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Enterrement de première classe

Article précédent : L'Antéchrist annonce « l'imprévisible » : le voici dans cet article (augmenté d'un autre)

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Quelqu’un veut-il liquider le monachisme ?

Blog d’Aldo Maria Valli, le 8 septembre 2018

[Je réunis ces trois articles en un seul.]


Vultum Dei quaerere et Cor orans : comment s’attaquer à l’autonomie des monastères

(premier de trois articles)

Dans l’exhortation apostolique Gaudete et exsultate sur l’appel à la sainteté dans le monde contemporain (19 mars 2018), à un certain moment, dans la section consacrée à L’activité qui sanctifie, nous lisons : « Il n’est pas sain d’aimer le silence et d’éviter la rencontre avec autrui, de vouloir le repos et de rejeter l’activité, de chercher la prière et de sous-estimer le service. Tout peut être accepté et intégré comme faisant partie de son existence dans ce monde, et devient partie intégrante du chemin de la sanctification. Nous sommes appelés à vivre la contemplation aussi au milieu de l’action, et nous nous sanctifions dans l’exercice responsable et généreux de notre mission. » (n. 26)

Comme cela m’arrive souvent avec François, j’ai lu et relu le passage plusieurs fois, avec un déconcertement croissant. Mon collègue Marco Tosatti, devant ces mots, a commenté : « Les moniales cloîtrées et les religieuses contemplatives seront heureuses. En cinq lignes, le Souverain Pontife liquide un couple de millénaires de monachisme contemplatif, masculin et féminin. »

Ce qui est frappant, c’est la confusion combinée à la superficialité, le tout assaisonné de vivacité. Comment ça, ce n’est pas sain d’aimer le silence ? Et comment peut-on penser que le silence amoureux signifie « vouloir se reposer » ? Et comment penser que « chercher la prière » est quelque chose à opposer au service ? Et pourquoi mettre « la rencontre avec l’autre » en tête de tout, alors que ce qui compte, c’est la rencontre avec Dieu ?

Tout dans ces mots me semble faux, le résultat d’une vision difficile à comprendre. De toute façon, je n’y pensais plus.

Puis, quelques jours après la publication de Gaudete et exsultate (un document qui ne me convainc pas à bien d’autres égards), le Vatican a annoncé Cor orans, une instruction d’application sur la vie contemplative des femmes, qui porte la date du 1er avril 2018 et les signatures du Cardinal João Braz de Aviz et Mgr José Rodríguez Carballo, respectivement préfet et secrétaire de la Congrégation des Instituts de vie consacrée et Sociétés de vie apostolique.

Cor orans est une sorte de manuel pour l’application du Vultum Dei quaerere, la constitution apostolique sur la vie contemplative des femmes signée par François le 29 juin 2016.

Ce qui est curieux, c’est que Vultum Dei quaerere (également dans l’édition de la Libreria Editrice Vaticana) compte 62 pages, contre 108 dans le manuel à utiliser pour son application. Pourquoi tant de ponctualité ? Qu’est-ce qui est en jeu ici ?

Impressionné négativement par les paroles de Gaudete et exsultate rapportées au début, je relis Vultum Dei quaerere sous un jour nouveau et j’approchai Cor orans avec une certaine suspicion. Je me demandais, où est la tromperie ? Voulez-vous voir que quelqu’un est vraiment au travail, pour utiliser le terme de Tosatti, pour liquider le monachisme (dans ce cas-ci féminin) ?

Vultum Dei quaerere est apparemment un document qui loue ceux qui font le choix de la vie contemplative au sein des communautés « placées comme des villes sur la montagne et des lampes sur la lucarne » (n. 2), mais, en pratique, comme le note Hilary White dans The Remnant ( remnantnewspaper.com/…/3906-pope-franc… ) si vous le lisez avec les lunettes mises à votre disposition par Cor orans, vous découvrirez que la constitution est une sorte de « boule de démolition » du monachisme, du moins tel que l’Église l’a connu jusqu’à nos jours.

Nous sommes sur le point d’entrer dans un domaine éminemment légal et donc compliqué. Dans ces cas-là, il semble que l’autorité essaie de prendre les bénéficiaires par épuisement, de sorte qu’à un moment donné, ils disent : d’accord, vous avez raison. Mais tu n’as pas à abandonner si facilement.

Avec Vultum Dei quaerere, l’Église se débarrasse de ce qu’elle a déjà produit sur le sujet : articles du Code de droit canonique, Constitution apostolique Sponsa Christi de Pie XII (1950), instruction Inter praeclara de la Sacrée Congrégation pour les Religieux (1950), instruction Verbi sponsa sur la Vie contemplative et la vie des Sœurs (1999). Dans les dispositions finales, le ton est péremptoire : tout dépasser. Mais pourquoi ? Dans quel but ?

