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Virginie Fortin

Cardinal Robert Sarah:
Nous avons transformé la messe en un champ de bataille : traditionalistes contre progressistes, et ainsi de suite. Nous en sommes venus à profaner l’Eucharistie.
Alors que Jésus et moi pouvons rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés, à travers le sacrement de l’Eucharistie et celui de la liturgie, pourquoi avons-nous fait de la liturgie un lieu de conflit ? Il faut y réfléchir sérieusement.
La liturgie est le seul moment où l’homme se tient en relation directe avec Dieu, face à face. C’est le seul moment où l’homme entre en contact avec Dieu, où Dieu l’écoute et où il peut parler à Dieu. Pourquoi donc devons-nous nous battre ? Pourquoi interdire ceci, pourquoi interdire cela ?
Qui nous donne ce droit, qui nous confère ce pouvoir d’empêcher quelqu’un d’entrer dans une relation personnelle avec Dieu ? Jamais, dans l’histoire de l’Église, on n’a vu pareille chose.
Je crois que le pape essaie de discerner et de comprendre cette situation, mais ce n’est pas facile, car la question de la liturgie est une question de foi. Lex orandi, lex credendi : comme on prie, ainsi on croit ; et comme on croit, ainsi on prie.
Si nous n’avons pas la foi, si nous ne nous disposons pas intérieurement, si les fidèles eux-mêmes ne croient plus, alors rien ne changera. Nous continuerons à nous battre autour de la liturgie, à brimer certains, à diviser les croyants.
Pourtant, si l’on observe la réalité, ceux qui pratiquent aujourd’hui avec ferveur, ce sont souvent ceux qui participent à la messe selon la forme traditionnelle. Pourquoi leur interdire cela ? Au contraire, il faudrait les encourager.
Je ne sais pas exactement ce que les responsables de l’Église peuvent faire, mais ils sont conscients de cette bataille, de cette difficulté profonde qui traverse le peuple de Dieu.

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