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Le Mali frappé par un nouveau massacre contre un village peul

Le Mali frappé par un nouveau massacre Par Tanguy Berthemet Publié le 10/06/2019 à 16:33 Près d’une centaine de personnes ont péri dans la nuit de dimanche à lundi, lors de l’attaque d’un village …More
Le Mali frappé par un nouveau massacre

Par Tanguy Berthemet
Publié le 10/06/2019 à 16:33

Près d’une centaine de personnes ont péri dans la nuit de dimanche à lundi, lors de l’attaque d’un village dogon dans le centre du Mali. Ce massacre intervient après le meurtre de plus de 130 Peuls en mars dans un autre village de la région.

Les preuves de la détérioration rapide de la situation dans le centre du Mali n’étaient pas nécessaires.

Mais elles s’accumulent tout de même. Un nouveau massacre vient d’être commis dans le village de Sobane-Kou. Selon les autorités locales, au moins 95 habitants y ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi par des hommes armés. «Nous avons pour le moment 95 civils tués, les corps sont calcinés, nous continuons de chercher des corps», a déclaré à l’AFP un élu local.


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Ce village Dogon, qui comptait 300 habitants, a été «quasiment rasé», d’après une source sécuritaire. «Des hommes armés sont venus tirer, piller et brûler. C’est vraiment la désolation.» Les informations restaient lundi très partielles. «On ne connaît pas encore les mécanismes qui ont conduit à ce drame, donc il faut être prudent», expliquait un haut responsable malien qui avoue cependant «craindre le pire».

Le pire serait à ses yeux que l’enquête désigne des milices de l’ethnie peule comme les responsables. «C’est hélas bien possible», déplore un spécialiste dans la région qui imagine «un cercle infernal des vengeances».

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La région a été marquée par la tuerie, le 24 mars, de 134 civils peuls dans le village d’Ogassagou par un groupe de chasseurs dogon,

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dakarbuzz.net/massacre-au-mal…
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Dan na Ambassagou. Ce carnage avait soulevé une immense vague d’indignation et beaucoup de questions. D’autant qu’il arrivait après une première attaque meurtrière qui avait touché 39 Peuls dans le village de Koulogon, le 1er janvier.

La Katiba Macina accusée d’attiser ces heurts

Ce cycle de violence s’accélère depuis 2015 et l’apparition dans cette province de la Katiba Macina, un mouvement djihadiste dirigé par Amadoun Koufa qui recrute essentiellement parmi les Peuls.


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Mali : le djihadiste Amadou Koufa, donné pour mort, réapparaît dans une vidéo
www.leparisien.fr/faits-divers/mali-le-djihadi…

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Cet activisme a stimulé les frictions traditionnelles entre les Peuls, éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture.

Ces dernières, se disant menacées, ont à leur tour créé leurs «groupes d’autodéfense». La prolifération des armes de guerre au Mali, qui remplace les classiques fusils de chasse, aggrave les pertes.

Amadoun Koufa est soupçonné de délibérément inciter à ces heurts communautaires pour accroître le chaos et son emprise, tout comme il est soupçonné d’élargir les zones de tensions vers le sud et le Burkina Faso. Ainsi, dimanche a connu un autre massacre, à Arbinda, près de la frontière malienne, où 19 civils sont morts.

« Il faut revoir toute notre stratégie au centre, sinon nous courons à la catastrophe. »
Un proche du président Ibrahim Boubacar Keita.

Au-delà des grands massacres, des rixes régulières ensanglantent les alentours de la capitale régionale Mopti, causant au moins 500 morts. «Ce n’est pas encore hors de contrôle, mais ce n’est pas loin», analyse le spécialiste.

Vendredi, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres semblait faire la même analyse se disant «consterné» par la montée des violences et avertissant du «fort risque» d’atrocités futures.

Le diplomate appelait, ce que beaucoup demandent depuis longtemps, à redéployer une partie des 15 000 casques bleus dans la région pour prendre en compte «les inquiétudes» des populations.

Le gouvernement s’inquiète lui aussi. «Il faut revoir toute notre stratégie au centre, sinon nous courons à la catastrophe», affirme un proche du président Ibrahim Boubacar Keita, dans un critique à peine voilée de la politique très martiale conduite ces derniers mois par le premier ministre démissionnaire.

Dans un rapport récent titré, «Speaking with the Bad Guys», le centre de recherche International Crisis Group (ICG) prônait précisément un «changement de cap» et l’ouverture d’un dialogue avec la Katiba Macina au travers des chefs religieux tout en maintenant la pression militaire.

Cette négociation, reconnaît ICG, n’offre aucune garantie de réussite, mais elle doit être tentée faute d’alternative crédible.

Le responsable écarte sèchement cette approche et l’idée de pourparlers avec Amadoun Koufa. «Il a choisi de tuer des Maliens. On ne peut plus lui parler.»


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