En lisant attentivement, on découvre que la question est celle de l’autonomie (à tous les niveaux) des monastères. C’est cette autonomie que vous voulez frapper. C’est cette autonomie ancienne et profondément enracinée que vous voulez abolir. Et encore une fois, la question se pose : pourquoi ?

Avant de répondre, il faut se rappeler ce qu’est un monastère et quelle valeur a son autonomie.

Au sein d’un ordre religieux (Saint Benoît, Saint Dominique, Sainte Claire, etc.), chaque monastère est né comme une petite île d’un archipel, où les liens avec les autres monastères sont spontanés et encore doux. Contrairement aux maisons des congrégations religieuses féminines, les monastères de moniales sont sui iuris : cela signifie que, par rapport au régime interne, ils sont autonomes et indépendants. Ils ont donc le droit de se gouverner seuls sans être soumis à d’autres supérieures que la supérieure interne élue par le chapitre. L’abbesse ou la prieure gouverne la communauté sans que ses actes soient vérifiés, modérés ou confirmés par une autre supérieure majeure. Les monastères n’ont aucune relation les uns avec les autres ni aucune subordination les uns aux autres en ce qui concerne le régime, mais ils sont absolument et parfaitement indépendants. Ils sont unis entre eux et avec l’ordre religieux par des liens moraux et spirituels, dans la mesure où ils reconnaissent tous le même fondateur ou fondatrice, professent la même règle, jouissent des mêmes privilèges, s’entraident par le suffrage et par la fraternité de la prière et de la communication spirituelle. En raison de leur autonomie, les sujets rejoignent la communauté pour le reste de leur vie et, par profession, ils y sont incorporés directement, avant même d’y être intégrés dans l’ordre. C’est pourquoi chaque monastère a son propre noviciat et l’esprit commun de l’ordre offre dans chacun d’eux des modalités particulières, avec un caractère familial marqué, de sorte que les membres forment une famille permanente sous le gouvernement de l’abbesse ou de la prieure.

En ce qui concerne le monde extérieur, les monastères dépendent du pape comme supérieur suprême, mais ils sont aussi soumis à la vigilance (et non à l’autorité) de l’ordinaire du lieu ou des supérieurs de l’ordre masculin correspondant, s’ils y sont reliés. L’autonomie et l’indépendance mutuelle des monastères, « obtenues plutôt par les faits que par la loi » (art. VII, par. 2 des Statuts généraux des moniales par Pie XII, 1950), découlent de l’organisation et du caractère particulier que la règle de saint Benoît a donné à l’institution monastique et en particulier, pour les monastères féminins, elle est la conséquence directe de la vie étroite, solitaire et contemplative, à laquelle les moniales se sont totalement et exclusivement consacrées.

Les modalités d’application de la règle, c’est-à-dire les constitutions et tout autre code, après avoir reçu l’approbation du Saint-Siège, peuvent varier d’un monastère à l’autre. Les différences entre les monastères d’un même ordre, bien que fondées sur la même règle, peuvent donc être considérables. Chaque monastère, généralement enraciné dans la réalité locale, décline sa spiritualité d’une manière originale, donnant vie à des traditions qui, à travers les siècles, font des monastères eux-mêmes autant d’univers complètement uniques et différents les uns des autres.

Mais voici un nouveau sujet : les fédérations. Prévues dans la constitution apostolique de Pie XII Sponsa Christi (21 novembre 1950), qui les encourage et les recommande, mais ne les impose pas, les fédérations veulent être un instrument d’entraide. Nous sommes dans l’après-guerre et un grand nombre de monastères sont dans un état critique, y compris en ce qui concerne les biens matériels. Les fédérations de monastères naissent donc comme organisations de soutien. En fait, au fil des ans, ils finissent par mettre en danger l’autonomie par des intrusions continuelles dans la vie communautaire et des pressions psychologiques pour que toutes les communautés se conforment à la ligne dictée par la majorité. Il y a souvent des conséquences négatives sur la vie spirituelle des moniales individuelles. De plus, l’alternance entre deux autorités (d’un côté l’abbesse, de l’autre la présidente de la fédération) crée conflit et confusion, exposant les moniales, au moins les plus fragiles et les moins préparées à affronter les drames de la conscience, la peur du manque d’obéissance et des vœux, sans parler des fractures dans les communautés et des perturbations continues dans la vie contemplative.

Bref, sur la base de cette expérience dévastatrice, une mesure sensée aurait été l’abolition des fédérations, ou du moins leur réduction décisive, afin de permettre le respect des traditions religieuses à tous égards (spirituel, liturgique) et le retour à la pleine autonomie. C’est le contraire qui est la réalité. Avec Vultum Dei quaerere, en effet, les fédérations sont rendues obligatoires et Cor orans, par ses 289 points, le réaffirme en détail, plaçant les monastères dans une structure bureaucratique qui n’a rien à voir avec leur indépendance mais, au contraire, semble faite spécifiquement pour l’abaisser. En effet, outre les fédérations, nous avons les associations des monastères, les conférences des monastères, les confédérations, les commissions internationales et les congrégations monastiques. Tous les organes avec leurs propres organes directeurs, selon une logique qui semble empruntée à celle des partis politiques et des syndicats.

