour la liberté ni la transcendance divine. On aura l’occasion d’en reparler par la suite. Voici le texte:

« Le temps ordonne les espaces, les éclaire et les transforme en maillons d’une chaîne en constante croissance, sans chemin de retour. Il s’agit de privilégier les actions qui génèrent les dynamismes nouveaux dans la société et impliquent d’autres personnes et groupes qui les développeront, jusqu’à ce qu’ils fructifient en évènement historiques importants. » § 223

Mais revenons au § 3 d’Amoris Laetitia. Après nous avoir rappelé le principe absurde selon lequel « le temps est supérieur à l’espace », et que vous n’oublierez sans doute pas de sitôt, François nous explique que dans l’Eglise on a besoin de garder « l’unité de doctrine », mais que « cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations de certains aspects de la doctrine ».

Pour comprendre comment il peut tenir allègrement ces propos contradictoires dans une même phrase, il ne faut pas perdre de vue que le principe de non contradiction n’a strictement aucun sens pour quelqu’un qui adhère au principe de l’évolution, dans laquelle les conflits, les crises et, justement, les contradictions, constituent le véritable moteur du progrès, le dynamisme dialectique qui rend possible l’ascension progressive de l’esprit humain vers la conscience absolue, c’est-à-dire, vers la divinisation.

Une fois introduits le pluralisme et le relativisme doctrinal, personne ne s’étonnera si François se permet de tenir des paroles aussi ahurissantes que celles-ci:

« […] on peut accueillir la proposition de certains maîtres orientaux qui insistent sur l’élargissement de la conscience, pour ne pas nous trouver piégés dans une expérience très limitée qui nous ferme les perspectives. Cet élargissement de la conscience n’est pas la négation ni la destruction du désir mais sa dilatation et son perfectionnement. » § 149

Je me demande: est-ce là un pape qui parle, ou bien est-ce un gourou de la new age? Je tiens à souligner que François dit cela en parlant du plaisir et de la sexualité, il est donc impossible de ne pas penser au Tantra, tradition ésotérique chamanique qui se retrouve dans les principales religions orientales, notamment l’hindouisme et le bouddhisme, et qui se sert de la sexualité pour « élargir la conscience », pour atteindre « l’illumination », le « réveil », à savoir, le passage de la conscience individuelle, limitée et dualiste, à l’état de « supraconscience » propre à la divinité. Il n’est pas besoin de préciser qu’on est là en plein panthéisme. Ensuite, en bon apôtre du féminisme et de l’égalitarisme, François profite pour saper l’autorité du chef de famille, expliquant que l’enseignement de Saint-Paul n’est qu’un « revêtement culturel » (!!!):

« […] il faut éviter toute interprétation inappropriée du texte de la Lettre aux Éphésiens où il est demandé que ‘‘les femmes soient soumises à leurs maris’’ (Ep 5, 22). Saint Paul s’exprime en catégories culturelles propres à cette époque; toutefois, nous ne devons pas prendre à notre compte ce revêtement culturel. » § 156

Dans un autre passage François soutient que la virginité consacrée n’est pas un état de vie plus excellent que le mariage[2]:

« Dans ce sens, saint Jean-Paul II a dit que les textes bibliques ‘‘n’offrent aucune base permettant de soutenir soit l’infériorité du mariage, soit la supériorité de la virginité ou du célibat’’ en raison de l’abstinence sexuelle. Au lieu de parler de la supériorité de la virginité sous tous ses aspects, il serait plutôt opportun de montrer que les différents états de vie se complètent, de telle manière que l’un peut être plus parfait en un sens, et que l’autre peut l’être d’un autre point de vue. » § 159

Ce qui est tout de même très fâcheux et pour François et pour Jean-Paul II, car ils tombent de plein fouet sous l’anathème du Concile de Trente:

« Si quelqu’un dit que l’état du mariage doit être placé au-dessus de l’état de virginité ou de célibat, et qu’il n’est ni mieux ni plus heureux de rester dans la virginité ou le célibat que de contracter mariage qu’il soit anathème. » (Mt 19,11; 1 Co 7,25; 1 Co 7,38-40) (Session XXIV, 10è canon sur le sacrement du mariage).

