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Ne donnez pas vos organes si vous ne voulez pas mourir vivants

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Une autre leçon cruciale de la mort d'Alfie

Définition de la mort cérébrale et transplantation d'organes. Benedetta Frigerio a interviewé un éminent néonatologue américain. A ne pas manquer.

("Benoît-et-moi", le 4/6/2018)

>>> ICI, les vidéos de conférences faites par le dr Byrne sur le sujet de la mort cérébrale.

>>> Le docteur Byrne a été longuement interviewé par Jeanne Smits en 2012 (ICI)
A la question de Jeanne Smits: «Pouvez-vous nous rappeler le critère de la récupération d’organes donné par Benoît XVI?», le médecin répondait: «Son enseignement moral sur ce point est assez clair. Il dit que des organes vitaux individuels ne peuvent être extraits sinon "ex cadavere". Il a dit cela en latin. Comment un corps vivant devient-il un cadavre ? Il faut qu’il passe par la mort véritable. La mort cérébrale, quelle que soit cette réalité, n’est pas la mort véritable».

J'ai examiné Alfie. le problème est la "mort cérébrale"

3 juin 2018
www.lanuovabq.it/it/visitai-alfie-i… (version en anglais ICI)
Ma traduction

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Quelle est l'origine de l'approche médicale, révélée avec fracas au monde entier par le petit Alfie Evans? La réponse du Dr Paul Byrne, néonatologue de renommée internationale, qui a rendu visite au petit en décembre 2017, est claire : «Même si Alfie ne fut pas déclaré cérébralement mort, tout découle de la définition de "mort cérébrale". Une vision où la vie est mesurée par la quantité de fonction de l'encéphale».

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Quelle est l'origine de l'approche médicale, révélée au monde avec fracas par le petit Alfie Evans? La réponse du Dr Paul Byrne, néonatologue de renommée internationale, qui en décembre 2017 a été appelé par la famille de l'enfant à Liverpool pour l'examiner, est claire depuis des années: «Tout provient de la définition de la mort, non plus clinique mais cérébrale, sanctionnée en 1968 par une commission médicale de Harvard».

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Dr Byrne, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous différenciez la mort réelle de la mort cérébrale et quelles sont les implications de cette distinction ?

- J'ai commencé les soins intensifs pour les enfants malades en 1963, au Cardinal Glendon Hospital for Childrend de Saint Louis, j’étais profondément animé par l'intention de défendre la vie par tous les moyens possibles. Au cours de cette période, de nouvelles thérapies ont été découvertes. Mais quelques années plus tard, une nouvelle définition de la mort a commencé à se répandre: le patient n'était plus considéré comme mort seulement après l'arrêt des fonctions cardiaque et circulatoire, donc aussi des fonctions respiratoires et du système nerveux, mais il suffisait de détecter l'absence d'activité cérébrale pour le déclarer mort. En 1975, un bébé prématuré, Joseph, a été admis dans mon service. Il a été sous assistance respiratoire puis déclaré cérébralement mort parce que son électroencéphalogramme ne montrait aucun signe d'activité. Mais Joseph était vivant, alors j'ai continué à le soigner: aujourd'hui, il est père de trois enfants. À partir de ce moment, j'ai commencé à m'interroger sur la définition de la mort cérébrale, découvrant que c'était un mensonge.

Qu'est-ce que tout cela a à voir avec Alfie, qui n'a pas été déclaré "cérébralement mort" ?

- Cette vision a un impact énorme sur des patients comme Alfie. Si nous concevons que les gens sont morts, et ne sont donc plus dignes de soins, quand leur cerveau ne donne aucun signe d'activité, nous en arrivons à penser que la personne dont l'activité cérébrale est minimale a moins de dignité. Si la mesure de la vie est le cerveau, il devient normal de penser que, puisqu'une partie du cerveau d'Alfie ne semblait pas normale (il avait aussi des convulsions), alors l'enfant était presque mort et donc n'était pas digne de soins. Ce n'est pas par hasard que, même si Alfie était vivant, au lieu de recevoir une trachéotomie et des traitements, ils ont décidé, comme si c'était normal, de le faire mourir. Lorsqu'ils l'ont vu respirer pendant quatre jours, même sans assistance respiratoire, les médecins, bien que surpris, savaient qu'il aurait du mal à se rétablir sans traitement approprié.

Comment vous seriez-vous comporté en tant que médecin face à Alfie ?

