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La Nativité vue par les peintres

shazam
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La Nativité du Christ a été un sujet de choix pour les artistes peintres, au Moyen âge, à la Renaissance puis à l’époque baroque. Divisible en trois épisodes principaux - le Voyage à Bethléem, - la …More
La Nativité du Christ a été un sujet de choix pour les artistes peintres, au Moyen âge, à la Renaissance puis à l’époque baroque. Divisible en trois épisodes principaux
- le Voyage à Bethléem,
- la Naissance de l’enfant Jésus,
- l’Adoration des bergers puis des mages,
la Nativité a inspiré Giotto di Bondone, les Frères de Limbourg, Robert Campin, Fra Angelico, Martin Schongauer, Piero della Francesca, Hugo van der Goes, Rogier van der Weyden, Sandro Botticelli, Albrecht Dürer, Hans Baldung, Pieter Bruegel l’Ancien, Caravaggio ou encore Charles Le Brun.
Ils sont innombrables, les artistes peintres qui ont fait des chefs-d’œuvre du miracle de la Sainte nuit...
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L’on ne s’étonnera pas que la Nativité ou Nativité du Christ ais été l’un des thèmes de prédilection des peintres au moyen-âge d’abord, à la renaissance ensuite, puis à l’époque baroque. Parce que les commanditaires était souvent de hauts dignitaires de l’Église bien sur, mais surtout parce que les artistes pouvaient - en même temps que Son Fils -, célébrer la Vierge, et donc la femme. Et puis les possibilités étaient multiples. On peut en effet diviser la Nativité en trois épisodes successifs : Le voyage à Bethléem, la naissance de l’enfant jésus, et enfin, l’adoration des mages.

La plus ancienne représentation peinte est cette fresque des catacombes de Priscille à Rome, qui date du II° siècle. Il semble bien que la Vierge y soit en train d’allaiter, iconographie qui sera beaucoup imité.
Passons sur le voyage à Bethléem qui offrit tout de même à Peter Bruegel l’ancien l’occasion d’un nouveau morceau de bravoure dans la neige :-)). On y voit (dans le rond rouge) Marie et Joseph arriver discrètement à Bethléem pendant le recensement, et concentrons-nous sur la Nativité proprement dit.

Elle fut le prétexte pour d’immenses artistes à peindre de magnifiques portraits de femme plus que des allégories de la maternité : car on notera sans ironie que le visage du petit Jésus est rarement à la hauteur...
Ici pourtant les trois personnages principaux sont disposés en un triangle protecteur autour de l’enfant dans une position qui ramène sans cesse vers Lui un regard qui tenterais de se soustraire à l’adoration générale.

Là (1mn45), chez le même artiste (Hugo van der Goes), la composition tourne en cercle autour du bébé, ce qui à l’avantage de compenser sa petite taille, ainsi que le manque d’expressivité de son visage. Effet garanti, d’autant que au sol, une auréole fait office de berceau, et de point zéro.

Chez Rogier van der Weyden comme chez tant d’autres peintre, les vêtements sont de sa propre époque. La composition est un magistral équilibre entre liberté et rigueur. D’une simple torsion du buste, le plus jeune des mages ramène le regard vers le plus vieux, qui tient Jésus dans ses mains tendues.

Comme souvent à la renaissance le thème est d’abord prétexte à immortaliser les puissants de l’époque, et on peut reconnaître ici (2mn30) une pléiade de Médicis. Plus intéressant, le peintre s’est représenté lui-même (Sandro Boticelli) tourné vers nous l’air dubitatif...

Ici par contre (2mn45) les personnages sont des saints que l’on peut reconnaître à leurs attributs, et le seul puissant terrestre et représenté à genoux, est le commanditaire du tableau, le duc d’Urbino dont l’épouse venait de mourir en mai en mettant au monde leur enfant.

Albrecht Dürer se représente lui-même au centre de sa Nativité ! :-))) on le reconnaît à sa longue chevelure bouclée. Malgré un geste du petit doigt qui nous incite à regarder vers le bas, difficile de lâcher son profil grec qui s’inscrit parfaitement dans la perspective des bâtiments en ruine. La vedette, c’est le dessinateur et graveur Dürer !

Il serait temps de revenir à Deus Pictor *** et aux principes fondamentaux de la foi chrétienne : l’âne, le bœuf, et la sainte famille.

L’art baroque tentera de mettre un terme à ces déviances paganistes, ce que Caravage interprétera avec malice en allant chercher ses modèles sur les trottoirs de Rome... Difficile pour le dignitaire à calotte pourpre qui avait commandé le tableau de le refuser au motif qu’il reconnaissait dans la vierge, une femme dont il partageait parfois la couche entre laudes et vêpres...

Après Caravage, Charles Lebrun (3mn57) se lave dans une débauche de clair obscur et de couleur vive. L’adoration des bergers a tout d’une fête de village, la joie des participants est communicative, et fait plaisir à voir !

Dans nombres de Nativité à la renaissance, l’étable est représentée ruinée. Elle symbolise cette Église que le Christ vient reconstruire et qui justifie en quelque sorte sa naissance. Mais on peut y voir aussi, une prémonition de la révolution baroque à venir. Avec son humble demeure en ruine, l’absence de dignitaires, la présence renforcée de l’âne et du bœuf, et la lumière divine qui semble émaner de l’enfant Jésus lui-même, cette nativité signé Hans Baldung (4mn35) fait parfaitement le lien entre les deux époques.
Le miracle de la sainte nuit s’est accomplit !

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- Comparer Dieu à un peintre, l’allégorie du peintre créateur, l’univers est une peinture dont Dieu est l’auteur.

- Avant de créer le monde Dieu avait pour unique occupation de « peindre » dans le « Miroir très pur de son essence » cet autoportrait de lui-même qu’est le Verbe. (Extraits de « La scène de l'écriture » de Marie-France Tristan concernant le Deus Pictor et la création du monde dans l'œuvre de Giambattista Marino.)

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Source de cette vidéo : Les dessous du visible
www.youtube.com/watch
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shazam
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