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Témoignage tragique -2- (2007) : combien d'histoires semblables depuis Vatican II !!!

Article précédent : Témoignage tragique -1- (2007) : combien d'histoires semblables depuis Vatican II !!!

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(érigée en 1960 et vendue aux évangéliques en 2001)

La petite histoire de la résistance québécoise à V 2

- Deuxième partie -

Scandaleux Premier Vendredi du Mois…

Tous les fidèles sont à genoux, le Saint Sacrement est exposé. Tout à coup, on voit entrer dans le chœur un homme vêtu d'un imperméable ; il s'approche de l'autel ; les fidèles bondissent ; il prend l'ostensoir, sort la lunule et la met dans sa poche d'imperméable. Un de mes amis, bondit dans le chœur, le saisit par l'épaule, le retourne vivement et le poing prêt à frapper le profanateur ; il s'arrête : le traître porte un col romain, c'est un prêtre de Mgr Grégoire. La police envahit l'église et nous intime l'ordre de sortir. On place des scellés sur toutes les serrures.

Nous voilà donc dehors. Le lendemain, dans tous les journaux du Québec, en première page, on voit ce prêtre mettre la Sainte Hostie dans ses poches.

Le curé Normandin déclare que jamais personne ne le fera passer le seuil de la porte de son église. Alors, qu'à cela ne tienne, dans la cour du presbytère, il y a une grande fenêtre ; le curé installe un autel de fortune et nous assistons à la messe dehors ; une roulotte nous sert de confessionnal à -35° ; les fidèles, agenouillés sur la glace ou la neige, se prosternent à l'élévation ; la communion, distribuée par l'abbé B. se fait sur le trottoir de la ville. La foi se manifeste publiquement : on gèle, on grelotte, mais rien ne nous aurait empêché d'assister à ces messes, dans cette cour à ciel ouvert qui nous sert désormais de cathédrale.

Le curé Normandin donne une entrevue : A la question du journaliste qui veut comprendre cette désobéissance au pape il répondra : Nous ne désobéissons pas, il n'y a plus de pape dans l'Église, actuellement.

Les plus clairvoyants (comme notre groupe de Montréal) nous jubilons : enfin, la vérité est lancée en pleine télé et aux heures d'achalandages d'écoute. Mais les autres factions s'énervent : la CRC et la FSSPX, les disciples de l'abbé Saey plus que les autres. Ils essaient de nous éloigner du curé et mettent sur lui beaucoup de pression pour avoir son silence devant les journalistes. Le curé est à bout de nerf.

8 ou 9 décembre 1975 : Le curé doit comparaître en Cour : une injonction est levée par Mgr Grégoire ; s'il ne s'y rend pas, c'est la prison pour outrage au tribunal. À 5 heures du matin, déjà, les journalistes font le pied de grue ; mais, fidèle à sa promesse de ne pas passer le seuil de son église, le curé sort avec dignité par une échelle apposée au balcon de sa chambre.

Le prêtre qui le remplacera est présent ; il entre dans l'église, et c'est ainsi que l'histoire de Sainte Yvette se terminera.

Mais nous ne nous comptons pas battus pour autant ; les intrus de V2 n'ont pas fini d'entendre parler de nous.

Milieu décembre 1975: L'abbé B. est demandé par Mgr Grégoire, il s'y rend ; Mgr, lui remet la lettre d'une sanction : interdiction de confesser, prêcher, et dire la messe sur le territoire de Montréal. L'abbé B. essaie de lui expliquer la situation, réponse de Mgr Grégoire: "J'aime mieux me tromper avec Paul VI que d'avoir raison contre Paul VI" ; fin de la rencontre. À noter : l'abbé B. fut le seul prêtre à recevoir une sanction.

Tard dans la soirée, chez nous, réunion de la résistance catholique. Nous discutons comment nous organiser.

L'abbé B. arrive et nous fait part de la sanction.

Première réaction : des intrus ne peuvent sanctionner un prêtre catholique. Tout cela n'a pas force de loi.

