Clicks757
Francesco Federico
7

Le Cantique de Frère Soleil ou le Cantique de Frère "sòla"? (*) (de Antonio Socci)

Le Cantique de Frère Soleil ou le Cantique de Frère "sòla"? (*)

La situation de l'Eglise est dramatique, avec une Europe qui abandonne massivement la foi, et l'autre moitié de la planète qui persécute les chrétiens ou les élimine. Devant tout cela, le pape Bergoglio, que fait-il? Une encyclique sur la présence des chrétiens dans le monde, leur sort et la liberté de conscience? Non. Une encyclique écologique sur le tri sélectif et le nettoyage des rivières.
On se croirait dans la scène hilarante du film (de Roberto Benigni) Johnny Stecchino, où l'automobiliste palermitain explique à Benigni quelle est la vraie, la grande, la tragique plaie de Palerme: «le traffic»

VERS ET CHRETIENS
------
Il est émouvant de voir avec quelle sollicitude le pape argentin se soucie dans l'encyclique, de la survie «des algues, des vers, des petits insectes et des reptiles», espèces qui «passent en général inaperçues» (n. 34). En revanche, à la survie incertaine des chrétiens persécutés, torturés, déportés, aucune encyclique n'est dédiée. Ils sont massacrés sans que personne n'élève la voix.

A la lecture de la préoccupation du pape pour le sort des vers et des reptiles, qui sait comment se sentiront tous ces chrétiens qui - pour ne pas renoncer à leur foi chrétienne - en Irak ou au Pakistan, en Corée du Nord ou en Chine ou au Nigeria ont perdu leurs maisons et leurs emplois, ont vu tuer des êtres chers, subissant viols, torture, crucifixion, égorgement et déportation.

Qui sait comment se sentiront ces chrétiens qui ont dû fuir leurs villages, et sont maintenant dans des camps de réfugiés, en lisant que le pape a consacré son encyclique aux «populations animales» qui, à cause des nouvelles cultures et des réservoirs hydriques «ne peuvent plus migrer, ou se déplacer librement».
Heureusement, il y a un pape qui prend soin de ces bestioles et propose «la création de corridors biologiques» dans le but de faire migrer ces espèces librement (n. 35).

Le Vatican de Bergoglio s'est-il jamais activé pour protéger les populations chrétiennes menacées d'extermination? Ou pour les chrétiens qui pourrissent depuis des années dans les prisons en raison de leur foi?
Prenons Asia Bibi, la pauvre mère pakistanaise qui depuis six ans est enfermée dans une cellule sombre et sale avec une sentence de mort sur les épaules juste parce que chrétienne. Le Pape Bergoglio n'a jamais voulu faire de déclaration pour elle, pour demander sa libération ou même invoquer des prières en sa faveur.

LE VRAI SAINT FRANÇOIS
----
Cette très longue encyclique (c'est justement Bergoglio qui avait critiqué les longs documents des Conférences épiscopales) est une collection des clichés éco-catastrophistes les plus éculés. Un vrai «Banal grande» (ndt: sans doute un jeu de mot sur le "Canal Grande" de Venise).

Des thèses écologiques très discutables d'un point de vue scientifique y sont ennoblies, comme la cause humaine du réchauffement climatique. En consacrant ces thèses, l'encyclique est susceptible de retomber dans l'erreur de l'«affaire Galilée», autrement dit de donner une investiture théologique à ce qui est seulement une hypothèse scientifique, et même très douteuse.
Elle pourrait donc se révéler être davantage un «Cantique de Frère Solà» qu'un «Cantique de Frère Sole» (*).

À cet égard, pourquoi réduire le pauvre Saint François d'Assise à l'habituelle figurine écologiste? On a démontré qu'il est tout à fait absurde d'imaginer un écologiste au XIIe siècle, quand l'homme n'avait pas le pouvoir technologique qu'il a aujourd'hui sur la nature et que la nature avait le dessus sur lui, lui imposant des conditions de vie très dures.

Le Cantique des Créatures, écrit par saint François est un hymne biblique, qui paraphrase les psaumes pour louer Dieu et proclamer la bonté de la création, en une époque où les Cathares, reprenant les doctrines gnostiques, considéraient la création comme un mal.

Dans l'hymne de saint François, le bien suprême n'est pas la sauvegarde de l'environnement, mais le salut éternel des âmes, au point qu'il se conclut en mettant en garde contre la possibilité de mourir en état de péché mortel, car de cette façon, on finit dans les tourments éternels de l'enfer («guai a quelli ke morrano ne le peccata mortali; beati quelli ke trovarà ne le tue santissime voluntati, ka la morte secunda no ‘l farrà male», cf. Le titre d'une encyclique).

Au contraire, dans le bergoglisme, il n'y a ni «péché originel» ni péchés mortels, ni purgatoire ni enfer.
Pourtant, la doctrine catholique affirme que «le salut des âmes est la loi suprême de l'Eglise». La seule chose qui importe.

