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3 ) Réponse du docteur Dominique Gloppe aux articles de mr Guillaume Chevallier

La démarche de ce prêtre est proche et peut s’apparenter à une position fanatique idéologique.[6]

d. Un despotisme sans appel maintient ses disciples dans une dépendance psychologique surtout affective.

Mon titre : la question de l’expiation dans le cheminement spirituel.

Ce signe clinique est celui de l’emprise dont témoigne la dépendance affective.
[7] Le P.G.C prend un exemple qu’il extrait de son contexte comme il le fait depuis le début, cette désarticulation étant censée renforcer la démonstration en coupant la chaîne symbolique ce qui a pour effet de renforcer la position imaginaire.

Resituons donc le contexte de la citation. Le groupe des apôtres est là avec Marie-Madeleine, Marthe, Marie Salomé mère de Jacque et Jude, et la Sainte Vierge. Le groupe se dirige vers Césarée maritime et nous sommes le 22 juin 28. Contrairement à ce qu’affirme le P.G.C, il règne dans le groupe une ambiance bon enfant, chaleureuse avec beaucoup de tendresse échangée entre les uns et les autres. (On peut noter du reste que l’on est loin d’une ambiance de secte !).

Dans la conversation se glisse le thème de l’amour maternel que Marie d’Alphée mère de Jacques et Jude défend en se disant très préoccupé par la question de la souffrance et de la mort dont Jésus a parlé au travers de l’évocation des prophètes. Tout à coup, une angoisse saisit cette mère qui pense à la mort de Jude. C’est alors qu’elle traverse tout le groupe sans aucune inhibition pour s’élancer vers Jésus, bien décider à avoir une explication. Et Jésus regarde sa tante avec beaucoup de tendresse. « Jésus a passé son bras sur l’épaule de sa tante et l’a attirée tout contre lui. »
[8]

Jésus resitue au début le partage. Tu vois que tu as tous les droits comme mère et moi, je les ai comme Maître et Seigneur.[9]

Magnifique parole de Jésus différenciant les espaces d’incarnation.

Je passe sur le détail de la conversation. La mère de Jude n’arrive pas à se détacher de l’angoisse qui l’envahit. Et cette angoisse gagne de proche en proche tout le groupe et en particulier Marie de Magdala (M-M) dont les souvenirs de Césarée maritime, dont ils s’approchent, reviennent dans sa mémoire. M-M se met donc à pleurer en pensant à la douleur qu’elle a provoquée chez sa mère du fait de son inconduite. C’est donc bien le lien mère-enfant qui se trouve évoquée par les deux femmes. Les apôtres se mettent donc à parler librement de la maternité. Mais M-M pleure à la vision de ses péchés dont elle s’est rendue coupable dans la ville de Césarée. « Maintenant, je les vois tous. J’aurai beaucoup à souffrir dans mon humanité. »
[10]

M-M vient d’ouvrir la question de l’expiation.

Qu’est-ce que l’expiation ? Je la comprends avec M-M comme un chemin vers l’Amour, un chemin qui croise les souvenirs inscrits dans la chair. Ce croisement provoque une douleur vive. En effet, lorsque l’Amour rencontre le péché, la souffrance naît aussitôt de ce qui a été le refus de l’Amour.

Et Jésus se saisit de l’ouverture proposée par M-M pour tendre la main à celle qu’il aime particulièrement.

Et voilà le texte que le P.G.C donne pour illustrer « le despotisme qui maintient l’autre dans une dépendance affective ».


Cela me fait plaisir. Plus tu souffriras et mieux cela vaudra. Car, ensuite, tu ne souffriras plus de ces peines inutiles. (Marie, fille de Théophile, je te rappelle que tu es la fille d’un homme fort, que tu es une âme forte, et que je veux te rendre très forte.)

Ce passage entre parenthèse a été gommé par le P.G.C. Il est pourtant essentiel puisque Jésus reprend le point d’étayage de M-M qui est son amour pour son père, un homme fort qui a été gouverneur de la ville d’Antioche, grand ami des Romains, ayant réussi à établir une immense fortune qu’il laisse en héritage à ses enfants, Marie-Madeleine, Lazare et Marthe. Le P.G.C reprend alors la citation :

Je suis indulgent pour les faiblesses chez les autres, parce qu’elles ont toujours été des femmes douces et timides, y compris ta sœur. Chez toi, je ne le supporte pas. Je te travaillerai par le feu et sur l’enclume. Car tu as un tempérament qu’il faut travailler ainsi pour ne pas gâter le miracle de ta volonté et de la mienne. Sache cela, toi et ceux qui, parmi les personnes présentes ou absentes, pourraient croire que de t’avoir tant aimée pourrait me rendre faible avec toi. Je te permets de pleurer par repentir et par amour, pas pour autre chose. Tu as compris ? Jésus est suggestif et sévère. M De Magdala s’efforce de ravaler ses larmes et ses sanglots et tombe à genoux. Elle baise les pieds de Jésus et, s’appliquant à affermir sa voix, elle dit : oui, mon Seigneur. Je ferai ce que tu veux. Alors, lève-toi et sois sereine.

Jésus dans cet accompagnement spirituel n’est pas dans une conduite « sadique » ou « despotique », mais dans une intelligence de la personne de Marie Madeleine. Il lui parle en évoquant sa filiation. Marie, fille de Théophile. M-M a un rapport privilégié à son père, un homme fort dans tous les sens du terme, laissant à ses enfants une fortune considérable en plus d’une renommée tant auprès du milieu juif qu’auprès des Romains. Jésus valorise cette filiation.

Ici, pas de sadisme et pas d’emprise.

Jésus va poursuivre sur la valorisation de la force intérieure de Marie Madeleine. Chez toi, il y a une force qu’il n’y a pas même chez ta sœur. Jésus a un amour pour M-M qui est « viril » comme un père sur lequel on peut trouver un appui solide.