- Tous les médecins savent qu'après deux ou trois semaines d'assistance respiratoire, et bien sûr après un an et demi comme pour Alfie, il est nécessaire de pratiquer une trachéotomie. Nous ne savons pas si Alfie aurait respiré plus longtemps avec la trachéotomie. La seule façon de le savoir était de le soigner. Les parents d'Alfie se sont battus contre cette vision réductrice et fausse et ont révélé à beaucoup la vérité que le monde, immergé dans la culture de la mort, ne voit plus. Ou plutôt celle que voient les personnes normales qui n'ont pas encore été endoctrinés, comme les gens qui ont protesté à Liverpool.

Comment Alfie et sa famille vous sont-ils apparus ?

- Nous sommes immergés dans la culture de la mort et Alfie a été appelé à nous faire comprendre grâce à ses parents qui se sont opposés à un système médical et juridique gigantesque, ne différant pas du système canadien ou américain. La mort cérébrale est une imitation de la mort; ce n'est pas la mort réelle. Mais il est utile au marché des organes, qui pousse à considérer les personnes dont le système circulatoire est actif comme des non-personnes et leur corps comme un ensemble de pièces de rechange.

En bref, vous dites que la culture de la mort découle du don d'organes de personnes vivantes.

- Il n'est pas possible de prélever des organes sur un cadavre. Pour le faire, il faut une personne vivante, mais on doit la déclarer morte pour justifier cette pratique. De cette façon, on commence à penser que la vie existe et n'est digne que si une personne a des fonctions cérébrales ayant un minimum d'activité, sinon elle perd sa dignité. Cette vision est partielle et élimine le concept d'âme.

Docteur, quelle est en revanche votre conception ?

- La vie de chaque personne est un continuum de la conception à la mort réelle (mors vera), qui a une dignité même si la condition dans laquelle elle vit ne nous plaît pas. Toute personne devrait continuer à être traitée jusqu'à ce que ses fonctions respiratoires, cérébrales et circulatoires aient toutes cessé.

Voyez-vous une coïncidence dans le fait que la définition de la "mort cérébrale" et la première transplantation ont eu lieu à la suite l'une de l'autre en 1967-68?

- Les chercheurs s'était aperçus qu'il était impossible de prélever des organes sur les cadavres. La seule façon de les recycler était de les prendre à des personnes vivantes. Il y a donc aujourd'hui plein de gens jugés morts par des médecins ou des juges, qui sont vivants. J'ai rendu visite à Taquisha Mckitty au Canada, qui vit dans son lit mais a été déclarée cérébralement morte le 24 septembre 2017: la Cour suprême décidera sous peu si elle est vivante ou morte et donc si elle est admissible au traitement. Je suis allé en Californie pour voir Jahi McMath, déclaré mort cérébral en 2013. Jahi a ensuite été transférée dans le New Jersey, grâce à la bataille juridique de la famille, où elle a subi une trachéotomie et une GEP (gastrostomie endoscopique percutanée - pose d'une sonde gastrique). Aujourd'hui, Jahi vit.

Les journaux font état de plusieurs cas de personnes déclarées mortes cérébralement qui se sont ensuite réveillées. Chaque fois, les médecins affirment que cela s'est produit en raison d'une erreur dans le diagnostic de mort cérébrale qui doit confirmer l'absence de respiration, de fonction cérébrale (y compris le tronc encéphalique) et de perception de la douleur.

- Quand cela se produit, ils disent qu'il y a eu une erreur dans le diagnostic, mais le vrai problème est dans leur conception de la vie et de la mort.

Pour nier cette évidence, il y a même des gens, peut-être même athées, qui crient au miracle.

- Les miracles peuvent se produire, mais ce sont des miracles parce qu'ils contredisent les lois naturelles. Dans ces cas, il n'y a pas de contradiction. La vérité, c'est que tous ces patients déclarés morts ne l'étaient pas. Leur cœur n'était pas à l'arrêt et leur circulation n'avait pas cessé depuis des heures. Ce n'étaient pas des corps en décomposition. S'il y a miracle, donc, c'est que personne n'ait touché les organes de ces personnes avant leur réveil.

En Grande-Bretagne, et maintenant aussi en Italie, la loi dit que l'on peut demander à ne pas être "ressuscité" ou "réanimé", qu'est-ce que cela signifie ?