Deuxième réaction : tous demandent à l'abbé B. pour se confesser.
En cette soirée, les convictions se renforcent : ces hommes ne sont pas l'Église et, désormais, rien ne viendra ébranler cette conviction.

Conscients que la force de cette conviction n'est pas le partage de la majorité, qui elle, cherche le maintien des sacrements seulement, et non la défense de la Vérité, nous réagissons vite. Il faut donner des lieux où la messe pourra être célébrée, si nous voulons pouvoir instruire les fidèles de la situation et les amener à faire passer la gloire de Dieu avant la réception des sacrements.

On s'organise...

Noël approche, nous sommes sans lieu pour célébrer la messe ; les fidèles moins affermis sont découragés ; il faut réagir. L'abbé Coulombe (il en sera reparlé plus loin), ayant quitté sa fonction de vicaire en raison de la Messe, loge dans un collège de frères (les Maristes) ; il parvient à louer une salle du collège pour la messe de Minuit, et voilà notre première célébration hors les murs d'une église.

Mais la semaine on fait quoi ? En moins de deux (enfin, manière de dire : il a fallu travailler des jours consécutifs à la préparation du lieu, du matin jusqu'à la nuit), nous et des amis qui nous sont chers, Jeanne et Carl, nous nous organisons : nous à Montréal, eux à Laval. Une partie des maisons est transformée en chapelle très fonctionnelle : Notre-Seigneur Jésus-Christ y est toujours présent (j'ai été gâtée par le Ciel, c'était moi la sacristine). La messe est célébrée tous les jours (deux par jour : une à 6 h pour les travailleurs, l'autre à 8 h), les vêpres le dimanche, les premiers vendredi du mois, les quarante heures, reposoir du Jeudi Saint (que de nuits blanches aux pieds du Seigneur).

Quelquefois il y a du monde jusqu'à la porte de dehors : chez nous la chapelle est dans le sous-sol... (un baldaquin est installé au-dessus de l'autel : les plus grandes cathédrales du monde n'auront jamais pour moi la beauté de cette chapelle.) La chapelle, le sous-sol, la cave, l'escalier, le vestibule, tout est rempli : c'est magnifique.

On ne sait pourquoi, mais les voisins nous regardent avec un drôle de petit air !

Il reste à solutionner le dimanche : on ne peut pas faire avec deux chapelles, car l'abbé B. étant le pilier, il faut que les gens puissent l'entendre prêcher. Mais où, dans Montréal, trouvera-t-on un lieu ?

Petits éclaircissements sur l'abbé B. Il a toujours célébré la Messe Tridentine ; il est rattaché à un diocèse au Brésil (quoique Montréalais) ; il fit une partie de ses études à Rome ; il était réellement très clairvoyant, mais la suite de l'histoire montrera une chute lamentable. Pour nous, quand nous l'avons connu, nous avions déjà ces notions sur le N.O.M. et sur Montini : le sensus fidei, probablement de ma mère, femme d'une très grande foi qui, dès la fin de V2, parlait d'hérésies et de fondation d'une nouvelle religion.

C'est pour cela que nous sommes devenus les collaborateurs de l'abbé B. Le curé Normandin fut comme la figure la plus connue en raison de sa charge de curé, mais il n'était pas celui sur qui allait se greffer les autres prêtres fidèles.

Un Lieu de culte...

Des gens font des démarches pour trouver un lieu : ils nous assurent qu'ils n'ont pu trouver mieux qu'un club de nuit.

Janvier 1976 : Nous nous déplaçons alors vers un autre lieu, les gens sont craintifs. Un club de nuit : voilà ce que l'on dit être la seule place où l'on veut bien nous louer une salle, le dimanche matin :

Drôle de place : Les prêtres font l'exorciste des lieux à chaque dimanche mais, tout de même, l'odeur de bière et d'alcool cadre mal.

Cette situation est à notre sens intolérable, alors je vais, avec Robert, vers la commission des écoles catholiques de Montréal. Nous voulons louer une école, pour le dimanche ; les craintifs poussent les hauts-cris : « c'est dangereux ; ils vont nous repérer facilement, ils vont nous excommunier ». Réaction de ceux qui prennent la secte pour l'Église ; cela amène des conflits.

