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LA DECLARATION DE 1974 DE MGR LEFEBVRE DEFIGUREE PAR LE CHAPITRE DE LA FSSPX

Grâce à une démonstration toute simple, à partir d’une comparaison de textes, un intervenant du Forum Fidélité catholique a mis en évidence que l’Adresse publiée le 21 juillet 2018 à la clôture du Chapitre général dissimulait une subtile manœuvre des nouvelles autorités de la Fraternité.

Le procédé, fort astucieux, mérite qu’on y revienne :

Ainsi donc, sous prétexte de ne pas retranscrire l’intégralité du texte de novembre 1974 - trop long, n’est-ce pas ! -, on s’est limité à citer trois paragraphes « positifs » de cette célèbre Déclaration, et on en a omis neuf autres « négatifs », précisément ceux qui dénonçaient le Concile et le magistère de la Rome « néomoderniste et néoprotestante » comme causes de l’apostasie dans l’Eglise, et qui invitaient « tout catholique conscient et fidèle » à un « refus catégorique » de la Réforme conciliaire, « pour notre salut » avait même indiqué Mgr Lefebvre !

Pour prévenir la critique, les rédacteurs de l’Adresse ont pris le soin d’ajouter que la Fraternité « fait sienne (la Déclaration de 1974) dans son intégralité » : petite ficelle… grosse comme un câble !

Par leurs omissions ciblées, cohabitant avec de bons rappels de principe sur le sacerdoce, la messe, et la doctrine du Christ-Roi, ces mêmes rédacteurs ont habilement transformé le message de protestation du Fondateur contre la dérive doctrinale de l’Eglise en une banale profession de foi traditionnelle, comme pourrait en souscrire actuellement, à quelques nuances près, tout institut ou communauté de la mouvance Ecclesia Dei.

Le but - inavoué, mais évident - est de ne pas « fâcher » le pape… tandis que l’on poursuit avec les autorités romaines une discrète négociation en vue d’une normalisation canonique de la Fraternité, comme en atteste la nomination-surprise en fin de Chapitre de deux Conseillers supplémentaires, anciens Supérieurs généraux, notoirement impliqués dans ce rapprochement (Mgr Fellay, et l’abbé Schmidberger).

Dans cette perspective, on s’emploie donc à préparer en douceur l’opinion des prêtres et des fidèles à un ralliement acceptable, escomptant que Rome accueillera la Fraternité par un convivial « Venez tel que vous êtes » (comme chez McDo !).

En prime de réconciliation, l’espoir de quelques cadeaux : prélature personnelle, messe tridentine confirmée et garantie, catéchisme traditionnel, juridiction « ordinaire » de l’Eglise pour tous les sacrements (la confirmation manque encore), lieux de culte dédiés, etc.

Petites clauses annexes, qu’on image facilement : garder la mesure dans la critique du Concile et du magistère post-conciliaire, ne pas offenser le Saint-Père par des remontrances publiques sur ses actes et déclarations, respecter la diversité des options théologiques et des pratiques pastorales en cours dans l’Eglise, acceptation du nouveau Code de droit canonique de 1983 (déjà effective à travers l’octroi de la juridiction sur les sacrements), concertation avec les évêques diocésains sur certains points (ex : ouverture de nouvelles chapelles), et quelques autres engagements de nature à assurer une harmonieuse cohabitation de la Tradition au sein de l’Eglise « conciliaire ».

Ira-t-on jusqu’à exiger que la Fraternité célèbre les fêtes liturgiques des nouveaux saints ?... dont Jean XXIII, Jean Paul II (qui a excommunié Mgr Lefebvre en 1988 !), et bientôt Paul VI (qui l’a suspendu a divinis en 1976 !).

Ces développements et leurs ultimes conséquences sont en germe, qu’on le veuille ou non, dans la démarche de cette fallacieuse « Adresse ».

Bien malheureux les prêtres et les fidèles qui s’y laisseront prendre !

Car, au stade où nous en sommes,
- plutôt que d’édulcorer le message de Mgr Lefebvre pour se faire accepter dans la « pleine communion » d’une Rome non convertie,
- il faut bien au contraire renforcer ce message historique du grand Prélat à la mesure de l’aggravation de la situation depuis 1974 et des urgences actuelles de la sainte Eglise.

Dans ce sens, il serait hautement souhaitable que plusieurs prêtres et religieux à l’autorité reconnue, et d’autres personnalités en vue dans la Fraternité et hors de celle-ci, soutenus par de nombreux laïcs, prennent l’initiative de demander à la Maison générale de la FSSPX une profession solennelle de la foi de l’Eglise face à la Rome du pape François, chaque jour plus scandaleuse aux yeux du monde catholique.

Nous avons appris qu’il existait un modèle d’une telle profession de foi, intitulée Déclaration de Fidélité catholique, déposée sur certains sites, et disponible en plusieurs langues (français, anglais, espagnol, et bientôt paraît-il italien et portugais).

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On peut télécharger ici la version française.

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DECLARATION DE FIDELITÉ CATHOLIQUE

Fidèles à l’héritage de Mgr Marcel Lefebvre, et en particulier à sa mémorable « Déclaration » du 21 novembre 1974, nous adhérons de tout notre cœur, de toute notre âme, à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.