On n’est pas dans l’ordre de « l’éducation sentimentale et dominatrice », mais bien dans un accompagnement qui mesure exactement les forces en présence. La suite des événements va amplement donner raison à Jésus puisque les apôtres qui ont pu suivre Jésus pendant trois années n’ont pas cru à la résurrection ! seule, Marie Madeleine croyait avec la Sainte Vierge. Et c’est elle qui a bénéficié la première de la rencontre avec Jésus ressuscité.
[11]

Encore une fois, le discours du P.G.C passe à côté. Il n’y a pas de « despotisme sans appel ni de dépendance psychologique affective dans le sens d’une emprise d’un gourou ».

La dépendance psychologique relève d’un lien à quelqu’un qui est Dieu avec une autorité qui dépasse l’autorité humaine habituelle. Or, on voit que Jésus l’utilise pour faire grandir l’amour chez l’autre. Il n’y a pas de volonté d’infantilisation perverse qui cherche à mettre l’autre dans la soumission à une pulsionnalité d’ordre sexuelle, animale même si celle-ci n’est pas exprimée. Au contraire, un respect de la liberté de l’autre est toujours au premier plan.

Alors où se trouve le despotisme ?

Le despotisme ne se trouve que dans la tête de ce prêtre qui projette sur le texte de Maria Valtorta des choses qui n’existent pas.


e. Des décisions irrationnelles et une communauté sectaire :

Un certain nombre de signes cliniques sont contemporains de l’emprise sectaire dans des groupes religieux. Parmi ces signes, on compte :

-Une déstabilisation mentale avec une perte du libre arbitre.

-Une rupture d’avec le milieu familial de manière à couper tout lien qui pourrait s’opposer à l’emprise du groupe sectaire.

-Cette rupture s’accompagne le plus souvent d’une exigence de don financier qui va jusqu’au don total aboutissant à une sorte d’esclavage.

-L’atteinte à l’intégrité physique en est une des conséquences. Les châtiments corporels sont souvent présents d’une manière ou d’une autre. Que ce soit sous la forme d’une privation d’ordre alimentaire ou du sommeil ou de traitements médicamenteux ou d’enfermements ou encore de châtiments corporels.

-Le discours de la secte est souvent un discours de révolte contre la société. Le discours anti romain du temps de Jésus en était une des formes. De ce fait, des troubles à l’ordre public pouvaient en résulter.

-Enfin, un langage typé selon des codes particuliers peut en être une des marques.

-L’embrigadement des enfants fait partie de l’emprise que le meneur utilise afin d’augmenter le chantage destiné à briser le libre arbitre.

Le P.G.C prend donc un nouvel exemple qui tombe à point puisqu’il s’agit de la question de l’adoption d’un enfant. Le P.G.C qui se montre avide de montrer les « décisions irrationnelles » prises par Jésus choisit donc un passage qui a servi aux dominicains d’Avrillé qui ont le même appétit vorace pour discréditer l’œuvre de Maria Valtorta.

Une nouvelle fois, le texte se trouve édulcoré, car coupé de son contexte signe de la métonymie.

Nous sommes le 20 mars 28. Jésus se trouve parmi les paysans travaillant pour Doras, un pharisien particulièrement cruel. Alors que Jésus partage un repas avec ces pauvres gens, un grand-père se détache avec son petit fils en expliquant que les parents sont morts après un accident dû à un éboulement. Le grand-père garde donc son petit-fils avec lui afin qu’il ne tombe pas dans les griffes de Doras qui le ferait travailler comme une bête de somme. Ce vieux grand-père n’en peut visiblement plus et il formule une demande que Jésus puisse recueillir l’enfant. Et Jésus accepte dans un élan de charité et à la plus grande joie de ce grand-père.

Pierre est témoin de toute la scène et son cœur est empli d’amour pour cet enfant. Maria Valtorta ajoute : « le visage de Pierre paraît maigrir sous l’effet du désir ». Pierre formule alors à Jésus son désir d’enfant.
[12]

C’est donc là que le P.G.C trouve le texte afin qu’il s’accorde avec la suspicion d’irrationalité sectaire.

Simon, je te l’ai dit : tu dois être le père de tous les enfants que je te laisserai en héritage, mais tu ne dois pas avoir la chaîne d’un fils à toi. N’en sois pas blessé. Tu es trop nécessaire au Maître pour que le Maître puisse te séparer de lui à cause d’une affection. Je suis exigeant, Simon. Je suis exigeant plus que l’époux le plus jaloux. Je t’aime d’un amour de prédilection et je te veux tout entier pour moi et à moi. C’est bon, Seigneur…c’est bon…qu’il soit fait comme tu le veux. Cette adhésion à la volonté de Jésus est héroïque pour le pauvre Pierre. Ce sera l’enfant de mon Église naissante. D’accord ? Il sera à tous et à personne. Ce sera notre petit enfant. TIII, 191.4.

Le commentaire du P.G.C note que ce texte confirme que les disciples ont perdu l’usage de leur liberté, et qu’ils se trouvent totalement infantilisés par cette emprise du gourou.

Mais dans ce texte nous ne voyons que la charité de Jésus et le désir de Pierre recadré par Jésus qui lui signifient que sa véritable mission est d’être un père pour tous les enfants. Il doit être un père spirituel. Tu ne dois pas avoir la chaîne d’un fils à toi. Et Jésus prend soin de dire à Pierre : n’en sois pas blessé. Jésus est bien évidemment habité par la naissance de son Église. C’est pourquoi cet enfant sera le tout premier enfant de cette nouvelle Église. Et quand Jésus dit à Pierre de ne pas en être blessé, il a beaucoup d’égard vis-à-vis du narcissisme de son apôtre. Il n’y a donc encore une fois aucune emprise ni maltraitance sur un plan psychologique.

Jésus formule ici la mission des prêtres qui s’inscrira dans un célibat.

Comment se fait-il que le P.G.C ne puisse comprendre cela, lui qui a donné sa vie affective à Jésus pour justement ne pas avoir la chaîne d’un fils dans la chair ?

Encore une fois, le texte accusateur du P.G.C fait cavalier seul. L’exemple qu’il donne n’apporte aucun élément justifiant l’accusation.