- Les médecins n'ont pas le pouvoir de ressusciter qui que ce soit, même s'ils parlent de "résurrection" ou de "réanimation": soit vous êtes vivant et donc on vous soigne, soit vous êtes un cadavre et plus personne ne peut vous soigner. Si vous êtes un cadavre, seul Dieu peut vous ressusciter.

Si vous étiez maintenant confronté à un patient incapable de respirer seul, de réagir aux stimuli ou de ressentir de la douleur, et dont les fonctions cérébrales apparaîtraient complètement nulles, que feriez-vous ?

- Jamais je ne le déclarerais mort. J'encourage toujours à examiner la thyroïde du patient, si la thyroïde ne fonctionne pas, il faut traiter la thyroïde, ce qui peut peut-être aider le cerveau à guérir ou conduire à une alimentation et une respiration indépendantes. Il y a beaucoup de choses à faire pour aider une personne à vivre jusqu'à ce qu'elle meure vraiment. Récemment, un garçon de 9 ans, déclaré mort cérébral, a été soigné et aujourd'hui, il se porte bien.

Pourquoi, si l'expérience dément la définition de la mort cérébrale, est-il si difficile de revenir en arrière ?

- Rien qu'en 2017, le marché américain des organes a enregistré un chiffre d'affaires de 34 milliards de dollars. Il s'agit d'un marché mondial, présent aussi en Italie.

Que pensez-vous des déclarations du Cardinal Ratzinger dans une interview accordée en 1999 à La Repubblica sur le caractère licite des transplantations, et le catéchisme selon lequel «le don d'organes après la mort est un acte noble» ?

- Le catéchisme se poursuit ainsi : «il est moralement inadmissible de provoquer directement la mutilation invalidante ou la mort d’un être humain, fût-ce pour retarder le décès d’autres personnes» (§2296). Le 7 novembre 2008, le Pape Benoît XVI a déclaré que «les organes vitaux individuels peuvent être prélevés uniquement ex cadavere, lequel a aussi sa propre dignité qui doit être respectée» (*). Dans le Compendium du Catéchisme, il répète que «pour l'acte noble du don d'organes après la mort, la mort réelle du donneur doit être pleinement établie». Bien que la "mort cérébrale" et la transplantation d'organes n'aient pas été envisagées au XIIIe siècle, le Concile de Vienne (1311-1313) apporta des précisions: «Nous considérons comme erronée et contraire à la vérité de la foi catholique toute doctrine ou thèse qui affirme imprudemment, ou révoque dans le doute, que la substance de l'âme rationnelle ou intellectuelle n'est pas vraiment et en soi la forme du corps humain; et nous définissons - afin que la vérité de la foi pure puisse être connue de tous et la voie vers toute erreur bloquée - que quiconque ose plus tard affirmer, défendre ou tenir avec ténacité que l'âme rationnelle, c'est-à-dire l'intellect, n'est pas la forme du corps humain en soi et en substance doit être considéré comme hérétique». Cette position a été réaffirmée par le Cinquième Concile du Latran en décembre 1513. Toujours le catéchisme de l'Église catholique citant le Concile de Vienne au numéro 365 indique clairement que : «L'unité de l'âme et du corps est si profonde qu'il faut considérer l'âme comme la "forme" du corps.... l'esprit et la matière, chez l'homme, ne sont pas deux natures combinées, mais leur union forme une nature unique».
En 1957, dans un discours aux anesthésistes, Pie XII déclarait: «Des considérations générales nous permettent de croire que la vie humaine continue tant que ses fonctions vitales - distinctes de la simple vie des organes - se manifestent spontanément ou même à l'aide de processus artificiels».

Beaucoup utilisent ces mots de Pie XII pour dire le contraire, qu'un organe qui fonctionne ne suffit pas pour dire qu'une personne est vivante. Par conséquent, la question serait dans un diagnostic certain, où la respiration et l'encéphale, y compris le tronc, sont complètement inactifs.

- La question est que de nombreux critères différents de la mort cérébrale ont été adoptés. Cependant, aucun d'entre eux n'est fondé sur des évidences: lorsque quelqu'un est déclaré mort cérébralement et se réveille, certaines personnes diront que les critères exacts n'ont pas été respectés ou qu'il y a eu des erreurs de diagnostic. Mais ce que nous savons, c'est que ces patients se sont réveillés parce que leurs proches se sont opposés à une définition qui juge morte la personne dont le cœur bat encore (**).

