3 - "Un autre Evangile" ? : analyse critique du 3e chapitre de Gounon contre Maria Valtorta
Dans une correspondance avec Mgr Carinci, secrétaire d’une congrégation Vaticane, Maria Valtorta écrit : « comme toute personne dont l'intention est droite peut le remarquer, l'Œuvre contient tous, je dis bien tous les chapitres et versets de saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean, expliqués par Jésus. Il éclaire des points demeurés jusqu'ici obscurs et apparemment démentis par les faits de ces vingt siècles, comme le verset "Cette génération ne passera pas avant que tout soit accompli".
Une œuvre ne peut s’écarter de l’Evangile qu’elle contient entièremment. Non pas tel ou tel évangéliste, mais les 4 réunis dans une même cohérence, car Jésus n’a eut qu’une seule vie. Il n’y a donc pas un nouvel Evangile dans Maria Valtorta mais la proclamation vivante, harmonique et cohérente des 4 évangiles réunis en un seul.
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La longueur des écrits et la lumière qu’ils apportent sur les silences de l’Evangile trouvent leur justification dans l’Evangile de Jean (21,25) : « Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait. » Dieu ne connaît pas l’inutile : il n’y en a pas eut dans sa vie : Jésus mangeait, dormait, priait, parlait, guérissait, marchait, en vue de sa mission. Maria Valtorta le démontre.
C’est le rôle de l’exégèse de percer les silences. Mais alors que l’exégèse moderniste le fait au gré des modes et de l’actualité, Maria Valtorta le fait en intégrant l’Ancien Testament et les traditions éprouvées, dans un contexte historique crédible, source des connaissances remarquables qui la distingue.
Il n’y a pas de vies de Jésus humaines qui aient toutes ces caractéristiques. Pas une seule.
Or La Parole de Dieu, contenue toute entière dans l’Evangile, doit être, pour l’Eglise catholique, contextualisée dans l’Ancien Testament et les traditions magistérielles (ex. l’Assomption) (Cf. Dei Verbum 16 et 8).
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Il est donc erroné et dangereux de ne considérer que les quatre évangélistes de façon séparée ou parallèle, de les dissocier de l’Ancien testament (largement cité dans MV) et du Magistère. C’est cette vue globale, constitutive de l’œuvre de Maria Valtorta, qui manque aux opinions émises par René Gounon.
Le site maria-valtorta.org démontre, en des milliers de notes de bas de page, cette étroite corrélation entre le texte de Maria Valtorta, l’Evangile, l’Ancien Testament et le Magistère (encycliques).
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On s’étonne que Jésus ait pu employer des mots contemporains et on en fait la preuve de la falsification de l’œuvre. Mais si nous connaissons l’Evangile, c’est pour l’avoir lu en langue vernaculaire (le français pour nous). Jésus ne le parlait pas, ni le latin, ni le grec dont les traductions sont issues. Et pourtant cette longue chaîne de traductions (plusieurs dizaines de traductions françaises contemporaines), recopiages, interprétations, … a entaché la fiabilité des mots, mais n’a pas arrêté la Parole de Dieu qui traverse les humanités pour se faire entendre en toutes langues et dans tous les temps : c’est le miracle de la Pentecôte. Certains voudraient voir dans l’œuvre de Maria Valtorta un document historique truffé d’araméen. Mais la Parole de Dieu est vivante et évangélisatrice : c’est l’Esprit qui nous a traduit les mots originels en langage vivant. Il n’y a pas de déperdition car l’Esprit qui est auteur de l’Evangile est aussi son commentateur. Beaucoup lisent l’Evangile, mais pas tous ne le font vivre. Pour certains ce n’est que le support à la menace et à la condamnation.
2 - "Quelques certitudes" : analyse critique du 2e chapitre de Gounon contre Maria Valtorta
Cinq papes ont lu personnellement l’œuvre de Maria Valtorta et aucun ne l’a condamné ou même simplement interdite. Pie XII et Jean-Paul II penchaient probablement pour une révélation authentique. Paul VI et le Pape François ont encouragés l’œuvre comme outil d’évangélisation. Benoît XVI la considérait comme un bon livre au sens des ouvrages à succès de son époque (Quo vadis, Ben Hur, ….). Jean XXIII, le pape de l’Index (1960), n’a pas lu l’œuvre mais il a commandité une nouvelle rencontre avec le Père Berti (1961) débouchant sur une autorisation verbale de poursuivre l’édition. Alors que les prêtres impliqués encouraient l’excommunication de fait, rien ne se passa. L’un des protagonistes impliqués, le Père Andrea Cecchin est aujourd’hui « serviteur de Dieu », première marche dans sa cause en béatification.