Pie XII a répété cette vérité dogmatique en 1954 dans son encyclique Sacra Virginitas[3]:

« Il faut affirmer -ce que l’Église enseigne clairement- que la sainte virginité l’emporte par son excellence sur le mariage. Le divin Rédempteur l’avait déjà suggéré à ses disciples, comme un conseil de vie plus parfaite, et l’apôtre Paul, après avoir dit du père qui donne sa fille en mariage: “Il fait bien”, ajoute aussitôt: “Et celui qui ne la donne pas en mariage fait mieux”. » […] Si donc, comme Nous l’avons écrit, la virginité l’emporte sur le mariage, cela vient surtout, sans doute, de ce qu’elle tend à réaliser une fin plus excellente; et que, de plus, elle offre un moyen très efficace de s’adonner totalement au service de Dieu alors qu’au contraire, l’âme de celui qui est engagé dans les liens et affaires du mariage est plus ou moins “partagée”. (§ 23) […] Cette doctrine qui établit l’excellence et la supériorité de la virginité et du célibat sur le mariage, comme Nous l’avons dit, a déjà été énoncée par le divin Rédempteur et l’Apôtre des nations; de même au Concile de Trente, elle fut solennellement définie comme dogme de foi divine et les Pères et les Docteurs de l’Église ont toujours été unanimes à l’enseigner. (§ 31) »

Par la suite François plaide pour la réintégration à la vie ecclésiale de tous ceux qui se trouvent dans une situation « irrégulière »:

« Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté ecclésiale, pour qu’il se sente objet d’une miséricorde imméritée, inconditionnelle et gratuite. Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile! Je ne me réfère pas seulement aux divorcés engagés dans une nouvelle union, mais à tous, en quelque situation qu’ils se trouvent. » § 297

« Tous », veut bien dire « tous », n’est-ce pas? C’est-à-dire, concubins, divorcés-« remariés », homosexuels, partisans de l’avortement et du « mariage » gay, etc. Or, personne n’est exclu « pour toujours » de l’Eglise, à condition qu’on se décide à changer de vie! Le problème est que, pour lui, il faudrait intégrer tout le monde, quelle que soit sa situation, c’est-à-dire, y compris ceux qui n’ont pas du tout l’intention de mettre un terme à leur vie scandaleuse. Et puis, dire que ce n’est pas dans la logique de l’Evangile de condamner pour toujours est assez cocasse, lorsqu’on pense à des paroles telles que celles-ci:

« Ensuite il dira à ceux qui sont à sa gauche: retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. » (Mt. 25, 41)

C’est tout de même Notre Seigneur qui l’a dit. Or, pour un gnostique, ces propos sont irrecevables, car grâce au processus évolutif, inéluctablement, tout le monde parviendra à son terme, à savoir, à la divinisation. Rappelons ici ces paroles de François à Eugenio Scalfari:

« Notre espèce, comme d'autres, s'éteindra, mais la lumière de Dieu, elle, ne s'éteindra pas, qui finalement envahira toutes les âmes et alors tout sera dans tous[4]. »

François affirme ici le salut universel par assimilation à l’essence divine. Dans cette vision des choses, il va de soi que l’idée que quelqu’un puisse être « condamné pour toujours » n’a strictement aucun sens. C’est du panthéisme à l’état pur, j’y reviendrai par la suite, car c’est l’erreur qui est à la base du discours et de la praxis de Bergoglio.

Ensuite il explique que si l’on vit son adultère avec une « fidélité éprouvée » et un « don de soi généreux » (cela ne s’invente pas!), même si ce n’est pas la situation « idéale » (!!!), on peut tout de même être réintégré, moyennant le « discernement » et le « regard différencié » des pasteurs, ce qui change tout, bien évidemment! :

« Les divorcés engagés dans une nouvelle union, par exemple, peuvent se retrouver dans des situations très différentes, qui ne doivent pas être cataloguées ou enfermées dans des affirmations trop rigides sans laisser de place à un discernement personnel et pastoral approprié. Une chose est une seconde union consolidée dans le temps, avec de nouveaux enfants, avec une fidélité prouvée, un don de soi généreux, un engagement chrétien, la conscience de l’irrégularité de sa propre situation et une grande difficulté à faire marche arrière sans sentir en conscience qu’on commet de nouvelles fautes. […] Il doit être clair que ceci n’est pas l’idéal que l’Évangile propose pour le mariage et la famille. Les Pères synodaux ont affirmé que le discernement des Pasteurs doit toujours se faire en distinguant attentivement les situations, d’un regard différencié. Nous savons qu’il n’existe pas de recettes simples. » § 298