J’ajoute que cet enfant selon la tradition est probablement l’évêque appelé « apôtre de l’Aquitaine ».
[13]

Quant à l’accusation d’irrationalité sectaire, on cherche vainement ce qui soutient dans les textes proposés ces affirmations.

f. Les disciples ont perdu l’usage de leur liberté, et Jésus est au centre d’une cour à l’atmosphère hystérique.

Cinq exemples sont donnés, censés apporter des preuves que nous n’avons jusqu’à présent pas trouvées.

On retrouve la méthode habituelle qui est de désarticuler le texte de manière à l’extraire du sens pour ne donner à voir, sans du reste y parvenir, que l’affirmation de ce que le P.G.C avance.

Le premier exemple relate un événement repris par les évangiles canoniques. Jésus fait ici l’annonce de sa passion en expliquant le sens du mot « rédemption ». Il n’y a pas de rédemption sans souffrance. 346.5.

Mais Jésus va plus loin cette fois en l’illustrant par un contenu qui prend en compte la face hideuse du martyr.


Ma souffrance atteindra le corps, la chair et le sang, pour réparer les péchés de la chair et du sang. Elle sera morale pour réparer les péchés de l’âme et des passions. Elle sera spirituelle pour réparer les fautes de l’esprit. Elle sera complète. Aussi, à l’heure fixée, je serai pris dans Jérusalem et après avoir beaucoup souffert de la part des anciens et des grands prêtres, des scribes et des pharisiens, je serai condamné à une mort infamante. Et Dieu laissera faire parce qu’il doit en être ainsi, car je suis l’Agneau qui expie pour les péchés du monde entier. 346.5.

Après cette annonce qui bouleverse tout le groupe des apôtres, Pierre se rebiffe et saisit Jésus par le bras pour l’emmener à part et il dit : oh ! Seigneur, ne dis pas ça, ce n’est pas bien.

Jésus reprend donc son disciple fermement en le traitant de Satan.
[14]

C’est donc après ce passage bouleversant que le P.G.C prend son exemple !

Dans cet exemple assez banal, on voit donc André se lever et prendre doucement la défense de son frère qui est anéanti et qui pleure.


Maître mon frère est affligé…il pleure…il l’a mérité. Jésus fait venir Pierre ; viens ici, grand enfant irréfléchi, que je te serve de père en essuyant ces larmes dites Jésus. 346.5.

Isolé de son contexte que le P.G.C ne veut pas voir et qui concerne le cœur de la mission de Jésus, l’exemple est censé amener la preuve des preuves sur la perte de liberté de Pierre !

On reste stupéfait devant cette absence d’écoute du P.G.C qui s’apparente à un déni. La manipulation exercée par le P.G.C est tout à fait exceptionnelle. Il reproche à Maria Valtorta ce que lui-même fait avec une absence totale de scrupules, en tentant de vendre son texte en le présentant comme une preuve qui n’est en fait qu’un fétiche. L’illusionniste c’est lui.

Le deuxième exemple est tout aussi central dans la théologie chrétienne puisqu’il s’agit de la reconnaissance par Pierre de l’identité du Christ. Les évangiles canoniques de Matthieu (16-17), Marc 9, 2-10 et Luc 9, 28-16 rapportent cette reconnaissance du Christ par Pierre. « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »

Nous sommes au début de février 29 à la sortie de la ville de Cèdes, dans le nord d’Israël. Jésus vient d’être blessé à la main par le jet d’une pierre alors que le groupe apostolique se trouvait près de la tombe d’Hillel. La pierre a été lancée par un étudiant d’une yeshiva. Et Jésus demande à ses apôtres :


Et vous, qui dites-vous que je suis ? Répondez franchement selon votre jugement, sans tenir compte de mes paroles ou de celles d’autrui. Si vous étiez obligé de me juger, qui diriez-vous que je suis ? 343.5.

Est-ce une parole d’un pervers narcissique comme l’affirme le P.G.C ?

La parole de Pierre vient immédiatement dans une reconnaissance fulgurante :


Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant s’écrie Pierre en s’agenouillant, les bras tendus vers le haut, vers Jésus qui le regarde avec un visage tout lumineux et qui se penche afin de le relever pour l’embrasser en disant : bienheureux es-tu Simon, fils de Jonas ! car ce n’est pas la chair ni le sang qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les Cieux. 343.5.

Jésus ensuite explique longuement la valeur du choix de Pierre simple et honnête, sans parti pris, sans appui sur un quelconque miracle, sans être subjugué. La liberté de choix est totale. Et Jésus de conclure :


C’est à toi que je donnerai les clefs du Royaume des Cieux. Et tout ce que tu auras lié sur terre sera lié dans les cieux et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux, ô homme fidèle et prudent dont j’ai pu éprouver le cœur. 343.5.

Mais ce passage si important est refoulé par le P.G.C. La citation ne concerne que l’effet de sidération et de surprise de Pierre qui


« Lève son visage, timide, confus, il ne sait faire qu’un geste pour dire tout, pour promettre tout, pour se donner tout entier à son nouveau ministère : celui de jeter ses bras courts et musclés au cou de Jésus et de l’obliger à se pencher pour l’embrasser… » 343.6.

Il est très surprenant de voir le P.G.C prendre quasiment au hasard un petit texte qui a l’air de coller à son obstination, son obsession, celui de montrer la « cour autour de Jésus avec l’atmosphère hystérique ».

La démonstration tombe à plat. Le propos de P.G.C a l’air de flotter au-dessus du texte de Maria Valtorta en état d’apesanteur, n’étant relié que par ses fantasmes.

En psychologie ou en psychanalyse, la clinique doit toujours coller à la réalité des échanges. Le diagnostic sort alors des propos, mais pas l’inverse comme ici. On est donc loin d’une démarche authentiquement clinique.

