La FSSPX m'a trompé sur la messe Paul VI.
1-Le Pape possède le pouvoir souverain de réformer ou de promulguer une nouvelle liturgie
La théologie catholique s'appuie sur le droit divin de la primauté pétrinienne voulue par le Christ , avec son pouvoir de juridiction et de gouvernement pour prétendre que le pape peut réformer ou promulguer une Liturgie s'il le juge opportun pour l'Église universelle.
Le Concile de Trente (Session XXI, Chapitre 2) l'exprimait ainsi :
« Le Concile déclare en outre que l'Église a toujours eu, dans la dispensation des sacrements — leur substance étant sauvée — le pouvoir de décider ou de modifier ce qu'elle jugeait plus expédient pour l'utilité de ceux qui les reçoivent ou pour la vénération des sacrements eux-mêmes, selon la diversité des choses, des temps et des lieux. »
C'est une référence fondamentale qui établit que l'Église a toujours eu le pouvoir de modifier la discipline des sacrements.
2. Pape Pie XII - Encyclique Mediator Dei (1947)
Avant même le Concile Vatican II, Pie XII (Mediator Dei ,1947) a clarifié que la liturgie n'est pas une "chose morte" intouchable, mais qu'elle dépend de l'autorité du Pontife.
« Le Pontife Romain seul a le droit de reconnaître et d'établir toute coutume concernant le culte, d'introduire et d'approuver de nouveaux rites, de changer ceux qu'il juge devoir être changés. »
« La hiérarchie ecclésiastique a toujours fait usage de ce droit en matière liturgique ; elle a organisé et réglé le culte divin, le faisant briller de nouveaux éclats [...] en maintenant toutefois l'intégrité de la substance. »
Ce droit est rappelé dans la constitution Sacrosanctum Concilium (Vatican II, 1963)
« Le droit de régler la sainte liturgie appartient uniquement à l'autorité de l'Église ; il appartient au Siège apostolique et, selon les règles du droit, à l'évêque. » (Article 22, § 1)
Les grands théologiens ne sont pas de reste :
Saint Thomas d'Aquin:
« La direction des sacrements appartient aux ministres de l'Église, de même que la dispensation. C’est pourquoi il appartient au Pape, qui possède la puissance suprême dans l'Église, de déterminer ce qui concerne le culte divin. »
(Somme Théologique, IIa-IIae, Q. 89, art. 9)
Dom Adrien Gréa:
« Comme le Pape est le gardien de la foi, il est aussi le gardien du culte. La liturgie est l'expression de la foi de l'Église, et il appartient à celui qui enseigne l'Église universelle de régler la forme de cette expression. »
Un Pape peut-il promulguer une fausse liturgie ou « mauvaise » pour les âmes ?
Selon la théologie catholique, le Pape, assisté par le Saint-Esprit, ne peut pas promulguer une loi liturgique universelle qui serait, en elle-même, nocive, invalide ou hérétique. La foi catholique considère que l'assistance du Saint-Esprit s'étend non seulement aux définitions de dogmes, mais aussi à la discipline générale de l'Église, dont la liturgie est le cœur.
Le Pape Grégoire XVI (Encyclique Quo Graviora, 1833) écrivait :
« L'Église pourrait-elle errer dans les rites et les cérémonies qu'elle prescrit pour l'administration des sacrements ? [...] L'Église, qui est la colonne et le soutien de la vérité et qui reçoit manifestement du Saint-Esprit l'enseignement de toute vérité, pourrait-elle commander, concéder ou permettre ce qui tournerait au détriment du salut des âmes ? »
L'Église est "Sainte". Si le Pape pouvait imposer à tous les fidèles un rite qui contiendrait des erreurs doctrinales ou qui serait nuisible au salut, l'Église cesserait d'être sainte et deviendrait un instrument de perdition.
Le Pape Pie XII (Encyclique Mystici Corporis, 1943) :
« Certes, notre pieuse Mère [l'Église] brille d'un éclat sans aucune tache dans les sacrements par lesquels elle engendre ses fils et les nourrit ; dans la foi qu'elle a toujours conservée intacte ; dans les lois saintes par lesquelles elle commande à tous et les conseils évangéliques par lesquels elle les exhorte. »
Si la prière imposée par le Pape était mauvaise, la foi de l'Église serait corrompue. Ainsi le Cardinal Jean de Lugo (éminent théologien jésuite) écrivait :
« Bien que le Pape puisse errer dans des faits particuliers, il ne peut cependant pas errer dans les lois universelles qu'il impose à toute l'Église, de telle sorte que ces lois seraient contraires à la foi ou aux mœurs, ou qu'elles contiendraient quelque chose de pernicieux. »
En 1794, le Pape Pie VI a condamné les jansénistes qui affirmaient que l'Église pouvait établir une discipline (liturgie, rites) "nuisible". Cette condamnation est le pilier de la certitude théologique sur ce sujet.
Bulle Auctorem Fidei (Proposition 78 condamnée) :
« La proposition affirmant que l'Église, qui est gouvernée par l'Esprit de Dieu, pourrait établir une discipline [...] non seulement inutile, mais encore dangereuse et nuisible... » est condamnée comme fausse et injurieuse pour l'Esprit de Dieu.
Conclusion
Ces quelques citations qui font autorité montrent que le Pape possède le pouvoir suprême et immédiat de promulguer une nouvelle liturgie pour l'Église universelle. En outre, et en vertu de la promesse d'assistance du Saint-Esprit, la théologie garantit que le Souverain Pontife ne peut prescrire un rite qui serait en soi mauvais, illicite ou dangereux pour la foi. La liturgie qu'il promulgue demeure l'expression authentique de la foi de l'Église (Lex orandi), constituant ainsi une voie sûre pour le salut des fidèles.
Conclusion secondaire
Si l'Église à le droit de par Dieu de réformer et promulguer une liturgie, si celle-ci ne peut être fausse ou nuisible, alors deux conclusions s'imposent:
1) les hérétiques sédévacantistes qui crient sur internet que la nouvelle et les nouveaux rites des sacré dont invalides est une position impossible est condamnée.
2) les Lefebvristes ou crypto-Lefebvristes qui font croire que la messe promulguée par Paul VI est possiblement invalide et en tous les cas nuisible pour les âmes est une position impossible et condamnée.
A titre personnel je ne remercie pas les prêtres de la fsspx de m'avoir fait croire à une position qui va directement contre la constitution de l'Église, les écrits de plusieurs conciles, de plusieurs papes et de l'ensemble des théologiens.