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Mère Yvonne Aimée de Malestroit, une personnalité mystique

Née Yvonne Beauvais, la mère supérieure des Augustines de Malestroit de 1935 à 1951 a connu une vie mouvementée ponctuée par sa volonté, son charisme, et sa dévotion

Des débuts de vie douloureux

C’est à l’été 1901 qu’Yvonne voit le jour dans une petite maison près de l’église du bourg de Cossé-en Champagne dans le département de la Mayenne, en limite de la Sarthe. Le 18 juillet, 2 jours après sa naissance, elle est baptisée.
Plus tard, elle considérera cette date comme sa seconde « naissance. » Son père décède quand elle n’a que 3 ans et demi. Elle doit partir avec sa mère qui reprend alors un travail d’enseignante et de directrice de pensionnat. Yvonne, ballottée et manquant de repères, n’atteint pas l’excellence exigée par sa mère.
Leurs relations sont tendues. Dès 10 ans, elle émet le souhait « d’aimer le Christ plus que tout le monde ». La première guerre mondiale passée, tandis que sa mère cherche à la marier, elle exprime sa volonté d’être religieuse. Sa santé fragile l’oblige à séjourner en mars 1922 à Malestroit dans la clinique des Augustines.
Pendant son séjour, elle étonne par des dons mal expliqués. Elle va revenir à Malestroit comme postulante en 1927 et prend pour nom Sœur Yvonne-Aimée de Jésus. Très vite, elle est maîtresse des novices en 1932 et devient mère supérieure en 1935.

Une volonté hors du commun

Dès son arrivée comme religieuse, elle fait preuve d’initiative, de dons et de compétences variés. C’est elle qui dessine les plans de la nouvelle clinique qui ouvre en 1929. Elle visite les Augustines, en France et dans le monde. Elle fondera d’ailleurs la première Fédération des Augustines hospitalières en 1946 et en deviendra la première mère supérieure.
Son sens de l’organisation, son courage et sa volonté la font entrer dans la période de guerre avec foi et détermination. En 1939, elle revient du Canada et son bateau est poursuivi 36 heures durant par des navires allemands.
La clinique de Malestroit devient alors un hôpital militaire tout en continuant, sur l’insistance d’Yvonne-Aimée auprès de l’occupant, d’assurer un accueil civil, et en isolant une partie de l’établissement pour en faire le monastère réservé aux Sœurs. Pendant plusieurs années, elle va héberger, soigner, cacher et faire évacuer des résistants, des combattants étrangers, souvent en prenant des risques pour elle-même et pour le monastère-clinique.
Gestapo
Fréquemment en déplacement à Paris, elle y fonde une maison d’étude. Pourtant, en 1943, elle est arrêtée par la Gestapo (certains ont dit qu’elle avait été dénoncée). Incarcérée, sa sortie de prison reste un mystère qu’elle qualifia elle-même de miraculeux. A la libération, Mère Yvonne-Aimée reçoit à Vannes, la Légion d’Honneur des mains du Général de Gaulle.

Charité, dévouement et clairvoyance

Si de nombreux actes de sa vie paraissent relever de l’irrationnel, c’est elle-même qui dit et écrit dès son plus âge qu’elle espère « devenir Sainte, ou martyre ». En convalescence à Malestroit, elle aura la suggestion d’une prière devenue source de vœux et de grâces.
Sa vie durant, malgré la maladie et ses séquelles, elle fait don de sa personne et de toutes ses forces pour le bien d’autrui. A ses détracteurs, elle répondra à propos de son action pour la Résistance : « Résistance ? Connais pas. Nous avons seulement fait la charité ».
Reçue par Pie XII, elle fait reconnaître la Fédération des Augustines qu’elle a créée. Des livres ont été publiés sur ses « prédictions » dans les années 1920 annonçant la seconde guerre mondiale et le rôle qu’elle y a joué.
Yvonne-Aimée de Malestroit est décédée dans sa 49è année.
Des livres ont été publiés sur ses « prédictions » dans les années 1920 annonçant la seconde guerre mondiale et le rôle qu’elle y a joué.