Le troisième exemple suit la même méthode qui est de refouler le sujet principal. La chaîne historique se trouve rompue et la présentation va donc se faire à partir de l’arrêt de l’histoire. Freud appelait ce moment : un souvenir écran. Il constitue un aspect de la structure du fétiche qui se fige dans un moment d’avant suspendu.

Celui-ci est un discours à la synagogue de Capharnaüm qui se tient à la fin du mois de février 29. Nous sommes donc dans la troisième année de mission. Et ce discours a une haute valeur symbolique et spirituelle puisqu’il s’agit de répondre à des questions essentielles au nombre de 7. Mais ce discours est aussi l’annonce du pain de vie, le pain de la Vie éternelle.


Moi, je peux me donner, je peux me transsubstantier par amour pour les hommes, de sorte que le pain devienne Chair et que la Chair devienne pain, pour la faim spirituelle des hommes qui, sans cette nourriture, mourraient de faim et de maladies spirituelles. Mais si quelqu’un mange de ce pain avec justice, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai sera ma Chair immolée pour la vie du monde ; ce sera mon amour répandu dans les maisons de Dieu pour que viennent à la table du Seigneur ceux qui sont aimants ou malheureux et qu’ils trouvent un réconfort pour leur besoin de se fondre en Dieu et un soulagement pour leurs peines. 354.13.

Ce discours se trouve dans l’évangile canonique de St Jean. 6.22-72.

Il est inaudible pour la plupart des auditeurs qui s’éloignent et s’en vont dans un mouvement de séparation qui pour la plupart est radical. Une fracture se produit qui va enraciner ceux qui persistent dans leur fidélité au Messie.

Et Jésus se tourne vers ceux qu’il a choisis :


Voulez-vous vous en aller, vous aussi ? 354.16.

Jésus est accablé.

Les disciples sont saisis par la douleur de Jésus et ils se mettent à pleurer.

Tous font acte de fidélité à Jésus. Pierre dit :


Seigneur, où veux-tu que nous allions ? Vers qui ? Tu es notre vie, et notre amour. Toi seul as les paroles de la vie éternelle. Nous savons que tu es le Christ, le Fils du Dieu. 354.16.

Au moment où une telle tristesse s’abat sur le groupe, Jésus dit :


Et pourtant, l’un de vous est un démon. 354.16.

C’est à ce moment-là que le P.G.C décide du choix du texte censé illustrer l’hystérie de la cour autour de Jésus.


Alors Jean s’avance rapidement et lui passe les bras autour du cou en disant : dans ce cas, j’ai la lèpre avec toi, mon seul amour. Avec toi dans la condamnation. Avec toi dans la mort, si tu crois que c’est cela qui t’attend…

Pierre rampe à ses pieds et les lui prend pour les poser sur ses épaules…

Les autres s’avancent et lui donnent des baisers sur ses vêtements, sur ses mains, sur ses cheveux…

Seul Judas ose lui embrasser le visage. Jésus se lève tout à coup et semble le repousser brusquement tant son mouvement est imprévu et il dit : allons à la maison. Demain soir, à la nuit, nous partirons en barque pour Hippos.
354.16.

Cette scène est criante de vérité, d’authenticité. D’autant qu’elle vient après un enseignement d’une haute valeur spirituelle.

Mais ce temps a été arrêté, interrompu afin de pouvoir installer le fétiche dont les emblèmes sont ici l’hystérie et la perte de liberté.

De plus, le terme d’hystérie employé par le P.G.C n’est pas le bon terme.

L’hystérie se caractérise par des paroles et des gestes exprimés dans une forme théâtrale du fait d’une émotivité excessive, avec des relents d’inauthenticité, en se donnant en spectacle puisque l’une des conditions de l’hystérie est souvent cet aspect de comédie dont l’exposition au groupe est un des éléments fondateurs. Sur le plan purement clinique, on ne trouve donc aucun élément d’hystérie au sens propre, mais bien plutôt une gravité du moment dont tous prennent conscience.

Où se trouve la théâtralité hystérique ?

Le culot du P.G.C est incroyable car il affirme de manière péremptoire des notions qu’il ne connait pas ou mal. Oui, le P.G.C est un illusionniste qui joue au jeu de bonneteau afin de faire passer d’un cornet à l’autre des objets en laissant entendre qu’ils étaient là alors que c’est lui qui les a mis. Le tableau de Jérôme Bosch est une illustration vivante du travail de prestidigitateur du prêtre qui a le culot de se présenter comme psychologue en faisant des erreurs grossières sur la méthode clinique.

Le quatrième exemple se passe sur le lac de Tibériade dans la première semaine d’août 27. Tous les apôtres sont là. Le bateau de Pierre vient de croiser la barque de Marie Madeleine qui se prélassait avec des gigolos romains et palestiniens dans une ambiance sensuelle. Cela a donné lieu à une altercation entre Pierre et Judas. C’est donc après ce conflit que Jésus propose un enseignement.

Cet enseignement est un préambule à la parabole sur le sel de la terre. Car Jésus en appelle à ses apôtres pour qu’ils deviennent le sel de la terre.


C’est avec vous que je veux saler le monde pour lui donner une saveur céleste. 98.7.

Mais avant d’en venir là, Jésus donne un préambule que le P.G.C a choisi pour illustrer son idée qui est « le rôle manipulateur de Jésus avec une image qui associe l’araignée et le marionnettiste ».

Jésus donne l’exemple d’un médecin qui observe son patient, ne le quittant pas des yeux afin de comprendre le symptôme et déceler le mal caché. Et Jésus se compare à ce médecin :


J’en fais autant avec vous. Vous m’êtes reliés par des fils invisibles, mais très sensibles, qui me sont rattachés et me transmettent jusqu’aux plus légères vibrations de votre être. Je vous laisse croire à votre liberté, pour que vous manifestiez toujours plus ce que vous êtes. 98.6.

Voilà l’exemple donné par le P.G.C.

Tiré du contexte et de l’explication de Jésus il est facile de tirer le texte du côté de la manipulation.