Nous réussissons à signer un contrat : Notre-Seigneur Jésus-Christ sera au moins dans un endroit moins profané. Coup de la Providence : nous tombons sur un concierge d'une gentillesse extrême, qui comprend notre situation ; il donne des locaux pour ranger nos affaires : Après tout, transporter un autel tous les dimanches, plus des confessionnaux portatifs, ce n'était pas un cadeau.

Louis est chargé de se rendre tous les samedis pour monter l'autel ; il accomplit un travail formidable. Louis fut le servant de messe de Mgr L., le premier après le sous-diacre (le cérémoniaire). D'ailleurs il a toujours été notre servant de messe principal.

Robert est chargé de l'enregistrement audio des sermons et conférences (dont nous pouvons nous servir pour renseigner les gens) ; il est un expert. Dès le début, comme dans la revue Sub Tuum_ et la Tribune Mi ca EL, nous avons compris que, hormis la doctrine sur la situation actuelle, il fallait aussi nourrir les âmes par une bonne spiritualité, car comment faire pour adhérera toutes les exigences de cette situation, si l'âme n'est pas fortifiée dans les vertus et l'amour de Dieu ?

Nous remplissons l'auditorium : plus de 600 personnes (pour la grand-messe).

Notons que pour le Québec c'est beaucoup, car les distances sont immenses : certains font 5 heures de route pour venir à la messe. L'abbé B est le prêtre autour de qui se greffent les autres. Maintenant la lutte peut commencer.

En 1976, l'abbé B. arrive à exposer la conclusion que le N.O.M. est invalide parce que basé sur les offrandes juives, et que ceux qui y participent ne peuvent recevoir la communion à la messe Tridentine en raison de leur "communicatio in sacris" avec les hérétiques. Les positions se durcissent et la guerre des nerfs commence : coups de téléphone, lettres, pressions. Il résiste, mais les prêtres qui l'entourent ne sont pas tous d'accord.

L'abbé B. sort un tract qu'il veut diffuser dans tout le Canada, au niveau des paroisses et des archevêchés : que d'enveloppes à coller !

Pour Montréal, les tracts seront distribués directement dans les églises. Oh! Oh!

On risque d'avoir des curés à nos trousses. On cherche des volontaires ; je m'inscris : la première sur la liste ; et me voilà partie vers toutes les paroisses de la ville. Pendant le N.O.M. je m'introduis dans les portiques et glisse le tract dans les feuillets paroissiaux. Il faut faire vite ; on risque de se faire attraper, ce n'est pas tout à fait légal. Une fois, je vais même avec mon compagnon de guerre (le grand Jean) jusqu'à entrer dans une église et placer les tracts dans tous les bancs.

On opère à une vitesse folle ; juste le temps de sortir et hop! Le curé est sur le perron, rouge de colère ; son regard cherche les coupables sur la rue ; nous nous éloignons à pas feutrés.

Voici ce petit tract. Son but : faire prendre conscience aux catholiques de la situation, une première approche.

IL FAUT AVOIR LE « FLAIR » CATHOLIQUE

N 'avez-vous pas été choqué par de « curieuses » cérémonies dans nos églises ?

N'êtes-vous pas en train de vous y habituer ?

« A force de tout voir, on finit par tout admettre ; à force de tout admettre, o finit par tout approuver. » (Saint Augustin)

La sanctification du Jour du Seigneur exige en notre temps un acte de prudence il ne suffit pas qu’une cérémonie soit « religieuse » pour qu'elle soit bonne.

Un catholique fidèle sait qu'il ne doit pas fréquenter les lieux de culte non catholiques. Or, le modernisme n’est pas catholique. L'Église l'a condamné solennellement. Le saint Pape Pie X en particulier, dans son encyclique Pascendi (8 sept. 1907).

Malheureusement, on célèbre dans nos églises des cérémonies entachées de modernisme. Un catholique fidèle n’a pas le droit d'y participer.

