Vous avez dit Juif ?
Il est inutile de prouver que le peuple juif a un rôle de premier plan dans l’histoire du salut ; toute l’Ecriture en témoigne : Israël est le peuple élu, préparé malgré ses infidélités chroniques pour être le berceau du Messie qui procurera le salut, non plus seulement aux juifs, mais à tous les peuples. Le moyen de salut avant l’avènement du Christ demandait, pour les juifs, la circoncision et la pratique de la loi, et pour les gentils, un mystérieux « remède de nature » par lequel ils professaient la foi dans le Sauveur futur.
Quoi qu’il en soit du rite exprimant cette foi, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais de salut en dehors de la Rédemption accomplie par le Fils de Dieu, puisqu’« il y a un seul Dieu, et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus » (I Tim 2, 5). « Aucun autre nom sous le ciel n’a été donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Ac 4, 12) Depuis que l’acte principal de cette œuvre de salut a été accompli, le sacrifice du Sauveur sur la Croix, il est normalement nécessaire pour être sauvé de recevoir le baptême et d’embrasser la foi catholique : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné. » (Mc 16, 16) Celui qui serait involontairement empêché de connaître l’Eglise et d’y adhérer devrait en avoir le vœu, au moins implicite, « ainsi appelé parce qu’il est inclus dans la bonne disposition d’âme par laquelle l’homme veut conformer sa volonté à la volonté de Dieu » [3]. Cette disposition concerne tous les hommes sans exception, et de ce fait les juifs aussi. Refuser formellement le Christ, c’est refuser le salut [4].
Alors, que reste-t-il de l’ancienne alliance ? Saint Paul ne dit-il pas au sujet des juifs que « les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Rm 11, 29) ? Or, le culte, la doctrine et les observances imposées aux juifs ne font-ils pas partie de ces dons ? Ce serait pourtant un contresens que de croire que saint Paul tient le culte judaïque pour toujours valable. Les épîtres aux Romains et aux Galates sont précisément des exposés doctrinaux qui établissent vigoureusement que les observances judaïques sont absolument impuissantes pour procurer le salut. Quant à l’épître aux Hébreux, elle montre que les innombrables sacrifices de l’ancienne loi n’étaient que d’impuissantes figures de celui, unique, de Jésus-Christ, qui seul accomplit enfin la réconciliation des hommes avec Dieu. C’est pourquoi « il y a abolition de la première ordonnance, à cause de son impuissance et de son inutilité. » (Heb 7, 18) Le signe le plus éclatant de cette abolition a été la déchirure du voile du Temple au moment de la mort du Sauveur (Mt 27, 51). Et c’est pourquoi aussi la pratique des observances judaïque aujourd’hui a quelque chose du blasphème, car, outre leur inutilité, elles impliquent l’affirmation que le Sauveur qu’elles préfigurent n’est pas encore venu. Comme dit saint Paul : « Si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous sert de rien » (Gal 5, 2) [5].
Alors, quels sont ces dons et promesses de Dieu qui tiennent toujours ? Il y a d’abord le salut qui leur avait été promis. Car, les juifs comme tous les peuples, sont appelés à profiter de la Rédemption opérée par le Sauveur. Ils ont d’ailleurs été les premiers à y être appelés, puisque Notre Seigneur a réservé sa prédication aux juifs, et que les Apôtres ont également commencé par eux, selon l’injonction de Jésus : « N’allez pas vers les gentils, et n’entrez pas dans les villes des Samaritains ; mais allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. » (Mt 10, 5–6). Osera-t-on soutenir que pareille faveur ne répondait pas suffisamment aux promesses faites auparavant à Abraham et à ses successeurs ? Rien n’empêche non plus de voir une continuation des faveurs temporelles accordées à Israël dans la simple permanence de ce peuple à travers l’histoire, et cela pendant longtemps sans territoire. Egalement dans la prospérité et dans le pouvoir dont il jouit (non sans vicissitudes dans le passé).
Enfin, il reste à dire de ce peuple qu’il a une place spéciale dans l’histoire du salut. D’abord parce que le Sauveur en est issu. Mais saint Paul relève autre chose (Rm 11) : l’infidélité de ce peuple au moment de la venue du Sauveur, et la prédication tournée ensuite vers les païens rappellent à ceux-ci que leur vocation est gratuite, plus encore que celle des juifs. Pour tous elle est surnaturelle. Mais les juifs y avaient un titre dans la promesse à eux faite d’une manière spéciale. Ainsi le peuple juif, destinataire de cette promesse gracieuse de Dieu, est témoin de la gratuité du salut. Il est aussi témoin de la fidélité de Dieu, car saint Paul suggère une mystérieuse conversion en masse des juifs à la fin des temps (Rm 11, 12–15 et 25–26), conversion qui sera plus éclatante encore que ne l’a été l’entrée des païens dans le plan du salut.