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NDT

(*) On pense à ce que disait le cardinal Ratzinger en 2000, dans un livre-entretien avec Peter Seewald (Voici quel est notre Dieu, Plon/Mame, 2001, page 306):
Accepteriez-vous de donner vos organes ?

- Oui, même si je suppose que mes vieux organes ne sont plus très utilisables.

Une supposition fâcheuse : un Africain musulman se promenant à Paris avec le cceur du cardinal Ratzinger...

- ...cela se pourrait.

Élisabeth Kübler-Ross, qui explore le domaine de la mort, avait une opinion particulière sur la question de savoir sil faut ou non prolonger artificiellement la vie. Elle disait: « C'est non à cent pour cent. Il ne faut ni abréger ni prolonger la vie. Pour chaque personne existe le bon moment où il est temps de mourir. » Il m arrive d'avoir à agir ainsi avec certaines affaires non réglées. Et c’est moins une question de personne, car il y a finalement « un supérieur qui a son mot à dire ».

- Bien sûr, il y a des formes ou des tentatives de prolongation, qui semblent violentes et auxquelles je m'opposerais. Mais toute guérison est naturellement une prolongation de la vie. De nos jours on soigne des maladies qu'on n'arrivait pas à guérir autrefois. Et si la science médicale progresse, je ne considérerais pas cela comme une prolongation artificielle de la vie.
La question est de savoir jusqu'à quel point les dons d'organes font partie des possibilités de soins que nous considérons comme des extesions normales et sensées de la science médicale et des soins autorisés. Je pense que la transplantation d'organes doubles, les reins ou les yeux, n'est pas un grave problème, bien que cela représente un sacrifice important pour le donneur. C'est plus difficile lorsqu'il s'agit d'organes, comme le coeur, que l'on doit prélever sur quelqu'un qui est mort cliniquement, mais assez tôt pour que l'organe soit encore « vivant ». La question du moment de la mort, puisque l'organe doit encore être vivant, est une question limite, qui nécessite un débat hautement responsable. Le critère de la mort cérébrale a été soigneusement travaillé, mais je pense qu'il doit être réexaminé en permanence de façon critique. La tentation existe certainement de l'utiliser trop tôt. C'est pourquoi la transplantation cardiaque est effectivement un cas limite d'intervention thérapeutique. Mais, malgré tout, je n'oserais pas l'exclure totalement. Je pense qu'il existe aussi des formes légitimes de transplantation qu'on peut encore inclure dans le domaine des interventions normales.

(**) La version en anglais (sans doute la langue dans laquelle l'entretien s'est déroulé) diffère un peu, et plus sensiblement dans le dernier échange:

Beaucoup de médecins disent que le problème n'est pas la définition de la mort cérébrale mais son abus : selon eux, les cas d'éveil sont le résultat d'un diagnostic qui n'est pas tout à fait correct. Est-ce vrai ? Ils disent que la bataille n'est pas dans la négation du coma irréversible et de la définition de la mort cérébrale, mais dans la dénonciation de son abus.

- Il est courant que cette réponse soit donnée. Le fait est que nous pouvons savoir que la vie est présente lorsqu'il y a un fonctionnement interdépendant de nombreux organes et systèmes, y compris le cœur, le cerveau, les poumons, les reins, etc. De nombreux ensembles disparates de critères de "mort cérébrale" ont été publiés. Aucun ensemble n'est basé sur des preuves. Lorsque quelqu'un a été déclaré "cérébralement mort", mais qu'il se rétablit, certains diront que les observations n'ont pas été faites correctement. Les patients dont on parle aux nouvelles, c'est ceux dont les parents et les proches n'acceptent pas la mort quand il y a circulation et respiration. Il faut noter qu'un cœur apte à la transplantation doit battre jusqu'au moment où le chirurgien enlève le cœur de la poitrine du donneur. Il n'y a pas de diagnostic erroné de décès après que le cœur ait été coupé, le donneur est à coup sûr et toujours vraiment mort. La question est de savoir si les donneurs sont vraiment morts lorsqu'il y a ...

Source : benoit-et-moi.fr/…/une-autre-leon-…

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magofio
il faut etre contre les transplantations d'organe.ne pas en donner et ne pas en recevoir..
GChevalier shares this
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GChevalier
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Montfort AJPM
Dieu qui veut que nous soyons tous sauvés, nous fait un commandement de le prier ;
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