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La Fontaine - La Cigale et la Fourmi (Commentaire linéaire)

shazam
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La Fontaine n’est-il pas un peu cigale lui aussi ? Chanteur de vers, peu attaché aux richesses, peu enclin à la flatterie… Et en même temps, la cour de Louis XIV, dispendieuse et imprévoyante, n’est-…More
La Fontaine n’est-il pas un peu cigale lui aussi ? Chanteur de vers, peu attaché aux richesses, peu enclin à la flatterie…
Et en même temps, la cour de Louis XIV, dispendieuse et imprévoyante, n’est-elle pas un peu cigale, elle aussi ?
Cette fable sans morale explicite est bien plus ambiguë qu’on ne l’imagine au premier abord !
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Source : www.youtube.com/watch
shazam
Aux sources spirituelles de l'action caritative au début du XVIIIe siècle
[article]
De Jacques Depauw, Les Collections Persée, 1991
www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_1…

Les (14) œuvres de miséricorde

Les œuvres de miséricorde corporelles

Les six premières œuvres de Miséricorde corporelles sont énumérées par saint Matthieu dans la Parabole du Jour du jugement.
Jusqu'en 2016, les sept œuvres de …More
Aux sources spirituelles de l'action caritative au début du XVIIIe siècle
[article]
De Jacques Depauw, Les Collections Persée, 1991
www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_1…

Les (14) œuvres de miséricorde

Les œuvres de miséricorde corporelles

Les six premières œuvres de Miséricorde corporelles sont énumérées par saint Matthieu dans la Parabole du Jour du jugement.
Jusqu'en 2016, les sept œuvres de miséricorde corporelles sont :
donner à manger aux affamés ;
donner à boire à ceux qui ont soif ;
vêtir ceux qui sont nus ;
accueillir les pèlerins ;
assister les malades ;
visiter les prisonniers ;
ensevelir les morts.

Les œuvres de miséricorde spirituelles
La tradition des œuvres de Miséricorde spirituelles remonte aux Pères du désert et sont énumérées par Saint Thomas d'Aquin. Jusqu'en 2016, elles étaient au nombre de sept :
conseiller ceux qui sont dans le doute ;
enseigner les ignorants ;
avertir les pécheurs ;
consoler les affligés ;
pardonner les offenses ;
supporter patiemment les personnes ennuyeuses ;
prier Dieu pour les vivants et pour les morts.
(Wikipedia)

Les œuvres de miséricorde corporelles dans la peinture
Un article de Mgr Hubert Herbreteau, évêque d’Agen et Président de l’OFC (Observatoire Foi et Culture).
eglise.catholique.fr/…/430143-les-oeuv…
(Église Catholique en France)

Qu’est-ce qu’une œuvre de miséricorde ?
Les œuvres de miséricorde sont les actions charitables par lesquelles nous venons en aide à notre prochain dans ses besoins corporels et spirituels.
Les œuvres de miséricorde « spirituelles » nous ont été transmises par une tradition qui trouve son origine dans les écrits des Pères de l’Église et qui devient probablement définitive au cours du XIIe siècle.
Les œuvres de miséricorde « corporelles » sont issues de la parabole du Jugement dernier (Mt 25,31 ss) : « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! »

- Avec le CCFD-Terre Solidaire, donner à manger aux affamés
- Avec le SEM, assister les malades (service évangélique des malades)
(Eglise Catholique en France)

Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation :
LES OEUVRES DE
MISERICORDE
CORPORELLES ET SPIRITUELLES
JUBILE DE LA MISERICORDE

TEXTE OFFICIEL
christusliberat.org/…/Les-oeuvres-de-…
(Le texte officiel en PDF)

Autrefois, vous étiez ténèbres ;
maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ;
conduisez-vous comme des enfants de lumière.
(Éphésien 5,8)
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shazam
Contexte

Entre 1658 et 1661, La Fontaine était protégé par Nicolas Fouquet, le très riche surintendant des finances de Louis XIV. Mais ce surintendant tombe en disgrâce et il finit ses jours enfermé dans la forteresse de Pignerol (Turin, Italie).

Du jour au lendemain, La Fontaine se retrouve comme la cigale ; pris au dépourvu : et comme elle, c’est un poète ; pour ainsi dire, il chante des …More
Contexte

Entre 1658 et 1661, La Fontaine était protégé par Nicolas Fouquet, le très riche surintendant des finances de Louis XIV. Mais ce surintendant tombe en disgrâce et il finit ses jours enfermé dans la forteresse de Pignerol (Turin, Italie).