Vous les reconnaîtrez aux symptômes modernistes les plus certains : le changement pour le changement et le culte de l'homme. Cela se voit, cela se « sent » tout de suite, quand on a le flair catholique. Le modernisme est une hérésie, qu'il faut éviter plus farouchement que la peste. Dès que vous le « sentez », ne vous laissez pas contaminer. Mais fuyez les lieux de culte empoisonnés par le modernisme. Il y va de votre foi et de celle de vos enfants.

De la vraie foi, sans laquelle on ne saurait plaire à Dieu (Hébr 11,6) ni, par conséquent, faire son salut éternel (Jn 3, 15,18)

Ce tract est distribué par le Mouvement pour le maintien de la liturgie romaine traditionnelle, C.P. 326, Station Saint-Michel, Montréal.

Écrire à cette adresse pour tout renseignement, ou téléphoner à : xxx-xxxx(ici était le numéro de téléphone de notre maison).

Recherchez, même au prix de lourds sacrifices, la vraie messe catholique, la messe traditionnelle, la seule qui soit sûrement valide, sûrement licite et même sûrement légale dans l'Église, aujourd’hui comme hier. Elle est toujours célébrée publiquement par un nombre croissant de prêtres qui, devant l'anarchie et l'impiété des messes de la nouvelle liturgie, comprennent leur grave devoir de revenir à la messe sainte et irréprochable de leur ordination.

Le saint sacrifice de la messe de la tradition catholique est célébré tous les dimanches à l'école Lucien-Pagé, 8200, boul. Saint-Laurent, Montréal, à 8 h (basse messe) et à 9 h 30 (grand' messe). Bienvenue à tous. Il est demandé aux dames une tenue modeste et d'avoir la tête couverte.

N.B. Et s'il nous est absolument impossible d'assister à la vraie messe catholique de la tradition ? direz-vous. N’oubliez pas que la Vierge à Fatima a dit qu'il viendra un temps où l'on n'aura plus que notre chapelet pour sanctifier le Jour du Seigneur [???]. Mieux vaut dire un Rosaire le dimanche, en famille ou avec des amis, que d'aller à une cérémonie qui offense gravement le Seigneur, à cause de son ambiguïté et de l'hérésie que cache cette ambiguïté.

L'heure est d'une extrême gravité. Ne grossissons pas le nombre des indifférents et des apostats, qui augmentent sans cesse. Mais restons inébranlablement fidèles à la religion catholique, telle que l'ont pratiquée nos pères. Rejetons toutes les nouveautés suspectes qui n'ont rien de catholique et constituent, en fait, une nouvelle religion.


Pendant ce temps à l'Archevêché de Montréal, une bombe éclate : Mgr André Chimichella, porte-parole de Mgr Grégoire, annonce qu'il y aura une grande cérémonie de baptême à la cathédrale : 7 moines bouddhistes seront baptisés, sans abjuration de leur idolâtrie. C'est comme si le diable nous ouvrait la porte toute grande ; pas question de manquer notre coup.

A la demande de l'abbé B., me voilà repartie en mission au monastère catho-bouddha avec mon compagnon d'arme ; le but : vérifier leur foi. Je n'ai aucune difficulté à obtenir une entrevue (ils cherchent des futurs membres) ; ils vont même jusqu'à me faire visiter le monastère et leur lieu de culte. Que vois-je ?

Un Bouddha, des moines prosternés à ses pieds, et une quantité impressionnante et étouffante d'encens qui brûle devant l'idole ; un petit crucifix est placé un peu en dessous de l'idole : bingo! Ils professent en entier la foi bouddhique et assimilent Notre-Seigneur au rang de prophète.

L'abbé B. dénonce publiquement le baptême et accuse les intrus de V2 d'apostasie publique. Les gens ont peur des représailles. De notre côté, nous achetons dans les journaux des pages de publicité, pour annoncer l'endroit où la messe se célèbre. Notre optique est que, si nous restons en cercle fermé (les gens qui connaissent la situation), nous laissons ainsi la multitude dans l'erreur. Les conférences se multiplient : l'abbé B. démontre que la nouvelle messe est invalide, que Rome est occupée par des intrus, et qu'on assiste à la fondation d'une nouvelle religion. Avant chaque sermon, il annonce (à l'intention de ceux qui sont membres de la FSSPX. CRC et disciples de l'abbé Saey) que s'ils ne cessent de fréquenter les églises nouvelles, il se verra dans l'obligation de leur refuser la communion. Les réactions sont fortes, et la guerre intérieure commence...

