Modération immodérée
Puisque Verbe de vie appelle "modérer mes réponses" le simple fait de les supprimer, je les remets, peut-être pas toutes assez modérées et j'en ai conscience, à son message intitulé "les avantages du novus ordo et du vetus ordo pour aujourd'hui".Quelques réflexions personnelles, en citant en gras mot pour mot les passages concernés.
1) Vos dires sur le Vetus Ordo sont souvent justes dans leur expression, et à mon sens injustes dans leur interprétation
Verticalité absolue : Tout le rite est tourné vers Dieu (théocentrisme), évitant la tentation de se regarder soi-même en tant que communauté: vous prêtez aux adeptes du Vetus Ordo des intentions bizarres qu’il serait bon de préciser, car je ne vois pas ce que signifie « se regarder soi-même en tant que communauté ».
Le fidèle n'est plus spectateur mais co-célébrant par ses réponses, ses chants et son adhésion consciente. Plus spectateurs ? C’est quoi cette affirmation que nous irions aux messes Vetus ordo comme au spectacle ? Nous sommes co-célébrants aussi , nous sommes une royauté de prêtres, mais dont le Grand-Prêtre reste toujours le Christ qui n’y préside pas, mais officie. Dans le Novus Ordo, le prêtre préside vos assemblées, dans le Vetus Ordo, le Christ s’offre et offre nos offrandes de nous-mêmes et je ne vois pas quelle participation plus active je peux offrir à Dieu que celle de vouloir m’unir à lui.
Clarté dogmatique : Expression sans équivoque du caractère sacrificiel de la messe (Sacrifice du Calvaire) plutôt que simple repas. Je ne vous le fais pas dire, et le seul fait que hors du Vetus Ordo un autre rite de la messe puisse être assimilé à un simple repas en dit long sur son sens !
Sacralité préservée : L'usage du latin, langue non profane, sépare le temps de la prière du temps ordinaire. Cela ne sépare rien du tout car il n’y a rien à séparer quand, dans l’assistance de la messe, on ne se place pas dans le temps, mais dans l’éternité de Dieu, où est présent à tous instants le sacrifice du Christ et le sacrifice de tous ceux qui s’y sont offerts depuis la passion du Seigneur: je vous rappelle, cela fait déjà 2000 ans d’éternité !
Adoration eucharistique : La communion reçue exclusivement à genoux et sur la langue favorise la foi en la Présence Réelle. La communion à genoux et sur la langue ne favorise pas la foi, elle l’exprime fortement, et veille à protéger Notre Seigneur des multiples profanations prises par la communion dans la main et distribuée par des gens aux mains douteuses.
Silence contemplatif : Le silence du Canon permet une union mystique personnelle intense au milieu de l'action publique. Oui, c’est vrai , au milieu d’une action partagée par tous les assistants: nous voulons tous ensemble faire un avec le Seigneur, comme Lui et le Père sont un (Jean 19) ; vous voyez bien que cette union, si elle est personnelle, elle l’est en nous unissant à tous les participants de tous les temps et de tous les lieux: c’est perso, mais ça fait du monde et cela s’appelle la communion des saints ! Gloire à Dieu !
Sur le plan Psychologique et Identitaire. Rien que ces deux mots: psychologiques et identitaires, me font frémir, mais continuons !
Stabilité et sécurité : Absence totale d'improvisation du prêtre ; le fidèle n'est pas "otage" de la personnalité ou de l'humeur du célébrant. Je ne vous le fais pas dire !
Ancrage historique : Sentiment de continuité avec les saints de tous les siècles, offrant une racine solide dans un monde instable. Plutôt, non pas un sentiment, mais une communion avec tous les saints du ciel que nous remercions de leur aide. Et je ne cherche pas une racine solide dans un monde instable, mais dans le Royaume de Dieu, le seul monde où je rêve de m’enraciner.
Déconnexion du monde : Rupture nette avec le bruit et l'agitation séculière, permettant un véritable repos de l’âme. Je ne vous le fais pas dire.
