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4 ) Saint Jean, les petits enfants, Lazare : la jauge des préférences du « Jésus de l'EMV » serait-elle la recherche de lui-même dans l’autre ? Réfutation de l'article de dom Guillaume Chevallier ( Version 2024 )

communautesaintmartin.org/…MV-III-ASPECTS-PSYCHOLOGIQUES-DES-PERSONNAGES-.pdf

Maria Valtorta et don Guillaume Chevallier : toujours rien de nouveau ?

Qui est le mentor de dom Guillaume Chevallier ?

Voir aussi la réponse de F.M.Debroise à ces articles,

celle du docteur psychiatre D.Gloppe

et celle du collectif Marie de Nazareth: Réponse à Don Guillaume Chevallier : il n’y a aucune erreur doctrinale dans les écrits de Maria Valtorta

---> Commençons par un très court résumé des précédents "succès" de DGC, dans ses articles à charge contre l’EMV :

flop, flop, flop, flop,
flop, flop, flop, flop,
flop, flop, flop, flop,
flop, flop, flop, flop,
flop, flop, flop, flop.

En bref : c’est un flop complet, et ça continue.

DGC :
Quelle est la jauge des préférences de « Jésus » ? La recherche de lui-même dans l’autre :

« Jean est mon Préféré ? Oui, mais n’a-t-il pas encore cette ressemblance avec moi ? Pur, aimant, obéissant, mais humble aussi. Je me mirais en lui et en lui je voyais mes vertus. Je l’aimais, pour cette raison comme un second moi-même. Je voyais sur lui le regard du Père qui le reconnaissait pour un petit Christ. Et ma mère me disait : « En lui, j’ai le sentiment d’avoir un second fils. Il me semble te voir, toi, reproduit en lui qui n’est qu’un homme. » (II, 11, 47-48)


---> Quelqu'un de narcissique souhaiterait que tous le monde lui ressemble et l'aime, car il se prend très subjectivement pour la beauté et la perfection absolue ; alors que Dieu souhaite que tous le monde Lui ressemble et L'aime, puisque de fait : Il est la Bonté, la Beauté, l'Amour, la Perfection absolue ( cf Mat 5,48 )

---> Ainsi : Jésus ne se révèle certainement pas narcissique à travers ces propos, mais le vrai Dieu.

---> Et ce n'est certainement pas parce que cette distinction est ignorée par l'auteur que nous devrions faire de même, comme en suivant un gourou.

---> À ceux qui trouveraient anormal que Jésus ait un disciple préféré, Jésus en donne la raison absolument limpide, basée non pas sur l’arbitraire, mais bien sur la justice. Jean mérite par son coeur pur et aimant d'être son préféré, et chacun peut mériter de l'être tout autant que lui.


---> Il dira dans les cahiers (28 juin 1943) :

"Un des évangélistes rapporte ce que Je dis avec une exactitude phonographique. Mais c'était le pur et l'amoureux. Réfléchis à cela. La pureté et la charité sont si puissantes qu'elles permettent de comprendre, de se rappeler, de transmettre ma Parole sans erreur, pas même d'une virgule ou d'une réflexion. Jean était une âme sur laquelle l'Amour écrivait ses paroles, et il pouvait le faire car l'Amour ne se pose que sur les cœurs purs et n'a de contact qu'avec eux, et Jean était une âme virginale, aussi pure que celle d'un petit enfant. Je n'ai pas confié ma Mère à Pierre, mais à Jean, car la Vierge devait rester avec le Vierge. Souviens-toi de ceci : Dieu ne communique pas les substances spirituelles qui rendent à l'âme cette fraîcheur candide, laquelle attire mon regard et obtient ma parole, à qui n'a pas la pureté du cœur, conservée depuis la naissance ou regagnée par un travail assidu de pénitence et d'amour."

---> Nous allons devoir faire une petite leçon de catéchisme à DGC, afin de lui réapprendre les bases théologiques qu’il a dû oublier - voire même ne jamais connaître ? –.

---> Relisons la Genèse :

« Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu’il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. »
Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.
»
( Genèse 1, 26-27 )

---> Dieu crée l’homme par Amour, afin que celui-ci trouve son bonheur à L’aimer et Le glorifier éternellement. Ce que Dieu aime dans l’homme - sans aucun narcissisme de sa part - c’est sa propre Image et Ressemblance qu’Il contemple : car voilà ce qui distingue l’homme et le place au-dessus de toute les autres créatures, étant réellement l’Image de Dieu comme son fils adoptif bien-aimé.

---> La chute ayant anéanti cette ressemblance fidèle de l’homme à Dieu, le Verbe s’est incarné pour la rétablir dans notre nature humaine, d’abord en sa propre Personne, ensuite en chacun de ses disciples.

---> Comment Jésus notre Dieu, qui se mirait ( contemplait sa propre Image ) en Adam et Eve avant la chute, n’éprouverait-Il pas un bonheur infini de retrouver cette image en Jean, son très pur apôtre, et à la contempler de nouveau, exactement comme le Père contemple de toute éternité sa propre Image dans son Fils, dans le Feu divin du Saint Esprit qui est leur Baiser réciproque ?

---> En accusant Jésus, dans l’EMV, d’instaurer « une jauge de préférence basée sur la recherche de Lui-même dans l’autre », DGC nie que Dieu puisse se plaire à retrouver sa propre image dans le cœur de l'homme régénéré par sa grâce, tout comme le Père se contemple lui-même dans le Fils, le Fils dans le Père, ce Verbe Incarné qui est « l’Image du Dieu invisible » ( Colossiens 1,15 ).

---> Au nom de quoi le fait-il ? Est-ce parce que Jésus semble n’être rien de plus qu’un homme, dans l’œuvre ? Ce serait là une pure calomnie gratuite, car on y découvre au contraire à chaque page sa Divinité avec une évidence extrême, dans son comportement, ses Paroles, ses miracles, sa Bonté souveraine, son Amour indicible envers Dieu son Père et envers les hommes, ses frères, en pleine conformité aux quatre Évangiles.

---> Donc, si DGC profère cette accusation, c’est toujours uniquement pour poursuivre sa stratégie désormais bien connue de caricaturer l’œuvre, pour si possible la faire passer à nos yeux pour une dérive sectaire. En d’autres termes : c’est la stratégie de l’homme de paille.

---> « Déformons, dénigrons, mentons : de toute façon je ne risque rien, ce n’est pas l’Ecriture Sainte » semble vouloir dire DGC, s'autorisant lui-même à dénigrer Jésus dans l’EMV, y voyant soit un simple homme, soit un pur Dieu, au gré de sa fantaisie, mais jamais ce que l'oeuvre décrit pourtant à la perfection : l'Homme-Dieu.

---> Sauf qu’on ne se moque pas ainsi des œuvres célestes : non seulement cela n’a rien de chrétien, mais c'est purement scandaleux.

---> Dieu le Père serait narcissique, tout comme Jésus ? C'est plus qu'une simple erreur : c'est une scandaleuse hérésie. Mais l'auteur enfonce le clou sans broncher :

DGC :
Son égocentrisme absolu modifie le sens des événements de l’Evangile pour ne les lire que sous l’angle de la relation affective à lui-même :

Aux Apôtres qui « allongent quelques bonnes calottes aux enfants les plus envahissants » (sic) , Jésus déclare : « Non. Laissez-les. C’est pour moi une douceur plus fraîche que celle de l’aurore. Laissez-les faire, laissez- moi faire. Laissez-moi me réconforter dans cet amour, pur de calculs et de troubles.»
( EMV 568 )

Il convient de noter ici le glissement de sens par rapport à l’épisode original de l’évangile (Mt 19,13-15) : l’attention ne porte plus sur l’esprit d’enfance comme règle pour les disciples du Royaume, mais sur la consolation affective dont « Jésus » est en manque et que seuls les enfants apportent !

---> Notre père saint Nicolas, priez Dieu pour nous ! Vous qui autrefois durant le concile de Nicée aviez gifflé Arius, vous voyez qu'il y a encore quelques bonnes baffes qui se perdent encore de nos jours...

---> Un Dieu qui se serait incarné, et qui ne manifesterait qu'indifférence aux petits enfants : mais quelle épouvantable vision de cauchemar !


---> C'est fort heureusement tout l'opposé de ce que rapporte l'EMV au sujet de Jésus : en effet, alors qu'un pécheur n'a de cesse de chercher autour de lui des complices de ses propres vices pour parvenir à anesthésier sa conscience, le pur et le saint quant à lui, affligé par le triste spectacle du mal qui l'entoure, ne trouve de consolation que dans la compagnie des touts petits innocents qui sont à son image et ressemblance.

---> Si DGC voit vraiment du narcissisme chez Jésus tel que l'EMV le dépeint, c'est alors également chez le grand saint Nicolas de Bari qu'il en verra forcément, lui dont le Seigneur se montre dans l'oeuvre le parfait Prototype.