UNE SEULE ÂME
----
Je dirai plus: le salut d'une seule âme est, aux yeux de Dieu, plus précieux que l'univers naturel tout entier (n'en déplaise aux Verts). Saint Thomas d'Aquin écrit même: «Le bien surnaturel d'un seul est supérieur au bien naturel de tout l'univers».
Et l'autre maître suprême, saint Augustin d'Hippone, écrit: «La justification de l'impie est une œuvre plus grande que la création des cieux et de la terre», car «le ciel et la terre passeront, mais le salut et la justification des élus ne passeront jamais».

Où cette doctrine se fonde-t-elle? Dans l'Evangile lui-même, où Jésus dit précisément que «le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas» (Mt 24:35).
Ici, en parlant de regard du Christ envers les humains, il est souvent dit: «Et il eut de la compassion». Cette peine intime qui venait des profondeurs du cœur de Jésus pour chaque être humain révèle ce qu'est de la conception de la réalité qui caractérise le Sauveur. On peut le définir ainsi: pour lui, «le monde tout entier ne vaut pas la plus petite personne humaine» (cf. Luigi Giussani, All’origine della pretesa cristiana). Pour chaque homme, en effet, il est venu mourir, lui, Dieu, et d'une mort ignominieuse.

Un être humain petit et inconnu, aux yeux de Dieu, vaut la mort sur la croix de son Fils unique.

Du reste, déjà dans la Genèse le Créateur attribue à l'homme la royauté de l'univers. Comme on le sait, les concepts écologistes modernes touvent insupportable cet énoncé sacré, et renversent la hiérarchie de valeur biblique, mettant l'homme sur le même plan que les autres espèces vivantes, ou même - pour certains - considérant l'homme comme le cancer de la planète.

L'HOMME DÉCLASSÉ?
---
Jusqu'à présent, l'Église s'est opposée avec décision à cette idéologie verte. Mais dans l'encyclique bergoglienne, il y a un passage qui laisse perplexe. Non seulement parce qu'il assume Teilhard de Chardin comme autorité. Mais parce qu'il affirme: «Le but ultime des autres créatures, ce n'est pas nous» (n. 83).

Or, ce concept est totalement différent de ce qu'affirme le Concile Vatican II. «Gaudium et Spes» proclame en effet: «Croyants et incroyants s'accordent en général à considérer que tout ce qui existe sur la terre doit être ordonné à l'homme comme à son centre et sommet» (n. 12).

Et le Catéchisme: «Dieu a tout créé pour l'homme, mais l'homme a été créé pour servir et aimer Dieu et pour lui offrir toute la création» (n. 358).

Le Catéchisme cite saint Jean Chrysostome: «Quel est donc l'être qui est venu à la vie en étant entouré par une telle considération? C'est l'homme, grande et merveilleuse créature vivante, plus précieuse aux yeux de Dieu de toute la création: c'est l'homme, c'est pour lui qu'existent le ciel et la terre et la mer et la totalité de la création, et c'est à son salut que Dieu a donné tellemnt d'importance que pour lui, il n'a pas même épargné son Fils unique. Car Dieu n'a jamais cessé de tout mettre en oeuvre pour faire monter l'homme jusqu'à lui, et le faire asseoir à sa droite».

Avec cette encyclique, le pape Bergoglio risque de donner un signal terrible de reddition à l'agenda Obama, l'agenda de la pensée dominante qui a une nette connotation néo-païenne, anti-humaine et anti-chrétienne.
Je ne sais pas si Bergoglio se rend compte de la confusion où il porte l'Eglise (et pas seulement avec le Synode).

Au cours des dernières semaines, il y a pourtant eu de très belles interventions du pape sur la famille, l'homme et la femme, sur la colonisation impérialiste de l'idéologie du Gender.

Des considérations qui auraient été parfaites pour cette encyclique, dans la ligne de l'«écologie humaine» de Benoît XVI. Malheureusement, il a pris une autre route. Espérons que ce sera une mode passagère.

18 Juin 2015 Antonio Socci
www.antoniosocci.com/cantico-di-frat…
* * *

NDT
----
(*) frate sole/frate sòla: jeu de mots autour du "Frère Soleil" de Saint François d'Assise. En dialecte romain, "sòla" signifie "arnaque", et par extension une personne peu digne de confiance, un escroc (cf. www.06blog.it/…/romanorum-il-ro… ) L'Encyclique de Bergoglio l'écologiste
Synode: que décidera le Pape?

Asia Bibi Benedetto XVI cristiani perseguitati enciclica Gender Laudato sii Papa Bergoglio san Francesco

Cliquez ici pdf (Texte intégral en français)
dvdenise
avecrux.avemaria
Coeur agonisant de Jésus, ayez pitié des mourants +

Cette réalité est dérangeante voire même irréaliste.

Coeur compatissant de Marie, priez pour les affligés +
Saint Joseph, Patron de la bonne mort, priez pour nous +
dvdenise
DIEU EST PRÉSENT EN TOUTE CRÉATION.
www.youtube.com/watch
Francesco I