14 Septembre 1977: Nous formons une sorte d'association : Les pénitents de Jésus Crucifié ; l'abbé B. en est l'aumônier.

Le but premier des pénitents est la défense de l'Eglise et ce, même au prix de notre vie : nous le jurons au pied de l'autel.

Les factions dissidentes ne voient pas d'un bon œil cette association, et redoublent les pressions sur l'aumônier ; nous notons un changement chez l'abbé B., une sorte d'hésitation à donner son consentement pour la mise en marche d'une tournée de conférences sur la situation.

Nous avons beaucoup de détracteurs, particulièrement de ma mère, en raison de son intransigeance et du fait qu'elle est très impliquée dans l'organisation de la défense. Elle prévient l'abbé B. qu'il est toujours dangereux de se mettre à l'écoute des calomniateurs, sous prétexte qu'ils sont de vieilles connaissances.

Et ce qui devait arriver arriva. L'abbé B. change de cap complètement, nuance tellement ses positions, que la dilution qu'il en fait rend toute résistance impossible, voir même indéfendable. Mais que fait-il de tout son passé, de toutes ces questions qu'il avait résolues ?

Il faudra bien un coupable, une victime ; ma mère en tête et nous, à sa suite, deviendront les cibles. Ma mère sera traînée sur la place publique, elle perdra sa réputation ; on la traitera comme une moins que rien, mais on ne la fera pas fléchir ni concéder quoi que ce soit aux ennemis du Christ.

Un matin de mai 1978. il arrive comme à l'ordinaire pour la messe, mais à la fin, il condamne la chapelle qu'il avait lui-même bénie et réclame sa fermeture. Le samedi à minuit, il téléphone chez nous : c'est moi qui réponds. Il me menace de nous refuser la communion le lendemain ; je lui dis que rien ne l'autorise à poser un geste semblable.

Dimanche : Louis, Robert, Anne-Marie et moi nous nous présentons à la messe ; le sermon arrive, l'incroyable se produit : il nous déclare en état de péché mortel, du haut de la chaire de vérité, pour désobéissance à ses ordres.

La communion arrive, nous nous approchons et l'abbé B. passe tout droit.

Les CRC, FSSPX, et disciples de l'abbé Saey jubilent, c'est l'heure des enfants des ténèbres. Les autres sortent têtes basses, mais la réception des sacrements est leur premier but ; ils nous disent : "Nous savons bien qu'il n'avait pas le droit de faire cela, c 'est un scandale, mais..."

J'ai tenu à relater cet épisode douloureux de notre résistance, car les manques de charité, publics ou privés, doivent être réparés, selon l'enseignement du Saint Concile de Trente, sinon leurs auteurs glissent dans un abîme sans fin et peuvent finir par perdre la Foi. L'abbé B. en fut une preuve parmi tant d'autres.

Aujourd'hui, cet abbé, si clairvoyant, célèbre le N.O.M. et fait des concélébrations avec ceux que, jadis, il appelait hérétiques, schismatiques ou apostats.

Montini meurt.

La superstar de Rome arrive et tout s'écroule : les prêtres se laisseront charmer par les artifices de cet homme perfide et tous, à l'exception de l'abbé Coulombe, se rangeront derrière lui. La résistance sera décimée. Beaucoup rejoindront les rangs de la fraternité et perdront ainsi peu à peu la Foi...

Une amitié se brise...

L'abbé Coulombe était le dernier de qui nous nous serions méfiés : ami intime de nos familles (plus de 40 ans d'une amitié solide). Il prit la relève dans les chapelles (devenues maintenant privées). Nous avions la messe une fois la semaine, et le dimanche nous nous réunissions tous chez moi pour la messe.