Encore une fois, le P.G.C désarticule le texte en le coupant de la racine dont il est né. L’interprétation de Jésus comme marionnettiste est plutôt risible. Le texte devrait plutôt poser la question des liens invisibles qu’il noue avec ses proches, des liens que nous percevons mal car notre connaissance mystique est rudimentaire, voire inexistante. Pour se défiler, on peut toujours en appeler au marionnettiste !

Un cinquième exemple est donné afin d’illustrer « les préférences personnelles marquées de Jésus » qui viennent témoigner de « son égocentrisme absolu ». Nous ne suivrons pas les multiples exemples donnés par P.G.C, car ils sont posés là sans que nous puissions faire de lien avec ce qu’il veut démontrer puisque justement il ne donne aucun exemple précis. C’est à nous à faire ce travail qu’il suggère !

On a le sentiment depuis le début que le texte du P.G.C n’arrive jamais à se connecter avec les exemples censés en apporter les preuves.

Nous nous arrêterons donc sur la relation privilégiée de Jésus et de Jean, relation reconnue puisqu’elle est inscrite dans les évangiles canoniques.

La scène se déroule au moment de l’appel des apôtres en ce début d’année 27 dans la première moitié de Mars. Jean est sans doute celui qui a « reconnu » Jésus le plus vite, comme une fulgurance, une évidence avec une particularité que sans doute les autres n’avaient pas. En effet, Jean avait une pureté intérieure qui a participé de cette reconnaissance.

Voici donc le texte choisi par le P.G.C :


« Jean est mon préféré ? Oui, mais justement, ne me ressemble-t-il pas en cela aussi ? Il est pur, aimant, obéissant, mais humble aussi. Je me mirais en lui et en lui je voyais mes vertus. C’est pourquoi je l’aimais comme un second moi-même. Je voyais sur lui le regard du Père qui le reconnaissait pour un petit Christ. Et ma Mère me disait : « En lui, j’ai le sentiment d’avoir un second fils. Il me semble te voir, toi, reproduit en lui qui n’est qu’un homme. » 49.11.

Le P.G.C lit ce texte en l’interprétant comme une preuve de l’égocentrisme de Jésus qui recherche dans l’autre un autre lui-même, signe et preuve de cet égocentrisme.

Et pourtant, Jean a bien été au regard du Père un « petit Christ » qui est devenu le fils de Marie au pied de la Croix. En lui, Jésus a pu trouver un endroit où se reposer, car Jean avait une pureté intérieure qui abaissait les défenses que Jésus n’a jamais cessé de mettre face à l’hostilité contenue dans les impuretés de chacun. On ressent ces défenses qui fatiguent Jésus, particulièrement avec Judas qui n’arrive à baisser la garde que dans des moments fugitifs.

Ainsi oui, Jésus avait clairement une préférence envers ce disciple, car il représentait un des rares endroits où il pouvait se reposer.

Il faudra que le P.G.C nous explique pourquoi Jésus avait cette préférence reconnue dans les évangiles canoniques et reprises dans tous les tableaux de peinture, on pense évidemment à la Cène peinte par Léonard de Vinci. Il faudra aussi qu’il nous explique cette préférence avec d’autres mots qu’un égocentrisme et une relation de miroir narcissique dont l’ombre serait dans ce cas une homosexualité pour aller au bout de ce que le P.G.C peut suggérer sans le formuler.


2- Jésus et sa mère : des relations mère-fils d’une étouffante possessivité.

Haut de page.

a- débat autour du « désormais » que Jésus inscrit dans les évangiles canoniques :

Le P.G.C inaugure son étude de la relation de Jésus à sa mère par l’épisode de Cana. Avec raison, car Cana est la porte d’entrée de Jésus dans sa mission. Le P.G.C discute le fait que Jésus modifie le texte canonique de l’évangile. Rappelons donc le texte de l’évangile de St Jean :


1-Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là,
2-et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples.
3-Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit : ils n’ont plus de vin.
4-Jésus lui répondit : Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n’est pas encore venue.
5-Sa mère dit aux serviteurs : faites tout ce qu’il vous dira.


La critique du P.G.C porte sur la traduction nouvelle que propose Jésus dans le texte de Maria Valtorta. Jésus ajoute un « désormais » à la traduction :

Femme, qu’y a-t-il désormais entre toi et moi ? [15]

Ce désormais est, de fait absent du texte canonique comme le dit le P.G.C qui cite alors le texte de Maria Valtorta afin de critiquer la proposition de Jésus.

Je fus un fils soumis à sa mère, jusqu’au moment où la volonté de mon Père m’a indiqué que l’heure était venue d’être le Maître. À partir du moment où ma mission a commencé, je ne fus plus le fils soumis à sa mère, mais le serviteur de Dieu. Les liens moraux qui m’unissaient à celle qui m’avait engendré étaient rompus. Ils s’étaient transformés en liens plus élevés. Ils s’étaient tous réfugiés au niveau spirituel. Mon âme appelait toujours « Maman » Marie, ma Sainte. L’amour n’a pas connu d’arrêt, ne s’est pas attiédi ; bien au contraire, il n’a jamais été aussi parfait que lorsque séparé d’elle pour une seconde naissance, elle m’a donné au monde, pour le monde, comme Messie, comme Évangélisateur. 52.7.

Le P.G.C est étonné par l’opposition entre ces deux moments de la vie de Jésus avant et après Cana. Ce que Jésus explique qu’il redira à Nicodème est cette seconde naissance, cette seconde maternité pour Marie, qui à ce moment, ouvre la porte de l’appartenance de Jésus au Père.

Les psychanalystes ont très bien compris cet avènement puisqu’ils évoquent la naissance véritable d’un sujet par le Nom du Père. Quitter sa mère afin de naître au monde se fait par le père et au-delà de lui par le Nom du Père. Mais ici, Jésus qualifie cette affiliation nouvelle au Nom du Père, cette deuxième naissance, comme une appartenance au Père des Cieux. Ainsi, ce petit « désormais » que Jésus rajoute au texte ajoute un lien de continuité, une rupture, entre un avant et un après. Le lien à Marie acquiert alors un surcroît de spiritualité, une densité spirituelle tandis que Jésus par cette nouvelle naissance peut dire « j’appartiens alors à tous les hommes par le Père qui m’a envoyé vers eux ».

