L'amour de l'évêque au delà de soi.
Mary MacKillop est souvent surnommée la « sainte excommuniée ». En 1871, elle a subi une sanction sévère de la part de l'autorité locale. Elle est entrée en conflit avec l'évêque d'Adélaïde, Mgr Sheil. Les raisons étaient multiples : des désaccords sur le mode de gouvernance de son ordre (elle voulait une gestion centrale plutôt que soumise à chaque évêque local) et, selon plusieurs sources, le fait que ses sœurs aient dénoncé un prêtre pour des abus. L'évêque l'a formellement excommuniée pour « insubordination » en septembre 1871.
Malgré l'injustice, elle a fait preuve d'une humilité héroïque, en acceptant la sanction, en refusant de critiquer l'évêque et en demandant à ses sœurs de ne pas lui en vouloir, affirmant : « Le cher vieil évêque a fait une terrible erreur ». L'évêque a reconnu son erreur et a levé l'excommunication sur son lit de mort, cinq mois plus tard, en 1872.
L'attitude de Sainte Mary MacKillop face à son évêque, Mgr Sheil, est un exemple merveilleux de charité poussée jusqu'à l'héroïsme. Même au plus fort de la crise, alors qu'elle était chassée de son couvent et coupée des sacrements, elle a refusé de dire un seul mot d'amertume contre lui.
Voici quelques-unes de ses citations les plus marquantes concernant l'évêque et l'autorité :
Alors que ses partisans et certaines de ses sœurs étaient furieux contre l'injustice de l'évêque, elle écrivait :
« Je n'ai pas un seul sentiment de rancœur contre le cher vieil évêque. Il a fait une erreur, mais il croyait bien faire. »
« Nous devons toujours regarder le bon côté des intentions de nos supérieurs, même quand leurs actes nous font souffrir. »
Elle voyait dans cette épreuve une main divine plutôt qu'une méchanceté humaine :
« Le Seigneur a permis que tout cela arrive. Pourquoi devrions-nous nous plaindre ? Si l'évêque a mal agi, c'est à Dieu de juger, pas à moi. Mon devoir est d'aimer et de prier pour lui. »
Lorsque l'évêque, sur son lit de mort, a levé l'excommunication en reconnaissant son tort, elle a réagi avec une immense délicatesse, sans aucun esprit de revanche :
« Je suis si heureuse que le cher évêque soit parti en paix avec moi. Ma seule tristesse est qu'il ait eu à souffrir de cette situation. »
Dans ses instructions à ses sœurs (les Joséphites), elle a laissé des principes qui expliquent son silence face à la persécution :
« Ne dites jamais rien contre les ministres de l'Église, même s'ils vous semblent injustes. Si vous ne pouvez pas dire du bien, ne dites rien. »
Pourquoi est-ce si impressionnant ?
L'excommunication de Mary MacKillop n'était pas un simple blâme ; c'était une mort sociale et spirituelle dans le contexte de l'époque. Elle a été :
-Privée de la communion (le centre de sa vie).
-Forcée de retirer son habit religieux.
-Logée par des amis juifs car les catholiques craignaient de l'aider.
Pourtant, elle écrivait à sa mère :
« Je me sens comme un petit enfant sur le sein de Dieu, et je ne crains rien. »