Nous étions tous certains qu'il n'était pas unacum. Après un certain temps, avec son accord, nous louons une école (plus petite que la première) et nous annonçons la messe dans les journaux. Nous remarquons que les sermons sont faits comme si un saint pape régnait à Rome et que la messe dans les églises était tout à fait catholique. Bon, sur le coup, on se dit, question d'ajustement, mais non : ce que nous n'entendions pas à sa messe (parce que dit à voix plus basse) était le nom de Wojtyla. Alors il nous sort la théorie de l'una cum = pro. De plus, il dit : "s'il est pape je prie en union avec lui ; s'il ne l'est pas je prie pour lui". Que de rencontres et de discussions pour lui faire voir son erreur ; rien à faire. Après seulement deux semaines à l'école, nous annonçons aux fidèles, qui avaient déjà commencé à venir, que nous devons interrompre cette location en raison de I' "una cum" de Monsieur l'abbé. Ici se brise, par fidélité à la Foi, une amitié de plus de 40 ans. Monsieur l'abbé finira par se rattacher à la FSSPX ; "son évêque" favori sera Mgr Williamson, et il se nourrira d'un livre de soi-disant révélation qui annonce une ère de paix, qui frôlera dangereusement le millénarisme condamné par l'Église.

Nouvelle aventure et nouvelle déception...

Nous voilà pris avec une location d'une année et pas de prêtre. Dans cette période, quelqu'un nous recommande un prêtre français : l'abbé Jacques-Marie Seuillot, comme étant non una cum, et doué pour les conférences. Je prends un premier contact avec lui ; il semble gentil et confirme sa position. Nous décidons de jouer le tout pour le tout. Après plusieurs contacts téléphoniques, nous l'invitons à venir à Montréal, pour une série de conférences ; il accepte.

Une autre aventure commence pour nous. Ayant des contacts à Ottawa et en Beauce. nous organisons et réservons des salles de conférences pour ces villes (incluant Montréal). Montréal, Ottawa et Québec donnent un bon ciblage...

La grande journée arrive, nous allons chercher l'abbé Seuillot à l'aéroport ; tout semble normal, sauf cette valise (en surplus de ses bagages) qu'il trimbale avec lui. Nous lui en demandons le contenu (c'était vraiment intriguant) : il l'ouvre, oups! Les Cahiers de Cassisciacum !

Vous dire la déception que nous avons ressentie est impossible. Jamais il n'avait parlé de cette revue. Cependant, nous sommes en 1980. Il explique que, pour lui, cette thèse ne va pas plus loin que de vouloir dire qu'un homme en blanc était à Rome ; mais il affirme, de façon catégorique, que cet homme en blanc n'a et ne pourrait avoir aucun pouvoir sur l'Église parce qu'il n'est pas dans l'Église ; enfin... De prime abord, sa position semble catholique et il semble sincère.

Devant ses explications, nous faisons une entente avec lui : dans les conférences, pas de publicité pour la revue. Entente qu'il accepte gracieusement, disant ne pas être attaché à cette revue ou thèse.

Les trois conférences font salle comble. L'abbé Seuillot repartira vers son pays, et, depuis, je n'ai plus jamais eu de nouvelles, si ce n'est dernièrement : j'ai remarqué son nom dans les centres de messes " non una cum"
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La tentative de confession publique de la Foi par la publication de l'Infâme Trahison

Nous voilà donc sans messe. Ma mère, qui ne veut pas que les âmes se découragent, et sachant que, face à cette situation, il nous faudrait tout de même avoir de la nourriture pour nos âmes, installe chez nous la "messe sèche" ou "messe blanche". Tous les dimanches, après la réunion de prières, nous nous réunissons pour l'étude du Catéchisme du Concile de Trente, de la Chaîne d'or de Saint Thomas d'Aquin, des Épîtres de Saint Paul, par Saint Thomas d'Aquin, et de différents Pères de l'Église, la doctrine des saints sur la spiritualité... enfin, nous sommes à l'école de la doctrine du Divin Maître. Nos dimanches sont entièrement consacrés à l'étude.