---> on le voit par exemple qui reprend avec tact des gamins trompant leur ennui en jetant des pierres à des oiseaux ( EMV 82 ) sans faire appel au "père fouettard", ou encore : qui soigne avec une infinie compassion les blessures morales du jeune Jabé ( futur Margziam ) ayant été brutalisé par un maître cruel, responsable de la mort de ses parents ( EMV 191 et suivants ), etc. cf les nombreux passages de l'œuvre concernant Jésus et les enfants - .

---> Il va lui être bien difficile de soutenir que la piété populaire ait pu vénérer durant 16 siècles : non pas le saint patron et protecteur des petits enfants, se penchant sur eux avec une bienveillance et une tendresse toute particulière, avec le soucis constant de leur éducation, les comblant de sa paternelle affection, mais un pervers narcissique, profitant de la vulnérabilité des plus jeunes pour se satisfaire d'eux !

---> Mais non : saint Nicolas de Bari est universellement célébré comme le protecteur de l'enfance - le père Noël n'étant qu'une très fade et tardive contrefaçon païenne de cet illustre personnage -.

--->
Voilà ce qui est dit de lui dans le récit de sa vie ( Nicolas la belle légende, André Merlaud, ch.74 ) :

"Après les prêtres, sa prédilection allait aux pauvres et aux enfants. En eux, il retrouvait le visage de Jésus.
Chaque jour, il visitait quelques malades, quelques prisonniers, quelques indigents. Les enfants accouraient sur son passage, l'escortant de leur bruyant cortège. Il aimait les cris, les piétinements de ces petits autour de lui.

S'il était monté sur son âne, alors familièrement les enfants l'obligeaient à descendre pour baiser ses mains et - qui sait - pour grimper sur l'âne ! " : on se croirait dans l'EMV !

---> Question pour DGC : si saint Nicolas retrouvait le visage de Jésus dans celui des enfants, quel visage y retrouvait donc le Seigneur Jésus en Personne : celui de saint Nicolas, peut-être ?? Et pas le Sien propre, Lui qui était vraiment Dieu et le pur Enfant par excellence ?

---> Aurions-nous donc en saint Nicolas de Myre quelqu'un qui aurait aimé les petits enfants davantage encore que le Christ Lui-même, et s'en serait montré beaucoup plus proche ? On se demande vraiment jusqu'où l'auteur parviendra dans son article à repousser ainsi les limites du ridicule.

---> Surtout que c'est également la très sainte Vierge Marie que DGC va devoir également accuser d'avoir elle-aussi regardé l'Enfant Jésus dès sa Naissance avec admiration, retrouvant et contemplant en Lui sa propre image de créature immaculée, ce qui les mettaient tous Deux tellement au-dessus des hommes pécheurs. Alors : narcissique, elle-aussi ?

D'autre part, l'erreur que fait ici DGC est absolument lamentable :

---> Car il ne fait ici qu'ignorer l'existence du passage correspondant parfaitement à Matthieu 19,13-15 dans l'oeuvre, peut-être parce qu'il n'a pas pris le temps de le chercher, supposant qu'il ne se trouverait dans l'EMV qu'un seul et unique épisode parlant de la rencontre de Jésus avec les petits enfants, ce qui est bien évidemment complètement faux. Sa hâte d'accuser a fait le reste.

---> Cependant, quand on se fait fort de critiquer un ouvrage, il faudrait au strict minimum l'avoir parcouru auparavant : sinon, on risque comme DGC de gravement se fourvoyer.

---> Voici donc le fameux passage que l'auteur n'a pas su trouver, faute de connaître réellement l'oeuvre, et correspondant à Mt 19, 13-15 :


EMV 378.8 - Prédilection de Jésus pour les enfants

(...) (...)
Et il se penche pour caresser des enfants qui, tout doucement, quittant leurs parents, se sont approchés de lui. Quelques mères les imitent pour lui amener des enfants dont la marche n’est pas sûre, ou qui sont encore au sein.

« Bénis nos enfants, toi qui es béni, pour qu’ils soient des amis de la Lumière ! » demandent les mères.

Jésus leur impose les mains. Cela produit un remous dans la foule. Tous ceux qui ont des enfants veulent la même bénédiction. Ils poussent et crient pour qu’on leur fasse place.

Les apôtres, en partie parce qu’ils sont énervés par les méchancetés habituelles des scribes et des pharisiens, en partie par pitié pour Lazare ( aux pieds de Jésus sur son brancard, ndt ) qui risque d’être renversé par les flots de parents qui apportent leurs enfants à cette divine bénédiction, se fâchent et crient, en réprimandant ou en repoussant l’un ou l’autre, surtout les enfants venus seuls. Mais Jésus, doux, affectueux, les reprend :

« Non, non ! Ne faites pas cela ! N’empêchez jamais les enfants de venir à moi, ni leurs parents de me les amener. C’est justement à ces innocents qu’appartient le Royaume. Eux seront innocents du grand Crime, et ils grandiront dans ma foi. Laissez-les donc pour que je les consacre à elle. Ce sont leurs anges qui me les conduisent. »

Jésus se trouve maintenant au centre d’une couronne d’enfants qui le regardent d’un air extasié ; tant de petits visages levés, tant d’yeux innocents, tant de bouches souriantes… Les femmes voilées ont profité de la confusion pour contourner la foule par l’arrière et venir derrière Jésus, comme si la curiosité les y poussait.

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---> Et maintenant, revenons à cet autre passage que DGC choisit ici de conspuer, en employant à l'encontre de Jésus le qualificatif accablant de "égocentrisme absolu".

---> Nous allons comprendre à qui ces mots s'applique en réalité, simplement en lisant la micro-citation dégécienne dans son contexte intégral, ce qui va suffire à l'éclairer :


EMV 568 - Commencement du voyage en Samarie, d’Éphraïm en direction de Silo :
tout le village est réuni pour le départ, y compris les enfants aimés de Jésus.


( En rouge entre les // : la citation de DGC )

(...) (...)
"Permets-nous de te suivre, Maître. Nous ne te donnerons pas d'ennuis" disent suppliants beaucoup d'habitants d'Éphraïm rassemblés devant la maison de Marie de Jacob qui pleure toutes ses larmes, appuyée au chambranle de la porte grande ouverte.

Jésus est au milieu de ses douze apôtres. Plus loin, en groupe autour de sa Mère, se trouvent Jeanne, Nikê, Suzanne, Élise, Marthe et Marie, Salomé et Marie d'Alphée. Tous, aussi bien les hommes que les femmes, sont en tenue de voyage, avec les vêtements ceints et un peu retroussés à la taille pour laisser les pieds plus libres, avec des sandales neuves bien attachées, non seulement à la cheville, mais aussi au bas de la jambe, avec des lanières de cuir entrelacées, comme on fait quand on doit suivre des routes plutôt malaisées. Les hommes se sont chargés aussi des sacs des femmes.

Les gens supplient pour obtenir de Jésus la permission de le suivre alors que les petits crient, le visage redressé et les bras levés :

"Un baiser ! Prends-moi dans tes bras ! Reviens, Jésus ! Reviens vite pour nous dire tant de belles paraboles ! Je te garderai les roses de mon jardin ! Je ne mangerai pas de fruits afin de les garder pour Toi ! Reviens, Jésus ! Ma brebis va avoir un petit et je veux t'offrir l'agneau, tu te feras avec sa laine un vêtement comme le mien... Si tu reviens bientôt, je te donnerai les fouaces que maman fait avec les premiers blés..."

Ils piaillent comme autant d'oiseaux autour de leur grand Ami et tirent ses vêtements, se pendent à sa ceinture pour essayer de grimper dans ses bras, affectueusement tyranniques, si bien qu'ils empêchent Jésus de répondre aux adultes car il y a toujours une nouvelle petite figure à embrasser.

"Mais allez-vous-en ! Cela suffit ! Laissez le Maître tranquille ! Femmes, reprenez vos enfants !" crient les apôtres qui ont hâte de commencer la route dans ces premières heures du jour.

Et ils allongent aussi quelques bonnes calottes aux enfants les plus envahissants.

//"Non. Laissez-les. C'est pour Moi une douceur plus fraîche que celle de l'aurore. Laissez-les faire, et laissez-moi faire. Laissez-moi me réconforter dans cet amour, pur de calculs et de troubles" // dit Jésus, en défendant ses tout petits amis sur lesquels, quand il ouvre les bras comme il le fait, tombe l'ample manteau de Jésus et il les accueille à l'abri de ses ailes bleues. Les petits se serrent dans cette tiédeur et cette pénombre d'azur, silencieux et heureux comme des poussins sous les ailes maternelles.
(...)
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

---> Il suffit donc de lire pour se demander : comment accuser ici Jésus de se montrer égoïste ou narcissique, à moins d'avoir vraiment de la "matière" dans les yeux ?

---> Dans le présent passage, ce sont les petits enfants qui pressent tendrement Jésus de leurs cris, exigeant de Lui toute l'attention de son Amour :

---> Comment, à moins d'être un rustre, Jésus pouvait-Il faire moins que de leur rendre leur tendresse, leur ouvrant les bras comme une poule couvrant de ses ailes sa piaillante progéniture à plume, ou encore comme aurait fait avec sollicitude le bon saint Nicolas de Myre ?