Discipline intérieure : La rigueur des rubriques aide à la maîtrise des sens et à la concentration de l’esprit. Je ne sais quoi dire, car je ne sais pas si il s’agit dans la disposition de mon esprit, d’une discipline intérieure, car en fait, je serais plutôt très indisciplinée. Pour ma part , plus que les effets de la rigueur des rubriques (ce qui serait pratiquement une accusation d’hypnose), ces dispositions sont plus des grâces du Seigneur pour peu qu’on les lui demande. Essayez, vous verrez !
Catéchèse par le corps : Les signes de croix, génuflexions et inclinaisons enseignent la foi par la gestuelle, indépendamment du niveau d’instruction. Là, il fallait oser. Nos signes d’adoration n’enseignent pas la foi, ils la manifestent; et oser faire de nos différents niveaux d’instruction un argument en leur faveur, c’est nous fait un mauvais procès. Tout simplement parce que les niveaux de pauvreté en argent, intelligence, instruction, que Dieu veut ou permet pour nous, sont parfaits pour chacun de nous ! Et jamais cela ne doit entrer en ligne de compte dans nos manifestations pour Dieu. Si nous nous signons, si nous nous agenouillons, ce n’est pas tant pour nous mettre tous au même niveau, nous sommes déjà tous au plus bas, mais pour manifester la grandeur de Dieu face à qui le plus grand d’entre nous sera toujours plus près du plus petit d’entre nous ! Face à qui le plus intelligent ou instruit d’entre nous sera toujours plus près du QI zéro que de l’intelligence divine !
Universalité réelle : Un fidèle peut assister à la messe partout dans le monde sans aucune barrière linguistique, le rite étant identique. Je ne vous le fais pas dire , car c’est juste une définition du catholicisme !
Effacement du prêtre : L'orientation Ad Orientem permet au prêtre de s'effacer derrière sa fonction de médiateur, facilitant l'accès direct des fidèles au Christ. C’est un peu vrai aussi dans l’autre sens: car cela facilite aussi l’accès direct du Christ aux fidèles; car, à cette messe, c’est Jésus qui nous y appelle !
Le Vetus Ordo offre au fidèle moderne un espace de transcendance que la culture contemporaine a tendance à effacer. Vous semblez avoir tout compris ! Pourtant, je suis heurtée par votre manière de le dire: cet « espace de transcendance» n’est-il pas plus menacé par l’Eglise Conciliaire que par la culture moderne ; dites-vous par là que l’Eglise Conciliaire agit par souci de contemporanéité ? Pourquoi vouloir à tout prix changer un rite si parfait, malgré nos imperfections , qu’il a contenté notre Dieu pendant des millénaires ?
2) Sur le Novus Ordo vous mettez en avant:
Primauté de la Parole : Accès massif aux Écritures grâce au lectionnaire sur trois ans, transformant la messe en une véritable nourriture biblique. Ah bon ! En dehors des messes, vous ne lisez jamais la Bible ?
Clarté du signe : La "noble simplicité" permet de comprendre immédiatement le sens des rites sans avoir besoin d'une initiation complexe. Je ne vois aucune simplicité, et encore moins de la noblesse, quand le prêtre peut choisir à son gré et selon son humeur la prière eucharistique. Et penser que les Evangiles, la Parole du Verbe incarné , demandent une initiation complexe, alors le Seigneur s’est trompé d’auditoire (pardon, Seigneur !)
Réhabilitation de la dignité du laïc qui exerce son rôle spirituel au sein de l'action liturgique. Le rôle du laïc est ici usurpé. Vous dites réhabilitation ? Mais le Christ nous a tous déjà réhabilités ainsi que nous l’en remercions dans nos offertoires: Ô Dieu, qui avez créé d’une manière admirable la nature humaine, et qui d’une manière plus admirable encore l’avez rétablie dans sa dignité première … Alors, je vous en prie, laissez faire le Christ en matière de notre dignité, laissez faire les prêtres en matière des sacrements, et restez à genoux, c’est dignement préférable.