Antisémitisme, judeo-centrisme , d'ou vient cette haine?
Laissons la parole a l'abbé Lemann, juif converti devenu prêtre:
"C'est une remarque sur laquelle l'attention ne s'est pas assez fixée, que tous les ennemis acharnés de l'Église se sont montrés également ennemis acharnés des restes d'Israël. Il n'y a guère que Julien l'Apostat qui ait aimé les Juifs en détestant les chrétiens. On sait, en effet, que dans le but de faire mentir les prophéties du Galiléen, il s'appliqua à recueillir les pierres et décombres du Temple, pour étouffer, sous cette architecture ressuscitée, l'arbre grandissant de l'Église. Quelques persécuteurs isolés, tyrans obscurs, ont pu également se servir fortuitement des juifs contre les chrétiens. Mais, généralement, les hommes de ténèbres et de mal, les hérésiarques, ceux que les Pères de l'Église nomment des antéchrists, ont enveloppé dans une même haine l'Église et Israël. Leurs mains cherchaient à déraciner le grand arbre, et leurs pieds piétinaient sur les branches retranchées, les fils flétris de Jacob. N'est-ce pas étrange ? Cela semble si invraisemblable qu'il faut des témoignages. Le lecteur comprendra mieux, après en avoir pris connaissance, l'explication que nous donnons, à leur suite, de cette haine à deux tranchants.
Mais d'où vient cet acharnement de tous les adversaires du catholicisme contre les restes d'Israël ?
Une double explication peut être apportée. Mais la seconde, seule, satisfait.
Cette aversion haineuse des hérétiques contre les juifs peut s'expliquer, d'abord, par l'aversion même qui les animait contre l'Église catholique. La religion juive, en effet, n'est-elle pas la base du catholicisme ? Or, en faisant disparaître la base représentée par le peuple juif, la haine avait la certitude et la jouissance de ruiner plus sûrement, plus radicalement l'Église. Voilà pourquoi, à mesure que la haine contre l'Église catholique se développe et devient plus intense, le peuple juif, également, est plus détesté. Ainsi Mahomet a supporté plus patiemment, surtout dans les commencements, les juifs, que Luther. Et Voltaire, qui a été, contre l'Église, la haine à son paroxysme, a eu, contre les juifs, des accès de rage.
Cette explication, néanmoins, ne satisfait pas pleinement. Il faut, pour percer ce mystère d'acharnement, regarder plus haut que les inimitiés visibles de ce monde.
Il existe en effet une inimitié supérieure, invisible, qui inspire, dirige les inimitiés visibles des schismatiques, des hérétiques, des apostats : celle de Satan.
Elle est primordiale, inspiratrice des autres, leur confluent.
Or, Satan n'ignore pas les desseins de la miséricorde divine sur les restes du peuple déicide, les Prophètes bibliques les ayant annoncés. Il n'ignore pas le grand rôle de dévouement qui attend ce peuple lors de son repentir, et les services qu'il rendra à la cause de Dieu dans la consommation des siècles. C'est pour cette raison qu'il en déteste les restes, alors même que ces restes haïssent présentement le Christ avec lui.
Voilà pourquoi il s'est efforcé de les faire disparaître par les massacres du moyen-âge, qu'il inspirait.
Voilà pourquoi, également, il a soufflé et communiqué son acharnement contre eux à Mahomet, à Luther, à Voltaire.
Si l'on ne tient pas compte de cette intervention satanique, la haine héréditaire, régulière, de tous ces antéchrists contre les juifs, est inexplicable. Mahomet, Luther, Voltaire, ont pu les avoir en dédain, en horreur, comme étant la lie du genre humain, à cause des défauts et des fourberies qu'ils leur reprochaient. Mais ces seuls motifs n'auraient pas imprimé à leurs malédictions et à leurs anathèmes ces caractères sinistres, qui s'en dégagent comme des vapeurs venant de plus bas !
Ils ont été la bouche de l'Enfer qui maudissait, par avance, dans les juifs même ennemis du Christ, la grande réserve de Dieu et des derniers temps.
La haine des hommes est aveugle, celle de Satan est clairvoyante.
Clairvoyante, disons-nous : mais simplement dans le sens de pénétration ou perspicacité, parce que, en tant que pur esprit, Satan voit et prévoit plus loin que les hommes. Néanmoins, sa haine aboutit, comme la haine aveugle des hommes, à la méprise, à la catastrophe de tous ses plans ; n'est-il pas l'éternelle erreur, l'éternel vaincu ?"
Conclusion
Elle est simple: les antisémites et autres judeo-centrés qui attribuent tous les maux de la terre aux juifs font les oeuvres du diable et cela même si ils vont a la messe le dimanche.
Que Dieu nous éclaire tous!