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Le PAPE DICTATEUR par Marc-Antoine Colonna -55-

Article précédent : L'entreprise échouera puisqu'appuyée sur Vatican II

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La police de la pensée unique du libéralisme

La suite obséquieuse de la lignée papale ne se limite pas à quelques crapules de la Curie ; elle est devenue une politique dans les lointains avant-postes de l’Église. On peut citer le sort de certains des 45 signataires d’une lettre adressée le 29 juin 2016 aux cardinaux et patriarches, leur demandant de demander au Pape de corriger une liste de propositions discutables qu’implique l’exhortation Amoris Laetitia. L’un des signataires a été rapidement démis de ses fonctions de directeur des affaires académiques dans une université pontificale, sous la pression de son archevêché. Un autre, Dominicain, s’est vu interdire par son supérieur religieux de parler publiquement de l’exhortation papale ; un troisième a reçu l’ordre d’annuler sa signature, et un cardinal a fait pression sur un quatrième pour qu’il retire son nom (170).

On peut souligner que les dubia des cardinaux et la lettre qui vient d’être mentionnée ont pris la forme de demandes de clarification et non d’opposition ; on peut les opposer aux rejets ouverts de décisions papales qui ont été rendues sans représailles par les théologiens "progressistes" des temps modernes, par exemple sur l’ordination des femmes. Mais sous le Pape François, c’est devenu un délit de demander des explications. On peut rappeler sa propre condamnation dans Evangelii Gaudium (2013) d’auteurs qui « discréditent ceux qui soulèvent des questions, soulignent constamment les erreurs des autres et sont obsédés par les apparences ». Il y a des gens qui ont le talent de critiquer leurs propres défauts.

Un signe des temps à Rome est un organisme qui s’appelle l’Osservatorio per l’Attuazione della Riforma della Chiesa di Papa Francesco (Observatoire pour la Mise en œuvre de la Réforme de l’Église du Pape François). Comme Sandro Magister l’a rapporté en novembre 2016, au début de cette année académique, ce club d’enthousiastes a envoyé un courriel au personnel enseignant de l’Institut Pontifical Jean-Paul II pour les Études sur le Mariage et la Famille dans les termes suivants :

« Comme cela s’est déjà produit dans d’autres institutions pastorales, académiques et culturelles catholiques, notre Observatoire pour la Mise en œuvre de la Réforme de l’Église du Pape François – une initiative de laïcs catholiques pour soutenir le pontificat du Pape François – a commencé dans l’année académique en cours le suivi du contenu des publications de la faculté et des enseignements dispensés à l’Institut Pontifical Jean-Paul II pour les Études sur le Mariage et la Famille afin de clarifier les adaptations ou désaccords possibles concernant le discours prononcé par le Pape François à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année académique de votre Institut (Salle Clémentine, 28 octobre 2016), dans lequel vous avez été appelés à « soutenir l’ouverture nécessaire de l’intelligence de la foi au service de la sollicitude pastorale du successeur de Pierre. »

« En particulier, le contenu des ouvrages publiés et les cours donnés seront pris en considération en référence à ce qui est exprimé dans l’Exhortation apostolique "Amoris laetitia", selon l’image « de l’Église qui y est, pas d’une Église pensée à son image et à sa ressemblance », orientant la recherche et l’enseignement non plus vers « un idéal théologique trop abstrait du mariage, presque artificiellement construit, loin de la situation concrète et des possibilités effectives des familles telles qu’elles sont ». (Pape François, discours précité, 28 octobre 2016)

« Pour ce faire, nous utiliserons la lecture analytique et critique des études publiées par la faculté, des thèses de fin d’études et de doctorat approuvées par l’Institut, du programme des cours, de leurs bibliographies, ainsi que des entretiens avec les étudiants réalisés après les cours, sur la place devant l’Université du Latran.

« Certains que nous accomplissons une tâche utile pour améliorer le service que vous accomplissez avec dévouement à l’Église et au Saint-Père, nous vous tenons au courant des résultats de notre étude d’observation. » (171)

La signification de cette « étude observationnelle » est, bien sûr, que l’Institut Jean-Paul II est le corps académique qui a été créé pour préserver l’enseignement de ce pontife sur la famille, pour lequel le pontife actuel ne ressent aucun enthousiasme.

