Vous vous enfoncez mon cher.... Comme je l'ai déjà répondu ailleurs (mais d'habitude ça vient des sedevacantistes) : en citant notamment le Père AUGUSTINE BACHOFEN :
Même si « l’Église catholique et le Siège apostolique ont qualité de personnes morales par l’effet de l’ordonnance divine » (canon 100 §1), « cependant, l’Église ne forme une personne juridique qu’en liaison avec le Pontife romain, car sans lui, il lui manquerait l’un de ses constituants essentiels [la personne morale n’est qu’une coquille vide]. Le Souverain Pontife (Siège Apostolique) formerait encore une personne morale même si l’ensemble des fidèles cessait d’exister – une hypothèse improbable, qui n’est énoncée ici que pour illustrer la nécessité d’un chef suprême. Sans exagération, nous pouvons dire que le Pape est une société à lui seul en vertu de sa souveraineté, comme le Roi en vertu de la loi anglaise. C’est pour cette raison qu’on dit que le Pape a toutes les lois in ventre, c’est-à-dire qu’il réunit en sa personne tout le pouvoir législatif comme le pouvoir judiciaire et le pouvoir coercitif. » (R. P. Charles-Augustine Bachofen o.s.b. (professeur de droit canon), A commentary on the new Code of the canon law, Saint-Louis USA/London, imprimatur 1918, tome 2, p. 7.)
Pouvez-vous me dire qui produit le Magistère ? Qui définit les dogmes ? Etc. Une personne morale n'a pas l'agir et ne peut rien produire d'elle-même, sinon par ses membres dirigeants habilités : il en est de même dans la vie civile !
C'est la même chose avec la JURIDICTION : l'expression "l'Église supplée" ne renvoie pas à la personne morale mais à ses membres qui ont juridiction ordinaire évidemment.
Mais cela suppose obligatoirement la présence sur terre d’une autorité légitime physiquement vivante ayant juridiction ordinaire, car les péchés sont uniquement et « directement remis par les Clefs de l’Église » (can. 901), « le pouvoir des Clefs » (can. 902), autrement dit le pouvoir de lier et de délier que seul le Pontife romain possède et communique aux ministres légitimes (et non l’Église entendue comme personne morale qui n’a pas la primauté et qui ne peut rien transmettre du tout : « la juridiction pontificale, la primauté n’ayant pas été promise à un corps moral, mais seulement à Pierre et à ceux à qui son siège est dévolu après lui » D. T. C., t. II, colon. 1722). Cf. aussi Tertullien, La Pudicité xxi.