---> On croirait voir la scène dépeinte par ce très célèbre tableau de maître, où Jésus assis est comme assailli par une petite troupe d'enfants, dont l'un est blotti sur sa poitrine, un autre appuyé sur ses genoux alors que Lui, élève la main pour les bénir, en les regardant avec des yeux pleine d'une tendresse infinie.

---> Pourquoi Jésus attire-t-Il autant les petits enfants, sinon parce qu'Il est Lui-même l'un d'entre eux, par l'absolue pureté de son Coeur divin ?

---> Et pourquoi leur amour est-il "son réconfort, purs de calcul et de trouble",
sinon parce que le Coeur du Sauveur souffre tellement de trouver tant et tant de péché sur sa route, chez les hommes, ses frères ?

---> Mais visiblement, selon DGC, le Verbe Incarné n’aurait jamais eu besoin de réconfort, ce qui est quasiment une hérésie ! ( cf volet 21 ) .

---> Bien au contraire, on l’entend dire très justement à Lazare :

« Je suis l'Homme, Lazare. Je ne suis pas seulement le Dieu. De l'homme j'ai la sensibilité et les affections. Et mon âme éprouve de l'angoisse quand je pense à ma Mère... » ( Tome 9, chap 587 Nv.Ed. )

---> Jésus notre Dieu se révèlerait-Il égocentrique lorsqu'Il déclare :

« Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra : Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »


(Matthieu 25, 34-40)

---> Réponse : non, Dieu ne ramène pas artificiellement tout à Lui de force, comme le fait l'égocentrique : car Dieu est par définition le Centre de tout, il est donc naturel que tout se rapporte à Lui.

---> Ce passage de saint Matthieu peut donc se résumer ainsi :

«Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car vous m’avez réconforté dans toutes les situations où j’en avais besoin, que ce soit des réconforts matériels, spirituels, ou même affectifs ».

---> Dieu a donc voulu chercher du réconfort en l’homme qu’Il a créé. Cela peut paraître absurde à DGC, mais c’est ainsi : Dieu nous aime et s’est fait donc vulnérable, voulant faire dépendre son bonheur ici-bas de notre amour à son égard, jusqu’à en mourir. Car sans cela, il n'aurait pas pu y avoir de vraie réciprocité dans l'amour.

---> « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jean 1,11) : et donc, Dieu le Verbe fut-Il vraiment réconforté par ce non-amour de la part des siens, chez qui Il est venu ?

---> Lisons ce qu’Il en dit Lui-même à sainte Marguerite-Marie Alacoque :

« Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes ... Et, pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les mépris et les froideurs qu'ils ont pour moi dans ce Sacrement d'Amour. Et ce qui m'est encore plus sensible, c'est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi." ( A. prg 53 )

---> Jésus parlerait-Il ainsi à sainte Marguerite Marie de sa « petite sensiblerie affective égocentrique » ? C’est ce que DGC semble bien vouloir dire, à moins que cela ne fasse parti comme toujours de sa politique caricaturale, et/ou ne manifeste que sa complète ignorance de la vraie mystique.

" Celui qui accueille un petit enfant en mon Nom, c'est Moi qu'il accueille." ( Matthieu 18,5 ) : Jésus s'identifie aux petits enfants, qui sont non seulement à son image, mais qui ont pleinement gardé par l'innocence leur ressemblance avec Dieu, avec le Christ.

---> De même que Dieu se complaît dans son Fils bien-aimé, en qui Il a mis toute sa faveur, Jésus son Fils bien-aimé se complaît dans les petits enfants qui sont les purs reflets de sa propre innocence et bonté, de son Amour divin.

---> C'est un flop pour DGC.

DGC :
L’un des exemples les plus saisissants de ce dévoiement du sens des événements du salut en fonction de la personnalité maladive de « Jésus » se trouve dans ce court extrait de dialogue de Lazare relevé des morts avec le Rabbi : « Maître… Pourquoi m’as-tu ressuscité ? » « Pour avoir un ami. » (VIII, 27, 244)

---> Nous prenons ici une belle leçon de sophisme de la part de l’auteur, et observons bien par quelles étapes il passe pour essayer de nous berner :

1 ) Il cite hors de son contexte un minuscule bout de dialogue, dont le lecteur sera incapable de voir la justification.

2 ) Il nous laisse croire que ce passage fait partie du récit principal de la résurrection de Lazare, alors qu’il s’agit en réalité d’un passage bien postérieur dans l'oeuvre, et impossible à bien comprendre sans son contexte.

3 ) Il nous laisse en conclure que cette micro-citation donne la principale raison pour laquelle le Christ accomplit ce grand miracle en faveur de Lazare.

Or : 1) est biaisé, 2) est faux, et 3) étant la conclusion, elle est fatalement fausse : Jésus aurait dans l’EMV une personnalité maladive manifestant un manque affectif. Il n’en est rien, mais DGC se félicite de son sophisme, qu’il va utiliser à des fins de caricature pour duper ses lecteurs.

Et maintenant, voici le démontage de ce sophisme abject :

1 ) Le contexte :

---> L'action se situe longtemps après le miracle de la résurrection de Lazare. Celui-ci se rend en de nombreux endroits pour s'y montrer vivant et témoigner du Christ, jusqu'en Syrie. Il suscite partout curiosité et appréhension, manifestant publiquement la puissance de Jésus, et il est très heureux de pouvoir rendre ce service à son Maître.

---> Le but de ce miracle étant que tout le monde puisse croire en la Divinité de Jésus, Lazare pense naïvement qu'en témoigner devant tous sera suffisant.

---> Suit ce dialogue entre lui et Jésus :

EMV 566.22 -
À Éphraïm, le jour de l’arrivée de Marie avec Lazare et les femmes disciples. Le caractère de Pilate.

(...) (...)
"Viens avec Moi le long du torrent."

Lazare obéit avec sa promptitude habituelle.
Ils s'éloignent de la maison d'environ deux cent mètres. Lazare se tait attendant que Jésus parle. Et Jésus parle :

"Voilà ce que je voulais te dire. Ma Mère est très abattue : tu le vois. Envoie ici tes sœurs. Moi, en réalité, je vais pousser vers Sichem avec tous les apôtres et les femmes disciples. Mais je les enverrai ensuite en avant, à Béthanie, pendant que je m'arrêterai quelque temps à Jéricho. Je puis encore oser garder avec Moi des femmes ici en Samarie, mais pas ailleurs..."

"Maître ! Tu crains vraiment...Oh ! s'il en est ainsi, pourquoi m'as-tu ressuscité ?"
( sous-entendu : « …si finalement, cela ne résout rien de tes difficultés, et que l’on te menace toujours ? », ndt )

"Pour avoir un ami."

"Oh !!! Si c'est pour cela, alors, me voici. Toute douleur n'est rien pour moi, si je puis te réconforter par mon amitié."

"Je le sais. Et pour cela, je me sers de toi et je me servirai de toi comme du plus parfait ami."
(...)
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---> Lazare croyait naïvement qu'il n'y aurait désormais plus d’opposition à la foi au Christ, et que Jésus n’aurait donc plus rien à craindre, dès lors que son éclatant miracle serait connu.

---> Et puisque finalement il n'en est pas ainsi, alors : pourquoi donc Jésus l’a-t-Il ressuscité ? « Pour avoir un ami », répond Jésus.

---> Et effectivement : d’un ami digne de confiance tel que Lazare, Il en aura besoin et ne se privera pas de ses services, jusqu’après sa Passion, lorsque Lazare recueillera chez lui à Béthanie les apôtres dispersés, et encore après, lorsqu'il deviendra le premier évêque de Marseille, ayant débarqué dans cette lointaine région de Gaule avec ses deux sœurs accompagnées des saintes femmes Marie Salomé, Marie Jacobé et Sarah.

---> La résurrection de Lazare n’est donc pas inutile, elle sert au contraire à la réalisation de la Divine Volonté, même si son but principal n'est pas immédiatement atteint, apparemment.

2 ) Le but principal de ce grand miracle :

---> C'était bien de retirer aux pharisiens haineux toute possibilité de justifier leur manque de foi, puisqu’en ressuscitant un homme très connu d’eux, Jésus voulait les toucher en tout premier, comme le montre l’ensemble du récit dans l’EMV :

541. Les juifs viennent en visite chez Lazare.
542. Les juifs chez Lazare.
543. Marthe envoie un serviteur prévenir le Maître.
544. Délire et mort de Lazare.

545. Le serviteur de Béthanie apporte à Jésus le message de Marthe. Jésus prédit à Simon-Pierre que Rome deviendra chrétienne.
546. Le jour des funérailles de Lazare.
547. Jésus décide de se rendre à Béthanie.
548. La résurrection de Lazare.


549. Séance au Sanhédrin et audience de Pilate.
549.1 : La nouvelle s'est répandue partout et suscite partout un grand étonnement.
549.2 : Hérode, Hérodiade, Ponce Pilate … sont apeurés.
549.3 : Joseph d'Arimathie confirme la nouvelle de la résurrection.
549.4 : Pilate a fait venir Claudia avec le désir de reprendre les choses en main et de tout changer.
549.5 : Le Sanhédrin se réunit d'urgence.
549.6 : Un grand désarroi y règne.
549.7 : Le débat devient houleux entre partisans et adversaires de Jésus.
549.8 : Gamaliel prend parti pour Jésus et fustige ses collègues.