De Fils, Jésus devient le Maître. Il peut entrer dans sa mission.

Il semble que le P.G.C a bien compris ce passage, mais il veut démontrer qu’en fait, il n’en est rien et que la relation de Jésus à sa mère ne s’est pas « réfugiée dans l’esprit » qu’ils ne sont pas « rompus », mais que bien au contraire ils sont « fréquents, concrets, charnels ». Le P.G.C ajoute que Marie se montre maternelle, protectrice, infantilisante, avec un amour captateur. Bref, il s’agit d’une mère dévorante, qui va jusqu’à câliner son Jésus sur ses genoux, le couple de Jésus et sa mère se souriant comme deux amoureux.

Ainsi, ce « désormais » qui est déjà en trop ne représente rien, c’est du baratin puisque le couple que le P.G.C voit se rapproche plutôt de l’inceste, bien que le P.G.C ne prononce pas le mot.

Plusieurs exemples sont donnés pour illustrer cette affirmation.

Les textes choisis sont comme d’habitude tirés de leur contexte qui n’est jamais relaté.


b- nouvelles preuves administrées pour illustrer la possessivité de Marie

Ce premier texte relate la rencontre de Jésus avec sa mère à Nazareth en juillet 27. Il n’y a pas eu de rencontre depuis le vendredi 23 avril. Entre ces deux moments, Jésus a constitué un premier noyau autour de Jean, André, Pierre, Philippe, Nathanaël, Simon, Thomas, Jude et Judas, finalement accepté après un délai de réflexion. Il manque donc Jacques et Matthieu. Jésus est donc déjà entré pleinement dans sa mission. Ce sont donc de véritables retrouvailles entre Jésus et sa mère :


Oh, mon Fils chéri ! Tu as soif ? Oui, bien sûr. Je vais te préparer…
Soif de tes baisers, Maman, de tes caresses. Laisse-moi rester ainsi, la tête sur ton épaule, comme quand j’étais tout petit…Oh Maman ! Comme tu me manques !
Mais dis-moi de venir, mon Fils, et je viendrai. Qu’est-ce qui t’a manqué pendant mon absence ? Un plat que tu aimes particulièrement ? Des vêtements frais ? Un lit bien fait ? Ah ! dis-moi, ma Joie ce qui t’a manqué. Ta servante, ô, mon Seigneur, essaiera d’y pourvoir.
Rien d’autre que toi…
89.6.

Marie avant même que son Fils lui parle a senti tout ce que Jésus a traversé comme épreuves durant tout ce temps. En bonne mère, elle devine ces choses banales qui touchent au confort de base, les vêtements frais, le lit bien fait, les bons plats. C’est ue vraie maman accueillant un fils qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs mois.

Jésus retrouve ainsi sa mère sur le mode d’une rencontre basique qui rejoint le souvenir d’enfance avec son lot de caresses prodiguées sur l’épaule de sa mère.

S’ajoute la rencontre entre eux au niveau plus spirituel. Ce lien spirituel a connu une rupture à Cana, nous l’avons vu. Marie a un lien privilégié qui la met en communion d’âme. Elle est passée d’un état de mère à celui d’épouse mystique.

Alors oui, Jésus peut enfin se reposer dans un endroit qui est toute pureté et humilité. Et le repos de Jésus est total, car il n’y a aucune personne autour de lui qui ait en elle autant de pureté. Cet aspect est probablement très réconfortant pour Jésus, car l’impureté chez les hommes est le signe du péché. Et le péché est l’indice d’une hostilité.

On comprend donc que Jésus et sa mère puissent se retrouver dans un amour très pur. Il n’y a pas de péché ni en Jésus ni en Marie. La relation entre eux est donc exempte de tout ce qui caractérise la relation humaine simple blessée par le péché originel.


c- La relation de Jésus à Marie est si pathologique qu’ils sont obligés de se cacher quand ils se voient. (Ça gêne le lecteur) !!

Le P.G.C est obsédé par une idée fixe qui est de démontrer que cette relation entre Jésus et sa mère ne correspond en rien à ce qu’il avait annoncé à Cana. Non, il n’y a aucunement de relation spirituelle entre les deux. Les textes sont là pour prouver que cette relation est remplie d’un amour purement humain où dominent la captation narcissique de part et d’autre, l’infantilisation comme en témoigne le vocabulaire des échanges, et les câlins ou caresses qui « gênent le lecteur ». Dans cette gêne des rapports, le P.G.C suggère, sous-entend quelque chose que nous appelons inceste. Il ne le dit pas nettement. Cette relation oblige donc Jésus et Marie à « se cacher pour se retrouver ».

Je ne suis personnellement gêné en rien, car la pureté de la relation est évidente pour moi et pour les millions de lecteurs de Maria Valtorta.

Mais pas pour le P.G.C qui tente une nouvelle fois de transformer une rencontre entre Jésus et sa mère en un aparté à l’intérieur duquel des éléments impurs se sont glissés et pourquoi pas un soupçon de sexualisation.

Dans le deuxième texte cité, le retour à Nazareth se fait avec quatre disciples :

Nous sommes à la mi-juin 29, la dernière année de mission est donc bien avancée. Jésus revient vers Nazareth avec quatre de ses disciples : Thomas, Jude, Jacques, Simon le Zélote. L’arrivée vers la maison de Marie se trouve constellée de réflexions qui sont autant de prières de louanges. C’est ainsi qu’au moment où ils approchent de la haie qui borde le jardin, Jude s’écrie : son jardin clos ! et Thomas : oui, elle en est la rose. Jacques ajoute : le lys parmi les épines. Et enfin, Simon : la fontaine scellée.

Tandis que Jésus vient compléter :


Mieux, la source d’eau vive qui, jaillissant impétueusement du beau mont ; donne l’Eau de Vie à la Terre et s’élance avec sa beauté parfumée vers le ciel. 433.2.

