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Fra Angelico - Lumière de la foi

shazam
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Fra Angelico (Guido di Pietro Fra Giovanni da Fiesole) a été béatifié par Jean-Paul II en 1982 et proclamé saint patron des artistes en 1984. Moine dominicain, Fra Angelico a réussi la synthèse des …More
Fra Angelico (Guido di Pietro Fra Giovanni da Fiesole) a été béatifié par Jean-Paul II en 1982 et proclamé saint patron des artistes en 1984. Moine dominicain, Fra Angelico a réussi la synthèse des principes picturaux de la Renaissance
- constructions en perspective et représentation de la figure humaine
- et des valeurs médiévales de l’art
- fonction didactique et mystique de la lumière.
Ses œuvres les plus réputées sont les fresques du couvent San Marco à Florence et de la chapelle Nicoline à la Cité du Vatican à Rome, ainsi que L’Annonciation du Museo Diocesano de Cortone.
Fra Angelico (Beato Angelico pour les Italiens) a été béatifié sous le nom de Bienheureux Jean de Fiesole.
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Si l’on en croit la tradition hagiographique, c’est-à-dire les récits biographiques ou sa vie est relatée à travers le prisme de la sainteté, le moine Dominicain Fra Angelico, tombait en extase, chaque fois qu’il peignait. Si l’on préfère ignorer cette légende, au motif qu’elle relève du prosélytisme par exemple, on sera tout de même frappé par la profondeur de sa foi, jusqu’à la virtuosité du peintre, qui semble avoir été guidé par le souci de bien faire dans un but évident de persuasion religieuse et de consolidation de l’autorité morale de l’Église. La foi de Fra Angelico était prosélyte, mais elle a irradié d’une lumière à nulle autre pareil, l’œuvre de celui qui ne pouvait retenir des larmes de compassion quand il peignait le Christ en croix.

De Giotto à Masaccio, Angelico a tout compris, tout retenue. Mais chaque détail est chez lui peint peint avec amour, j’oserai dire : avec ravissement. S’il a intégré les couleurs éclatantes du premier (Giotto), et les perspectives audacieuses du second (Masaccio), c’est d’abord pour répondre à ses préoccupations monastiques, oui, mais c’est au bout du compte pour nous révéler la beauté des créations divines.

Regarder attentivement les visages féminins dans les œuvres qui vont suivre.
Contrairement à d’autres artistes pourtant moins pieux, Fra Angélico a représenté des êtres animés d’autant de vie physique, que de ferveur religieuse. Qui a créé la chair pour mieux affirmer la substantialité de l’âme si ce n’est Dieu ? Regarder cette La Descente de Croix atypique par son absence de tragique. Aux hommes situés à droite qui matérialise la religion de l’esprit la foi des humanistes, répondent les femmes en prière à gauche qui incarnent celles du cœur.
Et il en est ainsi dans toutes les peintures de Fra Angelico : l’émotion cohabite toujours avec la dévotion.
Regardez cette lamentation non dénué de pathos : des murs de la ville jusqu’aux personnages agenouillés, tout converge vers le cadavre du supplicié, mais le pathétique y est toujours corrigé par une sérénité et une lumière propre au peintre.

Giorgio Vasari l’affirme : « Fra Angelico maîtrisait son art bien avant d’endosser la robe des Dominicains, il était donc humain avant que d’être moine. »
Pourtant pour apprécier cet art, il est fondamental de comprendre que le frère peignait d’abord pour ses frères. Destiné aux moines ses fresques devait favoriser plus que troubler leur méditation, et surtout ne pas leur faire miroiter les beautés d’un monde auxquels ils avaient renoncés.
Pour décorer leurs cellules – pour autant que j’ose employer un verbe aussi frivole, Fra Angelico dépouille sa peinture de ses rares artifices et atteint au sublime.

Regarder cette extraordinaire annonciation ; dans une salle nue aux voûtes austères, dont les ailes de l’ange venue d’un autre monde sont la seule richesse temporaire, une vierge paisible et grave semble concentré sur la Vérité essentielle de la foi. l’ensemble devrait être désincarné, et pourtant c’est tout le contraire : pas plus humaine et plus charnelle que cette vierge là.

Deux autres œuvres de Fra Angelico peuvent nous éclairer sur cet artiste singulier : regarder Le Christ aux outrages : de ceux qui crachèrent sur Jésus, ne reste qu’une tête, grossière. De ceux qui le frappèrent : que les mains. En tournant le dos au martyre du Christ, la vierge et saint Dominique nous révèlent leur fragilité, leur humanité. En fermant les yeux sous le voile léger, Jésus nous prouve son intemporalité : c’est bien par Son Martyr et non par Sa Gloire qu’Il sauve les hommes. Regarder son Noli me Tangere (« Ne Me touche pas ») : en inversant les pieds du Christ Fra Angelico nous montre qu’il n’a pas peint l’instant précis où Jésus repousse Marie-Madeleine, mais celui où Il commence Son Ascension. Jésus ne marche pas, il est déjà au-dessus du sol, au-dessus des réalités terrestres.
« Fra Angélico, écrit encore Vasari, ne retouchât ni ne modifia jamais aucune de ses peintures, respectant le premier jaillissement qui les avait fait naître, car il croyait que tel était la volonté de Dieu."

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shazam
L'annonciation, La Descente de Croix, Noli me Tangere ("Ne me touche pas"...).