---> Saint Jean le mentionne lui-aussi dans son Evangile, en évoquant la présence des pharisiens (Jean 11,19).

---> Si vraiment Jésus avait désiré avoir plein d'amis autour de Lui, de manière à combler un manque affectif, pourquoi n’aurait-Il ressuscité que Lazare, et pas également : Moïse, Élie, et tous les prophètes du passé ?

---> « Avoir un ami » était donc un but second pour Jésus : Il en avait déjà de nombreux.

3 ) Conclusion :

---> Jésus n’est en rien une « personnalité maladive en manque d’affection » dans l'oeuvre, mais l'Ami par excellence, le Dieu-fait-Homme préparant sa Passion et sachant tout par avance, notamment comment l'amitié de Lazare Lui sera utile, ce qui n’a strictement rien à voir.

---> Cette même question évoquée ici par DGC est d’ailleurs répétée une nouvelle fois un peu plus loin dans l’œuvre, par un Lazare au fond de la détresse, car Jésus vient de lui annoncer sa mort en croix dans cinq jours.

---> Découvrons ce passage poignant, dans son intégralité :

EMV 587.1 - L'adieu à Lazare

( En rouge, la question de Lazare et la réponse de Jésus )

(...) (...)

– Jésus est à Béthanie. C'est le soir, un soir tranquille d'avril. Par les larges fenêtres de la salle du banquet on voit le jardin de Lazare tout en fleurs et, au-delà, le verger qui semble une nuée de pétales légers. Un parfum de verdure nouvelle, du doux-amer des fleurs des arbres à fruits, de roses et d'autres fleurs se mélange, en entrant avec le tranquille vent du soir qui fait onduler légèrement les rideaux tendus sur les portes et trembler les lumières du lampadaire du milieu de la pièce, à un vif parfum de tubéreuse, de muguet, de jasmin, mélangés à l'essence rare, qui reste encore du baume dont Marie de Magdala a parfumé son Jésus dont les cheveux sont restés plus sombres par suite de l'onction.

Dans la salle se trouvent encore Simon, Pierre, Matthieu et Barthélemy. Les autres manquent comme s'ils étaient déjà sortis pour leurs occupations.

Jésus s'est levé de table et observe un rouleau de parchemin que Lazare Lui a montré. Marie de Magdala circule dans la salle... on dirait un papillon attiré par la lumière. Elle ne sait que tourner autour de son Jésus. Marthe surveille les serviteurs qui enlèvent les splendides nappes précieuses étendues sur la table.

Jésus pose le rouleau sur une haute crédence à incrustations d'ivoire qui ressortent du bois noir et brillant, et il dit :

"Lazare, viens dehors. J'ai besoin de te parler."

"Tout de suite, Seigneur" et Lazare se lève de son siège près de la fenêtre et suit Jésus dans le jardin où la dernière lumière du jour se mêle aux premiers rayons d'un splendide clair de lune.

Jésus marche en se dirigeant au-delà du jardin, là où se trouve le tombeau qui fut celui de Lazare et qui maintenant présente un grand encadrement de roses toutes en fleurs sur la bouche vide. En haut, sur la roche légèrement inclinée, est gravé : "Lazare, viens dehors !" Jésus s'arrête là. La maison ne se voit plus, cachée qu'elle est par des arbres et des haies. Il y a un silence absolu et une absolue solitude.

"Lazare, mon ami" demande Jésus en restant debout en face de son ami, et en le fixant avec une ombre de sourire sur son visage amaigri et pâle plus qu'à l'ordinaire. "Lazare, mon ami, sais-tu qui je suis ?"

"Toi ? Mais tu es Jésus de Nazareth, mon doux Jésus, mon saint Jésus, mon puissant Jésus !"

"Cela pour toi. Mais pour le monde, qui suis-je ?"

"Tu es le Messie d'Israël."

"Et puis ?"

"Tu es le Promis, l'Attendu... Mais pourquoi me demandes-tu cela ? Doutes-tu de ma foi ?"

"Non, Lazare. Mais je veux te confier une vérité. Personne ne la sait, sauf ma Mère et l'un des miens. Ma Mère parce qu'elle n'ignore rien. Un autre parce qu'il participe à cette chose. Aux autres je l'ai dite, pendant ces trois années qu'ils sont avec Moi, maintes et maintes fois. Mais leur amour leur a fait l'effet du népenthès[1] et fait obstacle à la vérité annoncée. Ils n'ont pas pu tout comprendre... Et il vaut mieux qu'ils n'aient pas compris, autrement, pour empêcher un crime, ils en auraient commis un autre. Inutile, car ce qui doit arriver arrivera, malgré tout meurtre. Mais à toi, je veux la dire."

"Penses-tu que je t'aime moins qu'eux ? De quel crime parles-tu ? Quel crime doit arriver ? Parle, au nom de Dieu !" Lazare est agité.

"Je parle, oui. Je ne doute pas de ton amour. J'en doute si peu que c'est à toi que je confie mes volontés..."

"Oh ! mon Jésus ! Mais cela on le fait quand on est près de mourir ! Moi, je l'ai fait quand j'ai compris que tu ne viendrais pas et que je devais mourir."

"Et Moi, je dois mourir."

"Non !" Lazare pousse un profond gémissement.

"Ne crie pas. Que personne n'entende. J'ai besoin de parler à toi seul.
Lazare, mon ami, sais-tu ce qui arrive en ce moment où tu es près de Moi, dans l'amitié fidèle que tu m'as donnée dès le premier moment, et qui n'a jamais été troublée par aucun motif ? Un homme, avec d'autres hommes, est en train de débattre le prix de l'Agneau. Tu sais quel nom a cet Agneau ? Il s'appelle : Jésus de Nazareth."


"Non ! Tu as des ennemis, c'est vrai. Mais personne ne peut te vendre ! Qui ? Qui est-ce ?"

"C'est un des miens. Ce ne pouvait être que quelqu'un de ceux que j'ai le plus fortement déçus et qui, las d'attendre, veut se débarrasser de Celui qui désormais n'est plus qu'un danger personnel. Il croit se refaire une réputation, d'après ce qu'il pense, auprès des grands du monde. Au contraire, il sera méprisé par le monde des bons et par celui des criminels. Il est arrivé à se lasser ainsi de Moi, de l'attente de ce que par tous les moyens il a essayé d'atteindre : la grandeur humaine, qu'il a poursuivie d'abord au Temple, qu'il a cru atteindre avec le Roi d'Israël, et que maintenant il cherche de nouveau, au Temple et auprès des romains...

Il espère... Mais Rome, si elle sait récompenser ses serviteurs fidèles... sait piétiner sous son mépris les vils délateurs. Il est las de Moi, de l'attente, du fardeau qu'il a d'être bon. Pour celui qui est mauvais, être bon, devoir feindre de l'être, c'est un fardeau accablant. Il peut être supporté pendant quelque temps... et puis... et puis on ne peut plus... et on s'en débarrasse pour redevenir libre. Libre ? C'est ce que croient les mauvais. C'est ce qu'il croit. Mais ce n'est pas la liberté. Appartenir à Dieu, c'est la liberté. Être contre Dieu, c'est une prison avec des fers et des chaînes, des fardeaux et des coups de fouet, qu'aucun galérien à la rame, qu'aucun esclave aux constructions, ne supporte sous le fouet du garde-chiourme."

"Qui est-ce ? Dis-le-moi. Qui est-ce ?"

"C'est inutile."

"Si, c'est utile... Ah !... Ce ne peut être que lui : l'homme qui a toujours été une tache dans ton groupe, l'homme qu'il n'y a pas longtemps a offensé ma sœur. C'est Judas de Kériot !"

"Non. C'est Satan. Dieu a pris chair en Moi : Jésus. Satan a pris chair en lui : Judas de Kériot. Un jour... très lointain... ici, dans ton jardin, j'ai consolé des pleurs et j'ai excusé un esprit tombé dans la boue. J'ai dit que la possession c'est la contagion de Satan qui inocule ses sucs dans l'être et le dénature. J'ai dit que c'est le mariage d'un esprit avec Satan et avec l'animalité. Mais la possession est encore peu de chose par rapport à l'incarnation. Je serai possédé par mes saints, et eux seront possédés par Moi. Mais c'est seulement en Jésus Christ qu'est Dieu tel qu'il est au Ciel, car je suis le Dieu fait Chair. Il n'y a qu'une Incarnation divine. De même aussi dans un seul sera Satan, Lucifer, comme il est dans son royaume, car c'est seulement dans l'assassin du Fils de Dieu que Satan s'est incarné. Lui, pendant que je te parle, est devant le Sanhédrin. Il s'occupe de mon meurtre et s'y emploie. Mais ce n'est pas lui : c'est Satan.