Voilà les propos pleins de poésie des uns et des autres devant celle qui suscite autour d’elle un respect immense.

Vient ensuite la rencontre et les échanges autour de la petite Auréa, une fillette à peine pubère qui a échappé à la voracité lubrique d’un riche romain. Elle est fiévreuse et se repose dans une chambre.

Marie propose alors à son fils d’aller trouver l’une des Romaines à qui appartient la fillette, car il s’agit d’une esclave.

Je restitue donc le véritable échange que le P.G.C a réduit pour sa cause.


Tu fais beaucoup, Maman. Merci pour ton soutien…
Oh ! je suis une aide bien pauvre, mon Fils ! Car je ne réussis pas à te faire aimer, à te donner…de la joie…tant qu’il t’est accordé d’en avoir un peu…que suis-je donc alors ? Une bien pauvre disciple…
433.5.

Voilà maintenant le texte choisi par le P.G.C :


Maman ; Maman ! Ne parle pas ainsi ! Ma force me vient de tes prières. Mon esprit trouve le repos en pensant à toi, et maintenant, de rester ainsi, la tête contre ton cœur béni, réconforte mon cœur… Maman ! Jésus a attiré près de lui sa Mère, debout à ses côtés. Il est assis sur un coffre contre le mur, et appuie son front contre la poitrine de Marie, qui caresse doucement ses cheveux… C’est une attitude pleine d’amour.
Puis Jésus relève la tête et se met debout.
433.5.

La relation, le cadre symbolique que Jésus a posé à partir du « désormais » trouve ici son axe principal. Le lien de Jésus à sa mère est un lien mystiquement d’époux dans lequel nous avons nous-même peine à entrer. Mais je suis persuadé que les anges sont autour d’eux, nombreux, discrets, adorant. Le fonds de cette relation d’amour est le désastre qui pointe à l’horizon, apportant une étreinte insupportable.

Le P.G.C fait une réflexion en bas de page sur le fait que Jésus dit : ma force vient de tes prières. Le P.G.C pense qu’il y a une impossibilité logique dans cette déclaration. Je vais laisser aux théologiens le soin de répondre.

Un dernier exemple est apporté par le P.G.C qui reste dans un discours de certitudes sans que le moindre doute puisse émerger. Nous avons déjà évoqué ce fait en émettant l’hypothèse d’un fait symptomatique.


d- L ’annonciation est décrite par Jésus à ses apôtres.

Nous arrivons à un moment qui suit la première annonce de la passion au cours de laquelle Pierre s’est fait vertement et justement rabroué par le Seigneur du fait de sa position si défensive qu’il était proche du déni. Et ce moment précède la transfiguration au Mont Thabor. Nous sommes le 18 février 29.

Et Jésus s’adresse à ses apôtres et à des proches nombreux comme les bergers ; les sœurs disciples, Menahem, Margziam et beaucoup de personnes. En tout, le nombre peut avoisiner les 40 personnes comme le signale Maria Valtorta. (P. 278.)

Jésus découvre alors le secret intime de Marie qui est sa virginité. L’annonciation est décrite par le Seigneur dans une délicatesse extrême. Jésus dévoile la femme que tous ont rencontrée afin de la montrer « transfigurée ».

Voilà ce qu’en dit le P.G.C : C’est auprès d’elle qu’il vient puiser la consolation. La visionnaire notre à la fin qu’ils se sourient comme deux amoureux.


Viens ici ma Mère. Ne rougis pas, ne te retire pas, intimidée, douce colombe de Dieu. Ton Fils est la parole de Dieu, et il peut parler de toi et de ton mystère, ô sublime Mystère de Dieu. Asseyons-nous ici, à l’ombre légère des arbres en fleurs, près de la maison, près de ta sainte demeure. Voilà ! Levons cette tenture ondoyante et qu’il sorte des flots de sainteté et de paradis de cette demeure virginale, pour nous combler tous de toi…
Oui, moi aussi. Que je me parfume de toi, Vierge parfaite, pour que je puisse supporter les puanteurs du monde, pour que je puisse voir la pureté, de mes yeux débordants de ta pureté. Venez ici…
348.9.

Jésus nous fait entrer dans un monde étranger à l’homme.

Il est le point d’appui fondamental de Jésus.

Pourquoi ?

Parce qu’il est d’une pureté absolue.

Loin de la puanteur du monde.

Le P.G.C n’arrive pas à sortir de la puanteur du monde. Il en est friand et se plaît à chercher, à trouver cette puanteur en la créant de toute pièce. Voilà un autre aspect du fétiche.

Il y a quelque chose d’indécent dans les remarques de ce prêtre qui suggère par une allusion la « gêne occasionnée par le lecteur » :

« Maria Valtorta parle d’eux comme d’un couple parfait. Si la remarque gêne le lecteur, le fait gêne aussi les personnages, si bien que les protagonistes doivent se cacher pour se retrouver ».

Il va donc chercher un passage qui va dans le sens de cette puanteur. Il ne parle donc pas de l’annonciation, de la rencontre pleine de délicatesse de Marie avec l’ange.


Son âme tissait un tapis d’amour en passant, agile comme la navette sur le métier, de la terre au ciel, des besoins de la maison et de son époux à ceux de l’âme, de Dieu. Elle chantait, elle priait. Et le tapis se formait sur le métier mystique, il se déroulait de la terre au Ciel, il s’élevait jusqu’à se perdre là-haut…
Et le tapis s’ornait des fleurs de l’amour, de la pureté, des palmes de la paix, des lauriers de la gloire, des humbles violettes, des jasmins odorants…toutes les vertus fleurissaient sur le tapis de l’amour que la Vierge déroulait de la terre au Ciel comme une invitation.


Puis vient l’annonciation proprement dite. Le Mystère.

