Prière pour la Présentation de la Très Sainte Vierge
Ego autem, sicut oliva fructifera in domo Dei, speravi in misericordia Dei in æternum : et in sæculum sæculi : J'ai été comme un olivier très-fertile planté dans la Maison de Dieu ; j'ai espéré en sa Miséricorde dans tous les siècles des siècles (Ps. LI, 10). Je me suis élevée comme un bel olivier dans les campagnes : Quasi oliva speciosa in campis, et quasi platanus exaltata sum (Eccli. XXIV, 19). Ces Paroles, l'Église Elle-même Les met dans la bouche de la Très Sainte Vierge, en Lui appliquant dans sa Liturgie tous les Chapitres de l'Écriture consacrés à la louange de la Sagesse Éternelle (In festis B. M. V.). C'est aussi, comme nous l'avons vu, la pensée de Saint Jean Damascène, qui les applique au Mystère de sa Présentation et de sa Demeure dans le Temple. Nous devons nous les appliquer à nous-mêmes ; car, s'il est vrai que Dieu demande du fruit de tout arbre qu'Il a planté, Il en demande surtout de ceux qu'Il a plantés dans sa Maison. Plantati in domo Domini, in atriis domus. Dei nostri florebunt (Ps. XCI, 14). Je vous ai choisis, dit Notre-Seigneur, et je vous ai posés dans cette Vocation, afin que vous alliez et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Non vos me elegistis sed ego elegi vos, et posui vos ut eatis, et fructum afferatis et fructus vester maneat (Jean XV, 16). Ô mon Seigneur et mon Dieu, ne suis-je pas à Vous ? Non estis vestri, me crie votre Apôtre (I Cor. VI, 19). Ne me dois-je pas à Vous, qui êtes mon Créateur, mon Père et ma Dernière Fin ; qui m'avez fait le Commandement de Vous aimer ; qui m'avez donné votre Fils pour rançon ? Ne m'y suis-je point engagé par mon Baptême, et n'ai-je pas ratifié librement ces premiers engagements ? N'ai-je pas, par mon propre choix, de nécessaire qu'elle était, rendu cette dépendance volontaire, protestant que comme je ne suis que par Vous, je voulais aussi n'être que pour Vous. Vellem, ut nihil aliud agerem, quam reddere me cui me maxime debeo (S. Aug.). A l'œuvre donc, mon âme, et si jusqu'ici tu sembles n'avoir employé tes pensées, tes affections, tes actes, que pour reprendre en partie ce que pourtant tu avais donné de bonne foi, corrige maintenant ce désordre. Le Seigneur est ton Dieu, Il mérite tout ton amour ; rien donc au-dessus de Lui, rien comme Lui, rien avec Lui dans mon cœur que ce qui est pour Lui. Ô Marie, Vous possédez toutes les Vertus de telle sorte, qu'Elles s'exhalent de Vous comme de suaves parfums ; Vous êtes la Mère du Bel Amour, de la Crainte, de la Science et de la Sainte Espérance. En Vous se trouvent la Voie et la Vérité, l'Espérance de la Vie et de la Vertu. Je viens à Vous, parce que je désire avec ardeur suivre Vos traces et me nourrir des fruits que Vous portez. Ego quasi vitis fructificavi suavitatem odoris et flores mei fructus honoris et honestatis. Ego mater pulchræ dilectionis, et timoris, et agnitionis, et sanctæ spei. In me gratia omnis viæ et veritatis, in me omnis spes vitæ et virtutis. Transite ad me omnes qui concupiscitis me, et a generationibus meis implemini (Eccli. XXIV, 23). Présentez-moi en ce Jour à votre Divin Fils, et demandez-Lui de me posséder de telle sorte, que fondé et enraciné dans sa Charité : In charitate radicati, et fundati (Eph. II, 17), je ne m'En sépare jamais.