Pour nous, une dernière tentative : la publication de l'Infâme Trahison.Tout un projet, mais comment le faire connaître ? Je pars à la recherche d'une maison de distribution qui voudrait bien l'accepter. J'en déniche une de première importance :... elle vient de faire paraître, coup sur coup, 3 best-sellers (plus de 1 million d'exemplaires vendus, juste au Québec). L'argent coule à flots ; ils seront peut-être plus audacieux. L'entrevue commence mal : c'est un Juif... Ouf !

Il m'explique que, pour eux, ce livre est un risque ; je rétorque qu'ils peuvent garder les revenus ; je ne demande que de la visibilité dans les librairies ; il me regarde d'un œil interrogateur... mais accepte.

Nous avons notre propre maison d'édition (Saint-Marc). Alors l'aventure commence : publicité dans les journaux, radios, (on m'y invite pour une entrevue), enfin tout le battage publicitaire qu'il faut.

M. Txxx me téléphone ; ça va plutôt mal : les libraires refusent le livre et quand ils le prennent, ils le placent de façon à ce qu'il ne soit pas visible.

M .Txxx est intrigué ; il pense à un complot et cela le met en rogne. Il insistera auprès des libraires. Un libraire finira par lui dire que l'archevêché avait donné des ordres au sujet de ce livre. M.Txxx est catastrophé ; jamais il n'a vu une chose semblable. Par principe de liberté d'expression, il ordonne aux libraires qui ont un contrat avec cette maison de diffusion de placer le livre à la vue.

Un mois s'écoule. M. T.xxx me téléphone ; le son de sa voix laisse présager le pire. Effectivement, suite à une machination de l'archevêché (ceci confirmé par les têtes dirigeantes de la maison de distribution), toutes les avances de fonds leur sont retirées et c'est la faillite.

Nous prenons le chemin des Catacombes. Nos voix sont interdites partout ; aucun journal ne veut diffuser même une lettre sur une tribune de réponse.

Nous suivons la carrière de l'abbé Zins qui deviendra un allié.

La dernière déception...

Une personne nous recommande un prêtre québécois, ancien de la Fraternité, ancien prieur de Shawinigan, sorti en raison de l' una cum, à la fin des années 70.

Ancien religieux, (Frère des Écoles Chrétiennes), il alla à Écône et fut ordonné dans le milieu des années 70. Ce prêtre manque de solidité doctrinale (c'est à lui que seront remis les documents de l'abbé B., dans le but de l'aider). Il n'a pas beaucoup de facilité pour s'exprimer mais, chez nous, dans le privé, cela ne pose pas une grande difficulté. Il viendra pour la messe toutes les trois semaines.

Un jour, il recevra un gros don de sa famille et il lui prend l'idée de faire bâtir une chapelle sur son terrain. Il reste à la campagne et a un terrain immense. La chapelle s'ouvre, nous y allons régulièrement, même sur semaine. Un petit local, indépendant de sa maison, nous donne toutes les commodités qu'il faut.

Dans sa région, il fait de l'annonce ; là, je commence à craindre. Dans le même temps, l'abbé Zins, dans sa revue, parle du silence des prêtres. Je tente ma chance et lui en parle : avec les gens susceptibles de venir, il faudra qu'il explique clairement sa position, la nouvelle messe, les intrus de V2.

Tout cela semble le dépasser ; alors il me demande de rédiger un petit feuillet, en plus du livre l'Infâme Trahison, que l'on poserait à l'entrée de la chapelle.

Je n'aime pas cela, mais j'accepte en me disant que c'était un moyen de lui donner un coup de main.

Avant de le faire, j'attends, pour voir comment il va se débrouiller : après tout, l'éloquence n'est pas obligatoire ; l'important c'est ce que l'on dit.

Non loin de chez lui, il y beaucoup d'Indiens, ils viennent nombreux. On voit. par leur comportement, qu'ils viennent directement de la nouvelle religion : pas de génuflexion en entrant, ils restent debout pendant l'élévation, les femmes n'ont pas la tête couverte... enfin, plein de détails comme ça qui montrent leur ignorance. Première réaction : on se dit, c'est normal, ils ont besoin seulement d'être formés. Puis, l'abbé ne prêche plus, l'enseignement s'estompe.