C’est donc ce moment que le P.G.C choisit pour en faire une puanteur : « marie se montre maternelle, protectrice, infantilisante parfois, et son amour captateur. Son Jésus à sa maman. Il arrive à Marie de câliner son Jésus sur ses genoux. Puis le P.G.C choisit le texte de l’annonciation en montrant le côté indécent de Jésus. Jésus se plait à la donner en exemple et dévoile devant tous, en sa présence, ses secrets les plus intimes comme ceux qui concernent l’Annonciation.


Et une femme pudique, la plus pudique de toutes les femmes, celle qui ne connaissait même pas la poussée instinctive de la chair, fut bouleversée devant l’Ange du Seigneur, parce que même un ange trouble l’humilité et la pudeur de la Vierge. Elle ne se tranquillisa qu’en entendant parler. Elle crut, et elle dit la parole par laquelle « leur » amour devint chair et vaincra la mort ; et il n’existe pas d’eau qui puisse l’éteindre ni de perversion qui puisse le submerger. Jésus se penche doucement vers Marie qui a glissé à ses pieds, comme en extase, à ce rappel d’une heure lointaine, lumineuse d’une lumière spéciale que son âme paraît exhaler, et il lui demande doucement : quelle fut ta réponse, ô vierge très pure, à celui qui t’assurait qu’en devenant la Mère de Dieu tu n’allais pas perdre ta parfaite virginité ?
Et Marie, comme dans un rêve, lentement en souriant, les yeux dilatés par des larmes de joie : voici la Servante du Seigneur ! Qu’il me soit fait selon ta Parole.
348.11. et 348.12.
Puis, elle repose sa tête sur les genoux de son fils, en adoration.

Le P.G.C ne peut à aucun moment lever les yeux au-dessus de sa besogne. Il reprend alors les incantations accusatoires contre la Sainte Vierge !

Néanmoins, comme il le fait depuis le début, les propos qu’il tient ne se retrouvent jamais dans le récit qu’il cite comme s’il apportait une preuve de ce qu’il avance. Mais, on a beau chercher en se frottant les yeux pour trouver, rien ne vient étayer son discours. Les accusations sont libres de toute connivence avec le texte de Maria Valtorta. Les propos sont jetés au-dessus du texte dans un contexte allusif. La structure symbolique est évacuée afin de livrer une version imaginaire autour du miroir, et des effets d’image inerrants à l’amour charnel.


e- Maternelle, protectrice, infantilisante, avec un amour captateur.

La beauté du texte, sa poésie, la manière dont Jésus témoigne de la pudeur de cette femme dont il dit qu’elle ne connaissait pas la poussée instinctive de la chair, la délicatesse de ton, tout dans l’évocation que fait Jésus de la rencontre de Marie avec l’ange témoigne d’une rencontre très loin de ce qu’évoque le P.G.C.

Le P.G.C revient sur un autre passage, car aucun élément clinique n’est là. Il raconte que Jésus dans ses pérégrinations évoque souvent Nazareth et sa mère.

En fait, le P.G.C est littéralement obsédé par la contamination sexuelle de Jésus et de sa Mère. Dès que cette relation apparaît dans une formulation qui peut faire penser à cette contamination, il la cite.

S’il était un vrai clinicien, il partirait du texte lui-même. Ici, il y a une représentation qui est projetée sur le texte, et cette représentation vaut interprétation. La démarche est fausse.

Je ne vais pas suivre les deux nouveaux textes choisis par le P.G.C. Nous allons directement à sa conclusion du chapitre qui est une longue citation de Jésus à la toute fin de l’ouvrage.


Certains trouvent trop affectueux l’amour de Marie pour Jésus ; je leur dis de se souvenir de qui était Marie : la Femme sans péché et donc sans impureté dans son amour envers Dieu, envers ses parents, envers son époux, envers son Fils, envers le prochain. Il leur faut prendre en considération que ma Mère voyait en moi bien davantage que le fruit de son sein. Ils doivent enfin tenir compte de la nationalité de Marie : sa race hébraïque, race orientale, et le temps très éloigné des temps actuels. Ces éléments expliquent certaines amplifications verbales de l’amour qui pour vous peuvent paraître exagérées. Le style oriental et fleuri, pompeux, même dans le langage ordinaire. Tous les écrits de ce temps et de cette race en sont la preuve, et le passage des siècles n’a pas beaucoup changé le style de l’Orient…
À ceux qui jugent trop affectueux l’amour de Jésus pour Marie, je dis de considérer qu’en Jésus était Dieu, et que Dieu un et trine trouvait son réconfort à
aimer Marie, celle qui le repayait de la douleur de l’espèce humaine, le moyen pour que Dieu puisse revenir se glorifier de sa Création et donner des habitants à ses Cieux. Et qu’ils considèrent enfin que tout amour devient coupable uniquement quand il enfreint l’ordre, c’est-à-dire quand il va contre la volonté de Dieu et le devoir qu’il faut accomplir. 652.4.

f- inconsistant, anachronique, style embarrassé, Jésus n’arrive pas à parler à la première personne.

Le P.G.C donne sa critique de ce passage : « il y a de l’inconsistant et de l’anachronique dans ces arguments, le style est embarrassé, et Jésus ne parvient pas à parler de lui-même à la première personne du singulier ».

On ne voit toujours pas ce qu’il y a d’inconsistant dans ce passage où Jésus discerne avec une extrême justesse ce qu’il peut y avoir de choquant pour nos mentalités les propos pleins d’emphase contenus dans les discours des Orientaux.

Anachronique est justement le fait de ne pas remettre un événement à sa date ou dans son époque ce qui entraîne une confusion entre des époques différentes. Or, Jésus justement explique le sens de certaines infatuations du langage liées à l’époque, et à la mentalité hébraïque ou orientale.

Il n’y a donc rien d’anachronique.

Le style n’est aucunement embarrassé. Il est au contraire limpide, droit, franc, sans arrière-pensée.

Enfin Jésus emploie la première personne du singulier dans le texte :

Je leur dis.

Ma Mère…

Je dis de considérer qu’en Jésus était Dieu…

Toutes les affirmations du P.G.C, de nouveau, sont désavouées nettement pas le texte. Les accusations tombent les unes après les autres.