Selon l’exemple de ce grand prélat, intrépide défenseur de l’Eglise et du Siège apostolique, nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II, et après le concile dans toutes les réformes et orientations qui en sont issues.

Ces réformes et orientations, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Eglise, à la perte de son esprit missionnaire, à la propagation de l’indifférentisme - par l’œcuménisme et le dialogue interreligieux -, à la ruine du sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des sacrements, à l’affaiblissement de l’autorité pontificale, à l’anarchie théologique, à la confusion de l’action pastorale, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les universités, les séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Eglise.

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Eglise depuis vingt siècles, et à l’époque récente par les textes-clés de sa doctrine antilibérale et antimoderniste, à savoir :

- Mirari vos, de Grégoire XVI,
- Quanta cura et le Syllabus, de Pie IX,
- Immortale Dei et Libertas, de Léon XIII,
- Pascendi, de Pie X (avec le serment antimoderniste),
- Quas primas et Mortalium animos, de Pie XI,
- Humani generis, de Pie XII.

« Si nous-même, dit saint Paul, si un ange venu du Ciel vous annonçait autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème ! ». Et l’Apôtre insiste : « Nous l’avons déjà dit et aujourd’hui je le répète, si quelqu’un vous prêche autre chose que ce que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Epître aux Galates, 1, 8-9).

Si donc une contradiction vient à se manifester dans les paroles ou les actes du pape, ainsi que dans les actes des dicastères romains, par rapport à la doctrine traditionnelle, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Eglise, et à toute « herméneutique » prétendant démontrer la continuité entre ces nouveautés et le magistère constant des siècles passés.

On ne peut modifier profondément la lex orandi (la liturgie), sans modifier la lex credendi (la règle de la foi). A messe nouvelle correspondent : catéchisme nouveau, sacerdoce et séminaires nouveaux, nouvelle pastorale des sacrements, nouveau droit canon, bible œcuménique, nouvelles formes de dévotion, nouveaux critères de sainteté, Eglise charismatique et pentecôtiste éclatée en « communautés » disparates, toutes choses opposées à l’orthodoxie, au magistère de toujours, et à l’unité catholique.

Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit.

La seule attitude de fidélité à l’Eglise et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme, même s’il faut recourir, pour survivre, à des solutions canoniques d’exception - car le salut des âmes est la loi suprême - ou subir, éventuellement, d’injustes condamnations.

C’est pourquoi, sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment, nous entendons maintenir la profession intégrale de la foi sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la sainte Eglise catholique, au souverain pontife et aux générations futures.

C’est pourquoi, aussi, nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Eglise, par l’Eglise de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile, en attendant que la vraie lumière de la tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle.

En l’état, l’amour de l’Eglise et notre fidélité à la mémoire et au combat de Mgr Lefebvre requièrent, plus que jamais, une confession vigoureuse et publique de la foi face aux fauteurs d’erreurs quels qu’ils soient.

Dans cet esprit, et pour hâter, autant qu’il dépend de nous, le retour de l’Eglise à sa propre tradition bimillénaire, nous supplions respectueusement et instamment le Souverain Pontife d’accomplir dès que possible, comme Vicaire de Jésus-Christ, Successeur de Pierre, et Docteur de la foi, trois gestes de la plus haute importance :

- déclarer qu’il tient fermement, dans le même sens que ses prédécesseurs, la doctrine de Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, Pie X, Pie XI et Pie XII, dénonçant les erreurs de la « culture libérale » : ainsi serait réaffirmée, contre la fallacieuse « liberté religieuse » et les « droits-de-l’homme-sans-Dieu », la Royauté sociale de Jésus-Christ,

- rétablir le serment antimoderniste, prescrit en 1910 et abrogé en 1967, pour l’accès aux ordres de la hiérarchie ecclésiastique : ainsi serait donné un coup d’arrêt au processus de corruption de la foi dans le clergé et parmi les fidèles, cause de « l’apostasie silencieuse » des masses catholiques,

- faisant usage du privilège de l’infaillibilité pontificale (cf. constitution Pastor aeternus de Vatican I), condamner solennellement les textes de Vatican II contraires aux définitions irréformables du magistère antérieur : ainsi serait révoquée la prétendue autorité d’un concile « pastoral », « nouvelle Pentecôte » de l’Eglise, qui se révèle être, cinquante ans après, le plus grand désastre de son histoire.

Enfin, pour obtenir la paix du monde, nous implorons également du pape François qu’il daigne effectuer la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, selon la demande du Ciel transmise à Fatima, et dans les formes requises par cette demande.

Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer unis à l’Eglise, une, sainte, catholique, apostolique et romaine, ainsi qu’aux successeurs de Pierre, et d’être les fidèles dispensateurs des mystères de Notre-Seigneur Jésus-Christ in Spiritu Sancto.
juristecatholique
Oui face à une adresse ambiguë , nous trouvons une déclaration catholique adaptée à notre temps . Espérons que cette déclaration soit découverte par beaucoup de prêtres ... et d'évêques .
dmargot
Je crois que c'est la réponse du ciel au chapitre de la Fraternité . Puissent les prêtres et les évêques s'en inspirer pour redonner du souffle doctrinal au combat actuel.
Traditions
Bravo ! Tout est dit. La solution de la crise est là et pas ailleurs ....
France Fidèle
Un coup de tonnerre cette déclaration !!! Magnifique !!