Quand je pris ce matin la route vers plus ou moins l'Est, je ne savais guère où j'allais... mais Dieu le savait donc cela me convenait.
Têtu, pas fou et tempérant à la fois, je me dis que même si la frigorifiante matinée où la neige coulait à flot même en plaine, m'empêcherait sans doute de chansonner, ma place était tout de même sur un marché pour ne rien changer.
Je vis notre Vercors et notre Chartreuse couverts de neige lorsque les nuages se dégagèrent à l'heure où je quittais Tullins, précoce hiver qui nous annonce -9 en mon bourg dans trois jours, chose que je n'ai jamais connu depuis que Dieu m'insuffla une âme il y a de cela 31 Printemps... si je croise un réchauffiste dans les jours à venir, cela promet d'être salé... passons !
Quatre choix s'offraient à moi, on m’appelait à Saint Laurent du Pont, on m'y promettait un café si je m'y rendais... il aurait fallu monter les enchères pour que je fusse convaincu...
Les Abrets ? cela faisait beaucoup de route... je barre ces deux bourgades me disant : Plan A : Rives sur Fures... où je fis fortune il y a une semaine ... et si cela roule bien ... direction la Côte Saint André hors d'où je fus samedi bouté par messires les placiers.
J'avais une revanche à prendre et le Seigneur le savait, un ami qui s'avère être plombier me prit sur le chemin et m'emmena au Nord de Rives... d'où je décidais de poursuivre... un jeune homme d'une petite vingtaine se rendant à l'aéroport pour piloter un avion me cueillit ensuite ... et fît un long détour de bon cœur pour me poser à bon port.
Dix heures tapantes, j'étais au marché sous les halles de la Côte Saint André, je salue de nombreux collègues que j'apprécie et que j'ai connu sur d'autres marchés Dauphinois, et me rend au centre du marché ... chez DJG, pour ne rien changer !
Voyant absent mon primeur favori, je demande à son comparse dans quel bistrot est il fourré ? Il m'en indique deux... il prenait sa pause... J'entre alors chez le Torréfacteur qui fût de ce jour mon bienfaiteur majeur... mais ne trouva guère l'homme que je pourchassais...
Un ami d’adolescence, lecteur occasionnel de mes chroniques, que je n'avais plus vu depuis huit années, du temps où nous travaillâmes tous deux pour l'éducation nationale, se trouvait ici.
Nous échangeâmes gaiement une heure durant sur l’instruction de nos respectifs enfants et sur notre doux rêve qu'un jour notre France permette l'éducation libre (c'est pas gagné...).
Me caressait l'esprit une envie légitime de chansonner en ce lieu chaleureux, où il faisait 20 degrés plutôt que 0 à l'extérieur sur la place du marché. La cafetier m'en offrit l'occasion, précéda ma demande en m'offrant tribune pour toutes les têtes blanches qui peuplaient son troquet et qui se virent ravis d'entendre mes poèmes.
Vingt minutes de chansonnettes fort bien payés, Dieu en soit béni, s'ensuivant d'échanges, de prises de contact pour de futurs récitals tant le modeste auditoire fut conquis de ma performance vocale.
Honteux je me trouvais que de n'avoir trop peu souffert, j'allais prêter main fortes aux primeurs jusqu'à au coup de treize heures, pour charger les étalages, les fruits et les légumes en Sir leur Camion. Jusqu'au dépôt alors je les accompagnais, l'un deux me ramenais en mon aimé village, quelques temps plus tard me voici chers lecteurs, pour vous rendre des compte tout juste à l'heure.
A demain à Voreppe je présume, mais Dieu plein de surprise se rit de mes plans, peut être sera-ce Izeaux ou Saint Marcellin, qui entendra mes odes en alexandrins.
Que Notre Dame des Neiges nous protège,
Par Sa Supplication et Sa Très Sainte et Immaculée Conception
Servus Mariae
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