Cette obsession de l’organisation et du contrôle pyramidal masque complètement le sens profond de la vie monastique. La prière et l’adoration deviennent presque un détail. Au premier plan, cependant, il y a la structure, conçue pour mortifier l’autonomie et « normaliser » les communautés.

Mais c’est tout le décor qui semble déformé. Dans Cor Orans, une sonnette d’alarme retentit immédiatement, au point 19, où nous lisons : « Un monastère de moniales, comme toute maison religieuse, est érigé en tenant compte de l’utilité de l’Église et de l’Institut. » Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire, « garder l’utilité à l’esprit » ? Depuis quand le critère de l’utilité est-il devenu fondamental pour une communauté de contemplatives ? Et de quelle manière, alors, peut-on déterminer l’utilité d’un monastère dans lequel les moniales, peut-être de stricte solitude, passent leur vie dans la prière ? Comment un monastère peut-il s’avérer « utile » pour justifier son existence ?

Le critère de l’utilité est lié à celui de l’action. Vous êtes utile si vous accueillez le migrant, si vous soignez les malades, si vous éduquez l’enfant, si vous aidez les pauvres. Mais si vous êtes un monastère de vie contemplative, votre « utilité » est d’un autre ordre.

Le document, cependant, ne semble pas se soucier tant de la qualité de la vie de prière qui, en fin de compte, correspond à l’identité même d’un monastère. Ce que Cor orans fait avec beaucoup d’engagement, c’est plutôt de souligner la nécessité d’une « continuité » avec le Concile Vatican II et sa théologie, à la lumière de l’évolution des conditions sociales. Ainsi, si une communauté monastique, en vertu de sa spiritualité et de sa tradition séculaire, voulait par exemple prier et rendre gloire à Dieu par le rite antique, serait-elle interdite ?

Nous continuerons dans un prochain article l’examen des nœuds critiques de l’instruction applicative Cor orans, à savoir que mettre en danger l’autonomie et l’indépendance des monastères constitue une attaque contre un patrimoine séculier et précieux de la foi.

Source : www.aldomariavalli.it/…/qualcuno-vuole-…

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Quand au nom du renouveau la vie contemplative est détruite

Blog d’Aldo Maria Valli, le 9 septembre 2018

Vultum Dei quaerere et Cor Orans : entre ambiguïtés et incohérences

(deuxième de trois articles)

Dans l’article précédent, nous avons traité du risque que courent les monastères féminins, du point de vue de leur autonomie et donc de leur vie même, à cause du contenu de Vultum Dei quaerere, la constitution apostolique sur la vie contemplative du 29 juin 2016, et de Cor orans, l’instruction appliquée sur la vie contemplative féminine, documents qui rendent obligatoire l’affiliation des monastères aux fédérations.

Dans Cor orans, la demande que les monastères, par l’intermédiaire des fédérations, « surmontent l’isolement » (n. 7) est mise en évidence. Mais le fait qu’un monastère s’isole, étant donné sa nature, doit être une valeur à promouvoir et non une limite à surmonter.

Nous trouvons alors la demande que les monastères, à travers les fédérations, « favorisent une observance régulière et une vie contemplative » (n. 7), mais l’expérience a montré que les fédérations ne l’ont pas faite. En réalité, elles ont imposé des sorties et des comparaisons continues, elles ont introduit des perturbations et des déséquilibres, et de cette façon elles n’ont pas favorisé la vie contemplative, mais l’ont plutôt sapée, parce que les sorties, les rencontres, les discussions et les cours sont des facteurs qui n’ont rien à voir avec la spiritualité de ceux qui décident de quitter le monde pour vivre en prière.

Mais ce document met surtout en péril l’autonomie juridique du monastère. En fait, nous lisons que « l’autonomie juridique doit être constamment vérifiée par la Présidente [de la fédération], selon son avis » (n. 43). De plus (n. 45) s’il y a moins de cinq moniales, elles perdent le droit d’élire leur propre supérieure et « dans ce cas la Présidente fédérale est tenue d’informer le Saint-Siège » en vue de la nomination d’une « commission ad hoc ».

Allons de l’avant. Au n. 54 nous lisons que l’affiliation à la fédération « est une forme particulière d’aide que le Saint-Siège vient établir dans des situations particulières en faveur de la communauté d’un monastère sui iuris qui présente une autonomie seulement affirmée, mais en réalité très précaire ou, en fait, inexistante ». Mais quelles sont ces « situations particulières » ? Qui doit décider ? Selon quels critères ? Et qui peut dire que l’autonomie est « seulement affirmée » ? Si la présidente d’une fédération établit qu’une communauté n’a « fait qu’affirmé » son autonomie, qui peut s’assurer que son jugement est impartial ?