Inclusion et proximité : L'usage de la langue maternelle touche le cœur et la psyché, permettant une prière plus spontanée et personnelle. Il faut arrêter avec cela: je peux aller à une messe dite en français selon le rite tridentin, mais en aucun cas à une messe Paul VI en latin. Ce qui m’interdit cela n’est pas la barrière de la langue, mais les offenses qui y sont faites au Christ.
La célébration face au peuple humanise la relation au divin, présentant un Dieu proche et accessible. Mais Dieu ne se fait ni proche, ni accessible dans l’espace, je vous rappelle qu'il est pur esprit ! Mais dans nos cœurs. En terme d’humanisation, il a tout fait parfaitement depuis l’incarnation du divin Fils. Je ne cherche pas dans la messe l’humanisation de ma relation à Dieu, mais sa divinisation.
Adaptabilité pastorale : Le rite peut rejoindre les fidèles là où ils sont (jeunes, malades, cultures diverses), évitant le sentiment d'exclusion culturelle. C’est quoi cela ? En quoi les jeunes, les malades, les autres cultures ne peuvent ils célébrer le V O ? Au dernier enterrement dans notre famille dans le rite nouveau, il n’a pas été possible d’obtenir une messe, juste une bénédiction. Je n’ai, pour ma part, jamais entendu dire qu’un fidèle de la FSSPX aurait été victime de ce genre de chose.
Suppression de la barrière linguistique : Permet l'évangélisation directe des néophytes et des non-pratiquants qui peuvent suivre la célébration sans manuel. Et pourquoi pas citer les analphabètes ?
-
Inculturation légitime : Possibilité d'intégrer les richesses culturelles locales (musique, idiomes), faisant de la foi une réalité incarnée et non importée. C’est drôle que vous parliez de réalité incarnée, et non de vérité incarnée!
Lisibilité des rites : La suppression des répétitions inutiles et des prières secrètes rend l'action liturgique plus fluide et dynamique. Répétitions inutiles, Comme les Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit ? Ou Par le Christ Notre Seigneur qui vit et règne avec Vous … ? Ou encore les litanies ? Et les prières secrètes ? Les bras m’en tombent !
Responsabilisation des laïcs : Ouverture de ministères concrets (lecteurs, animateurs, ministres de la communion) qui ancrent le fidèle dans la vie de sa paroisse: ancrez-vous par vos dons en argent, en personne (ménage, entretien des autos et vêtements liturgiques, catéchèse sous la conduite des prêtres etc) . Avec vous, on se demande quelle est l’utilité des prêtres. Je rappelle que le Christ a institué le sacerdoce le jeudi saint, à la cène, avec seulement ses apôtres, et sans les femmes. Chacun sa tâche et les brebis seront bien gardées et responsabilisées.
Le Novus Ordo fait de chaque messe une expérience vivante, compréhensible et engageante pour l'homme du XXIe siècle. Compréhensible et engageante ? Mais à chaque messe, je dois avoir tout faux, disant à Dieu que je ne comprends rien, et que la seule chose que je peux faire, c’est lui faire confiance et m’abandonner à sa volonté, car cela, c’est facile et simple, tout le monde peut le faire !
3) Conclusion
En définitive une vérité demeure : le rite est un moyen, mais il n'est pas une fin en soi. Mais ce qui est une fin en soi, c’est le respect et l’intention dans le rite: Dieu n’a pas agréé le sacrifice de Caïn.
Tout le reste est du bla bla. Oui, la liturgie est un chemin vers le Christ, mais ce chemin, ce n’est pas nous qui le traçons, mais Lui, et il n’y en a qu’un. Vouloir dévier de la route tracée par nos pères au motif qu’elle serait difficile à suivre pour l’homme moderne, pas compatible avec les concepts actuels de transcendance, de dignité humaine etc etc
Et pourquoi pas des droits de l’homme face à Dieu ?
Pardon, Seigneur !