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26. Le CLAIRON ROLLAND

SOMMAIRE "Le Scapulaire du Mont-Carmel" / Le Chapelet récité / Les TROIS AVE MARIA du matin & du soir : montfortajpm.blogspot.com/p/blog-page.html


Le second exemple est l’histoire d’un brave soldat d’Afrique, dont la carrière militaire a été un tissu merveilleux de traits successifs dus à la protection du Scapulaire :

C’était un héros et un chrétien que le clairon Rolland, du 18° bataillon de chasseurs à pied. En Afrique, de 1844 à 1846, il fit glorieusement parler de lui ; il fut fait chevalier de la Légion d’honneur sur le champ de bataille.
Au ministère de la guerre, et à Aubrac (Aveyron), ses états de service sont là pour le témoigner.

Fils d’un paysan des Cévennes, il était de la race des preux du Moyen-Âge : comme eux, il savait combattre avec vaillance, et prier avec foi.
Sa manière était fort simple : à certains moments de l’action, ébaucher un Signe de Croix, faire une invocation à la Sainte Vierge, et ensuite y aller de toute la fougue de son cœur de Français, à la grâce de Dieu ! Cela lui avait toujours réussi.

À Isly, le 14 août 1844, il fit à la baïonnette une trouée sanglante dans la masse ennemie, et revint sans une égratignure. Après le combat, un cheick blessé, qu’il voulut secourir, lui tira traîtreusement un coup de pistolet presque à brûle-poitrine, sans l’atteindre.

En 1845, au désastre de Sidi-Brahim, il brûle jusqu’à sa dernière cartouche. Quand les projectiles lui manquent, il utilise sa baguette ; quand il n’a plus rien à mettre dans son fusil, il s’élance à l’arme blanche ; mais, entouré, écrasé par le nombre, il est garrotté et conduit, au milieu de l’action, à Abd-el-Kader, qui, à l’ombre d’un figuier, suivait toutes les péripéties du drame sanglant.
« - Sonne, lui dit-il, pour que les Français cessent le feu ! »
Rolland prend son clairon, et envoie au contraire à ses vaillants camarades, qui se défendaient comme des lions tombés dans une embuscade, les notes éclatantes de la charge. L’héroïque phalange, croyant à l’arrivée d’un secours, s’élance soudain dans la direction du son, et, comme un flot soulevé, elle rompt la digue de fer qui l’enserre.
Ce fut le dernier effort. Tous ceux qui n’étaient pas morts tombaient au pouvoir de l’ennemi.

Rolland accepte la captivité en chrétien, sans murmurer.
Quand les Arabes se décident à se débarrasser de leurs prisonniers par un massacre en masse, il devine leur sinistre projet et en avertit ses malheureux compagnons.
« - C’est pour cette nuit, leur dit-il ; veillez ! »
Seul, il ne désespère pas. Selon son habitude en pareille occurrence, il récite le Souvenez-vous, et, la main armée d’un couteau qu’il a trouvé, il attend.

Souvenez-vous,
ô très miséricordieuse Vierge Marie,
qu’on n’a jamais entendu dire,
qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection,
imploré votre assistance ou réclamé vos suffrages,
ait été abandonné !
Animé d’une pareille confiance,
ô Vierge des vierges, ô ma Mère,
je viens à vous, j’ai recours à vous,
et gémissant sous le poids de mes péchés
je me prosterne à vos pieds :
Ô Mère du Verbe incarné,
ne méprisez pas mes prières,
mais écoutez-les favorablement
et daignez les exaucer.
Amen.

(chanté ici : LP16. Memorare ou "Souvenez-vous" )

À minuit, une grande clameur se fait entendre. Il se signe et s’élance. Un Arabe se trouve sur le passage : il lui plonge son arme dans la poitrine, enjambe le cadavre et sort du gourbi. On le poursuit ; il fuit à toute vitesse. La haie de clôture l’arrête ; un coup de baïonnette qui devait le clouer là, lui passe entre les jambes ; il fait un bond et roule de l’autre côté. Deux réguliers le saisissent par la ceinture de son pantalon ; il se débat et son pantalon en lambeaux leur reste entre les mains ; il se sauve en chemise. Il reçoit une terrible décharge ; les balles ne font que l’effleurer. Il continue sa course folle, atteint une colline, et, haletant, s’arrête enfin.

De ce point culminant, il assiste, à la lueur de l’incendie, à l’égorgement de ses amis ; il entend leurs cris d’angoisse.
Puis tout s’éteint, tout se tait : le sacrifice est consommé ; il est seul !

Il se remet en marche, traverse la Moulaïa et s’enfonce dans les forêts. Pendant trois jours, il erre à l’aventure, n’ayant pour boussole que les étoiles. Harassé, meurtri, engourdi par le froid des nuits, brûlé par le soleil pendant le jour, tremblant les fièvres, presque nu, assailli par des orages terribles, traqué par les hommes, menacé par les bêtes féroces, il va toujours, ne prenant pour nourriture que quelques figues qu’il cueille au passage, n’ayant pour arme que sa prière.

Enfin, au soir du troisième jour, à l’entrée d’un village, il se trouve en face de deux Kabyles. L’un d’eux lève le bras pour le poignarder ; on le lie, puis, dans l’espoir d’une récompense, les deux Arabes le conduisent, à travers mille obstacles, au camp français.
Là, il est entouré, fêté, et reçoit la décoration de la Légion d’honneur.

À quelques jours de là, une colonne part en expédition. Il veut en être. Pour ménager sa faiblesse, le général lui permet de suivre en volontaire.

Un jour qu’après une affaire, il furetait pour dénicher l’ennemi au bord de la mer, il aperçoit dans une caverne, à travers une fissure de rochers, des Kabyles coiffés de képis français, les képis des martyrs de Sidi-Brahim !...
Le sang afflue à son noble cœur : il s’élance au fond du trou et tombe au milieu des Arabes ; c’était une vraie fourmilière ; il est accueilli par une décharge générale.
« Sainte Vierge ! » dit Rolland.

Il s’accule contre le roc, et de la baïonnette il frappe à droite, à gauche, par devant, par derrière, dans la poitrine, dans le ventre, dans le tas, comme ça vient, avec rage, avec frénésie.
Combien de temps cela dura-t-il ? Quelques minutes à peine.
Quand on put le secourir, on le trouva devant un monceau de cadavres, les vêtements couverts de sang et troués de balles, mais sans une seule blessure !...
Le commandant de Lourmel vint, à sa sortie, presser les mains du vaillant soldat.

Le général Cavaignac lui décerna les honneurs du triomphe, et, le plaçant sur un caisson d’artillerie, le fit passer devant les troupes formées en bataille.
Le soir, il dînait à la table de l’état-major, et comme on s’extasiait sur sa chance :
« - Mon général, dit-il, c’est que je porte une bonne cuirasse ! »
Et découvrant sa poitrine, il montra son SCAPULAIRE !

+ Version chantée 1
+ Version chantée 2
+ Version chantée 3
+ Version chantée 4
+ Version chantée 5

Suite de : 25. TOUS DOIVENT PORTER le SCAPULAIRE

TOTALITÉ du LIVRET "HISTOIRES et RÉCITS sur le Saint SCAPULAIRE de NOTRE-DAME du MONT-CARMEL (1895)" ici : montfortajpm.blogspot.fr/…/histoires-et-re…


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Combien de fois, dans la bataille,
Sur la poitrine du guerrier,
Ce saint habit, de la mitraille
Repoussa le plomb meurtrier !

CHANTÉ, ici : Cantique du saint habit du Scapulaire