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René Gounon ne prend sa source qu’ à l’étage du dessous : le Saint-Office. On sait qu’il fut très rapidement dissous (1965) en même temps que l’Index (1966). Les bévues, erreurs de jugement et abus d’autorité qu’il avait commises sont connues.
L’Index (condamnation) n’a plus qu’une valeur morale. Certains cependant, contrevenant à l’Eglise catholique, veulent lui donner le pouvoir de perpétuer la condamnation officiellement abolie. Ce contournement n’est pas admissible. Seule doit demeurer le fait que l’œuvre de Maria Valtorta fut jugée, à l’époque, comme « une vie de Jésus mal romancée ». Ce qui laisse le lecteur libre de la lire en son âme et conscience comme il peut lire « Notre-Dame de Paris » ou « Les trois mousquetaires », œuvres condamnées, elles aussi en leur temps (1863 et 1864).
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Le respect qu’appelle de ses vœux René Gounon obéit à la loi de la réciprocité : le respect est mutuel. Se faire taxer de naïveté ici, d’adeptes d’impostures ou de faussaires là, d’hérétiques par un troisième, de désinformateurs, de désobéissants, d’agressifs, de propagateurs d’œuvre satanique par un quatrième, n’est pas sans énerver. Qui craint les coups ne doit pas monter sur le ring. Mais les valtortiens ont cette excuse d’être conformes à l’avis des Papes et du Magistère, au contraire des adeptes de feu le Saint-Office, auteur d’une manœuvre visant à empêcher l’impression de l’œuvre demandée par le Saint-Père. Ce n’est donc pas toujours les valtortiens qui vont chercher des poux dans la tonsure de leurs contradicteurs : ils informent et proclament leur joie d’avoir rencontré Jésus et son Evangile. Un prosélytisme qui semble s’étendre dans le renouveau de l’Eglise et qu’ont appelés de leur vœux plusieurs papes, sans succès auprès de certains.
1 - "Des points qui interrogent" : analyse critique du premier chapitre du "livre" de René Gounon …
Pour être opposable à l’œuvre de Maria Valtorta une critique doit se référer au Magistère catholique. Or vouloir ne retreindre le champ d’analyse qu’aux seuls Evangiles est une vue plus protestante que catholique (sola scriptura). L’Assomption, reconnue sur le tard, n’est pas dans les Evangiles mais dans les traditions. Le voile de Véronique, honoré dans les chemins de Croix, n’est aucunement mentionné dans les Evangiles. Des paroles mêmes de Jésus ne sont rapportées qu’ultérieurement, en dehors des Evangiles, comme le note st Paul (agrapha). Etc.
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Vouloir dire que l’Esprit-Saint, auteur et commentateur de l’Evangile, doit faire ceci ou cela, comme ci ou comme çà, et s’en ériger l'arbitre, ne correspond pas à la théologie catholique et décentre gravement les rôles : le croyant est ouvert aux motions de l’Esprit et non l’Esprit assujetti aux normes humaines. Cette déviance « moderniste » a été dénoncée par Paul V dans son homélie du 29 juin 1972. Il attribuait cette tendance ravageuse à l’action de Satan.
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Vouloir faire de l’œuvre inspirée de Maria Valtorta une alternative critique de l’Evangile canonique, mieux : vouloir faire croire qu’elle voudrait le supplanter, est la contredire complètement. Jésus, dans l’œuvre, annonce la couleur : "L’ouvrage livré aux hommes par l’intermédiaire [de Maria Valtorta] n’est pas un livre canonique. Néanmoins, c’est un livre inspiré que je vous accorde pour vous aider à comprendre certains passages des livres canoniques, et en particulier ce que fut mon temps de Maître, enfin pour que vous me connaissiez, moi qui suis la Parole, par mes paroles." (Dictée du 28 janvier 1947, extraite des "Cahiers de 1945 à 1950".