Comme le souligne Sandro Magister, il existe un précédent pour un tel groupe de zélotes papaux dans le monde catholique : c’est le Sodalitium Pianum qui s’est formé sous le règne de Pie X (1903-1914) pour faire respecter la condamnation du Modernisme par ce pape. Il a agi en surveillant les conférences des professeurs de séminaire et en rapportant aux autorités toutes les déclarations qui semblaient ne pas correspondre à l’orthodoxie, et il a été critiqué depuis lors par les libéraux comme un exemple du règne intellectuel de la terreur introduit par Pie X. En termes généraux, on pourrait penser qu’il est dommage que nos propres jours aient produit un écho de ce qui était considéré jusqu’ici comme le pontificat le plus restrictif des temps modernes mais l’ironie va plus loin. Il est sans doute naturel qu’un régime qui insiste sur l’orthodoxie stricte soit soutenu par des mesures disciplinaires, mais "l’Observatoire" de ce Big Brother moderne a vu le jour sous le règne du pape progressiste et libéral François, élu par les esprits ouverts de Saint-Gall pour balayer l’autoritarisme de Benoît XVI et de Jean-Paul II.

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(170) Article dans LifeSiteNews, 29 septembre 2016 : « Some of 45 signatories feeling the heat over letter urging clarification of Amoris Laetitia » (Quelques-uns des 45 signataires ressentent la colère provoquée par la lettre de demande d’éclaircissement d’Amoris Laetitia.)

(171) Article de Sandro Magister dans L’Espresso du 14 novembre 2016.


(traduit de l'anglais : The Dictator Pope (Marcantonio Colonna) )

>>> Le PAPE DICTATEUR par Marc-Antoine Colonna -54-
>>> Le PAPE DICTATEUR par Marc-Antoine Colonna -56-

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Album ACTU
AveMaria44
Il semblerait que ce soit une citation du CARDINAL ELZÉAR-ALEXANDRE TASCHEREAU

« LES LIBÉRAUX SONT DES GENS FÉROCES »
Deux grands litiges opposant libéraux et catholiques intégraux, laissent paraître la mauvaise foi de l’archevêque de Québec. C’est tout d’abord son intransigeante opposition à la fondation d’une université selon les vœux de Mgr Bourget, à Montréal. Or, si en 1862, Mgr …More
Il semblerait que ce soit une citation du CARDINAL ELZÉAR-ALEXANDRE TASCHEREAU

