8 avril, Samedi Saint et Sainte Bernadette
Ci-dessous, le tombeau du Christ en Terre Sainte;Prière et Pénitence.
Sur la mort de Bernadette
Dans ses souffrances continuelles elle s'était attachée à Jésus crucifié comme à son unique consolateur. En 1877, elle prit la peine d'envoyer une lettre pour remercier la Supérieure du pensionnat de Cahors qui lui avait offert un grand Crucifix. Elle écrivait : "Il y a bien longtemps que je désirais un grand Christ pour mettre près de mon lit.; comment vous témoigner assez ma vive reconnaissance ? Aussi me suis-je écriée en le serrant et l'embrassant, que ma chère Mère Sophie avait été bien inspirée. J'ai la permission de le garder. Je suis plus heureuse avec mon Christ sur mon lit qu'une reine sur son trône." C'est l'une des pensées les plus élevées que les mystiques chrétiens aient jamais prononcée.
Un de ses derniers gestes fut encore de saisir le Crucifix, de le porter à ses lèvres, et de baiser lentement et dévotement les cinq plaies du Sauveur. Elle ne songeait qu'à la Passion et à s'identifier avec le Christ. Elle dit : "J'ai soif." Elle fit le signe de la croix comme elle seule savait le faire et puis elle récita distinctement les dernières paroles de l'Ave Maria : "Sainte Marie, Mère de Dieu", mais, au lieu de dire : "priez pour nous", elle implora : "priez pour moi, pauvre pécheresse, pauvre pécheresse", et elle acheva : "maintenant et à l'heure de ma mort". Après ces suprêmes paroles une suffocation lui enleva toute respiration, elle inclina la tête et expira. Il était environ 3 heures de l'après-midi. Bernadette mourait très humblement, implorant au dernier moment la miséricorde divine, plus encore pour ses propres fautes que pour celles des autres pêcheurs ; elle n'en était pas moins une des plus pures victimes que la terre ait portées, mourant sur la croix à l'exemple du divin Maître.
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Méditation
Le Vendredi saint, la chute du jour a marqué le début du repos sabbatique. Sous les yeux des saintes femmes attentives, deux hommes se sont empressés d'achever les rites d'une sépulture sommaire. Il s'agit de Joseph d'Arimathie et de Nicodème. Ils ont fait pour le mieux. Nicodème a acheté les aromates, Joseph le linceul. Le propre tombeau de Joseph, creusé dans le roc, s'est offert pour recevoir le corps de Jésus rapidement enseveli. Joseph n'a eu le temps que de rouler la lourde pierre à l'entrée du tombeau et il s'en est allé.
Désormais un silence profond règne sur cette tombe qui gardera son secret jusqu'au matin de Pâques. Jésus est le grain de blé jeté en terre en vue des moissons futures. Le silence et l'immobilité de son corps sont féconds comme ceux de l'hostie au tabernacle ou dans nos cœurs.
Oui, le corps de Jésus ne doit pas nous faire illusion : le sommeil de la mort ne sera que de courte durée, suivi d'un glorieux triomphe.
Puisse ce samedi, jour de transition entre les angoisses du Vendredi saint et la gloire de la Résurrection, être un jour de recueillement et de prière aux pieds du corps inanimé de Jésus. Ouvrons largement notre cœur, purifions-le dans son sang, afin que, renouvelé dans la charité et la pureté, il puisse rivaliser avec le "sépulcre neuf" pour offrir à Notre-Seigneur un séjour de repos et de paix. Pensons aussi à nos chers défunts.
Seigneur Jésus, faites-nous la grâce d'être tellement enflammés de célestes désirs durant ces fêtes de Pâques toutes proches, que nous puissions un jour arriver aux fêtes éternelles du Ciel, où nous jouirons sans fin de votre vision, qui sera pour nous source de bonheur pour l'éternité.