Maintenant écoute, Lazare, ami fidèle. Je te fais certaines requêtes.
Tu ne m'as jamais rien refusé. Ton amour a été si grand que, sans enfreindre le respect, il a été toujours actif à mes côtés par mille aides, par tant d'aides prévoyantes et de sages conseils que j'ai toujours reçus, parce que je voyais dans ton cœur un vrai désir de mon bien."

"Oh ! mon Seigneur ! Mais c'était ma joie de m'occuper de Toi ! Que ferai-je maintenant si je n'ai plus à m'occuper de mon Maître et Seigneur ? C'est trop peu, trop peu que tu m'as permis de faire ! Ma dette envers Toi, qui as rendu Marie à mon amour et à l'honneur, et qui m'as rendu la vie est telle que... Oh ! pourquoi m'as-tu rappelé de la mort pour me faire vivre cette heure ? Désormais toute l'horreur de la mort et toute l'angoisse de l'esprit, porté à la peur par Satan au moment de me présenter au Juge Éternel, je l'avais surmontée, et c'était l'obscurité... Qu'as-tu, Jésus ? Pourquoi frémis-tu et deviens-tu plus pâle encore que tu n'étais ? Ton visage est plus pâle que cette rose de neige qui languit sous la lune. Oh ! Maître ! Il semble que le sang et la vie t'abandonnent..."

"Je suis en fait comme quelqu'un qui meurt, les veines ouvertes. Jérusalem toute entière, et par là je veux dire "tous mes ennemis parmi les puissants d'Israël", attache à Moi ses bouches avides et aspire ma vie et mon sang. Ils veulent faire taire la Voix qui pendant trois ans les a tourmentés, tout en les aimant... parce que toutes mes paroles, même si c'étaient des paroles d'amour, étaient une secousse qui invitait leurs âmes à se réveiller, et ils ne voulaient pas entendre cette âme qui était la leur et qu'ils avaient liée par la triple sensualité. Et non seulement les grands... Mais Jérusalem toute entière va s'acharner sur l'Innocent et vouloir sa mort... et avec Jérusalem, la Judée... et avec la Judée, la Pérée, l'Idumée, la Décapole, la Galilée, la Syro-Phénicie... Israël tout entier s'est rassemblé à Sion pour le "Passage" du Christ de la vie à la mort... Lazare, toi qui es mort et qui es ressuscité, dis-moi : qu'est-ce que la mort ? Qu'as-tu éprouvé ? De quoi te souviens-tu ?"

"La mort ?... Je ne me rappelle pas exactement ce que ce fut. À la grande souffrance succéda une grande langueur... Il me semblait ne plus souffrir et d'avoir seulement un profond sommeil... La lumière et le bruit devenaient de plus en plus faibles et lointains... Mes sœurs et Maximin disent que je donnais les signes d'une âpre souffrance... Mais moi, je ne m'en souviens pas..."

"Oui. La pitié du Père émousse pour les mourants le sensorium intellectuel de sorte qu'ils souffrent uniquement dans la chair qui elle doit être purifiée par ce prépurgatoire qu'est l'agonie. Mais Moi... Et de la mort que te rappelles-tu ?"

"Rien, Maître. J'ai un espace obscur dans l'esprit, un espace vide. J'ai, dans le cours de ma vie, une interruption que je ne sais comment remplir. Je n'ai pas de souvenirs. Si je regardais au fond de ce trou noir qui m'a gardé pendant quatre jours, bien que ce soit la nuit et que j'y serais comme une ombre, je sentirais sans le voir le froid humide monter de ses viscères et me souffler en face. C'est déjà une sensation. Mais si je pense à ces quatre jours, je n'ai rien. Rien. C'est le mot."

"Oui. Ceux qui reviennent ne peuvent parler... Le mystère se dévoile graduellement pour celui qui y entre. Mais Moi, Lazare, je sais ce que je souffrirai. Je sais que je souffrirai en pleine conscience. Il n'y aura aucun adoucissement de boissons ou de langueur pour que mon agonie devienne moins atroce. Je me sentirai mourir. Déjà je le sens... Déjà je meurs, Lazare. Comme quelqu'un qui souffre d'une maladie incurable, j'ai continué de mourir pendant ces trente-trois ans. Et la mort s'est toujours plus accélérée à mesure que le temps me rapprochait de cette heure. Tout d'abord, la mort c'était de savoir que j'étais né pour être le Rédempteur. Puis, ce fut la mort de Celui qui se voit combattu, accusé, ridiculisé, persécuté, entravé... Quelle fatigue ! Puis... la mort d'avoir à mes côtés de plus en plus près, jusqu'à l'avoir enlacé à Moi comme une pieuvre au naufragé, celui qui devait être pour Moi le traître. Quelle nausée ! Maintenant je meurs déchiré de devoir dire "adieu" aux amis les plus chers, et à ma Mère..."

"Oh ! Maître ! Tu pleures ? ! Je sais que tu as pleuré aussi devant mon tombeau parce que tu m'aimais. Mais maintenant... Tu pleures de nouveau. Tu es tout glacé. Tu as les mains déjà froides comme un cadavre. Tu souffres... Tu souffres trop !..."

"Je suis l'Homme, Lazare. Je ne suis pas seulement le Dieu. De l'homme j'ai la sensibilité et les affections. Et mon âme éprouve de l'angoisse quand je pense à ma Mère... Et même, je te le dis, elle est devenue tellement monstrueuse ma torture de subir le voisinage du Traître, la haine satanique de tout un monde, la surdité de ceux qui, sans haïr, ne savent pas aimer activement, car aimer activement c'est d'arriver à être tel que l'aimé le veut et l'enseigne, et au contraire, ici !... Oui, beaucoup m'aiment. Mais ils sont restés "eux". Ils n'ont pas pris un autre "moi" par amour pour Moi. Sais-tu qui, parmi mes plus intimes, a su changer sa nature pour devenir du Christ, comme le Christ le veut ? Une seule : ta sœur Marie. Elle est partie d'une animalité complète et pervertie pour atteindre une spiritualité angélique. Et cela par l'unique force de l'amour."

"Tu l'as rachetée."

"Je les ai tous rachetés par la parole. Mais elle seule s'est changée totalement par activité d'amour. Mais je disais : elle est tellement monstrueuse la souffrance qui me vient de toutes ces choses que je ne soupire qu'après le complet accomplissement. Mes forces plient... La croix sera moins lourde que cette torture de l'esprit et du sentiment..."

"La croix ? ! Non ! Oh ! non ! C'est trop atroce ! C'est trop infamant ! Non !" Lazare, qui a tenu depuis un moment les mains glacées de Jésus dans les siennes, debout en face de son Maître, les laisse et il s'affaisse sur le siège de pierre qui est près de lui. Il cache son visage dans ses mains et il pleure désespérément.

Jésus s'approche de lui, met la main sur ses épaules que secouent des sanglots, et il dit :

"Et quoi ? C'est Moi qui meurs qui dois te consoler toi qui vis ? Ami, j'ai besoin de force et d'aide. Et je te le demande. Je n'ai que toi qui puisses me le donner. Les autres, il est bon qu'ils ne sachent pas, car s'ils savaient... Il coulerait du sang. Et je ne veux pas que les agneaux deviennent des loups, même par amour pour l'Innocent. Ma Mère... oh ! comme j'ai le cœur transpercé de parler d'elle !... Ma Mère est déjà tellement angoissée ! Elle aussi est une mourante épuisée... Voilà trente-trois ans qu'elle meurt, elle aussi, et maintenant elle n'est qu'une plaie comme la victime d'un atroce supplice. Je te jure que cela a été un combat entre mon esprit et mon cœur, entre l'amour et la raison, pour décider s'il était juste de l'éloigner, de la renvoyer dans sa maison où elle ne cesse de rêver à l'Amour qui l'a rendu Mère, goûte la saveur de son baiser de feu, tressaille dans l'extase de ce souvenir, et avec les yeux de l'âme ne cesse de voir souffler l'air frappé et remué par la lueur angélique.

En Galilée la nouvelle de la Mort arrivera quasi au moment où je pourrai lui dire : "Mère, je suis le Victorieux !" Mais je ne puis pas, non, je ne puis pas faire cela. Le pauvre Jésus, chargé des péchés du monde, a besoin d'un réconfort, et ma Mère me le donnera. Le monde encore plus pauvre a besoin de deux Victimes. Parce que l'Homme a péché avec la femme; et la Femme doit racheter, comme l'Homme rachète. Mais tant que l'heure ne sera pas sonnée, je donne à ma Mère un sourire assuré... Elle tremble... je le sais. Elle sent que la Torture s'approche. Je le sais. Et elle la repousse par dégoût naturel et par un saint amour, comme Moi je repousse la Mort parce que je suis un "vivant" qui doit mourir.

