Paris : Il y a quarante ans mourait un combattant héroïque du rite romain
Mgr Germain Ducaud-Bourget est décédé il y a quarante ans, le 12 juin 1984.
Lorsque Paul VI rendit "obligatoires" ses livres liturgiques Novus Ordo, il continua tranquillement à célébrer la messe tous les dimanches dans la grande chapelle de l'hôpital, à laquelle assistait un public de plus en plus nombreux.
Dans toute la France, des prêtres courageux refusent d'utiliser la liturgie de Paul VI, malgré les sanctions de leurs évêques en colère.
Mgr. Ducaud-Bourget, personnalité hors du commun, prêtre du diocèse de Paris, homme de lettres, ancien résistant et ancien aumônier de l'Ordre Souverain de Malte, était depuis 1961 aumônier de l'hôpital Laennec, rue de Sèvres.
En 1971, le cardinal Marty de Paris, anticatholique, l'oblige à démissionner. Le prêtre, âgé de 74 ans, commence à officier dans une chapelle de fortune aménagée dans une ancienne boutique de la rue de la Cossonnerie, près des Halles, et le dimanche dans des salles de réunion louées pour l'occasion rue de Rennes ou rue Las Cases au Musée social.
D'autres prêtres le rejoignent pour prêcher, confesser et célébrer plusieurs messes consécutives.
A partir de 1974, ils se déplacent également dans un second lieu, installant une autre chapelle de fortune sur l'avenue des Ternes.
Mais le plus grand coup de Mgr Ducaud-Bourget est l'occupation de l'église de Saint-Nicolas-du-Chardonnet.
Le dimanche 26 février 1977, il invite ses catholiques à une messe dans la salle de la Mutualité. Mais la messe n'a pas lieu.
Les fidèles se rendent par petits groupes à l'église voisine de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Celle-ci étant pleine, le prêtre Novus Ordo, l'abbé Pierre Bellego, est expulsé.
Mgr Ducaud-Bourget et les prêtres qui l'accompagnaient ont alors célébré une série de messes dans l'église. Et ils sont restés. C'était il y a 48 ans.
L'installation définitive des catholiques de la Sainte Messe à St-Nicolas-du-Chardonnet est le résultat de l'arbitrage du gouvernement, qui n'a pas été mécontent de contrarier l'archevêque de gauche, le cardinal Marty (+1994), et son auxiliaire, Mgr Georges Gilson, 95 ans.
Certes, le cardinal a obtenu un arrêt de la 1ère chambre de la Cour d'appel ordonnant aux catholiques de quitter l'église et autorisant le curé, l'abbé Bellego, à faire appel à la police pour les expulser.
Mais la préfecture de police, saisie de la demande de l'abbé Bellego, a estimé que l'exécution de la décision de justice risquait de troubler gravement l'ordre public, compte tenu de la détermination des occupants de l'église. Et depuis 48 ans, la police n'est pas intervenue.
La question a également été soulevée par Michel Prince Poniatowski, ministre de l'Intérieur du président Giscard d'Estaing, puis par son successeur, Christian Bonnet.
Jacques Chirac, élu entre-temps maire de Paris, intervient auprès du cardinal Marty pour lui demander de trouver une solution pacifique en donnant à Mgr Ducaud-Bourget une église vide.
Michel Poniatowski invoque la "liberté religieuse" [si chère aux adeptes de Vatican II] en faveur des catholiques devant l'archevêque conciliaire.
Depuis, Saint-Nicolas-du-Chardonnet, sur le boulevard Saint-Germain, est un rempart de la liturgie catholique.
Traduction de l'IA