En réalité, le souci principal ne semble pas être de tout faire pour garantir la vie des communautés, mais d’arriver, à travers l’instrument de la fédération, à leur suppression. Nous lisons au n. 55 : « L’affiliation est configurée comme un support juridique qui doit évaluer si l’incapacité de gérer la vie du monastère autonome dans toutes ses dimensions n’est que temporaire ou irréversible, aidant la communauté du monastère affilié à surmonter les difficultés ou à disposer de ce qui est nécessaire pour réaliser la suppression de ce monastère. » Chef-d’œuvre de l’hypocrisie : ce qu’on appelle un « support » pour le « monastère autonome » est, en pratique, l’organisme qui a le pouvoir de vie ou de mort sur lui.

Et le pouvoir de la fédération est confirmé au n. 56, où il est établi que dans la « Commission ad hoc », en termes simples, la « Présidente de la Fédération » doit en faire partie.

Une expression ambiguë se trouve au n. 70, où nous découvrons que « parmi les critères qui peuvent aider à déterminer un jugement sur la suppression d’un monastère » il y a « une fidélité dynamique » dans la vie et la transmission du charisme. Que signifie « fidélité dynamique » ? La fidélité, c’est la loyauté. S’il n’y a pas de fidélité, il y a infidélité, trahison. Être « dynamique », du point de vue de Cor Orans, c’est s’adapter au monde ? S’abandonner au modernisme ? Ou se plier aux diktats de la fédération ?

Une autre ambiguïté se trouve au n. 72, où, en ce qui concerne les biens d’un monastère supprimé, nous découvrons que le Saint-Siège peut disposer à les attribuer « à la charité » ainsi qu’à la fédération ou à « l’Église locale ». Que signifie « charité » ? Qui va avoir la marchandise ? Et sur quels critères ?

Au n. 74, il est dit que la vigilance « nécessaire et juste » sur les monastères doit être « exercée principalement - sinon exclusivement - par la visite régulière d’une autorité extérieure aux monastères eux-mêmes », et au n. 75, il est précisé que cette tâche appartient à la « Présidente de la Congrégation pour le Monastère féminin », « au supérieur majeur de la congrégation des hommes » et « à l’Évêque diocésain », mais, au n° 111 suivant nous constatons que « la Présidente de la Fédération, au temps fixé, accompagne le visiteur régulier en visite canonique. » En pratique, une supervision qui, une fois de plus, confère un grand pouvoir à la fédération.

Regardons donc de plus près cette fédération de monastères. La section de Cor orans qui lui est consacrée est la seconde, où se trouve au premier plan (n. 86) la nécessité pour les monastères de « ne pas rester isolés », car « une valeur indispensable » est celle de « communion ». Qui a dit ça ? Le mot lui-même, monastère, du latin monastērĭum et du grec ancien μοναστήριον (monastḗrion), vient de μόνος (mónos : solo, unico), et μονακός (monakós) signifie solitaire, ermite. La vraie valeur inaliénable du monastère n’est certainement pas dans la communion, ni avec d’autres monastères ni avec d’autres réalités religieuses, mais dans son unicité et aussi dans son isolement.

Mais les contradictions ne s’arrêtent pas là. Dans le n. 87 qui suit, il est dit que « la fédération est composée de plusieurs monastères autonomes qui ont des affinités d’esprit et de tradition et, même s’ils ne sont pas nécessairement configurés selon un critère géographique, dans la mesure du possible, ils ne doivent pas être géographiquement éloignés ». Une fois de plus, la question se pose : pourquoi ? Qu’est-ce que ça peut faire ? Le seul dessein que l’on peut voir derrière ces indications, encore une fois, est d’affirmer le rôle et la fonction de la fédération. Un rôle qui va jusqu’à garantir « l’aide à la formation initiale permanente » et promouvoir « l’échange de moniales et de biens matériels », avec de nombreuses salutations à l’autonomie du monastère !

Et au sujet de l’autonomie, énoncée en paroles mais niée en actes, ici au n. 93 le document révèle ce qu’il en est : « Conformément aux dispositions de la Constitution apostolique Vultum Dei quaerere, tous les monastères doivent d’abord adhérer à une Fédération. » Ce terme « d’abord » veut tout dire : en fait, il s’agit d’une obligation obligatoire. Et l’affiliation a un sens premier : administrer les biens des monastères.

Au n. 98 nous lisons : « Pour maintenir vivante et renforcer l’union des monastères (encore une fois : comme si c’était le but décisif du monastère, ndr.), en mettant en œuvre un des buts de la Fédération, une certaine communication des biens, coordonnée par la Présidente fédérale, est encouragée entre les monastères. »

« Une certaine communication de biens » ? Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? La seule chose qui est claire, c’est que la fédération, en la personne de sa présidente, doit s’en occuper.