Alors, j'écris le feuillet et le lui montre ; il me dit d'ajouter son nom avec son autorisation ; en plus, de placer des livres de l'Infâme Trahison, de déposer le tout sur la table en entrant dans la chapelle.

Le lundi soir, je reçois un appel téléphonique, c'était l'abbé. Il me dit qu'il a enlevé tous les livres et me défend d'en déposer d'autres ; il prétend que la messe est la principale raison de sa chapelle, que l'enseignement est secondaire.

Tout cela parce que la fille du grand chef Indien de la région avait été offusquée d'apprendre que la nouvelle messe était non catholique et que le Siège de Pierre était vacant. Car, faute d'enseignement, ces gens venaient à la Messe en latin, comme ils disaient, parce que c'était plus beau, mais, en semaine, ils allaient dans leur paroisse. Je comprenais la réaction de cette dame ; mais il fallait tout simplement la calmer, et reprendre l'explication, en lui démontrant la justesse du jugement ; et cela, l'abbé ne voulait pas le faire. Le silence coupable serait maintenant le maître des lieux, et nous, en exil : pas question de cautionner, par notre présence, le silence qui laisse les âmes dans les ténèbres.

Fondation d'un école privée à domicile

Durant cette lutte, renseignement des enfants dans les écoles publiques devint un sérieux problème. La catéchèse, d'abord facultative (lorsqu'elle était refusée, l'enfant était envoyé à la bibliothèque, pendant le cours), est maintenant obligatoire : si elle est refusée, le cours de morale est imposé, et quelle morale !

Dans ces cours, on enseigne la normalité de l'homosexualité, les « religions » y sont présentées comme une autre façon, sans plus, d'aimer Dieu. En plus ce gouvernement impose les cours de formation sexuelle à des enfants de 5 ans.

Quand les enfants sont plus âgés (à 10 ans), eh bien ! les écoles organisent des journées spéciales, style : la journée du condom, et on en distribue à tous les élèves. Devant tout cela, les parents catholiques refusent de laisser leurs enfants à l'école. Ils sont 13 ; que faire ?

Alors, devant ce fait, ce drame plutôt, j'organise avec l'aide de deux catholiques (professeurs) une école chez moi. Tous les jours de la semaine, l'enseignement sera donné et ce, pendant plus de 15 ans. Certains voisins seront rébarbatifs à voir tant d'enfants chez moi ; alors commencera, pendant une année entière, les visites régulières des pompiers, policiers, inspecteurs de la ville. Dieu aidant, jamais on ne nous obligera à demander un permis légal.

Et, un jour d'octobre 2006, nous sortons de l'ombre des catacombes avec la Tribune Mi ca El, affermis dans la Foi et blindés devant tous les compromis ou attaques. Que ma mère aurait aimé voir ce jour !

Source : catholique.forumactif.com/t28-la-petite-h…

>>> La Troisième partie

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Album ACTU

>>> BERGOGLIO = 666 !!! Troublant, non ?
>>> Le CAS d'un PAPE HÉRÉTIQUE : si François l'est, concluez.
GChevalier
Je suis absolument conscient
De faire grincer bien des dents,
Mais on ne doit pas frelater
Ce qui est stricte vérité.
Les tradis se sont trompés,
Toutes tendances confondues,
Et qui donc en a profité ?
L'Antéchrist-François bien entendu !
Montfort AJPM
Notre-Seigneur ne bénit pas
Les chapelles sauvages :
Cela ne se peut pas
Puisqu'elles sont sauvages,
Où tout se fait illicitement
Et bien souvent invalidement,
Quoiqu'on utilise le latin
Mais pour de mauvaises fins.
AJPM
La seule consolation, la seule espérance des âmes du Purgatoire, c'est Dieu lui-même ;
Je suis la seule espérance des humains, assure Antéchrist, et leur baraque est ma Maison commune !