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Les Damnés de Luca Signorelli

shazam
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Les Damnés de Luca Signorelli Depuis le Moyen Âge, les artistes font la part belle aux représentations de l´Enfer, en multipliant généreusement démons velus et diablotins cornus, et en détaillant …More
Les Damnés de Luca Signorelli
Depuis le Moyen Âge, les artistes font la part belle aux représentations de l´Enfer, en multipliant généreusement démons velus et diablotins cornus, et en détaillant avec un sadisme tout pédagogique les tourments promis aux pécheurs.
Sans rompre tout à fait avec cette veine, dans sa fresque de la cathédrale d´Orvieto, Luca Signorelli, qui peint en 1500, redécouvre l´Antiquité et la Bible. Regardons de près... Une coproduction KTO-Le Monde de la Bible Pictura du 24/11/2018.
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shazam
Pour montrer la punition des damnés, Signorelli emprunte à La Divine Comédie de Dante Alighieri.
Toute la scène évoque le châtiment de ceux qui se sont adonnés à la luxure selon le chant V de l’enfer.
Ceux-ci sont ballottés dans tous les sens et sont molestés par les démons. C’est l’empoignade générale des corps qui se sont livrés à la débauche.

Pour le détail des tortures Signorelli s’inspire …More
Pour montrer la punition des damnés, Signorelli emprunte à La Divine Comédie de Dante Alighieri.
Toute la scène évoque le châtiment de ceux qui se sont adonnés à la luxure selon le chant V de l’enfer.
Ceux-ci sont ballottés dans tous les sens et sont molestés par les démons. C’est l’empoignade générale des corps qui se sont livrés à la débauche.

Pour le détail des tortures Signorelli s’inspire du purgatoire de Dante
-Les 2 personnages du premier plan, liés par les démons subissent la peine des avares.
-Celui que l’on maintient les yeux baissés rappelle l’orgueilleux condamné à être courbé à terre sous le poids de son péché.
-Tous ceux qui se cache les yeux pourraient être les envieux qui avaient jeté sur les biens d’autrui des regards coupables.

En apparence, la mêlée infernale semble parfaitement déstructurée. En réalité, il s’agit de tout sauf d’un fouillis de corps superposés.
Le peintre fait référence à un modèle revenue à la mode à son époque : les combats entre les hommes et les monstres de la Grèce antique.
La grande nouveauté est que la chute des anges est unie à la chute de l’humanité.
Habituellement, Adam et Eve sont chassés du paradis par l’archange, et les anges tombent du ciel après leur rébellion. Ici, les deux épisodes sont juxtaposés comme pour dire que le péché est unique.

La femme juchée sur le dos d’un diable le dit à merveille. Certes, sa main droite est fermement maintenue par le démon, mais sa main gauche est enlacée dans la main de son compagnon dans une position amoureuse... Le diablotin a ‘’une tête bien sympathique’’... Et ce n’est pas de lui que la femme a peur, mais des anges !...vers qui elle coule un regard inquiet.

En outre il n’y a point d’enfer, sinon cette vaste fournaise que l’on aperçoit sur la gauche du tableau. Des diables postés devant le brasier, semble entretenir son feu en y jetant des corps. Mais la vigueur des flammes et l’épaisse fumée qui s’en échappe, laisse supposer qu’en réalité c’est lui qui aspire les damnés. Le démon bleuté et cornu qui s’en est trop approché s’apprête à en faire la triste expérience, il paraît effrayé, preuve que cet enfer là n’est pas son séjour habituel, et qu’il le craint tout autant que les êtres humains.

Signorelli peint l’étang de feu décrit dans l’Apocalypse de Jean, qui met fin au règne du mal et à toutes les figures du péché.
C’est un spectaculaire retour à la Bible.

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Lire la Divine Comédie de Dante Alighieri en Wikisource (Qualité supérieure au PDF)
fr.wikisource.org/…/Texte_entier