Et qu’en est-il du suivant, le n. 99 ? Le voici : « La communication des biens dans une fédération se fait par des contributions, des dons, des prêts que les monastères offrent pour d’autres monastères en difficulté économique et pour les besoins communs de la Fédération. » Contributions, dons, prêts ? Et qui décide qui donne à qui, qui prête à qui ? Et dans quelle mesure ? Et pour quelles raisons ? Évidemment, la fédération décide et acquiert ainsi plus de pouvoir. Avec de nombreuses salutations, encore une fois, à l’autonomie des monastères individuels.

Avec ces exemples, nous pourrions continuer encore longtemps. A un certain moment, toujours en ce qui concerne les biens (argument principal), il est établi que la fédération doit constituer un « fonds économique (fonds fédéral) » dont le but est de « réaliser les objectifs fédéraux ». Lesquels ? Ce n’est pas clair. Il est très clair, cependant, que le fonds sera administré par la présidente de la fédération, surtout en ce qui concerne (n. 109) « l’aliénation des biens des monastères qui sont totalement éteints ».

La présidente de la fédération a un pouvoir énorme. Qui la surveille ? Qui a autorité sur elle ? Au n° 110, nous découvrons qu’elle sera élue « par l’Assemblée fédérale » et qu’« elle n’est pas supérieure majeure ». En fait, la présidente de la fédération est au-dessus même des supérieures majeures, ce qui détermine à nouveau un vulnus pour l’autonomie et l’indépendance du monastère, à tel point que (n. 141) il y aura des règles que les sujets devront observer même contre la volonté de leur abbesse, et la présidente de la fédération peut même décider de transférer une religieuse d’un monastère à un autre, même devant un refus de la supérieure majeure (n. 122).

Aussi en ce qui concerne les visites (de toutes sortes : canoniques, maternelles, sororales), la discrétion de la présidente de la fédération (« quand la nécessité l’exige ») est totale. En outre, à la fin des visites, la présidente « indique par écrit à la Supérieure Majeure du monastère les solutions les plus appropriées aux cas et situations qui sont apparus pendant la visite et en informe le Saint-Siège » (n. 115). Cela veut dire, la présidente commande et la supérieure exécute. Et qu’est-il arrivé à l’autorité de l’évêque ?

Dans le point suivant (n. 116) nous découvrons que la présidente de la fédération, lors de la visite canonique, vérifie que les « règles d’application » établies par Vultum Dei quaerere sont respectées. C’est ce qui l’intéresse. Pas la vie de prière, pas la pénitence, pas le jeûne, pas la qualité de la vie fraternelle, pas les relations entre sœurs, pas la fidélité au charisme, mais l’adhésion aux nouvelles règles.

En ce qui concerne, en particulier, la formation initiale, si la présidente découvre que, selon son jugement indiscutable, quelque chose ne va pas, comment cela se passe-t-il ? Informer la supérieure ? Tu en as parlé aux nonnes ? Non, elle « informera le Saint-Siège » (n. 117).

Le fait qu’il s’agit d’une intervention ayant un sens punitif peut être déduit de l’utilisation répétée du verbe « déférer ». Si le monastère n’est pas disposé et prêt à accepter tous les commandements dans le domaine de la formation, la présidente « renvoie la question au Saint-Siège », et il en va de même « pour ceux qui sont appelés à exercer le service de l’autorité ». Je veux dire, le contrôle total et la domination.

Il est également intéressant de découvrir que le pouvoir de la présidente de la fédération va jusqu’à choisir « les lieux les plus appropriés » pour organiser des stages de formation (les monastères ne sont pas bons ? Apparemment non. En fait, les fédérations choisissent actuellement des lieux « appropriés » comme les hôtels et les stations balnéaires) et fixent elles-mêmes la durée des cours. Combien de temps un cours doit-il durer ? Une semaine ? Un mois ? Un an ? Ce n’est pas connu. Mais ne vous inquiétez pas : la présidente de la fédération s’en chargera.

Une autre conséquence évidente est que les moniales devront quitter le monastère assez souvent. Ayant établi (n. 133) que l’Assemblée fédérale a pour tâche de « promouvoir un renouvellement adéquat » (mais pourquoi ? qui dit que le renouvellement est une valeur ?), le document prévoit trois types d’assemblée : ordinaire, intermédiaire et extraordinaire. Dans une logique qui semble appartenir plus à un parti politique ou à une association qu’à la vie contemplative, les moniales sont impliquées dans un tourbillon de réunions d’assemblée qui s’ajoutent à toutes les autres sorties, pour des cours, réunions, visites, etc. Une manière étrange de protéger et de promouvoir la vie de prière et de contemplation.

