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La Transfiguration de Raphaël

shazam
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La Transfiguration, de Raphaël Tout est une question de regard. La femme du premier plan est-elle le sujet principal de l´œuvre ? Éclairée par la lumière divine, elle se tient dans la « posture …More
La Transfiguration, de Raphaël
Tout est une question de regard. La femme du premier plan est-elle le sujet principal de l´œuvre ? Éclairée par la lumière divine, elle se tient dans la « posture serpentine », en demi-tour. Le retournement qu´elle effectue dans son corps se joint à l´apostrophe qu´elle adresse aux apôtres : elle les invite à se convertir. Mais en même temps, son mouvement interroge le spectateur : que doit-il observer ? La spectaculaire scène de la Transfiguration ou le disgracieux épileptique dans lequel il peut se reconnaître ? Pictura du 16/03/2019.
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Que voit-on quand on regarde le monde ?
Dans cette œuvre que l’historien de l’art Italien Giorgio Vasari (30 juillet 1511 + 27 juin 1574) considérait comme le tableau le plus beau, et le plus célèbre de toute la peinture.

Le peintre Italien du XVI° siècle, Raphaël, pose la question du regard. À Jules de Médicis qui venait d’être nommé cardinal et évêque de Narbonne (sud-ouest de la France), qui sera le futur pape Clément VII et qui lui commande une transfiguration (Marc 9,1-10), le peintre propose à la fois la scène prévue, et celle de l’incapacité des apôtres à guérir un lunatique, qui la suit dans le texte évangélique (Luc, 9,37-42).
Alors que les représentations de l’épisode ont coutume d’ancrer le Christ sur le Tabor, et de jouer sur la blancheur de son vêtement, Raphaël prend le parti de suggérer la révélation de la divinité de Jésus en lui faisant quitter le sol, et en créant un contraste lumineux grâce aux nuages d’arrière plan.

A ses côtés les deux personnages cités par l’Évangile :
À gauche, Moïse, que l’on reconnaît aux tables de la loi qu’il tient serrés contre lui,
et Elie, qui arbore un livre, attribut traditionnel des prophètes. Il y a bien trop à voir !

Les apôtres n’y résiste pas : ils se couvrent les yeux pour ne pas être éblouie de la gloire divine. Toutes leurs postures trahit la peur. Jésus ne les regardent d’ailleurs pas. S’affranchissant des lois de la pesanteur, mais aussi du monde des apparences terrestres, Il tourne Son regard vers les cieux pour indiquer que le changement de forme que subit son corps, annonce la Gloire céleste qu’Il va bientôt connaître.

La présence des deux personnages à gauche constitue un petit mystère : agenouillé dans une position respectueuse, ils ont adoptés la juste attitude qu’ils leur permet de voir Jésus. Remarquant qu’ils portent la dalmatique des diacres, l’on a proposé plusieurs interprétations : pour les uns, il s’agit de Laurent et de Julien d’Orta, deux saints patrons de la famille Médicis ; c’est une manière de flatter le commanditaire...
Pour d’autres, il s’agit de Félicissime et Agapit (martyrs, décapités), les deux diacres dont la fête était célébré en même temps que la Transfiguration.
D’autres enfin, penchent pour (= pensent qu’il s’agit de) Juste et Pasteur dont les reliques sont conservés dans la cathédrale de Narbonne que le jeune cardinal n’eut d’ailleurs jamais l’occasion de visiter.

Le registre inférieur est en clair obscur, car la Lumière divine n’a pas encore gagné les disciples. Ceux-ci n’arrivent pas à guérir un petit épileptique. Raphaël le rend avec une précision toute médicale.
Les neurologues ont reconnus dans ce qui l’affecte, une crise tonique croisée, présentant certaines caractéristiques d’une crise de l’aire motrice supplémentaire. Cette maladie possède une fonction symbolique : un œil tourné vers le ciel, et un œil tourné vers la terre. Il incarne une sorte de schizophrénie spirituelle dont les effets se traduisent dans son corps tordu. L’homme qui le soutient a l’œil aussi exorbités que lui, tant est forte sa demande.

Face à l’agitation de ceux qui conduisent le lunatique, le groupe des apôtres réponds par une autre agitation, bien peu productive !… ils ne savent quoi fixer, et ne parviennent pas à franchir l’espace qui les séparent de l’adolescent.
Paradoxalement, celui qui le montre, ne le regarde pas ; et tout aussi paradoxalement, celui qui le toise, désigne de la main la scène sur le tabor.
Le disciple du premier plan tient en main un épais volume, mais l’a abandonné.

La science ne sert à rien tant que l’on a pas converti son regard sur les choses, aucune n’exprime le regard de foi… ils en restent aux apparences, ils tournent le dos à la vision béatifique du Tabor, comme s’ils l’avaient vu sans la voir…

Giogio Vasari disait de la femme du premier plan qu’elle était le sujet principal de l’œuvre. Éclairée par la Lumière divine, elle se tient dans ‘la posture serpentine’ (en demi-tour). Le retournement qu’elle effectue dans son corps, se joint à l’apostrophe qu’elle adresse aux apôtres, elle les invitent à se convertir.
Mais en même temps son mouvement interroge le spectateur ; que doit-il observer ? La spectaculaire scène de la Transfiguration ou le disgracieux épileptique dans lequel il peut se reconnaître ?
Oui, décidément, tout est question de regard.
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shazam
La Transfiguration, Marc 9,1-10
Et il leur disait : « Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le règne de Dieu venu avec puissance. »

Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’…More
La Transfiguration, Marc 9,1-10
Et il leur disait : « Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le règne de Dieu venu avec puissance. »

Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.

Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »

De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande.

Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! »

Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.

Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».
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Jésus guérit un lunatique, Luc, 9,37-42
Le lendemain, quand ils descendirent de la montagne, une grande foule vint à la rencontre de Jésus.

Et voilà qu’un homme, dans la foule, se mit à crier : « Maître, je t’en prie, regarde mon fils, car c’est mon unique enfant, et il arrive qu’un esprit s’empare de lui, pousse tout à coup des cris, le secoue de convulsions et le fait écumer ; il ne s’éloigne de lui qu’à grand-peine en le laissant tout brisé.

J’ai prié tes disciples d’expulser cet esprit, mais ils n’ont pas pu le faire. »

Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps vais-je rester près de vous et vous supporter ? Fais avancer ici ton fils. »

À peine l’enfant s’était-il approché que le démon le terrassa et le fit entrer en convulsions. Jésus menaça l’esprit impur, guérit l’enfant et le rendit à son père.
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shazam
La Transfiguration est le dernier tableau de Raphaël commencé en 1518, et terminé par un élève en 1520. Raphaël est le nom francisé de Raffaello Sanzio.
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