Ceci relève de l’éthique de situation, qui dissout la morale dans un relativisme subjectiviste: il n’y a plus que les circonstances à considérer, il n’y a plus d’actes objectivement mauvais, purement et simplement, quelle que soit la circonstance. Le mariage chrétien, avec l’indissolubilité qu’il implique, n’est plus normatif mais devient un « idéal » qui n’est pas à la portée de tout le monde. Aussi s’efforcera-t-on de mettre en exergue les « valeurs positives » qui se trouvent dans les situations « irrégulières » (concubinage, adultère, duos homosexuels, etc.): « fidélité prouvée, don de soi généreux, engagement chrétien », etc. A-t-on besoin de préciser que de tels propos ne sont que d’affreux mensonges et qu’ils ne peuvent provenir que du père du mensonge?

Voici ce que disait Pie XII sur l’éthique de situation lors d’une allocution en 1952 au Congrès International de la Fédération mondiale des jeunesses féminines catholiques[5]:

« Cette éthique nouvelle est tellement en dehors de la foi et des principes catholiques, que même un enfant, s’il sait son catéchisme, s’en rendra compte et le sentira. Il n’est pas difficile de reconnaître comment le nouveau système moral dérive de l’existentialisme, qui, ou fait abstraction de Dieu, ou simplement le nie, et, en tout cas, remet l’homme à soi-même. »

C’est exactement le contraire de ce que dit François. Voici, à titre illustratif, quatre passages extraits d’Amoris Laetitia:

1. « Il faut un nouvel encouragement au discernement responsable personnel et pastoral des cas particuliers, qui devrait reconnaître que, étant donné que le degré de responsabilité n’est pas le même dans tous les cas, les conséquences ou les effets d’une norme ne doivent pas nécessairement être toujours les mêmes[6]. » § 300

2. « […] parfois nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile. » § 309

3. « Il est mesquin de se limiter seulement à considérer si l’agir d’une personne répond ou non à une loi ou à une norme générale, car cela ne suffit pas pour discerner et assurer une pleine fidélité à Dieu dans l’existence concrète d’un être humain. » § 304

4. « Cela nous offre un cadre et un climat qui nous empêchent de développer une morale bureaucratique froide en parlant des thèmes les plus délicats, et nous situe plutôt dans le contexte d’un discernement pastoral empreint d’amour miséricordieux, qui tend toujours à comprendre, à pardonner, à accompagner, à attendre, et surtout à intégrer. C’est la logique qui doit prédominer dans l’Église, pour faire l’expérience d’ouvrir le cœur à ceux qui vivent dans les périphéries existentielles les plus différentes. » § 312

Voici, enfin, une cinquième et dernière citation, tirée de son homélie à la Maison Sainte Marthe du 16 juin dernier et dans laquelle il qualifie la doctrine catholique traditionnelle d’hérétique, tout simplement. La situation est grotesque: cet homme fait preuve d’une effronterie inouïe, se croit tout permis, ne s’arrête devant rien, ment et blasphème comme il respire et il n’y a jamais personne qui ose lui faire face. Mais ce qui est le plus affligeant, c’est qu’apparemment presque personne ne semble concerné par cette situation inconcevable. Voici ses propos:

« C’est le sain réalisme du catholicisme. Il n’est pas catholique de dire ‘‘ou ceci, ou rien’’: ce n’est pas catholique. C’est hérétique. Jésus sait toujours cheminer avec nous, il nous donne l’idéal, il nous accompagne vers l’idéal, il nous libère de cette cage de la rigidité de la loi et nous dit: ‘‘faites jusqu’au point où vous pouvez aller.’’ Et lui, il nous comprend bien. Il est Notre Seigneur et voilà ce qu’il nous enseigne[7]. »

Mais revenons à l’allocution de Pie XII, pour mieux saisir l’opposition qui existe entre la doctrine catholique et les rêveries entretenues par François:

« Des rapports essentiels entre l’homme et Dieu, entre l’homme et l’homme, entre les conjoints, entre les parents et les enfants, des rapports essentiels de communauté dans la famille, dans l’Église, dans l’État, il résulte, entre autres choses, [suit une longue liste de comportements peccamineux, incluant l’adultère et la fornication] tout cela est gravement interdit par le Législateur divin. Il n’y a pas à examiner. Quelle que soit la situation individuelle, il n’y a d’autre issue que d’obéir. »

Ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour François et son « discernement personnel et pastoral approprié ». Pie XII affirme que, vis-à-vis de certaines actions, objectivement désordonnées, « quelle que soit la situation individuelle, il n’y a d’autre issue que d’obéir ». François, en revanche, déclare: « nous savons qu’il n’existe pas de recettes simples » et plaide pour un « regard pastoral différencié ». Cherchez l’erreur. J’irai même plus loin et je dirai: cherchez le pape. Oui, cherchez le vrai pape, celui dont l’enseignement est en conformité avec la doctrine de l’Eglise. Car, tout de même, est-il possible que deux pasteurs légitimes tiennent des discours diamétralement opposées en matière de foi et de mœurs? La contradiction logique, ferait-elle partie du dépôt de la foi? Etant donné que je ne suis pas prêt à embrasser la dialectique hégélienne, je ne peux répondre que par la négative.

En prenant inspiration du récit de la chute, on pourrait dire que, tandis que Pie XII déclare: « Vous n'en mangerez point et vous n'y toucherez point, de peur que vous ne mourriez », François, pour sa part, rétorque: « Mais pas du tout, vous ne mourrez point! Allez, chers enfants, approchez de la Sainte Table avec confiance, vous serez accueillis par ma miséricorde, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, découvrant enfin la joie de l’amour. » Voici un autre extrait du document:

« Leur participation [celle des divorcés-« remariés »] peut s’exprimer dans divers services ecclésiaux: il convient donc de discerner quelles sont, parmi les diverses formes d’exclusion actuellement pratiquées dans les domaines liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel, celles qui peuvent être dépassées. Non seulement ils ne doivent pas se sentir excommuniés, mais ils peuvent vivre et mûrir comme membres vivants de l’Église […] » § 299

Voilà le vrai but de François, celui de l’abolition pure et simple du péché. Selon lui, on peut vivre en état d’adultère et être en même temps un « membre vivant de l’Eglise ». Rien que cela. Et personne ne s’en émeut. Le fait que plus d’un milliard de catholiques puisse continuer d’appeler ce personnage diabolique « Saint-Père » est quelque chose qui dépasse complètement mon entendement…

Voici deux autres morceaux d’anthologie de Fornicationis Laetitia, la dernière Expectoration Eschatologique bergoglienne:

« Un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations irrégulières, comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés, qui se cachent ordinairement derrière les enseignements de l’Église pour s’asseoir sur la chaire de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées. […] À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché -qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement- l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église[8]. Le discernement doit aider à trouver les chemins possibles de réponse à Dieu et de croissance au milieu des limitations. En croyant que tout est blanc ou noir, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et nous décourageons des cheminements de sanctification qui rendent gloire à Dieu. » § 305

« Cependant, de notre prise de conscience relative au poids des circonstances atténuantes -psychologiques, historiques, voire biologiques- il résulte que sans diminuer la valeur de l’idéal évangélique, il faut accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour ouvrant la voie à la miséricorde du Seigneur qui nous stimule à faire le bien qui est possible. Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion. Mais je crois sincèrement que Jésus Christ veut une Église attentive au bien que l’Esprit répand au milieu de la fragilité: une Mère qui, en même temps qu’elle exprime clairement son enseignement objectif, ne renonce pas au bien possible, même si elle court le risque de se salir avec la boue de la route. » § 308

Voilà l’ « église » prônée par François, sous couvert d’une fausse notion de la miséricorde: une « église » où règne la confusion et qui ne craint pas de « se salir avec la boue de la route ». Il faut dire que cette « église bergoglienne » ne ressemble guère à l’Eglise catholique, à l’Epouse immaculée de l’Agneau, mais plutôt à une contre-église infernale prête à se mettre à la solde de l’Antichrist…

Le 16 juin dernier, à l’occasion du discours d’ouverture du Congrès ecclésial du diocèse de Rome, qui s’est tenu à la basilique de Saint-Pierre, François revenait sur le sujet, poussant l’impiété jusqu’à des limites insoupçonnables. Voici trois courts extraits:

1. « Ils préfèrent vivre ensemble, et cela est un défi, demande du travail. Il ne faut pas dire tout de suite: ‘‘Pourquoi est-ce que tu ne te maries pas à l’église?’’ Non. Les accompagner: attendre et faire mûrir. Et faire mûrir la fidélité[9]. »