Il y a beaucoup d’autres points qui, en fait, nient l’autonomie des monastères et mettent en danger leur vie religieuse. Pensez à la figure de la secrétaire de la fédération (qui, comme la présidenta, dure six ans, contre trois de la plupart des supérieures des monastères), qui peut résider dans un monastère de son choix, une circonstance qui a causé des dégâts immenses : intrusion, subterfuge, confrontation, conflit entre secrétaire et abbesse.

Dans Cor orans, la section consacrée à la séparation du monde (l’aspect le plus significatif dans la vie des moniales) est la troisième, où nous voyons que le Saint-Siège a retravaillé l’instruction Verbi sponsa de 1999.

Pour les médias de masse, c’est la partie qui a le plus fait l’actualité plutôt que les autres, parce qu’il y a des règles sur l’utilisation des médias dans les monastères, mais du point de vue substantiel, ce qui compte, c’est ce que l’on attend de la clôture papale, c’est-à-dire ce qui est conforme aux règles établies par le Siège Apostolique.

Ce qui est le plus frappant ici, c’est l’abolition de l’adjectif « grave », qui, à Verbi sponsa, a été utilisé à plusieurs reprises en ce qui concerne le caractère obligatoire du cloître, des sorties et des entrées. Par exemple, s’il était dit précédemment que « l’octroi d’une autorisation d’entrée et de sortie exige toujours une cause juste et grave » (VS n. 15), on ne parle maintenant que de « juste cause » (CO, n. 194).

Il y a aussi dans cette section des contradictions (par exemple, on dit que la surveillance de l’observance du cloître relève de la responsabilité de l’évêque diocésain ou de l’ordinaire religieux, mais immédiatement après on dit qu’en dérogation aux dispositions du Code de Droit Canonique l’évêque et l’ordinaire n’interviennent pas dans l’octroi des dispenses) et des ambiguïtés, mais peut-être le sommet de la confusion est-il atteint dans la section consacrée à la « formation continue » (une autre définition du monde, comme si être nonne était une profession) où on ne parle pas et même jamais de prière. Au contraire, il est dit (n. 237) que « chaque moniale est encouragée à assumer la responsabilité de sa propre croissance humaine, chrétienne et charismatique, à travers son projet de vie personnel, à travers le dialogue avec les sœurs de la communauté monastique, et en particulier avec la supérieure majeure, ainsi que par la direction spirituelle et les études spéciales envisagées dans les Directives pour la Vie Monastique Contemplative ». Maintenant, en dehors de la forme (les études envisagées pour la vie contemplative), essayez de remplacer le mot "nonne" par le mot "manager" : vous verrez que cela ne changera pas beaucoup. La dimension est toute horizontale, technique et fonctionnelle. On ne parle pas de Dieu, d’adoration, d’une vie de prière. Il semble que pour être religieuse, l’important est d’assister aux « études appropriées ».

Le texte ne semble pas non plus être conscient des problèmes pratiques lorsqu’il affirme (n. 263) qu’« il appartient à la Supérieure Majeure avec son Conseil, en tenant compte de chaque candidate, d’établir les temps et les procédures que la candidate passera en communauté et hors monastère ». On peut imaginer la perturbation causée à la communauté monastique de l’intérieur vers l’extérieur, mais surtout, on se demande : comment ce double régime peut-il être possible ? Où est-ce qu’une jeune femme va vivre quand elle n’est pas assez riche pour se payer un appartement ? Et si elle est alors appelée à passer quelques mois au monastère, que fait-elle ? Tu gardes toujours un appartement que tu n’utilises pas ? Tu vas à l’hôtel ? Tu vas chez les parents ? Et si ça vient de l’étranger ?

Le document semble écrit par ceux qui ne connaissent pas, ou ne veulent pas connaître, les conditions réelles de vie dans les monastères.

Dans un prochain article, les conclusions de notre excursus sur la vie et la destinée des monastères à la lumière des nouvelles règles.

Source : www.aldomariavalli.it/…/se-nel-nome-del…

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Regarder vers le monde, pas vers Dieu.

En d’autres termes, comment déformer la vie contemplative.


Blog d’Aldo Maria Valli, le 10 septembre 2018

Fin de l’autonomie, bureaucratisation, abandon de la tradition.
Le mauvais chemin de Cor orans et Vultum Dei quaerere.


(dernier de trois articles)

Nous continuons l’analyse de Cor orans, l’instruction applicative sur la vie contemplative des femmes, le document qui rend opérationnels les principes contenus dans Vultum Dei quaerere, la nouvelle constitution apostolique sur la vie contemplative des femmes.

Ce que Cor orans appelle les « dispositions finales » ressemblent beaucoup à des menaces.

Tout d’abord, il est écrit noir sur blanc que l’adhésion à une fédération est une « obligation », ce qui met fin en soi à l’autonomie des monastères eux-mêmes. Ensuite, il est précisé que « cette obligation s’applique aussi aux monastères associés à un Institut masculin ou réunis dans une Congrégation monastique autonome ». Et enfin, voici le diktat : « Les monastères individuels doivent s’y conformer dans un délai d’un an à compter de la publication de la présente Instruction, à moins qu’ils n’aient été dispensés de façon légitime. Quand le temps sera venu, ce Dicastère (la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, ndr.) assignera les monastères aux Fédérations existantes ou à d’autres structures de communion.