C’est pourquoi L’archevêque de Lucques (Toscane), autorité référente officielle pour la cause de Maria Valtorta qualifie l’œuvre « d’exégèse narrative » et l’attribue à l’action de l’Esprit-Saint. C’est en effet le rôle (privé) de l’exégèse d’aller à la rencontre de l’authenticité de la Révélation publique. Maria Valtorta l’exerce non par des exposés chargés, mais par la simplicité des scènes qu'elle décrit, d'où son succès ininterrompu depuis 70 ans.
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Vouloir enfermer le débat dans un dilemme Dieu ou Satan est réducteur et manichéen. Si l’Esprit-Saint inspire nos prières ou si nous proclamons dans le cantique de la Création que Dieu est présent en toute création, il est hors de propos de revenir à des conceptions moyenâgeuses et obscurantistes du jugement. Le Pape François encourageant, et par écrit, la diffusion de l'oeuvre de Maria Valtorta n'est aucunement un suppôt de Satan.
La question n'est pas de savoir si l'oeuvre de Maria Valtorta vient de Dieu ou pas, mais de savoir comment il y est. Mgr Pierre Cauchon brûlant Jeanne d'Arc appartient à un autre temps.
L’archevêque de Lucques, dans les 5 interventions sur Maria Valtorta, se réfère aux œuvres picturales, musicales, architecturales … qui chantent la Gloire de Dieu. L’Esprit-Saint ne tient pas le pinceau, mais il inspire celui qui s’en sert. « L’Histoire d’une âme » de Thérèse de Lisieux n’est pas écrite par Dieu, mais celui qui ne verrait pas l’Esprit-Saint dans toutes les lignes qu'il lit, serait spirituellement aveugle.
Qui cherche, dans le discernement, ce qui est bon pour le garder, obéit à l'Eglise et à l'Ecriture. Celui qui n'ausculte que pour condamner s'arroge un droit qui n'appartient qu'à Dieu seul.
Réponse à l'auteur du pamphlet : "Maria Valtorta, un Evangile selon Satan" - par François-Michel …
« Comment Satan peut-il chasser Satan dehors? » dit Jésus dans l’Evangile (Marc 3,23). Si l’œuvre de Maria Valtorta était satanique, elle détournerait de l’Eglise. Or tous les documents magistériaux (1992, 1993, 2021, 2025) constatent, noir sur blanc et unanimement, que le flot grandissant des lecteurs valtortiens (traduit en 30 langues) se tournent vers l’Eglise catholique. C’est là sa place et rien ne l’arrêtera. L'histoire de ce mouvement, déjà vieille de 75 ans, le prouve. L’œuvre remplit les églises qui se vidaient depuis tant d'années. Les témoignages, qui commencent à être recueillis au niveau international, le démontrent.
L’Adversaire tente de faire barrage en suggérant que cette œuvre est nocive et satanique et qu’il est glorieux et légitime de la combattre. Il est sans retenue dans la perfidie et le mensonge, mais il est le Vaincu car rien n’arrête le don de Dieu.
Gamaliel déclara au Sanhédrin qui n’arrivait pas, malgré tous leurs efforts, à faire taire les premiers apôtres : « Eh bien, dans la circonstance présente, je vous le dis : ne vous occupez plus de ces gens-là, laissez-les. En effet, si leur résolution ou leur entreprise vient des hommes, elle tombera. Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber. Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre contre Dieu. » (Actes 5,38-39).
Cela dure depuis 75 ans et ne faiblit pas, bien au contraire.
François-Michel Debroise
Entrevue avec Jean-Marcel Gaudreault - Les Lois de l'Univers divin.
Méditer sur le sens de la vie en appuyant cette réflexion sur des éléments tangibles et vérifiables par tous, est un vrai bonheur. Il fallait pour cela étudier beaucoup, réfléchir beaucoup, méditer beaucoup, travailler beaucoup pour arriver à la limpidité que le sujet nécessite. Merci Jean-Marcel Gaudreault.
Je mets un lien vers cette vidéo : www.maria-valtorta.org/ValtortaWeb/032.htm