2. « Je dois dire que j’ai vraiment vu une grande fidélité dans ces concubinages, une grande fidélité; et je suis certain que c’est un véritable mariage, ils ont la grâce du mariage, précisément en raison de la fidélité qu’ils vivent[10]. »

3. « C’est la culture du provisoire. Et cela se produit partout, même dans la vie sacerdotale, dans la vie religieuse. Le provisoire. C’est pourquoi la plus grande partie de nos mariages sacramentels sont nuls, car ils disent: ‘‘Oui, pour toute la vie’’, mais ils ne savent pas ce qu’ils disent, car ils ont une autre culture[11]. »

Mais alors, à quoi bon se marier si la plupart des mariages sont invalides et que les concubinages vécus dans la « fidélité » ont la grâce du mariage? Arrive-t-on à imaginer les effets délétères que les paroles de François peuvent avoir sur les couples qui traversent des moments difficiles et qui font de leur mieux pour rester fidèles à leurs engagements? A quoi bon continuer de se battre? N’est-il pas plus raisonnable de faire une demande de reconnaissance de nullité matrimoniale, puisque la plupart des mariages sont invalides, et de « refaire sa vie »?

En définitive, ce que François est en train de dire aux concubins est de ne pas se marier et, aux mariés, que leurs mariages n’ont aucune valeur. Je ne peux manquer de m’interroger: Est-ce possible de concevoir un message plus malfaisant à l’égard du mariage et de la famille? Peut-on raisonnablement croire qu’un tel message puisse sortir des lèvres du Vicaire de Notre-Seigneur?

Et enfin, troisième et dernière question: un vrai disciple de Jésus-Christ, a-t-il le droit de se taire face à ces attaques diaboliques et incessantes perpétrées contre la foi et la morale de l’Eglise précisément par celui qui passe aux yeux du monde pour être son Souverain Pontife?

[1] On lira avec profit le livre de F.-X. Peron, Le Synode sur la famille. La révolution du pape François, publié par Civitas fin 2015:
www.civitas-institut.com/…/le-synode-sur-l…
[2] www.lasapiniere.info/archives/2536
[3] www.virgo-maria.org/…/VM-2006-03-06-1…
[4] Entretien avec Eugenio Scalfari dans La Repubblica.
[5] ddata.over-blog.com/…/pie-xii--la-mor…
[6] Note en bas de page n° 336: « Pas davantage en ce qui concerne la discipline sacramentelle, étant donné que le discernement peut reconnaître que dans une situation particulière il n’y a pas de faute grave. Ici, s’applique ce que j’ai affirmé dans un autre document: cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium (24 novembre 2013), nn. 44.47: AAS 105 (2013), pp. 1038.1040. »
[7]http://fr.radiovaticana.va/news/2016/06/09/pape_fran%C3%A7ois__j%C3%A9sus_nous_enseigne_un_sain_r%C3%A9alisme/1235915
[8] Note en bas de page n° 351: « Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, ‘‘aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur’’: Exhortation apostolique Evangelii Gaudium (24 novembre 2013), n. 44 : AAS 105 (2013), p. 1038. Je souligne également que l’Eucharistie ‘‘n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles’’. (Ibid., n. 47: p. 1039). »
[9] www.vatican.va/…/papa-francesco_…
[10] Ibidem.
[11] Ibidem. Traduction rectifiée selon l’audio original italien (toutes les versions écrites ont été censurées): www.youtube.com/watch - (01:40 à 01:45)
Miles - Christi
Pour plus d’informations sur le pontificat de François, on peut consulter les ouvrages suivants: Trois ans avec François: l’imposture bergoglienne et Qu’il soit anathème. Trois ans et demi avec François: la coupe est pleine, publiés par les Éditions Saint-Remi, en quatre langues (français, anglais italien et espagnol): saint-remi.fr/fr/35-livres - www.amazon.fr/Boutique-Kindle-Miles-Christi/…More
Pour plus d’informations sur le pontificat de François, on peut consulter les ouvrages suivants: Trois ans avec François: l’imposture bergoglienne et Qu’il soit anathème. Trois ans et demi avec François: la coupe est pleine, publiés par les Éditions Saint-Remi, en quatre langues (français, anglais italien et espagnol): saint-remi.fr/fr/35-livres - www.amazon.fr/Boutique-Kindle-Miles-Christi/s