Du jour au lendemain, La Fontaine se retrouve comme la cigale ; pris au dépourvu : et comme elle, c’est un poète ; pour ainsi dire, il chante des vers…
Le nouvel intendant des finances, c’est Colbert, qui est tout à fait comme la fourmi de la fable, économe et pragmatique. Et maintenant, c’est lui qui accorde les pensions royales aux artistes et aux écrivains, du coup (= alors), c’est lui qu’il faut se concilier…
Mais La Fontaine restera toujours suspect aux yeux de Louis XIV, et il n’obtiendra jamais de pension royale.

Ce contexte permet de mieux percevoir l’ambiguïté de cette fable : les animaux en disent beaucoup plus sur la société humaine qu’une simple opposition entre les épargnants et les artistes !

Sous Louis XIV, les nobles doivent se faire courtisant, ils sont obligés de dépenser des fortunes pour maintenir leur train de vie à Versailles. Pendant ce temps le pays connaît une petite ère glaciaire et les hivers sont de plus en plus rudes : on trouve d plus en plus de mendiants sur les routes, au point que le roi signe des décrets pour faire enfermer les vagabonds. En même temps, les guerres imposent des réquisitions de plus en plus importantes et appauvrissent les campagnes.
Quand La Fontaine valorise la prévoyance à travers la fourmi, on voit bien que cette recommandation s’applique à tous les niveaux de la société.

Comment La Fontaine parvient-il à impliquer son lecteur dans ce conflit entre deux animaux, pour mieux l’inviter à interroger une morale ambiguë, qui en dit long sur la société humaine ?

La fable parle au roi

Qu’est-ce que cela évoque, pour un contemporain, cette cigale sur le point de mourir de faim et froid ?
Au XVIIe siècle, la France est frappée par une petite ère glacière, les hivers sont particulièrement rudes. En plus, Louis XIV réquisitionne de grandes quantités de vivres pour augmenter la taille de ses armées.
Ainsi, cette cigale imprévoyante peut représenter une nation entière, un pays appauvri par l’imprévoyance de son roi. Les fables de La Fontaine parlent à tout le monde, mais elles parlent aussi au roi.

La France, « imprégnée de morale chrétienne » (au XVIIe siècle...)

A l’époque (= en ce temps là), on rapproche volontiers la fonction morale de la fable à celle de la parabole, comme on en trouve dans la Bible.
Vous savez que la France du XVIIe siècle est très imprégnée de morale chrétienne. Du coup (= et donc), quand La Fontaine montre la cigale faire un emprunt au lieu de demander la charité, c’est très étrange.
Normalement, le mendiant dit « A votre bon cœur, Dieu vous le rendra », et pas « je vous paierai intérêt et principal » !

Avec cet effet de surprise, vous voyez que la question de la charité brille par son absence. D’autant que La Fontaine choisit des mots qui font allusion à la religion : la cigale « prie » la fourmi… « sa voisine ». on est très proche de la parabole du bon samaritain que Jésus donne en exemple pour illustrer l’amour du prochain, et donc, de son voisin.
D’ailleurs, « un grain » à l’échelle de l’insecte, autant dire que c’est un morceau de pain, qui est sous forme de boule à l’époque, c’est de là que vient le terme de boulangerie.
Le pain quotidien, accordé aux nécessiteux, c’est évidement un lieu commun de la morale chrétienne présente dans tous les esprits à l’époque.

Le prêt, ne remplace pas la charité !

La Fontaine englobe les deux animaux dans la même critique : l’endettement n’est pas une solution. Il faut savoir qu’à l’époque, prêter de l’argent contre intérêt, c’est ce qu’on appelle l’usure : c’était très mal vu, et considéré comme un péché dans la religion chrétienne.

Donc, « La fourmi n’est pas préteuse », ce serait une qualité ?
On ne peut pas dire ça, parce que si le prêt est mal vu, c’est justement parce que il ne saurait remplacer la charité...
Le vrai défaut est de manquer du sens de la charité
, de n’être pas un mécène des arts comme Fouquet. La Fontaine adresse peut-être là un message un peu trop ambiguë à Colbert, qui ne lui accordera jamais de pension.

Conclusion

A travers la mise en scène des petits animaux, La Fontaine ne s’adresse pas tant aux petits animaux, qu’au roi lui-même et à ses ministres.
En obligeant son lecteur à confronter cette petite histoire avec la société réelle, La Fontaine donne à la fable une dimension profondément humaine et universelle.
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Tableaux :
Paysage d’hiver, Jacob Isaakszoon van Ruisdael, 1670.
L’usurier et sa femme, Marinus van Reymerswaele, 1539
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