C’est-à-dire dire : il n’y a pas d’échappatoire ! Mais il est également frappant de constater que l’ensemble du document contient onze exceptions à onze articles du Code de droit canonique. Une vraie révolution. Question : Ces dérogations, toutes expressément approuvées par le pape, ne sont-elles pas un peu trop nombreuses pour une instruction, c’est-à-dire pour un document qui, au bout du compte, ne devrait avoir qu’une fonction applicative de la loi ?

L’impression, plus que légitime, est que nous nous trouvons face à un droit spécial pour les moniales, une manière de procéder qui est en fait la mort du droit parce qu’elle saute toutes les étapes nécessaires à la protection de la justice et empêche le recours contre les mesures.

Le mot « obligation » apparaît à plusieurs reprises, couronnant ainsi un document dont le ton est souvent menaçant et inédit à l’égard de ce qui était autrefois considéré comme la partie élue de l’Église, à laquelle était adressée une délicatesse particulière, et qui semble aujourd’hui, tout au plus, une frange tolérée.

Cor orans a un contenu inspiré par la duplicité. D’une part, l’autonomie des monastères est réaffirmée, mais d’autre part, l’autonomie est sapée par l’obligation d’adhérer aux fédérations.

Il faut aussi noter que les changements introduits sont substantiels par rapport à la vocation monastique. Ce n’est pas seulement une question de nuances. Devant Cor orans, une religieuse peut avertir que le nouveau contenu n’est pas conforme aux votes déjà exprimés. Pensez à la nouvelle physionomie des monastères, qui perdent leur autonomie, et aussi à l’obligation de participer à des cours extérieurs.

L’expérience des dernières décennies montre que les fédérations ont causé des dommages considérables à la vie des monastères et aux moniales individuelles. Mais nous insistons sur ce chemin et nous en faisons la seule option possible, sous la bannière d’un « renouveau » générique qui n’est certainement pas une valeur pour la vie de prière et de contemplation.

Entre les lignes, ce qui est dit, et même imposé, c’est que les contemplatifs doivent changer leur mode de vie, mais à l’appui d’une telle affirmation, il n’y a aucune explication qui ait vraiment à voir avec les questions spirituelles et religieuses. L’ensemble du document traite de l’organisation, des structures, des assemblées, des cours.

Il n’y a qu’une seule inspiration fondamentale : se réorienter. Mais vers où ? Certainement pas vers Dieu, mais vers le monde et vers l’action. Que l’on parle d’isolement, de formation ou d’ascèse, ce qui importe semble être d’introduire des changements. Le contrôle centralisé, la fin de l’autonomie et la bureaucratisation sont les outils, ce qui est au moins singulier quand on pense à l’insistance de François en faveur des processus de décentralisation de l’Église.

Lors de la conférence de presse pour la présentation de Cor orans (15 mai 2018), Monseigneur José Rodríguez Carballo, justifiant les nouvelles mesures, a déclaré : « En fait, le Département a dû constater avec regret à plusieurs reprises l’existence de monastères ne pouvant plus mener une vie digne, sans qu’il existe de législation indiquant quand et comment intervenir à cet égard : combler ce vide législatif est certainement un des points les plus importants et attendus en éducation. » Maintenant, en supposant que les règles introduites par Cor orans sont les plus efficaces pour intervenir contre les monastères qui ne mènent pas une vie « digne » (mais qu’est-ce que cela signifie « digne » ?), il n’est pas clair pourquoi, en pratique, ces règles devraient affecter la vie de tous les monastères, même ceux qui sont bien vivants et désireux de préserver leur identité et leurs traditions.

L’adhésion à la fédération devient une obligation, sauf dérogation accordée par le Saint-Siège « pour des raisons spéciales, objectives et justifiées ». Mais c’est l’inverse : l’autonomie doit être la condition normale, sauf pour des raisons particulières qui nécessitent d’adhérer à la fédération.

Dans la conférence de presse, Monseigneur Carballo a également déclaré que « l’Instruction, comme déjà avant la Constitution, reflète très bien ce que les moniales elles-mêmes ont demandé dans les réponses au questionnaire envoyé il y a quelques années à tous les monastères du monde », mais sur la base des témoignages nous pouvons dire que cette circonstance ne répond à la vérité que dans une très faible mesure. De nombreux monastères n’ont même pas été interrogés. Si en effet tous les monastères avaient reçu un questionnaire et avaient répondu, il aurait fallu des années et des années au département pour tout élaborer.