« LES LIBÉRAUX SONT DES GENS FÉROCES »
Deux grands litiges opposant libéraux et catholiques intégraux, laissent paraître la mauvaise foi de l’archevêque de Québec. C’est tout d’abord son intransigeante opposition à la fondation d’une université selon les vœux de Mgr Bourget, à Montréal. Or, si en 1862, Mgr Taschereau pouvait alléguer avec quelque apparence de raison le risque financier que son ouverture ferait courir à l’Université Laval, il n’en était plus de même en 1872; comme peu d’étudiants de Montréal étudiaient à Québec, leur départ aurait certes privé l’Université de revenus, mais ce n’était rien en comparaison de la charge financière que représentait pour Laval l’entretien d’une succursale à Montréal, comme le voulait l’archevêque.
En réalité, Mgr Taschereau n’avait qu’une phobie : la formation à Montréal d’une université catholique intégrale ; c’est ce qu’il voulut empêcher, peu importe le prix à payer. Son opposition à une université montréalaise dura jusqu’à ce qu’il soit assuré, en 1891, que le successeur de Mgr Bourget, Mgr Fabre, était incontestablement rallié à ses positions.
Mais les enjeux du conflit au sein de l’épiscopat vont apparaître en pleine lumière dans l’affaire des procès pour « influence indue ». Lorsqu’aux élections de 1875, les candidats libéraux furent défaits, certains prétendirent faire procès aux curés qui, en chaire, avaient appelé à voter conservateur. Ils alléguaient l’article 95 de la loi électorale, qui réprimait l’influence indue ; pourtant, il était évident que, dans l’esprit du législateur, cet article visait les violences ou encore les intimidations d’un employeur, mais certainement pas le prêtre en chaire éclairant ses fidèles sur leurs devoirs de chrétien.
Dans un premier temps, Mgr Taschereau réagit avec vigueur contre les prétentions du Parti libéral en rédigeant une lettre pastorale collective qui recueillit l’unanimité de l’épiscopat. Cette prise de position indisposa les anglo-protestants, mais aussi les évêques irlandais des autres provinces, en particulier ceux de l’Ontario, qui avaient adopté une neutralité politique absolue, semblable à celle adoptée par l’épiscopat américain.
Devant cette levée de boucliers, Mgr Taschereau s’empressa de publier un mandement épiscopal qu’il présenta comme un ensemble de consignes pour la mise en application de la lettre pastorale. Or, ce mandement ne prévoyait aucune condamnation des libéraux. Ceux-ci en tirèrent aussitôt la conséquence : ils n’étaient pas condamnables ! L’unanimité de l’épiscopat, un moment retrouvée sur l’affirmation théorique des principes, se brisa de nouveau.
Pendant ce temps, les actions judiciaires poursuivaient leur cours. Il se trouva un tribunal pour donner raison au candidat libéral contre son curé. Or le président de ce tribunal était le juge Casault qui enseignait à… l’Université Laval ! Le scandale fut énorme. Casault présenta sa démission mais l’Université la refusa sous prétexte de ne pas indisposer les anglo-protestants. Mgr Taschereau s’opposa à toute condamnation pour éviter une escalade de réactions qui, selon lui, pourrait aller jusqu’à la démission forcée de tous les juges catholiques, rien de moins !
Le jugement fut porté en appel devant la Cour suprême qui le confirma. Or l’un des juges suprêmes était… le propre frère de l’archevêque de Québec ! Ce dernier s’opposa à toute protestation publique de l’épiscopat et ne consentit qu’à une déclaration collective destinée uniquement aux membres du gouvernement.
Assailli de mémoires de protestations ou de défense, le Saint-Siège résolut d’envoyer un Délégué apostolique au Canada. Mais Mgr Taschereau, par un réseau de connaissances soigneusement entretenu à Rome, obtint la désignation d’un prélat irlandais de tendance libérale, Mgr Con-roy, qui reçut comme consigne d’imposer la neutralité politique au clergé.
L’élection de Léon XIII, évidemment, consolida la position de l’archevêque de Québec qui ne put alors s’empêcher de persifler ces « ultramontains » qui maintenant désobéissaient au Pape.
Fort du soutien de Rome, il s’opposa, lui, à toute révision de la loi électorale afin d’empêcher dans l’avenir les poursuites contre le clergé pour influence indue. Inutile de changer la loi, disait-il, puisque les prêtres ne doivent plus faire de politique !
Lorsqu’en 1882, Mgr Laflèche l’accusa à Rome de libéralisme, Mgr Taschereau répondit que « le grand danger dans notre province est le zèle imprudent de ceux qui, sous prétexte de défendre le clergé, le compromettent, le discréditent et donnent l’exemple de la révolte et du mépris envers les évêques et le Saint-Siège. »
Jean-Claude Dupuis résume très bien la situation : « Mgr Laflèche, en accord avec le Syllabus, défie ouvertement le libéralisme ; Mgr Taschereau cherche, en accord avec la Propagande, à établir un modus vivendi entre l’Église et une société libérale de type britannique. »
Pour affaiblir Mgr Laflèche, les libéraux avaient suggéré de diviser son diocèse pour ne lui en laisser que la partie la plus pauvre. L’injustice était si flagrante que même Mgr Conroy, qui ne portait pourtant pas l’évêque de Trois-Rivières dans son cœur, déconseilla cette mesure extrême dans son rapport de mission. Le Saint-Siège se rallia à sa position. Malgré cela, en secret, Mgr Taschereau poursuivit les démarches pour arriver à ses fins. Le 8 mars 1883, à la surprise générale, on apprit la division du diocèse de Mgr Laflèche. Celui-ci, qui n’avait même pas été consulté, partit aussitôt pour Rome. Ses protestations véhémentes provoquèrent l’envoi d’un nouveau Délégué apostolique, Dom Smeulders, dont la mission tourna à l’avantage des catholiques intégraux.
Ce fut alors au tour de Mgr Taschereau de se rendre à Rome où il obtint définitivement gain de cause.
Catholique et Français
"Les libéraux sont des gens féroces !" : j'ai longtemps cru que cette citation était de Louis Veuillot; d'autres l'attribuent à Saint Pie X, mais je n'ai jamais pu, même après recherche, en connaitre avec certitude l'origine exacte... Quelqu'un sait ? AveMaria44 peut-être ?
AveMaria44
Il n'y a pas de pire sectaire qu'un libéral.
GChevalier
Jésus étant Roi de l'univers, c'est de l'univers aussi que Marie est la Reine ;
L'Antéchrist, au début de son règne exécrable, a parlé du livre “Le Maître de la terre”.
Vatican II, l'Antéchrist collectif, dans “Gaudium et spes”, a demandé un gouvernement mondial.
C'est ti pas clair ?