Mais malheur si elle savait que d'ici cinq jours... Elle n'arriverait pas vivante à cette heure, et je la veux vivante pour tirer de ses lèvres la force comme j'ai tiré la vie de son sein. Et Dieu la veut sur mon Calvaire pour mêler l'eau de ses larmes virginales au vin du Sang divin et célébrer la première Messe. Sais-tu ce que sera la Messe ? Tu ne sais pas. Tu ne peux pas savoir. Ce sera ma mort appliquée perpétuellement au genre humain vivant ou souffrant. Ne pleure pas, Lazare. Elle est forte. Elle ne pleure pas. Elle a pleuré pendant toute sa vie de Mère. Maintenant elle ne pleure plus. Elle a crucifié le sourire sur son visage... As-tu vu quel visage elle a pris ces derniers temps ? Elle a crucifié le sourire sur son visage pour me réconforter. Je te demande d'imiter ma Mère.

Je ne pouvais plus garder pour Moi seul mon secret. J'ai regardé autour de Moi pour chercher un ami sincère et sûr. J'ai rencontré ton regard loyal. J'ai dit : "À Lazare". Moi, quand tu avais un poids sur le cœur, j'ai respecté ton secret et je l'ai défendu contre la curiosité même naturelle du cœur. Je te demande le même respect pour le mien. Plus tard... après ma mort, tu en parleras. Tu parleras de cette conversation. Pour que l'on sache que Jésus est allé consciemment à la mort, et à des tortures connues et que l'on sache aussi qu'il n'avait rien ignoré ni pour les personnes ni pour son destin. Pour que l'on sache que pendant qu'il pouvait encore se sauver il ne l'a pas voulu, parce que son amour infini pour les hommes ne brûlait que de consommer son sacrifice pour eux."

"Oh ! Sauve-toi, Maître ! Sauve-toi ! Je peux te faire fuir, cette nuit même. Une fois aussi tu as fui en Égypte ! Fuis aussi maintenant. Viens, partons. Nous prenons avec nous Marie et mes sœurs, et nous partons. Aucune de mes richesses ne me retient, tu le sais. Ma richesse et celle de Marie et de Marthe, c'est Toi. Partons."

"Lazare, alors j'ai fui car ce n'était pas l'heure. Maintenant c'est l'heure. Et je reste."

"Et alors je viens avec Toi. Je ne te quitte pas."

"Non. Tu restes ici. Puisqu'il est permis quand la demeure n'est pas plus loin que le chemin du sabbat de consommer l'agneau dans sa maison, voilà que comme toujours, tu consommeras ici ton agneau. Pourtant, laisse venir tes sœurs... À cause de Maman... Ah ! que te cachaient, ô Martyr, les roses de l'amour divin ! L'abîme ! L'abîme ! Et de là, maintenant s'élèvent et s'élancent les flammes de la Haine pour te mordre le cœur ! Tes sœurs, oui. Elles sont courageuses et actives... et Maman sera un être qui agonise, penché sur ma dépouille. Jean ne suffit pas. C'est l'amour, Jean, mais il manque encore de maturité. Oh ! il mûrira pour devenir un homme dans le déchirement de ces prochains jours. Mais la Femme a besoin des femmes sur ses terribles blessures. Me les donnes-tu ?"

"Mais je t'ai toujours tout donné, absolument tout, avec joie, et je souffrais seulement que tu me demandes si peu !..."

"Tu le vois. De personne d'autre je n'ai accepté autant que de mes amis de Béthanie. Cela a été une des accusations que l'injuste m'a faite plus d'une fois. Mais je trouvais ici, parmi vous, assez pour consoler l'Homme de toutes ses amertumes d'homme. À Nazareth, c'était le Dieu qui se consolait auprès de l'Unique délice de Dieu. Ici, c'était l'Homme. Et avant de monter vers la mort, je te remercie, ami fidèle, affectueux, gentil, empressé, réservé, docte, discret et généreux. Je te remercie de tout. Mon Père, plus tard, t'en récompensera..."

"J'ai tout eu déjà avec ton amour et avec la rédemption de Marie."

"Oh ! non. Tu dois encore avoir beaucoup. Et tu l'auras.
Écoute. Ne te désespère pas ainsi. Donne-moi ton intelligence pour que je puisse te dire ce que je te demande encore. Tu resteras ici à attendre..."


"Non. Cela, non. Pourquoi Marie et Marthe, et pas moi ?"

"Parce que je ne veux pas que tu te corrompes comme tous les hommes se corrompront. Jérusalem, dans les jours qui viennent, sera corrompue comme l'est l'air autour d'une charogne en décomposition, qui éclate à l'improviste par un imprudent coup de talon d'un passant. Infectée et répandant l'infection. Ses miasmes rendront fous même les moins cruels, et jusqu'à mes disciples. Ils s'enfuiront. Et où iront-ils dans leur désarroi ? Chez Lazare. Que de fois, en ces trois années, ils sont venus pour chercher du pain, un lit, protection, un abri, et le Maître !... Maintenant ils vont revenir. Comme des brebis débandées par le loup qui s'est emparé du berger, ils courront à un bercail. Ras semble-les. Rends-leur courage. Dis-leur que je leur pardonne. Je te confie mon pardon pour eux. Ils n'auront pas de paix à cause de leur fuite. Dis-leur de ne pas tomber dans un plus grand péché en désespérant de mon pardon."

"Tous fuiront ?"

"Tous, sauf Jean."

"Maître, tu ne me demanderas pas d'accueillir Judas ? Fais-moi mourir torturé, mais cela, ne me le demande pas. Plusieurs fois ma main a frémi sur mon épée anxieuse de tuer l'opprobre de la famille, et je ne l'ai pas fait parce que je ne suis pas un violent. Je fus seulement tenté de le faire. Mais je te jure que si je revois Judas je l'égorge comme un bouc émissaire."

"Tu ne le verras jamais plus. Je te le jure."

"Il fuira ? N'importe. J'ai dit : "Si je le vois". Maintenant je dis : "Je le rejoindrai, fût-ce aux confins du monde, et je le tuerai".

"Tu ne dois pas le désirer."

"Je le ferai."

"Tu ne le feras pas car où il sera, tu ne pourras aller."

"Au sein du Sanhédrin ? Dans le Saint ? Là aussi je le rejoindrai et je le tuerai."

"Il ne sera pas là."

"Chez Hérode ? Je serai tué, mais auparavant je le tuerai."

"Il sera chez Satan, et toi, tu ne seras jamais chez Satan. Mais abandonne tout de suite cette pensée homicide, car autrement je te quitte."

"Oh ! oh !... Mais... Oui, pour Toi... Oh ! Maître ! Maître ! Maître !"

"Oui, ton Maître... Tu accueilleras les disciples, tu les réconforteras. Tu les ramèneras vers la paix. Je suis la Paix. Et même ensuite... Ensuite tu les aideras. Béthanie sera toujours Béthanie tant que la Haine ne fouillera pas en ce foyer d'amour croyant en disperser les flammes, et au contraire elle les répandra sur le monde pour l'allumer tout entier.
Je te bénis, Lazare, pour tout ce que tu as fait et pour ce que tu feras..."


"Rien, rien. Tu m'as tiré de la mort et tu ne me permets pas de te défendre. Qu'ai-je fait alors ?"

"Tu m'as donné tes maisons. Tu vois ? C'était écrit. Le premier logement à Sion dans une terre qui t'appartient. Le dernier encore dans l'une d'elles. C'était mon destin d'être ton Hôte. Mais de la mort, tu ne pourrais pas me défendre. Je t'ai demandé au commencement de cette conversation : "Sais-tu qui je suis ?" Maintenant je réponds : "Je suis le Rédempteur". Le Rédempteur doit consommer le sacrifice jusqu'à la dernière immolation.

Du reste, crois-le : Celui qui montera sur la croix et qui sera exposé aux regards et au mépris du monde, ne sera pas un vivant mais un mort.
Je suis déjà un mort, tué par l'absence d'amour davantage et avant de l'être par la torture. Et encore une chose, ami. Demain, à l'aurore, je vais à Jérusalem, et tu entendras dire que Sion a acclamé comme un triomphateur son Roi plein de douceur, qui y entrera monté sur un ânon. Que ce triomphe ne t'illusionne pas et ne te fasse pas juger que la Sagesse qui te parle n'a pas été sage dans cette paisible soirée. Plus rapide que l'astre qui raie le ciel et disparaît à travers des espaces inconnus, disparaîtra la faveur du peuple, et dans cinq soirs, à cette même heure, je commencerai la torture avec un baiser trompeur qui ouvrira les bouches, occupées demain à clamer des hosannas, en un chœur d'atroces blasphèmes et de cris féroces de condamnation.

Oui, tu vas l'avoir finalement, ô cité de Sion, ô peuple d'Israël, l'Agneau pascal ! Tu vas l'avoir dans ce prochain rite. Le voici. C'est la Victime préparée depuis des siècles. L'amour l'a engendrée, en préparant comme couche nuptiale un sein où il n'y avait pas de tache. Et l'Amour la consume. Voilà. C'est la Victime consciente. Non comme l'agneau qui, pendant que le boucher affile son couteau pour regorger, broute encore l'herbe du pré, ou ignorant heurte de son museau rosé contre le sein maternel. Mais Moi, je suis l'Agneau qui conscient dit : "Adieu !" à sa vie, à sa Mère, à ses amis, et va vers le sacrificateur en disant : "Me voici !" Je suis la Nourriture de l'homme. Satan a mis une faim qui n'est jamais rassasiée, qui ne peut se rassasier. Il n'y a qu'un aliment qui le rassasie car il calme cette faim. Et cet aliment, le voici. Homme, voici ton pain, voici ton vin.

