Du côté du César islamique
L’ONG ajoute : « Seize années au cours desquelles environ 600 ecclésiastiques, dont 350 pasteurs et 250 prêtres catholiques, ont été enlevés et des dizaines ont disparu ou ont été tués, dans le but d’éradiquer les 113 millions de chrétiens d’ici 2075 ou avant. »
S’appuyant sur des statistiques recueillies auprès de multiples sources au cours des dernières années, l’ONG a précisé que les djihadistes islamiques du Nigéria et ceux qui facilitent le djihad dans le pays, – qu’ils appartiennent aux institutions de sécurité, la défense et les institutions politiques, y compris les forces de sécurité « d’inspiration islamique » –, ont causé la destruction, le pillage ou la fermeture violente de ces églises.
Et d’ajouter que les statistiques publiées par la Conférence des évêques catholiques du Nigéria le 12 mars 2025, sous-estimaient la réalité en indiquant qu’entre 2015 et mars 2025 au moins 145 prêtres catholiques ont été enlevés, 11 tués et 4 portés disparus. Car, « nos enquêtes approfondies révèlent qu’au moins 160 prêtres catholiques ont été enlevés entre août 2015 et septembre 2025. Parmi eux, au moins 12 tués. »
Ecclésiastiques et fidèles enlevés
Au total, ce ne sont pas moins de 600 religieux chrétiens, dont 250 prêtres, séminaristes et religieuses catholiques, qui ont été enlevés depuis 2009, « parmi lesquels des dizaines ont été tués à coups de machette ou ont disparu sans laisser de traces jusqu’à ce jour ».
« Notre enquête a clairement montré que l’enlèvement de centaines de religieux chrétiens et le meurtre ou la disparition de nombre d’entre eux, en particulier ceux de l’Église catholique, dans l’est du Nigéria, se sont intensifiés après la mi-2015, sous l’effet conjugué d’attaques djihadistes islamiques et d’attaques menées par des entités criminelles, motivées par des intérêts financiers », a souligné l’ONG.
Ainsi, les proches des prêtres victimes ont été contraints de payer d’importantes rançons s’élevant à des dizaines de millions de nairas, soit des dizaines de milliers de dollars par prêtre enlevé. Quant aux véhicules appartenant à des prêtres catholiques, victimes, ils ont été vendus par l’intermédiaire d’organisations criminelles.
Dans une autre déclaration rapportée le 30 septembre par l’agence de presse catholique, Aciafrique, l’ONG réclame la libération de 850 chrétiens, détenus dans les camps djihadistes fulani. Ces otages « croupissent dans la forêt de Rijana, près d’une base militaire nigériane et d’autres dans le comté de Kachia, dans le sud de l’État de Kaduna ».
Le Nigéria compte environ 238,5 millions d’habitants issus de diverses ethnies et religions, multiculturels et pluralistes, profondément divisés, selon les estimations démographiques de l’ONU pour septembre 2025. Dont environ 113 millions de chrétiens déclarés au Nigéria, 47,4% de la population, et environ 100 millions de musulmans déclarés, 45% de la population.
Et le nombre de fidèles augmente
Les chrétiens du nord du Nigéria doivent faire face aux attaques djihadistes, à la criminalité et aux rivalités tribales, une situation aggravée par l’imposition de la charia dans de nombreuses régions. Néanmoins, dans un entretien accordé en avril dernier à l’Aide à l’Église en Détresse (AED), Mgr Habila Daboh, évêque de Zaria, a déclaré que « le nombre de chrétiens augmente de façon spectaculaire dans le nord du Nigéria ».
Originaire de la région, Mgr Daboh a expliqué que lorsque le christianisme a commencé à s’implanter dans le nord du pays, l’harmonie prévalait, mais depuis peu, un déchaînement d’idées fondamentalistes au sein de la communauté musulmane a envenimé l’atmosphère.
« Nous avons grandi ensemble avec les différents groupes ethniques », a déclaré l’évêque. « La vie se déroulait normalement. Nous mangions ensemble, nous jouions au football ensemble, nous allions sur les mêmes marchés, nous nous baignions dans les mêmes ruisseaux. Puis les extrémistes sont arrivés, prétendant que si vous n’êtes pas musulman, vous ne devriez pas être en vie, et la vie est devenue terrible pour les chrétiens.
« C’est de là que vient la tension actuelle. Les extrémistes pensent que nous ne devrions pas être dans cette région. Comme ils voient que nous nous développons, ils nous considèrent comme une menace pour la communauté musulmane. »
Alors que les groupes djihadistes les plus extrémistes, comme Boko Haram, sont fermement opposés à toute forme d’éducation occidentale, l’évêque de Zaria a insisté sur le fait que les chrétiens sont investis dans leurs études. « Mon peuple a soif d’éducation. Avec l’éducation, ils peuvent subvenir à leurs besoins par eux-mêmes. Avec l’éducation, ils sauront ce qui est bien et ce qui est mal. »
Et même s’ils sont constamment menacés, si de nombreux chrétiens sont déplacés, Mgr Daboh a témoigné que son peuple trouvait le bonheur au milieu des épreuves. « Mon peuple est un peuple heureux. Malgré les difficultés, malgré la pauvreté, malgré la persécution, mon peuple reste un peuple heureux. Ils sont heureux parce qu’ils ont le Christ. »
Source FSSPX Actualités