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L'humour comme arme de dissidence

shazam
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« Des réseaux sociaux aux rues d'Alger, la jeunesse algérienne rivalise d'imagination entre humour et satire politique pour dénoncer un système à bout de souffle. Une véritable tradition algérienne. …More
« Des réseaux sociaux aux rues d'Alger, la jeunesse algérienne rivalise d'imagination entre humour et satire politique pour dénoncer un système à bout de souffle. Une véritable tradition algérienne. » (vidéo datant du 19 mars 2019)

Lectures :
-Les Algériens : le rire et la politique de 1962 à nos jours, Bachir Dahak, éditions Franz Fanon, 2018
-Prolétaires de tous les pays, excusez-moi !, Amandine Régamay, éditions Buchet-Castel, 2017
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shazam
- Reporters : Ce qui semble ressortir à la lecture de votre ouvrage est que les Algériens et surtout les auteurs anonymes des blagues ont toujours opposé l’humour à leurs gouvernants et ont su rire de leurs déboires. A-t-on ri de tout et de tout le monde ?

- Bachir Dahak : Lorsqu’en 1977, le pouvoir décide de supprimer les anciens sigles des clubs de football pour, essentiellement, faire …More
- Reporters : Ce qui semble ressortir à la lecture de votre ouvrage est que les Algériens et surtout les auteurs anonymes des blagues ont toujours opposé l’humour à leurs gouvernants et ont su rire de leurs déboires. A-t-on ri de tout et de tout le monde ?

- Bachir Dahak : Lorsqu’en 1977, le pouvoir décide de supprimer les anciens sigles des clubs de football pour, essentiellement, faire disparaître la Jeunesse Sportive de Kabylie et lui substituer la JET, les supporters n’y pouvaient rien mais ils ont inventé «Jughurtha Existe Toujours».

Lorsque les rues d’Alger sont envahies par les slogans du Congrès du FLN de 1984 «Pour une vie meilleure», la vox-populi répond immédiatement par «Pour une vie ailleurs».

Lorsque le pouvoir envisage l’arabisation totale du pays à brève échéance, la rue invente un gouvernement arabisé en accolant un «Abou» à chaque ministre pour bien montrer le ridicule d’une telle décision. Le ministre de la planification devient Abou Bri, celui du commerce devient Abou Tik et le chef du parti devient Abou Minable. Il y a le gouvernement au complet dans le recueil.

C’était drôle et génial en même temps. Lorsqu’on s’attaque à Chadli en mettant en avant ses supposées incompétences, l’humour politique a franchi le Rubicon. Savez-vous que c’est un ancien Premier ministre algérien qui m’a raconté l’une des meilleures blagues sur Chadli, celle où il compare sa logique avec celle du Chef d’Etat malien ? Et c’est Hichem Aboud, ancien officier de la Sécurité Militaire, qui a raconté l’excellente histoire des fourmis qui se baladent sur le dos de Chadli.

L’humour politique est une production à plusieurs sorties car incontestablement certains cercles du pouvoir ont contribué à la profusion des blagues sur Chadli en raison de l’extravagance de son épouse et de ses nombreux courtisans.

(Extrait d’un entrevue avec l’auteur, publié sur "reporters"

: reporters.dz/…/bachir-dahak-au… )