Consomme ta Pâque, Ô Humanité ! Traverse ta mer rouge des flammes sataniques. Teinte de mon Sang, tu passeras, race de l'homme, préservée du feu infernal. Tu peux passer. Les Cieux, pressés par mon désir, entrouvrent déjà les portes éternelles. Regardez, ô esprits des morts ! Regardez, Ô hommes vivants ! Regardez, Ô âmes qui prendrez un corps dans l'avenir ! Regardez, anges du Paradis ! Regardez, démons de l'Enfer ! Regarde, ô Père, regarde, ô Paraclet ! La Victime sourit, elle ne pleure plus...

Tout est dit. Adieu, ami. Toi aussi, je ne te verrai plus avant de mourir. Donnons-nous le baiser d'adieu. Et ne doute pas. Ils te diront : "C'était un fou ! C'était un démon ! Un menteur ! Il est mort alors qu'il disait qu'il était la Vie". À eux, et spécialement à toi-même, réponds : "Il était et il est la Vérité et la Vie. Il est le Vainqueur de la mort. Je le sais. Il ne peut être mort pour toujours. Je l'attends. Et elle ne sera pas consumée toute l'huile de la lampe [5] que l'ami tient toute prête pour faire de la lumière au monde invité aux noces du Triomphateur que Lui, l'Époux, reviendra. Et la lumière, cette fois, ne pourra jamais plus être éteinte. Crois-le, Lazare. Obéis à mon désir. Tu entends ce rossignol comme il chante après s'être tu à cause de tes sanglots ? Fais comme lui. Ton âme, après les inévitables pleurs sur la Victime, qu'elle chante avec assurance l'hymne de ta foi. Sois béni, par le Père, par le Fils, par le Saint-Esprit."

( Maria Valtorta )

Combien j'ai souffert ! Pendant toute la nuit depuis 23h de jeudi 1er Mars jusqu'à 5h du matin du vendredi. J'ai vu Jésus dans une angoisse de peu inférieure à celle du Gethsémani, en particulier quand il parle de sa Mère, du traître, et quand il montre son horreur de la mort. J'ai obéi au commandement de Jésus d'écrire sur un carnet à part, pour en faire une Passion plus détaillée [6]. Vous avez vu mon visage ce matin... faible image de la souffrance que j'ai endurée... et je n'en dis pas davantage car il y a des pudeurs insurmontables.

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---> Si Jésus avait "satisfait son petit manque affectif" en ressuscitant Lazare, pourquoi donc le réconforterait-il Lui-même, après lui avoir appris par quelles affreuses tortures il devait très bientôt être arraché à lui ? Car alors, Jésus devrait être au trente-sixième dessous, effondré de devoir quitter son "Lazarou-net chéri" !

---> S’Il s’agrippait par lâcheté à l'amitié de Lazare, comment pourrait-Il consentir héroïquement à perdre aussitôt cette amitié si chèrement acquise au prix d’un tel miracle, et surtout : à travers de si horribles et injustes souffrances ?

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Jésus dira dans les "cahiers" :

"Je ne détruis pas votre richesse affective. Je la prends de la terre pour la transplanter au Ciel. Là seront reconstruits pour l'éternité les saints liens de famille, les amitiés pures, toutes les formes d'affection honnête et bénie que Moi, Fils de Dieu fait homme, j'ai voulu pour moi-même et que je sais être très chères. Mais si elles sont chères, très chères, elles ne sont pas plus chères que Dieu et que la vie éternelle."
(30 juin 1943)

---> Bref, encore une fois, tout le procédé caricatural de DGC s’effondre en un flop.

DGC :
Distingués du monde, flattés, Les disciples sont invités à un engagement total à l’égard du maître, et les lecteurs qui s’assimilent à eux, à l’égard de l’œuvre de Valtorta qui leur fait connaître son véritable visage.
«Purifiés par une sélection naturelle, fortifiés par un breuvage surnaturel, vous, les meilleurs, vous deviendrez mes héros. Les héros du Christ. » ( II, 63, 354)

( extrait du discours sur "le sel de la terre et la lumière du monde", EMV 98.7 )

---> "Distingués du monde" : Étonnant ! … Et donc pour DGC, le Christ ne distingue pas ses disciples du monde, lorsqu’Il leur dit dans l’Évangile : " Vous n'êtes pas du monde, comme Moi Je ne suis pas du monde" ? ( saint Jean 17) Peut-être que DGC s’est trompé, et a cru lire ceci : « Vous appartenez au monde, comme Moi J'appartiens au monde» ?

---> Certes, l’erreur est humaine, mais là çà devient tout de même un peu énorme !

---> « Vous êtes le sel de la terre. ( ... ) Vous êtes la lumière du monde. » (Matthieu 5,13) Le Christ ne prononce pas précisément ces Paroles pour dévaloriser ses disciples : c’est plutôt un peu l’inverse ! Et cela n’est pas non plus les flatter, mais bien plutôt les charger d'une très grande responsabilité.

---> Or ce qui est inouïe, c’est que pour appuyer son propos accusatoire, DGC cite précisément le passage de l’EMV relatant le discours sur "le sel de la terre et la Lumière du monde" ( EMV 98.7 ) en « version complète », et qui n’est pas davantage une vulgaire flatterie que ne l'est Matthieu 5.

---> Soit donc il ne l’a pas fait exprès, et il faut alors tout lui expliquer comme à quelqu'un de simplet, soit - et c’est beaucoup plus probable - il continue d'essayer de nous berner en caricaturant l’œuvre, voulant ainsi la faire passer pour une dérive sectaire.

--->"Flattés","un engagement total": il faudrait vraiment que DGC se demande si, en répondant lui-même à la vocation de prêtre, il ne s’est pas donné au Christ dans « un engagement total », et si le Seigneur ne l'aurait attiré que par de vulgaires flatteries, ou au contraire par ses Paroles valorisantes et responsabilisantes ?

---> Pourquoi alors l'auteur approuve-t-il ici dans les Évangiles, ce qu’il condamne là-bas, dans l’EMV ?

---> Quoi de plus naturel pour un grand Chef d'armée que de galvaniser le courage de ses généraux - tout comme le Christ : ses évêques, promis à d'éclatantes victoires par la conversion du monde entier à la vraie Foi en Lui, le Dieu-fait-Homme ? -

---> Est-ce que les apôtres ne sont pas tout de même devenus les douze colonnes de l'Église, c'est à dire un peu « les meilleurs » quand même, les modèles du troupeau, ceux qui jugeront aux côtés du Christ toutes les nations de la terre ? (Matthieu 19,28)

---> Reconnaître la parfaite conformité de l'EMV avec les Evangiles canoniques, voilà ce que l’auteur semble craindre plus encore qu’une rage de dent.

--->
Quoi qu'il en soit, c'est pour lui un nouveau flop.

DGC :
« Elle (Marie) s’est donnée et elle se donnera. Et quand elle aura consommé le plus grand sacrifice, avec moi, pour moi, et pour le monde, alors les vrais fidèles et les vrais aimants comprendront le vrai sens de son nom. Et dans les siècles des siècles, il sera accordé de le savoir à tout véritable fidèle, à tout véritable aimant. » (v, 34, 225)

---> Normalement, chaque soir durant les vêpres, tout prêtre chante le "Magnificat" ( Luc 1,46-55 ). Mais peut-être DGC n'y a-t-il encore jamais remarqué le verset disant : « Désormais tous les âges me diront bienheureuse » ?

---> On ne peut que lui conseiller de relire calmement ce cantique de la Vierge, ainsi que ce célèbre hymne à Marie de saint Bernard :

« En suivant Marie, on ne dévie pas,
en la priant on ne désespère pas,
en pensant à elle, on ne se trompe pas.
Si elle te tient par la main, tu ne tomberas pas ;
si elle te protège, tu ne craindras pas ;
si elle te guide, tu ne connaîtras pas la fatigue ;
si elle est avec toi, tu es sûr d’arriver au but :

ainsi tu comprendras, par ta propre expérience, combien cette parole est juste :
« Le nom de la Vierge était MARIE »

(Lc 1, 27).

( Saint Bernard de Clairvaux, 1090-1153 )

---> Jésus aurait-Il dû démentir d'avance saint Bernard au sujet de Marie ? Dans la nécessité où il se trouve d'accuser l'oeuvre, DGC en vient quasiment à accuser la Sainte Vierge d'être la bienheureuse choisie entre toutes.

---> On aurait envi de dire : c'est un flop.

DGC :
« Ceci n’est pas pour les “Jean”, mais pour les docteurs mécontents et exigeants. Et encore pour les chicaneurs, etc… » (II, 65, 372)

---> Si les docteurs mécontents et exigeants, chicaneurs, n’existaient pas, alors bien sûr, cette parole n’aurait pas lieu d’être : mais qu'est donc DGC, sinon la preuve vivante qu’ils existent ? Et le Seigneur est doux, car à son endroit, il faudrait plutôt parler de sophiste et illusionniste, plutôt que de "docteur".