Bref, la nouvelle configuration a la saveur d’une normalisation. Comme l’explique Marian T. Horvat ( www.traditioninaction.org/HotTopics/P043_Contempl_1.htm ), par exemple, ce que l’on veut, c’est que les moniales changent leur mode de vie, avec une actualisation en étoile polaire et sans possibilité d’utiliser le droit de réclamer leur autonomie et liberté, car le droit lui-même a servi à imposer la révolution.

Le Cardinal Braz de Aviz a été clair quand il a dit ( www.ncronline.org/…/cardinal-religi… ) que les religieux qui ne suivent pas le Concile Vatican II se tuent eux-mêmes. S’insérer dans le monde, ne pas se fermer aux changements de la vie moderne : telles sont les indications données par le préfet, car les contextes ont changé et « Dieu n’est pas statique ».

Si c’est l’inspiration de base, on peut mieux comprendre l’esprit des nouvelles normes. Même dans la vie contemplative, le lien avec le monde et avec la « pauvreté » doit avoir le dessus. « Priez et intercédez pour tant de frères et sœurs emprisonnés, migrants, réfugiés et persécutés », demande Cor orans (n. 6). Nous sommes sûrs que les nonnes le font déjà, parce qu’elles prient pour tout le monde.

Se mettre à jour, ne pas regarder vers le passé et vers la tradition, changer : la demande qui vient des sommets du Vatican est pressante et semble ignorer complètement le fait que, dans la crise générale des vocations, les seuls ordres qui attirent vraiment les nouvelles générations sont ceux qui, bien ancrés dans la tradition, préservent leur identité à tous les niveaux, même du point de vue liturgique. Parce qu’aujourd’hui plus que jamais, les jeunes ne sont pas attirés par les analyses sociologiques appliquées à la vie de l’Église, ni par les cours de recyclage et la « formation permanente », mais par la rencontre authentique avec le Christ dans le silence priant.

Ceux qui semblent se tourner vers le passé sont en fait ceux qui continuent à désigner Vatican II comme un point de référence obligatoire, ignorant l’exigence d’authenticité et d’amour de la tradition qui apparaît de plus en plus clairement, contrairement à certains dogmes modernistes qui ont largement fait leur temps.

Après tout, les résultats des processus de « libération » des religieux et religieuses sont là pour tous. Ce ne sont pas ceux qui sont enracinés dans la tradition, mais ceux qui l’ont abandonnée pour embrasser le monde qui ont drainé leur héritage spirituel, par des mises à jour et des ajustements.

Non, ce ne sont pas les cours de formation, les fédérations, la centralisation et la standardisation qui revigoreront la vie contemplative. Le chemin est complètement différent et est indiqué par les religieux qui, dans le silence et l’isolement, cultivent la relation de prière avec Dieu selon les traditions originelles et enracinées et offrent leur vie pour la conversion de toutes les âmes.

Un grand mystique, Don Divo Barsotti, qui a décidé de vivre sa vie de prière dans l’isolement, a dit que l’Église aujourd’hui tombe dans un grand malentendu quand il pense qu’il doit se libérer de la pauvreté et non du péché. L’assistance sociale ne remplace pas l’amour chrétien et aucun processus de « renouveau » ne peut renforcer la foi, l’espérance et la charité. Dans un monde totalement sécularisé, la voie pour les religieux n’est pas de se séculariser eux-mêmes. « La vraie communion avec le monde, c’est quand on est séparé du monde, parce que si on n’entre pas en relation avec le Seigneur, on perd de vue le tout » (Divo Barsotti, les chrétiens veulent être chrétiens).

Que les religieux et religieuses rencontrent Dieu sans être dérangés.

Aldo Maria Valli

Fin

Source : www.aldomariavalli.it/…/con-lo-sguardo-…

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Album ACTU

>>> BERGOGLIO = 666 !!! Troublant, non ?
>>> Le CAS d'un PAPE HÉRÉTIQUE : si François l'est, concluez.
AveMaria44
le propre des révolutionnaires c'est d'éliminer en premier les ordres "inutiles" contemplatifs.......
GChevalier
- Dans les loges on prévoit tout !
- C'est que nous sommes prévoyants :
On sait quand viendra le Loup,
Et on arrange tout forcément.
Regarde ce synode d'aujourd'hui !
On sait ce qu'il en sera sorti,
Mais on les fait discutailler,
Et on les tire par le nez.
AJPM
- Pourtant, on est des prêtres tous les deux !
- Oui, mais des prêtres de Vatican II !
Et ceci explique bien cela !
Puis nous sommes des maçons, n'est-ce pas ?
- C'est pour cela que nous sommes gays !
- C'est d'ailleurs ce qui nous égaie :
On parle beaucoup de nous en ce moment,
Mais on avait bien prévu ce temps !
Hélas ! si on réfléchissait quelquefois à l'éternité !
Nous, dit Antéchrist, on est au-delà, et donc, pas besoin de s'interroger puisque nous sommes dans la post-éternité !