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Lisi Sterndorfer
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Regard monastique sur le gel. Vous êtes nombreux à nous avoir contactés pour prendre des nouvelles de Via Caritatis suite à l'épisode de gel historique qui a touché le vignoble français. Nous avons …More
Regard monastique sur le gel.

Vous êtes nombreux à nous avoir contactés pour prendre des nouvelles de Via Caritatis suite à l'épisode de gel historique qui a touché le vignoble français. Nous avons préparé cette vidéo pour vous partager un regard monastique sur cette épreuve.
Vous pouvez soutenir les moines et les vignerons Caritatis en achetant les vins sur la boutique en ligne : via-caritatis.com

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Verbatim
Vous êtes nombreux à nous avoir contactés ce jeudi 8 avril 2021 pour prendre des nouvelles en direct des dégâts occasionnés sur les vignes de Via Caritatis par le gel de la nuit historique qui venait de prendre le vignoble français dans un étau de froid.
Pendant cette nuit terrible de mercredi à jeudi, vers 4 heures du matin les moines chantaient le psaume 79 : « Tu plantas une vigne…Pourquoi la laisses-tu à l’abandon. Seigneur, reviens donc et prends soin de cette vigne ! ». Manière insolite de combattre la vague de froid qui promettait de dévaster les vignobles de notre pays. Alors que nombres de vignerons français font brûler des feux pour tenter de lutter contre le gel, sur cette colline de la Provence des papes, au cœur de la nuit, le grand feu de la prière des moines répand sa chaleur sur l’ensemble de ce territoire.
Les dégâts sont importants sur toute la partie sud du vignoble cultivé par les moines. Les parcelles des sœurs, plus en coteaux, sont beaucoup moins touchées. Nos Grenaches et nos syrahs en particulier en ont pris un bon coup. Dont certaines parcelles qui composent d’habitude les Lux Rosé et les Abbayes rouge, certains de nos plus grand vins. Nous allons cependant adapter notre travail sur les parcelles indemnes pour produire ces cuvées cette année encore. Nous remettons tout dans les mains de Dieu.
Ce matin, à la messe les moines ont particulièrement prié pour les vignerons, le prêtre a élevé un calice qui n’était pas encore le sang du Seigneur, mais qui allait le devenir et avec toutes ces souffrances…

Voici deux images
La première c’est la vraie vigne du Seigneur dans Isaïe qui dit « le bien-aimé avait une vigne sur un sol fertile, il la planta, il la bêcha »… il a pris tous ces soins pour sa vigne, mais au lieu de lui donner du bon raisin sa vigne lui a donné un mauvais jus. Le bon Dieu là-haut, il doit regarder sa vigne, c'est-à-dire nous, l’humanité toute entière.
Nous pleurons sur nos vignes, mais lui, il pleure sur bien plus grave, sur une humanité ou il y a tellement de pousses gelées. Il voit toute cette frange de l’humanité qui ne vit pas du côté de Dieu. Et qu’il n’y a plus de sève en eux.
Dans une telle situation, on est tenté de dire, « Où est le Dieu Providence, le Père du ciel qui s’occupe de nous ? » Mais il reste quand même une indication pour nous qui dit que la vie est un miracle, parce que les conditions de réalisation de la vie sont tellement ténues que finalement quand ça marche c’est un miracle. Tous les accidents de parcours qu’un paysan peut voir s’abattre sur sa récolte, lui ont appris que la grappe ou le fruit qui a résisté à toutes ces menaces est un miracle. Elle aussi d’ailleurs ; Et elle refleurira, comme après chaque catastrophe ; même si la récolte de cette année est bien compromise. C’est le miracle de la toute-puissante tendresse de Dieu posée sur nous comme sur la vigne.
Voilà pourquoi à l’aurore, pendant le chant des Laudes, à l’heure même où le froid enveloppait les vignes de France de sa brûlure la plus intense, les moines chantaient paisiblement le cantique des trois enfants dans la fournaise : « Benedicite gelu et frigus Domino…» « Gel et froid, bénissez le Seigneur ; soleil et lune, bénissez le Seigneur. Hiver et été, bénissez le Seigneur… » Dans la confiance que le Seigneur est le Maître de nos vies. Et qu’il fait tout concourir au bien de ses enfants.
Oui celui qui résiste est un miracle, oui la présence de Dieu est toujours là, mais cette épreuve peut être pour nous un appel à nous rendre compte que le Seigneur voit sa vigne à lui, c'est-à-dire nous. Et sur la vigne du Seigneur, il y a peut-être beaucoup de pampres abimés.
La deuxième image est celle du Christ en croix :
à Jérusalem, au moment de la crucifixion de Jésus, c’était vers le 6 avril, les températures devaient être encore très froides. 700 mètres d’altitude, début avril, nu sur une Croix pendant des heures…Oui le Christ crucifié qui s’est nommé la vigne véritable, lui aussi a subi le gel sur la croix pendant toute sa crucifixion, il ne faisait pas forcément en dessous de zéro, mais il était dans une situation de souffrance terrible par le froid. C’est une souffrance de Jésus à laquelle on ne pense jamais.
Oui, Jésus sur la croix a dû être terriblement torturé par le froid. Cela nous renvoie à cette image de la mort, mais aussi de la résurrection. Le Seigneur a tout assumé de nos souffrances, même le gel.
Finalement Dieu-Charité utilise ces désastres dans nos vies pour prendre la place. C’est le trésor des moines-vignerons depuis plus de 15 siècles. Et la raison de leur joie.»
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Une protection du gel originale