---> Il n'y a là strictement rien de nouveau : dans l'Evangile, Jésus s'adresse pareillement aux mécontents exigeants, aux chicaneurs, même s'ils y sont appelés "pharisiens", "sadducéens" et "scribes". Et ils y ont droit aussi à un traitement spécialement fait pour eux.

---> Ne perdons pas le fil des flops.

DGC :
[« Jésus » aux lecteurs] « que votre « voix » dise mes paroles. Que votre vie soit pour cette œuvre. » (V, 37, 258)

---> Très bien, l'auteur a fait une micro-citation supplémentaire : maintenant, redonnons à celle-ci le sens qu'elle a dans l'oeuvre.

Contexte :

---> Le Christ vient de donner à Maria Valtorta la vision de sa Transfiguration, puis celle de l'épileptique guéri au pied du mont Thabor ( Mat 17,1-20 ).

---> Durant ces deux épisodes, les apôtres sont plongés dans des sentiments de très profonde humilité devant la Majesté du Seigneur, qui leur a fait entrevoir sa gloire.

---> Vient ensuite ce commentaire sur les âmes de prédilection :

EMV 349.15 - La Transfiguration sur le mont Thabor. L’épileptique guéri au pied du mont. Un commentaire sur les âmes de prédilection.
( En rouge entre les // : la citation de DGC )

(...) (...)
Jésus dit :

"Je t'ai préparé à méditer ma Gloire. Demain (fête de la Transfiguration) l'Église la célèbre. Mais je veux que mon petit Jean la voie dans sa vérité pour la mieux comprendre. Je ne te choisis pas seulement pour connaître les tristesses de ton Maître et ses douleurs. Celui qui sait rester avec Moi dans la douleur doit prendre part avec Moi à ma joie. Je veux que toi, devant ton Jésus qui se montre à toi, tu aies les mêmes sentiments d'humilité et de repentir que mes apôtres.
Jamais d'orgueil. Tu serais punie en me perdant.

Un continuel souvenir de ce que je suis Moi, et de ce que tu es, toi. Une continuelle pensée de tes manquements et de ma perfection pour avoir un cœur lavé par la contrition. Mais, en même temps, aussi une si grande confiance en Moi. J'ai dit : "Ne craignez pas. Levez-vous. Allons. Allons parmi les hommes car je suis venu pour rester avec eux. Soyez saints, forts et fidèles en souvenir de cette heure". Je le dis aussi à toi et à tous mes préférés parmi les hommes, à ceux qui me possèdent d'une manière spéciale.

Ne craignez rien de Moi. Je me montre pour vous élever non pour vous réduire en cendres. Levez-vous : que la joie du don vous donne la vigueur et ne vous engourdisse pas dans la jouissance du quiétisme en vous croyant déjà sauvés parce que je vous ai montré le Ciel. Allons ensemble parmi les hommes. Je vous ai invités à des œuvres surhumaines par des visions surhumaines et des instructions, pour que vous puissiez m'aider davantage. Je vous associe à mon œuvre. Mais moi, je n'ai pas connu et je ne connais pas de repos. Car le Mal ne se repose jamais et le Bien doit être toujours actif pour annuler le plus possible le travail de l'Ennemi. Nous nous reposerons quand le Temps sera accompli. Maintenant il faut marcher inlassablement, travailler continuellement, se consumer sans se lasser pour la moisson de Dieu.

Que mon contact continuel vous sanctifie, que mes instructions continuelles vous fortifient, que mon amour de prédilection vous rende fidèles contre toute embûche. Ne soyez pas comme les anciens rabbins qui enseignaient la Révélation et puis n'y croyaient pas, au point de ne pas reconnaître les signes des temps et les envoyés de Dieu. Reconnaissez les précurseurs du Christ dans son second avènement puisque les forces de l'Antéchrist sont en marche et, en faisant exception à la mesure que je me suis imposée, car je sais que vous buvez certaines vérités non par esprit surnaturel mais par soif de curiosités humaines, je vous dis en vérité que ce qu'un grand nombre croiront une victoire sur l'Antéchrist, une paix désormais prochaine, ce ne sera qu'une halte pour donner le temps à l'Ennemi du Christ de se retremper, de guérir ses blessures, de réunir son armée pour une lutte plus cruelle. Reconnaissez, vous qui êtes les "voix" de votre Jésus, du Roi des rois, du Fidèle et du Véridique qui juge et combat avec justice et sera le Vainqueur de la Bête et de ses serviteurs et prophètes, reconnaissez votre Bien et suivez-le toujours.

Que nulle apparence trompeuse ne vous séduise et que nulle persécution ne vous abatte, // que votre "voix" dise mes paroles, que votre vie soit pour cette œuvre. // Et si vous avez sur la terre le même sort que le Christ, que son Précurseur et qu'Élie, sort sanglant ou sort tourmenté par des tortures morales, souriez à votre sort à venir et assuré qui vous sera commun avec celui du Christ, de son Précurseur et de son prophète.

Égal dans le travail, dans la douleur, dans la gloire. Ici-bas Moi, Maître et Exemple. Là-haut, Moi Récompense et Roi. Me posséder sera votre béatitude. Ce sera oublier la douleur. Ce sera ce que toute révélation est encore insuffisante à vous faire comprendre car la joie de la vie future est trop au-dessus des possibilités imaginatives de la créature encore unie à la chair."

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---> L'illusion du chef illusionniste est déjouée : Jésus s'adresse ici à ses âmes de prédilections, qu'Il comble de ses dons mais qu'Il fait aussi participer de plus près à ses persécutions pour la Vérité.

---> Ceux à qui Jésus s'adresse plus particulièrement ici sont Maria Valtorta bien sûr, mais aussi le père Romualdo Migliorini, qui dactylographiait tout au fur et à mesure.

---> Jésus ne se pose pas en gourou, intimant à toute personne qui lirait l'oeuvre de lui consacrer sa vie, c'est simplement un pur contre-sens de lecture dont DGC est coutumier : mais vue la grande importance de cette révélation privée pour notre époque, il est complètement normal que certaines âmes y consacrent leur vie, pour la traduire, la faire connaître et la défendre.

---> Pour DGC, c'est un flop.

DGC :
Ceux qui rejettent « l’Évangile tel qu’il m’a été révélé » sont sévèrement jugés :
«Il se produit pour ce travail [l’Évangile tel qui m’a été révélé] la même chose qu’avec les pharisiens. Mon désir d’être aimé – connaître, c’est aimer – se trouve repoussé par trop de choses. Et voilà une grande douleur pour moi, l’Éternel Maître, tenu en captivité par vous… » (II, 107,650)


---> Mais quel sévère jugement, en effet ! Même les plaintes douloureuses de Dieu à l’adresse de ceux qui Le rejettent deviennent dans l’esprit de DGC des « jugements sévères »… Ce n'est pas parce que le Seigneur désigne certains avec justice du nom de "pharisiens" qu'Il ne les aime pas, et n'attend pas leur conversion !

---> Prendre même les plaintes douloureuses de Jésus pour des jugements sévères manifeste un trouble évident de la conscience.

---> « Ô mon peuple, que t’ai-je fais ? En quoi t’ai-je contrarié, réponds-moi ? » Mais quelles dures menaces de la part de Dieu ! Cela fait frémir, en effet.

Conclusion de DGC, corrigée en rouge :

---> Ainsi la communauté des disciples, dont les relations sont longuement décrites et analysées, présente au lecteur moderne une configuration sociale (malsaine) qui pourra servir de modèle à l'Eglise tout au long des âges , sur laquelle règne (sans partage) avec douceur et humilité un maître (à la personnalité problématique) dont l'Amour infini et plein de Sagesse ne peut venir que de sa Perfection divine de Fils de Dieu.

---> Rien qui soit "malsain" et "problématique" ici, excepté l’article de DGC bourré de sophismes et d'hypocrisies, et se sentant perpétuellement menacé par les très douces Paroles du Christ qui resplendissent de Sagesse.

---> Mais quand on s’est soi-même mis à l’école d'un homme à la réputation à ce point sulfureuse ( M. Joachim Boufflet ),
il devient ensuite rigoureusement impossible d'admettre la vérité.

---> Dans le volet suivant, s'étonnant que les femmes prennent une grande place dans l'oeuvre, DGC va se plaindre qu'elles n'y soient pas toujours très à leur avantage, spécialement les belles-mères : nous allons voir ce qu'il en est réellement.

---> Il va également commencer à s'en prendre aux relations de filiale tendresse entre le Christ et sa Mère, ce qui va nous conduire aux noces de Cana.
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La nouvelle version 2024 de ma réfutation des articles de dom Guillaume Chevallier. Ce n'est pas parfait, mais je l'espère, beaucoup plus lisible et pertinent. Bien à vous +

France Vappereau

Merci cher apvs pour votre persévérance dans la défense de cette Oeuvre Divine, que DGC comprenne et voit " La Miséricorde" qui se révèle aux âmes humbles et assoiffées et que le temps lui soit donné pour se repentir.....